2024 : mini-journal de guerre – 24 février – 24 mai

Avec Olga, Pacha, irina, Tola, Valera…

Nous préparions un voyage en Ukraine, trois semaines en avril 2022, quelques français de retour dans la zone de Tchernobyl. L’armée russe campait par là.
Nous échangions avec Olga pour préparer ce voyage, nous parlons désormais de la guerre.

Mini journal de guerre, février 2022 – février 2024 : Tchernobserv
Le texte d’introduction au nouveau format du journal est en bas de page.


Vendredi 24/5, 18h20

Conflit Chine-Taïwan : le Chinois Xi a besoin de l'aide de son ami du Kremlin, qui déplace actuellement les frontières maritimes de la mer Baltique.

Les exercices militaires chinois autour de Taiwan visent à tester sa capacité à « prendre le pouvoir » sur l’île, a déclaré vendredi l’Armée populaire de libération alors que ses forces entamaient une deuxième journée d’exercices à grande échelle encerclant son voisin démocratique.

Ces exercices sont les plus importants depuis plus d’un an et surviennent quelques jours seulement après que Taiwan a investi son nouveau président, Lai Ching-te, ouvertement détesté par Pékin pour avoir défendu la souveraineté et l’identité distincte de l’île.

Pékin a dénoncé Lai comme un « séparatiste dangereux » et a décrié son discours d’investiture lundi, au cours duquel il a appelé la Chine à cesser ses intimidations à l’égard de Taïwan, qui sont devenues beaucoup plus prononcées sous le dirigeant chinois Xi Jinping.

[…] Vendredi, le commandement du théâtre de l’Est de l’APL a déclaré qu’il poursuivait les exercices des deux côtés de la chaîne d’îles de Taiwan pour « tester la capacité à prendre conjointement le pouvoir, à lancer des attaques conjointes et à occuper des zones clés ». […]

CNN, La Chine affirme que les exercices militaires encerclant Taiwan visent à tester sa capacité à « prendre le pouvoir », traduction automatique

Vendredi 24/5, 18h15

Baltique.

Les garde-côtes estoniens ont déclaré jeudi que leurs homologues russes avaient retiré pendant la nuit des bouées placées sur la rivière Narva, qui sépare les deux pays, dans le cadre d’un différend survenu à la frontière. « De telles actions sont inacceptables. L’Union européenne attend des explications de la part de la Russie, après le retrait de ces bouées, et leur remise en place immédiate », a déclaré vendredi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, dans un communiqué.

La première ministre estonienne, Kaja Kallas, a évoqué un « incident frontalier » alors que la Lituanie et d’autres pays de la région entretiennent des relations tendues avec la Russie en raison de son invasion de l’Ukraine. […]

Le Monde, Live

Après l’incident frontalier qui a opposé l’Estonie à la Russie, « j’ai parlé avec la première ministre [estonienne], Kaja Kallas, l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique nord] est solidaire avec notre allié estonien, face à toute menace contre sa souveraineté », a affirmé vendredi le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg.

Le Monde, Live
Cartoon Movement, Marian Kamensky, Poutine collecte de la ferraille en Estonie

Vendredi 24/5, 9h45

Belarus.

Lors de sa visite en Biélorussie, le président russe Vladimir Poutine envisage de discuter de la participation potentielle de l’armée biélorusse aux exercices nucléaires non stratégiques russes, a rapporté l’agence de presse publique russe RIA Novosti le 24 mai.

Poutine est arrivé en Biélorussie le 23 mai pour une visite de deux jours, rencontrant le dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko. Il s’agit du dernier enggement de Poutine à l’étranger , qui comprenait une visite en Chine la semaine dernière.

À son arrivée à Minsk, Poutine a déclaré qu’il envisageait de discuter des questions de sécurité avec Loukachenko, ainsi que de la participation biélorusse aux exercices nucléaires.

La Biélorussie a été un allié clé de Moscou et a soutenu l’agression russe contre l’Ukraine, même si elle n’a pas engagé ses propres forces directement dans les hostilités. Le pays hébergerait également des armes nucléaires tactiques russes sur son territoire […]

The Kyiv Independent, Poutine veut impliquer la Biélorussie dans des exercices nucléaires, traduction automatique

Vendredi 24/5, 8h50

Tout va bien, Nastia et Kristina sont venues chercher notre petite délégation ukrainienne (grands-parents de Kristina et maman de sa meilleure copine). On est arrivés chez Svitlana où une grande table nous attendait déjà. On a bien mangé et un peu bu.
J’ai passé 55 heures en route : du moment où j’ai quitté l’appartement de mes parents à Kryvyi Rih jusqu’au moment où j’ai mis les pieds dans l’appart de Svitlana.
Je suis très contente. C’est bizarre de pouvoir être dehors après 23h00 [le couvre-feu s’applique en Ukraine].

Olga, Viber (texte)

Vendredi 24/5, 8h45

Tcherno.

FIRMS signale un feu au sud de Tcherno, à proximité d’un ancien kholkhoze sur la rive du réservoir de Kyiv.

Dépôts de césium 137 sur fond de carte Google Earth, captures d’écran

Vendredi 24/5, 0h05

Slovaquie.

Neuf jours après la tentative de meurtre contre son dirigeant, la Slovaquie reste sur le fil du rasoir et les déclarations de bonne volonté pour tenter de réconcilier une société clivée entre pro et anti-Fico peinent à masquer la discorde et les ressentiments. Après avoir été grièvement blessé par quatre balles le 15 mai à Handlova, l’homme fort de la Slovaquie est toujours dans un état jugé sérieux, mais serait désormais hors de danger.

Du côté de l’enquête, le ministre de l’Intérieur Matus Sutaj Estok a fait savoir que l’homme de 71 ans inculpé, d’abord décrit comme un «loup solitaire», aurait pu avoir bénéficié de complicités. Cette hypothèse s’appuie essentiellement sur la disparition de ses communications et de son profil sur Facebook. Pourtant, la société Meta a affirmé à plusieurs reprises avoir supprimé elle-même les communications et le profil de l’assaillant «peu après l’attaque». Ce dernier a indiqué à la police avoir agi seul et sans en informer personne […]

Le Figaro, Robert Fico toujours hospitalisé à l’approche des européennes

[…] Selon le document judiciaire, Tsintula a déclaré qu’il se sentait « impuissant et désillusionné face à l’état de la société » suite aux changements introduits par le gouvernement de Fico depuis son arrivée au pouvoir en octobre de l’année dernière. Le suspect était en particulier mécontent de la dissolution du Bureau du Procureur spécial, qui traitait des affaires de criminalité politique et organisée. Le tireur s’est également plaint de « persécutions à l’encontre de la culture » et des professionnels des médias.

En outre, selon Tsintula, il souhaite avant tout « qu’une assistance militaire soit fournie à l’Ukraine ». Il a qualifié le gouvernement de Fico de « Judas par rapport à l’Union européenne ». […]

Unian, L’Ukraine avait besoin de l’aide militaire : l’agresseur a expliqué pourquoi il a tiré sur Robert Fico, d’après Politico, traduction automatique

Jeudi 23/5, 23h55

Au bout du souffle

10h13 — Le bus est en panne, les conducteurs le réparent. J’espère que ça ne va pas durer longtemps.

11h46 — C’est bon, on est à nouveau en route.

17h38 — On vient de faire le dernier arrêt à Reims. Le bus cassé roule tranquillement, on doit arriver à Paris vers 19h30/20h00.

18h33 — Je suis fatiguée et je veux me doucher le plus vite possible. Ça va aller.

19h12 — On arrive dans 30 minutes.

Olga, Viber (texte)

Jeudi 23/5, 7h10

Baltique.

Les responsables du Kremlin et du ministère de la Défense russe ont nié le 22 mai que la Russie envisageait de modifier la frontière maritime russe, mais ont laissé entendre que le gouvernement russe envisageait de prendre des mesures de « sécurité » dans la mer Baltique.

Les agences de presse d’État russes Ria Novosti et TASS ont publié des déclarations de sources militaro-diplomatiques anonymes, qui affirmaient que « la Russie n’avait pas et n’a pas l’intention de réviser la frontière nationale, la zone économique et le plateau continental dans la [région] Baltique. ». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que la proposition du ministère de la Défense russe n’est pas politiquement motivée, malgré le fait que « la situation politique a considérablement changé » depuis 1985. Peskov a ajouté que l’escalade des tensions et le niveau accru de confrontation dans la région baltique « nécessite des mesures appropriées » de la part des agences russes compétentes pour « assurer la sécurité [russe] ». Les responsables russes n’ont pas expliqué pourquoi la proposition du ministère de la Défense avait été supprimée du portail juridique du gouvernement. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 22 mai, traduction automatique

Jeudi 23/5, 6h50

Des nouvelles des sœurs Sasha et Olga.

Olga (Paris, le 10 mai) — […] J’avais un peu plus de 20 ans et, avec une très bonne copine, on passait nos soirées à sortir et à aller à des concerts. Elle s’appelle Sonia. Elle vit toujours à Kyiv et elle a deux enfants. Je l’ai appelée récemment en visio. Elle n’a presque pas changé : toujours avec ses cheveux roux flamboyants ! Mais elle a un nouveau tatouage que je n’avais jamais vu, la lettre « ï », en jaune et bleu, aux couleurs du drapeau ukrainien. Je vous explique : c’est une lettre propre à l’alphabet cyrillique ukrainien, qui le différencie de l’alphabet russe.

Se faire tatouer cette lettre est devenu très courant chez les Ukrainiens. Je lui ai demandé si elle n’avait pas peur qu’un jour, en Europe, les gens voient dans ce tatouage un symbole de nationalisme. Elle m’a rétorqué que toute confusion dans la compréhension du terme « nationalisme » disparaît avec le premier missile qui vole au-dessus de ta tête ! […]

Sasha (Kyiv, 10 mai) — Tout à coup, la sirène a retenti. On a tous regardé nos téléphones pour voir de quel type d’alerte il s’agissait : le décollage d’avions Mig ? L’envoi de missiles balistiques ? De drones ? Cette dernière possibilité étant peu probable, car notre ennemi le pratique ­plutôt la nuit. En fait, c’était un Mig. On était soulagés, car, en journée, en général, ils ne font que des vols sans attaquer. Ils survolent le pays pour nous faire peur. On a continué notre conversation.

[…] Une des étudiantes à qui je donne des cours en ligne habite à Kharkiv, près de la russie, une ville bombardée depuis des mois et vers laquelle les russes ont déclenché une offensive terrestre le 10 mai. Elle est aussi prof d’anglais là-bas et, depuis quelques mois, elle organise un club de conversation en anglais. Elle a une vingtaine de ­participants ! Elle m’a raconté avec fierté qu’en cas ­d’attaque, ils se cachaient au sous-sol d’un petit café pour continuer l’atelier. […]

Le Monde, Elisa Mignot, Les lettres d’Olga et de Sasha : « Même dans les villes les plus bombardées, les gens continuent avec acharnement à aller au travail, à créer des business, à se cultiver »

Mercredi 21/5, 19h00

Olga, Viber

Mercredi 21/5, 8h10

Baltique.

La Russie a décidé unilatéralement de modifier la frontière maritime avec la Lituanie et la Finlande dans la mer Baltique, selon le décret publié sur le site Internet du gouvernement russe.

La Lituanie et la Finlande n’ont pas encore réagi à la décision de la Russie concernant la frontière maritime, et la décision unilatérale de la Russie n’a pas non plus été reconnue au niveau international.

La Russie a l’intention de s’approprier les eaux intérieures de la partie orientale du golfe de Finlande et à proximité des villes de Baltiisk et Zelenodradsk dans l’oblast de Kaliningrad, selon un décret préparé par le ministère russe de la Défense.

Par ce décret, la Russie vise à modifier les coordonnées géographiques, qui mesurent la largeur de la mer territoriale russe et la zone proche du littoral et des îles.

La Russie a l’intention de modifier les coordonnées géographiques près des îles Sommers, Jahi, Rodsher, Malyi Tyuters, Vigrund et Gogland, ainsi que du cap nord de la rivière Narva, près de la frontière avec la Finlande. […]

The Kyiv Independent, La Russie décide unilatéralement de modifier sa frontière maritime avec la Lituanie et la Finlande en mer Baltique, traduction automatique
Commentaire : "[...] Poutine est passé maître dans l'art de gérer les zones grises des territoires souverains. Cela soulève la question de savoir ce qui déclenche réellement l'article 5. Si des troupes débarquent sans insignes, comme en Crimée en 2014, cela déclenchera-t-il une réponse ou la Russie recevra-t-elle une tape diplomatique sur les doigts avec un avertissement de ne pas recommencer ? L'Europe est très en retard sur les événements et ne cesse d'être surprise et abasourdie. [...]"
Golfe de Finlande, Google Earth, capture d’écran

Mardi 21/5, 17h50

J’espère que quelqu’un sait précisement quoi faire avec ça.

« La première étape de l’exercice avec des tests pratiques de préparation et d’utilisation d’armes nucléaires non stratégiques a commencé dans la région militaire sud [frontalière de l’Ukraine] sous la direction de l’état-major général des forces armées russes », a écrit le ministère de la défense dans un communiqué, qui précise que ces exercices mobiliseront des troupes au sol et l’armée de l’air.

Le Monde, Live

Mardi 21/5, 17h05

Je suis à Dnipro, à l’abri de la gare. Il y a le danger d’un missile, donc, c’est l’inquiétude aérienne. Ça irait mieux avec un bon café, mais je le prendrai plus tard.

Il y a beaucoup de langue ukrainienne, beaucoup plus qu’à KR [Kryvyï Rih]. Les jeunes parlent avec le dialecte exagéré de l’ouest, comme si Lviv était un étalon linguistique. Mais leurs phonèmes ne me tromperont pas.

Les gens parlent bas, je pense que c’est pour ne pas confier les secrets, car l’acoustique est bonne pour les concerts. Je ne sens pas l’inquiétude. Il y a des militaires-voyageurs et des militaires-gardiens.

J’ai fait la connaissance d’une femme, elle retourne à Odessa. Elle était à Dnipro car son mari est à l’hôpital local. Pourtant elle n’a pas de peur, pas de panique, une femme monumentale. Si, quand-même, elle panique un peu parce que le tableau n’affiche pas les numéros des voies, elle a peur de manquer son train.

L’alerte est annulée, la femme est partie prendre son train, je sors au soleil et à la recherche du café.

Olga, Viber (texte)

Mardi 21/5, 15h15

Lu aujourd’hui.

Dans les Pyrénées-Orientales, 42 communes sont « sous tension » pour l’accès à l’eau potable. (JC Milhet/Hans Lucas/AFP)

Les récentes pluies ne font pas illusion. L’eau continue de manquer cruellement dans les Pyrénées-Orientales, le département le plus méridional de France métropolitaine, frappé par une sécheresse extrême. Avec moins de 600 millimètres de précipitations en deux ans, et, en 2023, des déficits de neige de 75 % et de pluie de 50 % sur la partie ouest, le territoire affiche des caractéristiques de zone aride, à l’instar de la Catalogne espagnole. Les réserves d’eau du Pays catalan sont en grande souffrance et, selon la préfecture, 42 communes sont « sous tension » pour l’accès à l’eau potable. Deux fois qu’il y a un an.

« Les dernières pluies ont fait passer le déficit hydrique de 48 % à 34 %, mais nous sommes bien loin de retrouver une situation normale », soutient Olivier Sarlat, président du pôle de compétitivité Aqua Valley, consacré à la filière eau dans les régions Occitanie et Sud. Il prévient : « Il ne faut pas oublier les deux étés passés, car ils vont devenir la norme. Le débit des cours d’eau et le rechargement des nappes souterraines vont diminuer de 30 % à 40 % d’ici à quarante ans. »

Les Pyrénées-Orientales font déjà office de laboratoire de la vie avec moins d’eau. Après qu’une cinquantaine de projets d’adaptation à la ressource a été présentée en mars, le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, en a sélectionné une quinzaine. Il les dévoilera sur place ce mercredi. L’Etat se dit prêt à tester des innovations, en autorisant par exemple deux petites stations de dessalement à Port-Vendres et Saint-Cyprien, deux communes au sud de Perpignan. Autre piste : conditionner les subventions aux communes à l’efficacité de leurs réseaux d’eau.

[…] Pilier de l’économie catalane, avec 10.600 emplois et plus de 20.000 saisonniers, le tourisme tente de faire sa mue. A travers une charte « Economisons l’eau », signé avec l’Etat, l’Umih 66 s’engage à transformer ses campings et hôtels : arrêt du nettoyage à grandes eaux, installation de robinets et de douches à faible débit, bâchage nocturne des piscines pour réduire l’évaporation, réparation des fuites, etc. Brice Sannac, qui est aussi hôtelier sur la Côte Vermeille, met en place la récupération des « eaux grises » (douches, baignoires…) dans son nouvel établissement, à Collioure, chiffrant l’investissement à 40.000 euros.

L’agriculture locale, connue pour ses vergers d’abricots, de pêches et de nectarines, est, elle aussi, secouée. Elle s’efforce d’innover, de mettre en place de nouveaux usages et de se diversifier, avec des dizaines d’hectares d’amandiers plantés. Mais « toute diversification pose des freins techniques, tempère Didier Bruzy, arboriculteur à Corbère. Les amandes fleurissent tôt et sont exposées aux gels de mars et avril ». La piste des olives est étudiée, « mais ce serait entrer en concurrence avec l’Espagne, ce qui induit un souci de rentabilité ».

[…] Autre solution sur la table : la réutilisation des eaux usées traitées, notamment grâce aux stations d’épuration qui rejettent ces eaux dans la Méditerranée. La communauté de communes Sud Roussillon investit 3 millions d’euros sur celle de Saint-Cyprien, dans une unité de traitement spécifique de nanofiltration, pour « réutiliser 1 milliard de litres par an et arroser les espaces verts, le golf et, in fine, les arboriculteurs puis les maraîchers », explique Thierry Del Poso, président de l’intercommunalité.Nombre d’experts préconisent de transférer la gouvernance de l’eau aux départements, pour mieux mettre en balance les ressources et les besoins. […] La bataille de l’eau ne fait que commencer.

Les Echos, Sécheresse : les Pyrénées-Orientales, laboratoire de l’économie sans eau

Mardi 21/5, 15h15

Je suis en route. A bientôt !

Olga, Viber (texte)

Mardi 21/5, 13h40

Alina, deux ans, est tenue par sa mère devant l'image d'un pont détruit à Irpin, dans la région de Kiev. La photographie, prise par le photojournaliste mexicain Narciso Contreras, a été placée sur le pont Charles à Prague, en Tchéquie.

Pour beaucoup de personnes épargnées par les conséquences directes de la guerre en Ukraine, le conflit est devenu une préoccupation lointaine – pénible et troublante, mais qui ne perturbe plus la vie quotidienne. Pour rappeler le coût humain de la guerre, l’artiste visuelle russe Danila Tkachenko a installé des photographies agrandies documentant la destruction à côté de monuments célèbres dans huit villes européennes, puis a photographié des réfugiés ukrainiens sur fond de ces images. Meduza partage le projet intitulé « Inversion ».

Meduza, « Inversion » La photographe et plasticienne Danila Tkachenko amène l’Ukraine déchirée par la guerre aux monuments les plus connus d’Europe, traduction automatique

Mardi 21/5, 13h35

Je quitte l’appart vers 13h30, j’ai un bus pour Dnipro à 15h00, j’arrive à Dnipro à 17h00. Le train est à 19h30. Je suis à Lviv à 8h47 [demain matin], le bus est à 11h00.

J’ai une valise, un sac avec la nourriture et un petit sac avec le plus important. La météo est imprévisible, c’est ça ? J’ai un imperméable, un pull, des t-shirts… Ça doit aller

On n’a pas d’électricité, je tremble de l’impatience et un peu de peur, Pacha déclare qu’il va bien (j’ai des doutes), Fidèle dort, maman travaille.

Olga, Viber (texte)

Mardi 21/5, 13h05

[…] Les experts estiment qu’il est peu probable que la mort de Raïssi ait un impact sur la politique étrangère du régime [iranien], qui relève presque exclusivement du guide suprême. […]

CNN, Le président iranien est décédé en exercice. Voici ce qui se passe ensuite, traduction automatique

Mardi 21/5, 10h50

Mauvaises mains.

Tout peut être sujet à un trafic, en témoigne l’alerte lancée ce lundi par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cette dernière a appelé à la « vigilance » contre le trafic et le vol de matières nucléaires (uranium, plutonium et thorium) et autres matières radioactives, afin d’éviter qu’elles « ne tombent entre de mauvaises mains ».

[…] Depuis le début de la collecte de données en 1993, 145 Etats ont signalé 4.243 incidents à l’AIEA, dont 350 liés ou susceptibles d’être liés à un trafic ou à une utilisation malveillante (détention illégale, mise en vente et contrebande). C’est pendant le transport que se produisent plus de la moitié des vols. Les matières radioactives sont « particulièrement exposées aux menaces de sécurité au moment de leur transit », souligne Elena Buglova, appelant à « renforcer les mesures de sécurité ». Mais la très grande majorité des problèmes constatés relèvent plutôt de la négligence, de la part d’individus utilisant et acheminant ces matières sans autorisation.

L’AIEA fait aussi état de cas de découverte fortuite de matières radioactives, comme de la ferraille contaminée. On en trouve souvent dans les hôpitaux, les laboratoires universitaires ou l’industrie. Sur la seule année 2023, il y a eu 168 signalements au total, « en ligne avec les moyennes historiques ».

La crainte de l’AEIA ? Que des extrémistes s’en saisissent pour fabriquer une « bombe sale », une arme constituée d’explosifs conventionnels entourés de matériaux radioactifs destinés à être disséminés en poussière au moment de l’explosion. Bien que les dégâts et les pertes en vies humaines causées par une « bombe sale » soient réduits en comparaison avec ceux qu’infligerait une bombe nucléaire à fusion ou à fission, ce type d’engin pourrait tout de même semer le chaos dans les zones urbaines.

Alors que « l’énergie nucléaire et par conséquent les matières nucléaires deviendront de plus en plus répandues dans les années à venir », il sera crucial que les pays qui utilisent l’énergie nucléaire « sécurisent et protègent les matériaux et les programmes », a déclaré à l’AFP en marge de la conférence Pranay Vaddi, haut responsable de la Maison-Blanche pour le contrôle des armes et la non-prolifération.

20 minutes, L’agence de l’énergie atomique alerte contre « le vol de matières nucléaires » et « les bombes sales »

[…] La publication de la fiche d’information de l’ITDB coïncide avec la Conférence internationale sur la sécurité nucléaire (ICONS) de cette semaine. ICONS 2024 offre un forum aux ministres, décideurs politiques, hauts fonctionnaires et experts en sécurité nucléaire pour discuter de l’avenir de la sécurité nucléaire dans le monde, tout en offrant l’occasion d’échanger des informations, de partager les meilleures pratiques et de favoriser la coopération internationale. […]

AIEA, Base de données de l’AIEA sur le trafic de matières nucléaires et autres matières radioactives – 4 243 incidents depuis 1993, traduction automatique

Lundi 20/5, 18h20

Zapo. Fuite d’huile sur une grue = pas grave du tout, mais on a l’oeil, hein ?

Une nouvelle équipe d’experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique est arrivée aujourd’hui [16 mai] à la centrale nucléaire de Zaporizhzhya (ZNPP), en Ukraine, traversant la ligne de front pour atteindre le site dans le cadre de la mission indispensable de l’AIEA pour aider à prévenir un accident nucléaire pendant le conflit armé, a déclaré le directeur général. » a déclaré Rafael Mariano Grossi.

En remplacement de collègues qui surveillaient la sûreté et la sécurité nucléaires au ZNPP depuis plusieurs semaines, c’est le 19 ème équipe d’experts de l’AIEA stationnée sur le site du sud de l’Ukraine depuis que le Directeur général Grossi y a établi une présence permanente il y a plus de 20 mois.

[…] Mercredi [15 mai], les experts de l’AIEA ont observé un exercice d’urgence à la ZNPP, basé sur un scénario hypothétique d’endommagement d’une canalisation reliée à l’un des bassins d’arrosage fournissant l’eau nécessaire au refroidissement de la tranche 1 du réacteur et de ses systèmes de sécurité. Dans le cadre du scénario de l’exercice, le personnel de l’usine a pompé de l’eau dans le bassin d’arrosage et réparé la conduite endommagée, tout en s’assurant que les systèmes de sécurité et les générateurs diesel restaient opérationnels.

[…] L’équipe de l’AIEA s’est également rendue cette semaine dans la tranche 2 du réacteur et dans ses salles des systèmes de sûreté où elle a observé les générateurs de vapeur, le pressuriseur et le démarrage réussi d’une pompe de la piscine de combustible usé dans le cadre d’un remplacement programmé d’une autre pompe. L’équipe a constaté qu’aucune fuite de bore n’a été observée et que la situation générale dans les zones était satisfaisante, à l’exception d’une fuite d’huile provenant de la grue. […]

AIEA, mise à jour 228, 16 mai, traduction automatique

Lundi 20/5, 11h00

C’est pas dimanche, mais c’est férié : la vérité sort de la bouche… de l’entraînement.

Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a menacé la société russe de technologie Internet et de télécommunications Yandex parce que son grand modèle linguistique ne parvenait pas à fournir des réponses cohérentes avec les opérations d’information russes en cours.

Medvedev a critiqué le 19 mai l’assistant vocal Alisa de Yandex (apparemment similaire à Alexa d’Amazon) pour son incapacité à répondre aux questions sur la loi américaine autorisant la saisie des avoirs russes à l’étranger ou de supposés monuments en Ukraine dédiés aux sympathisants nazis. Medvedev a affirmé que l’intelligence artificielle (IA) de Yandex était « lâche » pour ne pas avoir fourni les réponses souhaitées à ces questions et a suggéré que Yandex pourrait craindre d’offenser ses clients occidentaux. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 19 mai, traduction automatique

Un tribunal a condamné un Moscovite à une amende pour s’être teint les cheveux en jaune et bleu, les couleurs de l’Ukraine, ont rapporté lundi des médias russes. Selon Mediazona, spécialisé dans les affaires judiciaires liées à la répression, Stanislav Netessov s’était rendu dans un commissariat fin avril après avoir été agressé à un arrêt de bus dans le centre de Moscou par un inconnu qui lui avait volé son téléphone.

Les policiers ont cependant remarqué sa couleur de cheveux et ont ouvert une affaire administrative à son encontre. Début mai, il a été reconnu coupable d’avoir « discrédité » l’armée russe et condamné à une amende de 50 000 roubles (environ 508 euros), selon Mediazona.

Le Monde, Live

Lundi 20/5, 10h55

Vu.

Photo Omar Marques/Getty Images, le 5 avril 2023

Le président Volodymyr Zelensky estime que les partenaires de l’Ukraine « ont peur que la Russie perde la guerre » et aimeraient que Kiev « gagne de telle manière que la Russie ne perde pas », a déclaré Zelensky lors d’une réunion avec des journalistes à laquelle participait le Kyiv Independent.

Les alliés de Kiev « craignent » une défaite de la Russie dans la guerre contre l’Ukraine car cela impliquerait « une géopolitique imprévisible », selon Zelensky. « Je ne pense pas que cela fonctionne de cette façon. Pour que l’Ukraine gagne, il faut qu’on nous donne tout ce qui nous permet de gagner », a-t-il déclaré. […]

The Kyiv Independent, Zelensky : « Nos partenaires craignent que la Russie perde cette guerre », traduction automatique

Lundi 20/5, 10h35

Iran.

La disparition dans le crash de son hélicoptère de ce religieux ultraconservateur, âgé de 63 ans, survient alors que la région est sujette à de très vives tensions. Une nouvelle élection doit se tenir dans les cinquante prochains jours. […]

Le Monde
Le président russe Vladimir Poutine serre la main de son homologue iranien Ebrahim Raisi lors d’une réunion à Moscou, en Russie, le 7 décembre 2023. SPUTNIK / REUTERS

Vladimir Poutine a rendu hommage lundi au président iranien. «Ebrahim Raïssi était un politicien remarquable (…) En tant que véritable ami de la Russie, il a apporté une contribution personnelle inestimable au développement des relations de bon voisinage entre nos pays et a déployé de grands efforts pour les amener au niveau du partenariat stratégique», a indiqué le président russe, dans un télégramme de condoléances diffusé par le Kremlin.

[…] Israël n’est pas impliqué dans la mort du président iranien dans un accident d’hélicoptère, a déclaré lundi à Reuters un responsable israélien. «Ce n’était pas nous», a déclaré ce responsable qui a requis l’anonymat. […]

Le Figaro, En direct, Accident d’hélicoptère en Iran : «Ce n’était pas nous», assure un responsable israélien au sujet de l’accident

Le géographe Bernard Hourcade, spécialiste de l’Iran, rappelle l’état défectueux de l’aéronautique iranien sous embargo américain depuis plusieurs décennies, qui permet d’expliquer le crash de l’appareil du président Raïssi ce dimanche. […]

Le Figaro, Mort du président iranien Ebrahim Raïssi: «Les spéculations qui mettent en cause la thèse de l’accident ne sont que fantasmes»

Dimanche 19/5, 23h45

Nuc indien.

Le premier test atomique indien en 1974 dans le désert du Rajasthan. (Photo : AFP)

La chaleur était torride en ce jour de mai 1974, pic de l’été dans le désert du Rajasthan. En cette année, la guerre froide continuait à comprimer le monde entre deux blocs ennemis, dans une atmosphère électrique qui menaçait régulièrement de s’enflammer et laissait peu de marge de manœuvre aux autres puissances. L’arme nucléaire n’était alors officiellement détenue que par le groupe des cinq nations membres du conseil permanent du Conseil de sécurité (États-Unis, Royaume-Uni, France, Union soviétique et Chine), appelées les P5. 

C’est dans ce contexte que la Première ministre de l’Inde, Indira Gandhi, décide de prouver les capacités technologiques du pays à sa population et au monde. Le 18 mai 1974, elle ordonne l’explosion souterraine d’une charge atomique de 1 400 kg, sur le site militaire de Pokhran, au Rajasthan. New Delhi présente cet essai comme une « explosion nucléaire pacifique ». Le pays aurait même choisi cette date car c’est le jour de l’anniversaire de la naissance du Bouddha, baptisant cette opération militaire du nom de « Smiling Buddha », le Bouddha souriant. 

Les grandes puissances de l’époque, elles, ne voient rien de bouddhiste dans cet essai. La plupart le condamnent, avec plus ou moins de véhémence, car elles le considèrent comme un risque de prolifération nucléaire. […] Le Canada, entre autres, met alors immédiatement fin à sa coopération scientifique dans le domaine du nucléaire civil, qui avait permis à New Delhi de développer cette version militaire. Cela oblige l’Inde à suspendre la construction de deux centrales nucléaires.

[…] L’Inde a des raisons de s’armer. À cette époque, le pays faisait déjà face à d’importants différents frontaliers et avait déjà mené trois guerres contre ses voisins. Elle en avait remporté deux contre le Pakistan (1947-1948 au Cachemire et en 1971 pour soutenir l’indépendance du Bangladesh, ancienne province pakistanaise) et perdu une contre la Chine, en 1962, liée au contrôle d’une région frontalière.

Par cette explosion, l’Inde a brisé le tabou de la prolifération nucléaire en devenant le premier pays du Sud à montrer qu’elle possède l’arme atomique. D’autres, comme Israël, en avaient certainement la maîtrise, mais ne l’affichaient pas.

[…] L’Inde se retrouve isolée. Son programme nucléaire en souffre et se terre à nouveau dans le secret, jusqu’en 1998. L’opposition nationaliste hindoue du Bharatiya Janta Party (BJP) vient d’arriver au pouvoir, après un règne d’un demi-siècle quasi ininterrompu du parti du Congrès. Et le Premier ministre, Atal Bihari Vajpayee, inaugure son nouveau mandat en fanfare. Entre le 11 et le 13 mai 1998, il ordonne la détonation de cinq bombes nucléaires, dont une bombe à fusion, sur le même site de Pokhran, dans le désert du Rajasthan.

Le Pakistan, voisin et frère ennemi de l’Inde, prend cet essai comme une provocation et une escalade régionale dans l’armement nucléaire et répond en détonant six bombes nucléaires deux semaines plus tard. Cependant, selon le chercheur Rajiv Nayan, l’essai indien était davantage un message destiné à la Chine.

[…] Mais les réactions internationales sont encore plus sévères qu’en 1974. Les États-Unis imposent des sanctions économiques à l’Inde, suspend l’essentiel de son assistance militaire, technologique et financière et va jusqu’à s’opposer à l’accès de New Delhi à des prêts des institutions internationales. Beaucoup d’autres pays adoptent un ton similaire, comme le Japon ou l’Allemagne, qui suspendent d’importantes aides à l’Inde. Mais pas la France, qui a été la première des cinq grandes puissances à reprendre les discussions avec New Delhi. « Depuis longtemps, la France avait compris les défis sécuritaires de l’Inde », analyse le chercheur Rajiv Nayan. « Et les Indiens se souviennent encore aujourd’hui de ce soutien quand ils parlent aux Français ».

La France jouit d’un partenariat stratégique avec l’Inde depuis 1998 et elle est devenue aujourd’hui le deuxième fournisseur d’armes à New Delhi, derrière la Russie. […]

RFI, Inde: l’émergence d’une puissance nucléaire

Le 18 mai 1974, l’Inde procéda à son premier essai nucléaire, qualifié, des mots mêmes du gouvernement d’Indira Gandhi, « d’explosion nucléaire pacifique » (« Peaceful Nuclear Explosion »).
Ce test, qui couronnait un programme basé sur le retraitement de plutonium, avait été déclenché à 100 mètres de profondeur sur le site de Pokhran, à proximité de la frontière pakistanaise. L’opération, surnommée Smiling Buddha (car lancée le jour de l’anniversaire du fondateur du bouddhisme), fit accéder pour la première fois un pays du tiers-monde au rang de puissance nucléaire, un cercle jusque-là très fermé : États-Unis, U.R.S.S., Grande-Bretagne, France et Chine.
La puissance de l’explosion fut initialement estimée à 15 kilotonnes, soit l’équivalent de la bombe larguée sur Hiroshima le 6 août 1945. Elle fut néanmoins plus tard revue à la baisse (8 à 12 kilotonnes).
Le prix réel du test de Pokhran constitua lui aussi un enjeu politique majeur, surtout dans un pays si pauvre. Le montant de 370 000 dollars s’imposa rapidement, même si pouvaient s’y adjoindre le budget de l’A.E.C. (130 millions de dollars en 1974) et le coût du programme nucléaire de New Delhi depuis ses origines (un milliard de dollars).
Toutefois, malgré les débats entourant ces questions, le test indien constitua sans nul doute un coup de maître sur le plan politique. Son timing n’était d’ailleurs pas innocent. Comme l’avait noté par le passé l’ambassade des États-Unis à New Delhi, une « détérioration économique/sociale/ politique […] tenterait les leaders indiens de recourir au stimulant psychologique fourni par une explosion nucléaire ». La prouesse technologique réalisée à Pokhran suscita l’enthousiasme de la population, de la presse, et de la classe politique indiennes, y compris au sein de l’opposition. Selon l’Indian Express, l’explosion avait catapulté l’Inde au « premier rang » des nations. […]

CNRS éditions, Thomas Cavanna, De la volatilité comme paradigme, La politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de l’Inde et du Pakistan dans les années 1970

Dimanche 19/5, 20h55

C’est dimanche : on aspire.

Il s’appelle «Mammoth», il est en Islande et, depuis quelques jours, il aspire l’air environnant pour en extraire le dioxyde de carbone grâce à un système de filtre. Ce CO2 est ensuite injecté dans du basalte où il n’embêtera personne. Enfin, on l’espère.

Pour que cette démarche soit efficace, il a fallu trouver une source d’énergie propre (si le dispositif fonctionnait au charbon, ça n’aurait pas eu beaucoup de sens). C’est donc la géothermie qui fait tourner ces turbines en Islande, mais chaque lieu candidat à l’aspiration de carbone pourra choisir son carburant propre.

Cette installation doit pouvoir extraire 36.000 tonnes de dioxyde de carbone à l’année, ce qui revient à sortir 7.800 voitures à moteur à combustion de la circulation pendant un an. Le retrait de chaque tonne de CO2 coûte environ 1.000 dollars (environ 927 euros), d’après les informations de la chaîne américaine CNN. Il faudrait diviser ce coût par dix pour que le dispositif soit réellement viable. Les économies d’échelle devrait rendre cet équilibre possible d’ici à 2050.

[…] Les fondateurs de Climeworks présentent leur bébé comme un outil pour traiter les émissions «incompressibles» de dioxyde de carbone, celles qui resteront quand on aura drastiquement réduit les émissions, qu’ils estiment à 6 à 10 milliards de tonnes annuelles. En aucun cas le Mammoth et ses successeurs ne sont conçus pour permettre de continuer à émettre des gaz à effets de serre en se disant: «C’est bon, quelqu’un passera l’aspirateur…» […]

Korii, Le plus gros aspirateur du monde vient d’être allumé en Islande et il a faim de CO2

Dimanche 19/5, 17h40

Lu.

L’armée ukrainienne annonce dimanche sur Telegram avoir détruit le navire russe Kovrovets, un dragueur de mines marines.

« Il n’y a plus de navires ennemis dans la mer Noire et la mer Azov. Quatre navires ennemis se trouvent dans la Méditerrannée, parmi lesquels un porte-missiles Kalibr avec une capacité totale de salve de huit missiles », précise la marine.

Le Monde, Live

[Et si j’ai tout bien compris depuis le début, la Turquie a légalement le pouvoir de ne pas laisser entrer de navires militaires en Mer Noire]

Le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale demande que la France change de doctrine, comme Washington et Londres, et n’interdise plus à Kiev de frapper la Russie elle-même.

[…] Pour Jean-Louis Bourlanges, «ce changement de doctrine est parfaitement légitime dans la mesure où il met un terme à l’inacceptable asymétrie entre la situation de l’agressé et celle de l’agresseur». Militairement, tout le territoire de l’Ukraine est en effet frappé depuis le début de la guerre par les armes à longue portée russes, mais aussi par celles fournies à Moscou par ses alliés, notamment des missiles balistiques nord-coréens et des drones iraniens. Kiev frappe également la Russie dans la profondeur, mais en employant jusqu’ici des armes de fabrication locale, en particulier des drones qui ont récemment visé, en particulier, des installations énergétiques.

«Au nom de quoi peut-on refuser aux Ukrainiens le droit de répondre coup pour coup aux attaques dont ils sont les victimes ?», demande le député centriste. Et de répondre : «le droit à la légitime défense exclut le droit à la sanctuarisation du territoire de l’agresseur». Tout en précisant que «les États amis de l’Ukraine sont bien déterminés à rester non belligérants». «Il ne s’agit donc pas pour eux d’intervenir sur le théâtre des opérations», mais «de lever un tabou injustifiable». […]

Le Figaro, Armes occidentales fournies à l’Ukraine : le territoire russe ne doit plus être «sanctuarisé», affirme Jean-Louis Bourlanges

Dimanche 19/5, 17h35

Vu.

Cartoon Movement, Marian Kamensky, Fico gets a visit

«Il n’y a plus de danger immédiat pour sa vie, mais son état reste grave et il nécessite des soins intensifs», a déclaré Kalinak, le plus proche allié politique de Fico.

Le Figaro

Dimanche 19/5, 17h30

Puissance de la motivation.

— Maya, j’ai besoin que tu ranges le couloir devant ta chambre [qu’elle transforme en annexe de sa chambre et que sa mère lui demande d’évacuer depuis deux mois]
— Heu…
— Bonne nouvelle : je te donne une semaine ; je voudrais que ça soit praticable pour l’arrivée d’Olga.
— Ah… si c’est pour Olga…


Samedi 18/5, 10h05

Minute cannoise.

Putin, teaser, Youtube

Un biopic sur Vladimir Poutine ? Comme le vrai n’était pas disponible, Patryk Vega l’a fait apparaître sous forme de deepfake grâce à l’intelligence artificielle (IA) dans un film présenté au Marché du film à Cannes.

A la fin, Poutine meurt. « Ce devait être un happy end », explique le cinéaste, en marge du Festival de Cannes. « J’ai appelé Poutine et je lui ai demandé s’il voulait participer ?

[…] Patryk Vega a d’abord voulu créer son personnage à l’aide de prises de vue réelles du dirigeant russe, mais la qualité n’était pas assez bonne pour le grand écran. « L’IA doit être alimentée. Il faut 20.000 images en haute résolution pour que cela fonctionne », explique-t-il à l’AFP.

Au lieu de cela, il a développé une nouvelle technologie qui permet à un acteur réel ayant la même stature que Poutine d’obtenir son visage à l’aide de l’IA.

« C’est le premier film qui utilise cette technologie », revendique-t-il.

L’effet est stupéfiant. Dans le film dont l’AFP a pu voir un extrait, on voit Poutine tel qu’on le connaît dans ses apparitions publiques, mais aussi incontinent ou jouant du piano. […]

La Libre, Un biopic sur Poutine ? Oui, grâce à l’intelligence artificielle

Samedi 18/5, 20h00

Vu.

[…] des informations apparaissent désormais selon lesquelles les troupes ukrainiennes pourraient avoir été abandonnées par les terminaux Starlink, qui auraient été perturbés par les forces russes le jour où elles ont lancé leur offensive dans la région de Kharkiv. Un article du Washington Post affirme que les terminaux « étaient complètement hors service pour la première fois » le matin du 10 mai et que la communication vitale avec les drones « avait tout simplement disparu », toutes les chaînes vidéo étant perdues. […]

The War Zone, Rapport de situation en Ukraine : Kiev lance une attaque massive de drones contre la Russie, traduction automatique

Samedi 18/5, 19h55

Lu aujourd’hui (Georgie).

La présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili, a annoncé samedi 18 mai avoir mis son veto sur la loi controversée sur l’« influence étrangère », qui a suscité des protestations de masse dans ce pays du Caucase. « Aujourd’hui, je mets un veto (…) sur la loi qui est russe dans son essence et qui contredit notre Constitution », a déclaré Mme Zourabichvili, alors que le texte adopté cette semaine par le Parlement est dénoncé par ses détracteurs comme visant à détourner la Géorgie de l’Europe pour l’entraîner vers la Russie.

Il s’agit cependant d’un veto hautement symbolique de la présidente proeuropéenne, en conflit ouvert avec le gouvernement, car le parti au pouvoir, Rêve géorgien, à l’origine de la loi, assure avoir assez de voix au Parlement pour passer outre. […]

Le Monde, Loi sur « l’influence étrangère » en Géorgie : la présidente Salomé Zourabichvili annonce avoir mis son veto

Samedi 18/5, 16h00

Le point de vue militaire de Guillaume Ancel.

La terrasse d’un café, protégée des débris à l’aide d’un filet, après une frappe de missile à Kharkiv, le 17 mai 2024. VALENTYN OGIRENKO / REUTERS

Tout le monde semble avoir été surpris par l’offensive russe lancée depuis le 10 mai (lendemain de la fête de la Victoire en Russie) dans la région de Kharkiv, alors même que cette opération était annoncée depuis plus de trois semaines par l’état-major ukrainien sur la base de renseignements fournis notamment par l’OTAN.

[…] Ce nouveau front ne se situe pas au cœur du territoire ukrainien, comme pour les plus de 1,000 km de la ligne de front actuelle indiquée à l’Est sur la carte, mais directement sur la frontière de la Russie au Nord de l’Ukraine. Or les Ukrainiens ont reçu et accepté la consigne formelle de leurs soutiens militaires, essentiellement américains et européens, de ne pas frapper sur le territoire russe (reconnu internationalement et dont la Crimée n’a jamais fait partie).

Autrement dit, toute la frontière directe avec la Russie se retrouve sanctuarisée, en dehors des frappes menées par les Ukrainiens avec leurs propres drones (mais aux capacités limitées), et des incursions sporadiques de maigres « légions » de volontaires russes justement dans la région de Belgorod, du côté russe de cette frontière.

[…] Cette attaque russe au Nord serait inquiétante si les armées russes disposaient encore d’un potentiel important et de la possibilité de conquérir la métropole de Kharkiv qui est la deuxième ville du pays et un objectif stratégique. La réalité est que l’attaque russe se limite à quelques kilomètres avec une destruction de plusieurs des ponts qui leurs auraient permis d’avancer… La question « sensible » pour les Ukrainiens n’est donc pas de contrer cette avancée russe, mais de choisir quelle part de leurs moyens renouvelés ils doivent consacrer à ce front éloigné de plus de 300 km de celui où ils veulent se concentrer, en particulier dans le Donbass.

[…] Cette attaque russe le long de la frontière de Kharkiv pose plusieurs questions, et notamment celle du risque que cette tactique d’opportunité ne soit étendue sur une distance beaucoup plus importante le long de cette frontière Nord avec la Russie, potentiellement plus de 1,000 km où les Ukrainiens sont donc fragiles dans la mesure où ils sont quasiment interdits de frapper dans la profondeur. Certes, les unités russes auraient beaucoup de mal à rester dans ces « zones tampons » qui seraient soumises régulièrement à des frappes ukrainiennes, mais sur la carte ce serait autant de surfaces prises à l’Ukraine.

Plus généralement, se pose la question des contraintes imposées par la cinquante de pays alliés qui soutiennent l’Ukraine, mais qui refusent la symétrie des moyens employés.

Pourquoi refuser que l’Ukraine bombarde la Russie alors que celle-ci le fait chaque jour et chaque nuit ? Pourquoi refuser aux Ukrainiens de frapper le pont de Kertch, l’artère vitale entre la Russie et la Crimée, parce que le pont s’appelle Poutine ? Faut-il avoir peur d’une mesure de rétorsion russe contre le pays qui aura fourni les moyens de le faire ?

Mais en réalité, c’est la Russie de Poutine qui a le plus à craindre en attaquant un pays de l’OTAN et en déclenchant le mécanisme de défense collective de cette dernière. Car si les pays alliés sortaient de cette illusion qu’une guerre qui les menace puisse se gagner par procuration, celle-ci serait probablement terminée depuis longtemps.

Ne pas subir, Guillaume Ancel, 18 mai


Vendredi 17/5, 18h15

Lu aujourd’hui.

Mikheïl Saakachvili, l’ex-président géorgien et leader de l’opposition, emprisonné, livre au « Monde » [par courrier] son analyse après l’adoption de la loi controversée sur « l’influence étrangère ».

Que représente l’adoption du projet de loi sur l’influence étrangère pour la Géorgie ?

Cela signifie le changement de l’élan géopolitique de la Géorgie et la transformation du pays dans le style de la Biélorussie. Il faut comprendre l’ampleur de l’enjeu. Je crois que le bouleversement actuel a été, à bien des égards, provoqué par les Russes, qui veulent prendre leur revanche sur les « révolutions de couleur ». Aujourd’hui ils considèrent que les Occidentaux sont faibles et qu’ils peuvent faire échouer une tentative de révolution de couleur en Géorgie.

Le pays a été le premier à réussir [sa transition] lors de la « révolution des roses » en 2003, et doit donc [aux yeux de Moscou] être puni de façon exemplaire. […]

[…] Des négociations sont en cours pour tenter d’adoucir le texte. Un compromis serait-il acceptable ?

Il ne s’agit pas seulement de cette loi. Beaucoup de choses ont été dites lors du dernier discours public de Bidzina Ivanichvili [président honoraire de Rêve géorgien, le parti au pouvoir depuis douze ans]. Il a dit très directement qu’il n’autoriserait pas un changement de gouvernement à travers des élections et qu’il détruirait l’opposition. Ivanichvili est un autocrate postsoviétique classique dont les promesses ne valent rien et qui ne comprend que le langage de la force.

Quel regard portez-vous sur la situation de la Géorgie aujourd’hui ?

Le pays est dans une situation plus précaire qu’en 2008, quand les chars russes se tenaient à l’entrée de Tbilissi [pendant la guerre avec la Russie]. Aujourd’hui, la Russie a déjà obtenu, en recourant à des méthodes hybrides, ce qu’elle ne pouvait obtenir en envahissant le pays militairement. Si Ivanichvili gagne, la Géorgie sera aspirée dans l’URSS 2.0 de Vladimir Poutine. Il a encore une possibilité de transférer le pouvoir de manière civilisée, mais je pense que c’est la dernière chose qu’il s’efforcera de faire.

L’Union européenne a accordé le statut de candidat officiel à la Géorgie en décembre 2023. Comment jugez-vous la réaction des Européens face à la crise actuelle ?

L’Union européenne a voulu apaiser Ivanichvili en accordant à la Géorgie le statut de candidat. Lui a interprété cela comme un grand signe de faiblesse [le pays n’avait satisfait que trois recommandations sur douze]. Le fait que les Européens n’aient pas donné suite après leurs appels à me libérer a également été considéré par Ivanichvili comme le signe qu’il s’en était sorti en maltraitant un ancien président et le chef du plus grand parti d’opposition, et qu’il allait donc pouvoir continuer à réprimer tous les autres.

[…] Les jeunes Géorgiens sont mobilisés contre le texte de loi, mais rejettent les partis politiques. Quel message souhaitez-vous leur adresser ?

Il est normal pour des jeunes gens de rejeter tous les partis politiques. D’un autre côté, cette jeunesse est le fruit des réformes introduites après la révolution des roses : l’élimination de la corruption, la numérisation, la mise en place d’un nouveau système éducatif, l’introduction de l’anglais comme langue étrangère principale au détriment du russe. Ils ont grandi dans un pays plein d’espoir, où les gens étaient plus nombreux à venir qu’à émigrer. Ils ont assisté à un transfert pacifique du pouvoir [en 2012, une première dans la région]. Mon message aux jeunes, c’est que rien n’est jamais acquis, vous devez vous battre pour la liberté. Je suis très heureux de voir que c’est justement ce qu’ils font. […]

Le Monde, Faustine Vincent, Mikheïl Saakachvili, ex-président de la Géorgie : « Les Russes veulent prendre leur revanche »

Vendredi 17/5, 13h10

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Amorim, Chess pieces
Cartoon Movement, Hassan Bleibel, Putin-Xi Ping summit

Vendredi 17/5, 13h00

La farandole du nuc.

Lors de son audition à l’Assemblée nationale, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire a estimé qu’il y avait encore des incertitudes autour du phénomène de corrosion sous contrainte, qui a ébranlé le parc atomique d’EDF en 2022. La détection d’autres fissures n’est pas écartée. L’électricien dit tenir compte de ces éventualités dans ses prévisions de production.
CSC. Cet acronyme, désignant la corrosion sous contrainte, est devenu le cauchemar d’EDF dès octobre 2021 lorsque l’exploitant du parc atomique tricolore a découvert une fissure sur une conduite d’eau, servant à refroidir le réacteur en cas d’urgence, dans la centrale de Civaux (Vienne). Identifié sur plusieurs sites, ce phénomène avait contraint l’électricien à mettre à l’arrêt de nombreux réacteurs, entraînant une importante baisse de la production nucléaire et des pertes records pour EDF en 2022. […]

La Tribune, Problème de corrosion sous contrainte : « Il ne faut pas baisser la garde », prévient le gendarme du nucléaire

[…] De manière générale, l’année 2023 qui vient de s’écouler est source d’une relative « satisfaction » pour le collège de hauts fonctionnaires. Le président de l’autorité, Bernard Doroszczuk, salue ainsi que « le nombre d’événements significatifs de niveau 1 (anomalie) et 2 (incident) sur l’échelle INES est en baisse régulière depuis 5 ans » (NDLR : 88 en 2023, 115 en 2019). La « satisfaction » est également de mise sur la stratégie de traitement de la corrosion sous contrainte, proposée par EDF, qui proposait, fin 2021, « le remplacement systématique en 2023 des tuyauteries considérées comme sensibles au phénomène sur les réacteurs susceptibles d’être les plus affectés, et le contrôle de l’ensemble des réacteurs d’ici 2025 ».
[…] [Au sujet de] « l’engouement suscité par les Small Modular Reactors (SMR) et les Advanced Modular Reactors (AMR) », nouveaux petits réacteurs modulaires, le président de l’ASN explique que leurs « caractéristiques intrinsèques de sûreté potentiellement prometteuses », « ne doivent pas éluder les questions techniques et sociétales qu’ils soulèvent », et notamment « l’acceptabilité de l’implantation de ces réacteurs en dehors de sites nucléaires dédiés ». Pour autant, ils n’ont « pas vocation à être en concurrence avec les réacteurs de forte puissance électrique », et ont seulement pour objectif de « répondre à des besoins de décarbonation ou des besoins limités d’électricité sur des territoires enclavés », souligne Stéphanie Guénot Bresson, commissaire de l’ASN.
De plus, le président de l’Autorité estime que « les nombreux projets nouveaux dans le nucléaire imposent un effort exceptionnel en matière de compétences, de conduite de projets et de rigueur industrielle qui concerne l’ensemble de la filière ». A cet égard, il regrette que « malgré des progrès constatés en matière de maîtrise technique et de pilotage des activités, les contrôles de la chaîne d’approvisionnement des matériels destinés aux installations nucléaires réalisés par l’ASN mettent encore en évidence des faiblesses récurrentes dans la rigueur industrielle ». Non moins négligeable, il souligne que « la lutte contre les falsifications et les contrefaçons à tous les niveaux de la chaîne de sous-traitance doit rester un point majeur de vigilance pour toute la filière ».

[…] Si de nombreuses questions de parlementaires se sont focalisées sur des points relativement techniques sur la mise en exploitation des futures centrales, l’une d’entre elles a été l’occasion pour le président de l’ASN, de tirer la sonnette d’alarme : celle des déchets nucléaires. Une problématique « au cœur des préoccupations du public », explique par ailleurs le rapport. « À l’heure actuelle, 90 % des déchets en volume disposent d’une filière de gestion mais ne représentent que 10 % de la radioactivité contenue. Autrement dit, les déchets les plus radioactifs n’ont pas de solution finale exutoire, et sont donc entreposés », alerte-t-il, ajoutant que « dans l’attente de filières de gestion dédiées, cela impose des moyens d’entreposage sûrs pendant des périodes significatives ».

Ainsi, il juge « absolument nécessaire » que de telles filières soient « toutes disponibles au plus tôt ». « Il n’est pas concevable d’avoir un programme nucléaire ambitieux, sans avoir en parallèle, traité le sujet du déchet et eu des perspectives réelles de stockage final de tous les types de déchets, […] sinon, nous n’aurons pas de crédibilité », prévient-il. […]

Public Sénat, Nucléaire : « Il n’est pas concevable d’avoir un programme nucléaire ambitieux, sans avoir en parallèle, traité le sujet du déchet », relève l’Autorité de sûreté nucléaire

Vendredi 17/5, 9h00

Lu aujourd’hui.

Quelques années après la dissolution de la Tchécoslovaquie en 1993, connue sous le nom de « divorce de velours », le nouvel État slovaque indépendant au sud suscitait déjà des inquiétudes. La secrétaire d’État américaine de l’époque, Madeleine Albright, l’appelait « le trou noir » de l’Europe.

Finalement, en 2004, la Slovaquie a rejoint l’UE et l’OTAN. L’hypothèse occidentale était alors que le pays avait enfin une identité bien établie et un ensemble d’alliances bien établies.

Puis vint Robert Fico, un prototype populiste. Il fut l’un des premiers à adopter une politique identitaire : les bons hommes et femmes qui travaillaient dans les petites villes et villages contre l’élite métropolitaine de Bratislava, la capitale, avec leurs idées importées. En tant que Premier ministre entre 2006 et 2010, puis entre 2012 et 2018, il a fulminé contre l’Occident auprès de son public national, exploitant les insécurités de nombreuses personnes en Europe centrale après le krach financier.

Aujourd’hui, avec Fico dans un état précaire, ce pays de 5 millions d’habitants est au bord du gouffre. Que le Premier ministre survive ou non et soit en mesure de reprendre ses fonctions, les divisions déjà mises à nu pourraient conduire à des troubles civils généralisés. Il est encore possible que le choc de la tentative d’assassinat de mercredi permette aux esprits les plus sages de s’imposer, de former un gouvernement d’union nationale et d’apaiser les hostilités. Compte tenu des déclarations de plusieurs ministres de Fico, accusant « les médias » et les éléments hostiles, les présages ne semblent pas prometteurs.

[…] Avec Orbán et Fico, Poutine compte désormais deux dirigeants sympathiques au cœur de l’Europe. Ni l’un ni l’autre n’ont l’intention de quitter l’OTAN ou l’UE, préférant être une épine interne.

La bataille pour l’avenir de la Slovaquie continuera d’être menée pour et à travers les médias. Les médias libéraux ressentent déjà la pression. La bataille la plus acharnée, toujours en cours, est celle du projet de loi du gouvernement visant à remplacer le radiodiffuseur public, RTVS, par un radiodiffuseur plus souple et « patriotique ». Des manifestations contre cette décision étaient prévues mercredi soir et annulées à la hâte après la fusillade de Fico.

La tragédie pour la Slovaquie est qu’un grand nombre de ses jeunes travailleurs mobiles choisissent de partir. Certains traversent la frontière pour rejoindre leur voisin, où le contraste est saisissant. En 2023, la République tchèque a élu comme président le farouchement pro-occidental Petr Pavel. Pour le moment du moins, le grand frère a choisi une voie différente.

The Guardian, John Kampfner, Que Robert Fico survive et reprenne ses fonctions ou non, la Slovaquie est au bord du gouffre

Vendredi 17/5, 8h50

Tcherno.

Image : Serhiy Zhila

L’autre jour, le service national des gardes-frontières de l’Ukraine a signalé l’explosion d’une mine dans la zone d’exclusion de Chornobyl, qui était occupée [au début de l’invasion]. Le cheval de Przewalski a sauté sur une mine et est mort. Son corps a été retrouvé et photographié à partir d’un [drone].

La mort d’animaux, en particulier d’ongulés, soufflés par des mines laissées par les occupants russes, est un sujet difficile et tragique.

La réserve de Chornobyl est le seul endroit au monde où les Przewalski vivent à l’état sauvage, sans clôture et à côté d’autres animaux sauvages.
Jusqu’à présent, la population de chevaux sauvages a augmenté progressivement. Certains d’entre eux se sont déplacés vers le territoire de la réserve écologique et de radiations de l’État de Polissia (Belarus).

Cependant, la guerre a fait des ravages. On ne sait pas combien d’animaux vont encore mourir, leur poids étant suffisant pour provoquer l’explosion des munitions restantes.
Et ce, sur un territoire où il n’y a pas eu d’hostilités actives depuis plus de deux ans. Il est difficile d’imaginer les pertes du monde naturel dans les « points chauds » ….

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction Deepl

Vendredi 17/5, 8h40

Lu aujourd’hui.

[…] La Russie aurait lancé un satellite dans le cadre de son programme visant à développer une arme nucléaire antisatellite dans les semaines précédant l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine, probablement dans le cadre des préparatifs russes en vue d’une future confrontation avec l’OTAN.

Le Wall Street Journal (WSJ) a rapporté le 16 mai que des responsables américains avaient déclaré que la Russie avait lancé un satellite dans l’espace dans le cadre de son programme de développement d’armes nucléaires antisatellites le 5 février 2022, soit 19 jours avant le lancement par la Russie de son invasion à grande échelle de l’espace. Ukraine. Des responsables américains auraient déclaré que le satellite lancé par la Russie ne contient pas d’arme nucléaire mais contient des composants du nouveau système d’armes que la Russie développe pour détruire des centaines de satellites en orbite terrestre basse, en particulier dans les zones où se trouvent de nombreux satellites gouvernementaux et commerciaux américains. y compris les satellites Starlink de SpaceX.

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 16 mai, traduction automatique

Vendredi 17/5, 8h35

Vu aujourd’hui.

Le Monde, Ce qu’il faut vérifier avant de souscrire un placement vert, dessin non crédité

Jeudi 16/5, 8h00

Lu aujourd’hui : petits calculs.

Quel est le véritable coût de l’électricité nucléaire? C’est l’énigme du moment dans les milieux énergétiques, à l’heure où une partie croissante de la classe politique souhaite pouvoir à nouveau déployer cette énergie décarbonée en Suisse, formellement enterrée dans les urnes par le peuple en 2017.

[…] Commençons par souligner que les comparaisons sont difficiles. Parce que l’atome produit en ruban (tout le temps la même quantité, sauf pendant les périodes de maintenance) là où les nouvelles énergies renouvelables sont intermittentes – sauf la géothermie. On peut compter sur lui notamment l’hiver, quand le photovoltaïque est moins performant et que la demande culmine.

Parce que la durée de vie des centrales varie d’un type d’énergie à l’autre et que certaines (comme les usines à gaz) sont flexibles (faciles à allumer ou à couper rapidement), contrairement à leurs cousines nucléaires. Parce qu’au sein d’une catégorie, des centrales sont plus rentables que d’autres. Car l’électricité la plus intéressante n’est pas forcément celle qui est produite en masse (les prix sont souvent négatifs le dimanche l’été) mais celle dont on a besoin à un instant T. Enfin, les facteurs de charge (l’énergie produite effectivement en un an divisée par ce qu’une usine produirait si elle fonctionnait toujours à pleine puissance) varient du tout au tout.

Démonstration, forcément technique, avec un calcul reçu par e-mail d’un lecteur, Jean-Marc Chapallaz. Pour comparer la production d’une éolienne avec celle d’un réacteur nucléaire, il s’agit, selon cet ingénieur EPFL, de multiplier sa puissance par 4,5 (vu qu’une éolienne a un facteur de charge de 20% contre 90% pour une centrale nucléaire). Pour obtenir une production éolienne équivalente à celle d’un réacteur nucléaire de 1600 mégawatts (MW), il faudrait donc une puissance éolienne de 7200 MW (1600 x 4,5), soit 2400 éoliennes de 3 MW chacune.

En Suisse, une éolienne coûterait 3 millions de francs par MW (ce serait, selon lui, le prix des hélices du Mollendruz). Les parcs éoliens de production totale équivalente à celle d’une centrale nucléaire de 1600 MW reviendraient donc à 21 milliards de francs. Il faudrait ensuite tripler ce montant car une éolienne a une durée de vie de vingt ans, trois fois moins qu’un réacteur nucléaire. Et Jean-Marc Chapallaz de conclure que l’éolien est beaucoup plus onéreux que l’atome.

Il a tort, objecte Lionel Perret, le directeur de Suisse Eole, qui conteste les données citées plus haut : les coûts de Mollendruz prévus sont de 90 millions de francs pour 50 MW, soit 1,8 million de francs par MW. «A la différence du vent qui est gratuit, une centrale nucléaire a des coûts d’exploitation et de combustible», dit-il en relevant que les cours de l’uranium ont grimpé ces dernières années. «Sans parler du coût du démantèlement nucléaire, alors qu’une éolienne se démantèle en un jour en étant payée par la revente des composants ou des matériaux (expérience faite au Mont-Crosin)», ajoute Lionel Perret.

Pour une comparaison pertinente, selon lui, il faut multiplier la puissance d’une éolienne par 3,33, vu qu’une éolienne moderne en Suisse aurait un facteur de charge de 24% contre 80% pour une centrale nucléaire (en réalité, le facteur de charge moyen de ces dernières en Suisse depuis leur mise en service serait de 85%). Pour obtenir une production éolienne équivalente à celle d’une centrale nucléaire de 1600 MW, il faudrait donc une puissance éolienne de 5328 MW (1600 x 4,5), soit 1269 éoliennes de 4,2 MW chacune comme au Mollendruz.

A 1,8 million de francs l’éolienne par MW, un parc éolien de production équivalente à celle d’une centrale nucléaire reviendrait à 9,6 milliards de francs. Vu qu’une éolienne a une durée de vie de conception de trente ans comme pour un réacteur nucléaire, et qu’elle peut aussi être prolongée, glisse Lionel Perret, l’énergie du vent est environ deux fois moins chère qu’une centrale nucléaire moderne à l’investissement, conclut-il.

[…] En attendant, le débat fait rage quant à la pertinence de construire des centrales nucléaires, mais un point semble faire consensus: il faut exploiter le plus longtemps possible les réacteurs existants car leur production est désormais imbattable.

«C’est la solution à faible émission de carbone la plus rentable», selon l’AIE. «Le nucléaire, c’est comme une vieille voiture: on la garde le plus longtemps possible avant de s’en séparer», renchérit Stéphane Genoud. «Une centrale amortie, c’est une mine d’or vu que le plus gros coût vient de la construction», conclut Cédric Junillon. Il relève que les Allemands, en fermant leurs derniers réacteurs l’an dernier, se sont privés d’infrastructures en parfait état et valant des milliards.

Le Temps, Richard Etienne, Bataille de chiffres autour du coût du nucléaire

Mercredi 15/5, 23h15

Lu aujourd’hui.

Environ 30 000 Géorgiens opposés à un projet de loi controversé voté la veille au parlement, qui menace d’entraver l’adhésion du pays à l’Union européenne (UE), se sont à nouveau rassemblés dans la soirée du mercredi 15 mai dans le centre de la capitale, Tbilissi, selon l’Agence France-Presse (AFP).

Les ministres des affaires étrangères de l’Estonie, de l’Islande et de la Lituanie, en visite dans le pays, se sont joints à la marche vers le lieu de la manifestation, avant de s’adresser à la foule en signe de solidarité avec les manifestants.

Au lendemain de ce vote, l’OTAN, la Commission européenne et l’Organisation des nations unies (ONU) ont condamné cette initiative du gouvernement. Les manifestations contre ce texte, inspiré d’une législation en vigueur en Russie pour réprimer l’opposition et qui cible les médias et les ONG recevant des fonds étrangers, durent depuis plus d’un mois. Les défilés rassemblent des foules considérables brandissant des drapeaux européens, ukrainiens et géorgiens et scandant des slogans contre la Russie, qui a fait la guerre à la Géorgie en 2008. […]

Le Monde, En Géorgie, des dizaines de milliers de manifestants défilent à nouveau dans les rues après le vote d’une loi décriée
Des manifestants se rassemblent sur la Place des Héros lors d'une manifestation de l'opposition contre « la loi russe » dans le centre de Tbilissi, en Géorgie, le mardi 14 mai 2024. Le Parlement géorgien a approuvé mardi en troisième et dernière lecture un projet de loi controversé qui a suscité des semaines de protestations de masse, les critiques y voyant une menace pour les libertés démocratiques et les aspirations du pays à rejoindre l'Union européenne.  (Photo AP/Zurab Tsertsvadze) (traduction automatique)

Les actions des deux plus grandes banques de Géorgie, TBC et Bank of Georgia, ont fortement chuté le 15 mai, au lendemain de l’avertissement du secrétaire d’État adjoint américain Jim O’Brien aux hauts responsables du gouvernement géorgien des conséquences potentielles de l’adoption de la loi controversée sur les agents étrangers.

Les actions cotées à Londres des deux banques ont chuté à leur plus faible baisse en un jour depuis le printemps 2020, au plus fort de la pandémie de Covid-19. Certains analystes géorgiens estiment que cette baisse, qui a touché d’autres institutions financières, était directement liée à l’adoption de la loi. […]

The Kyiv Independent, Les actions des plus grandes banques géorgiennes chutent après que les États-Unis menacent de sanctions contre de hauts responsables géorgiens, traduction automatique

Mercredi 15/5, 20h35

Pacha dit que Kola n’aura pas le choix, avec la nouvelle loi. Mais il dit qu’une convocation début juillet est plutôt une bonne chose, parce que l’armée aura déjà ramassé un paquet de « bleus » avant ça. Les affectations suivantes devraient être un peu meilleures.

124 millions [3,1 M€] en 26 heures lors d’une collecte récente : on continue de donner, la société se mobilise quand même, même dans les temps très sombres.
Donner est un bon médicament. Parfois, je regarde mon relevé de compte et je vois que j’ai « acheté » 15 véhicules, des drones nocturnes ou des drones maritimes et ça fait du bien. Bien sûr, je n’ai fait qu’y participer, mais je préfère me dire les choses comme ça. C’est mieux que les cachets ou l’alcool.

Les papas m’ont énervé. Le père de Pacha est passé, sans prévenir (comme Blinken). C’est la génération, les soixantenaires, qui a connu une Union soviétique acceptable. La génération d’avant, les personnes de quatre-vingt ans, n’ont pas de doute, elles ne se font pas d’illusion sur les Russes. Mais les papas disaient « oui, nous sommes pareils que les Russes ». Ca m’a chauffé, je les ai laissé boire leur thé, j’avais du travail.

Olga, Viber (vocal)

Mercredi 15/5, 20h10

National-populisme.

Un accord a été trouvé pour un gouvernement de coalition de droite aux Pays-Bas près de six mois après la victoire électorale de Geert Wilders, qui ne sera pas Premier ministre, a annoncé mercredi le dirigeant d’extrême droite. «Nous avons un accord entre les négociateurs», a déclaré Wilders, qui a renoncé au poste en mars, certains soulignant un malaise que pourrait susciter le politicien islamophobe et anti-UE en tant que représentant des Pays-Bas. […]

Le Figaro, Pays-Bas : un accord a été trouvé pour un gouvernement de coalition

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a été blessé par balles à l’estomac et transporté à l’hôpital, selon le vice-président du Parlement, Lubos Blaha, cité par l’agence de presse TASR. Les faits ont eu lieu à Handlova, ville située à quelque 150 kilomètres au nord-est de la capitale, selon la chaîne de télévision slovaque TA3. Selon la chaîne d’information, citée par Reuters, l’assaillant a tiré à quatre reprises sur le dirigeant prorusse. Un suspect a été arrêté. […]

Le Monde, Le premier ministre slovaque, Robert Fico, blessé par balles ; « ses jours sont en danger »

Mardi 14/5, 19h05

Cartoon Movement, Piet, Aurora
Tandis que le monde profitait de belles nuits d’aurores boréales, l’Ukraine continuait à vivre des nuits d’horreur. La Russie a ouvert une nouvelle ligne de front avec une offensive dans la région de Kharkiv.

Mardi 14/5, 10h00

Pacha a appelé hier, il avait une bonne voix, ça m’a un peu calmé.

[Mon frère] Kola a reçu un appel de son copain de la nouvelle université qui est dans les mêmes conditions que lui (étudiant-adulte qui continue les études pour ne pas être convoqué). Il est allé au bureau de recrutement pour renouveler ses données, étant sûr qu’il est couvert par l’université. Mais les militaires ont dit : ça marche pas comme ça, passez vos examens et on vous attend le 29 juin avec les affaires.
Donc, la loi de la mobilisation est mal écrite, on peut la traiter comme on veut, et les militaires la tournent comme c’est utile pour eux.
Kola est dans la même situation. Il a donc 6 semaines de vie sans guerre.

Olga, Viber (texte) [edit]

Mardi 14/5, 9h45

La farandole du nuc.

Le président Joe Biden a signé lundi une loi interdisant l’importation d’uranium enrichi russe, a annoncé la Maison Blanche. Il s’agit là du dernier effort en date de Washington pour perturber l’invasion de l’Ukraine par le président Vladimir Poutine.
L’interdiction des importations de ce combustible destiné aux centrales nucléaires entrera en vigueur dans environ 90 jours, bien qu’elle permette au ministère de l’énergie d’accorder des dérogations en cas de problèmes d’approvisionnement. […] Les dérogations, si elles sont mises en œuvre par le ministère de l’énergie, autorisent toutes les importations d’uranium russe que les États-Unis importent normalement jusqu’en 2027.
[…] La loi débloque également environ 2,7 milliards de dollars de fonds prévus dans la législation précédente pour développer l’industrie américaine du combustible d’uranium.

Zone Bourse, Joe Biden signe une loi interdisant l’importation de combustible nucléaire russe

C’est une première pour EDF. Le fournisseur d’énergie a annoncé ce lundi « la signature de prêts bancaires verts ». D’un montant d’environ 5,8 milliards d’euros, ils doivent servir « au refinancement des investissements dans les réacteurs nucléaires existants en France dans le cadre de l’extension de leur durée de vie », a commenté EDF dans un communiqué. Des prêts qui ont été signés avec de grandes banques internationales telles que « BNP Paribas, Bank of America, Crédit Agricole CIB, ING, Natixis CIB, Société Générale, ou encore Wells Fargo », selon un communiqué de l’énergéticien, et dont le remboursement sera étalé sur une durée de trois à cinq ans.

Grâce à ces fonds, EDF espère allonger la durée de vie de ses réacteurs nucléaires jusqu’à 60 ans, voire plus. Et ce, alors que celle moyenne des centrales françaises est située entre 30 et 40 ans… bien qu’à l’origine, les réacteurs français ont été autorisés à fonctionner sans limite de durée. Aujourd’hui, le parc nucléaire français compte 56 réacteurs, lesquels ont été mis en service entre 1979 et 2002. […]

La Tribune, EDF signe pour près de 6 milliards d’euros de prêts verts pour prolonger la vie de ses centrales

[…] Lorsque l’on démarre sa voiture, on tourne une clé, ou sur les modèles plus récents, on appuie sur un bouton, et le moteur démarre. Toutefois, les choses sont plus complexes mécaniquement. Prenons le cas d’un moteur diesel. Pour ce dernier, il est nécessaire d’utiliser un démarreur pour lancer le moteur, et permettre, à l’aide d’une bougie de préchauffage, de produire la première flamme. Le moteur est alors amorcé, et le cycle de combustion est ensuite auto-entretenu. Comment produire l’équivalent de cette première flamme pour l’EPR de Flamanville, et plus généralement pour un réacteur nucléaire ?

[…] Il faut en effet un premier neutron pour produire la première fission qui va initier la réaction en chaîne. Pour ce faire, on utilise ce qu’on appelle une « source de neutrons ». Il s’agit d’un matériau radioactif, qui, au cours de sa désintégration, va produire un neutron, éjecté avec une grande énergie, c’est-à-dire une grande vitesse. Ce neutron pourra ensuite réagir avec un atome d’uranium-235 voisin, et amorcer la réaction de fission.

[…] Ainsi, on utilise par exemple une source de californium-252. Cet élément synthétique, qui n’existe plus à l’état naturel sur Terre, a une période radioactive courte de 2,6 ans, et il produit une très grande quantité de neutrons. D’après une publication de Martin et al., une source de la taille du petit doigt, et contenant 50 mg de californium, produit jusqu’à cent milliards de neutrons chaque seconde. Point important, l’énergie de ces neutrons, à savoir en moyenne 2,1 mégaélectronvolts (MeV), est tout à fait compatible avec celle des neutrons dans les réacteurs nucléaires. […] Pour l’EPR de Flamanville, les sources de californium ont été livrées et montées début février. Et ce sont des opérations bien sûr éminemment délicates, du fait de leur très forte radioactivité.

Révolution énergétique, Démarrage de l’EPR de Flamanville : comment allume-t-on un réacteur nucléaire pour la première fois ?
Les dérapages de l’EPR de Flamanville en graphiques : le coût multiplié par six, la durée du chantier par quatre
Le Monde, Pierre Breteau

Lundi 13/5, 19h40

Multivers.

En début d’année 2024, la Russie a lancé sa propre version de Wikipédia, Ruwiki, qu’elle veut conforme aux règles en vigueur dans le pays. Et pour être sûr qu’on ne se trompe pas, l’accès à la version jusqu’ici utilisée dans le pays a été définitivement coupé. Rebaptisée finalement «Ruviki», la version révisée ajuste certains faits à la version du Kremlin et ne permet plus aux autres voix, des «agents étrangers», d’y apporter une contradiction.

[…] Autonome, mais pas forcément flambant neuf, Ruviki a commencé par aspirer 1,9 million d’articles de Wikipédia en langue russe pour les amender –si nécessaire– et les rendre «conforme à la législation russe». Pour gérer ce projet, on nomme Vladimir Medeyko: désormais, il fera les changements qu’on lui demande.

Wikipédia étant une encyclopédie libre, il est donc concevable d’en faire un fork, à savoir une copie à un instant T qui poursuivra son chemin en parallèle du projet initial. Dans cet autre monde, Alexeï Navalny est un blogueur et non plus un opposant politique mort en détention le 16 février 2024 et le Groupe Wagner n’a pas recruté des prisonniers russes pour étoffer ses rangs. C’est donc ça, le multivers. […]

Korii, La Russie a dupliqué Wikipédia, a censuré les passages gênants et a bloqué l’accès à l’original

Lundi 13/5, 19h30

La chausse-trappe.

La chausse-trape est composée d’un ensemble de quatre pointes, disposées selon les quatre sommets d’un tétraèdre régulier, ce qui fait que, quelle que soit la position dans laquelle elle atterrit, elle retombe toujours sur trois pointes formant une base qui la stabilise, la quatrième étant donc orientée vers le haut. En poursuivant un adversaire ayant lancé des chausse-trapes, on risque de s’en planter une ou plusieurs dans les pieds. Les chausse-trapes peuvent, à l’occasion, être enduites de poison ou de déjections animales ou humaines, rendant les blessures mortelles ou invalidantes. […]

Wikipedia, Chausse-trappe
Différents types de chausse-trappes et de semelles métalliques pouvant être bouclées en dessous comme contre-mesure, d'après le Codex Löffelholz, Nuremberg 1505.

Utilisation par les Ukrainiens de pointes larguées depuis des drones pour endommager des véhicules russes et nuire à la logistique. À en juger par le commentaire, cette tactique est efficace et facile à déployer.

War Translated, X, traduction automatique

Lundi 13/5, 13h05

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Marian Kamensky, Russian Offensive

Lundi 13/5, 13h00

Ça ne va pas bien. Je suis triste, en colère, inquiète, fragile. Les nouvelles de la direction Kharkiv font peur. L’état émotionnel de Pacha fait peur. Il garde le silence à nouveau, mais il ne va pas bien. Il part à la position cette nuit. Son ami Vadim (le poète sans virgules, tu te souviens ?) se sépare de sa femme. Pacha n’a pas voulu dire qui l’avait proposé, Vadim ou sa femme. Je pense que c’est la femme. Tu imagines l’ambiance.
On était au cimetière hier, pas beaucoup de monde, il y avait seulement deux foyers de vrais trinqueurs avec les morts. On n’est pas resté longtemps, on n’a pas bu, on n’a pas mangé au cimetière. Rien n’est comme avant.
Nastia est déjà en route, elle arrive à Paris ce soir.
Il y a plus d’avions dans notre ciel ces derniers jours, toujours beaucoup d’alertes/inquiétudes. […]

Olga, Viber (texte)

Lundi 13/5, 12h50

Le point de l’ISW.

Le président russe Vladimir Poutine a remplacé Sergueï Choïgou par Andreï Belousov au poste de ministre russe de la Défense le 12 mai, déplaçant Choïgou au poste de secrétaire du Conseil de sécurité à la place de Nikolaï Patrouchev. Ces remaniements de haut niveau consécutifs à l’élection présidentielle russe suggèrent fortement que Poutine prend des mesures significatives pour mobiliser l’économie russe et sa base industrielle de défense (DIB) afin de soutenir une guerre prolongée en Ukraine et éventuellement de préparer une future confrontation avec l’OTAN.

[…] Plusieurs sources internes russes ont également répondu à la nouvelle position de Belousov et ont affirmé qu’elle montrait que Poutine était sérieusement préoccupé par les niveaux de corruption et le détournement de fonds au sein de l’armée russe, les conflits entre l’armée et le DIB russe et l’inefficacité perçue du système. […] Un responsable fédéral russe anonyme a déclaré au journal d’opposition russe Vazhnye Istorii que Belousov travaillera dans son nouveau rôle pour « organiser avec compétence le travail et les processus logistiques, assurer la production et les approvisionnements nécessaires, orienter l’économie vers « l’opération militaire spéciale » et tirer le maximum technologique de l’industrie de la défense. » Un éminent blogueur militaire récompensé par le Kremlin a noté que le nouveau rôle de Belousov « signifie le début d’un audit et d’une restructuration à grande échelle de tous les modèles financiers » au sein du ministère de la Défense russe.

[…] Le remplacement de Patrushev par Choïgou au poste de secrétaire du Conseil de sécurité est conforme à la tendance générale de Poutine consistant à mettre discrètement sur la touche les hauts responsables de la sécurité en leur accordant des rôles périphériques au sein de la sphère de sécurité russe plutôt que de simplement les licencier.

[…] Les forces russes récoltent les fruits des restrictions à long terme imposées par l’Occident à l’Ukraine en utilisant des armes fournies par l’Occident pour frapper des cibles militaires légitimes sur le territoire russe – un territoire dont les forces russes dépendent désormais pour poursuivre leurs opérations offensives dans le nord de l’oblast de Kharkiv. Les responsables occidentaux ont interdit à l’Ukraine d’utiliser des armes fournies par l’Occident pour frapper des cibles sur le territoire russe, et les responsables ukrainiens ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils respectaient cette condition. [30] Ce n’est que récemment que le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, a donné son feu vert aux forces ukrainiennes pour qu’elles utilisent des armes fournies par le Royaume-Uni pour frapper des cibles sur le territoire russe, mais cela est insuffisant pour répondre aux besoins d’interdiction de l’Ukraine sur le territoire russe et est arrivé trop tard pour permettre aux forces ukrainiennes d’entraver la capacité de la Russie à concentrer les forces le long de la frontière internationale. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 12 mai, traduction automatique

Lundi 13/5, 7h00

Vu aujourd’hui.


Dimanche 12/5, 22h05

Petit mouvement au Kremlin : Choïgou bouge.

Le président russe, Vladimir Poutine, a proposé de remplacer le ministre de la défense et un de ses soutiens de long terme, Sergueï Choïgou, plus de deux ans après l’invasion russe de l’Ukraine, a fait savoir dimanche le Parlement russe.

M. Poutine a proposé le nom d’Andreï Belooussov, ancien vice-premier ministre, pour occuper cette fonction. Sa nomination doit maintenant être approuvée par les législateurs russes, alors que M. Choïgou a été nommé, par décret, secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie à la place de Nikolaï Patrouchev, a fait savoir le Kremlin.

[…] Ce changement intervient quelques semaines après que Timur Ivanov, vice-ministre russe de la défense chargé des projets de construction militaire, a été emprisonné dans l’attente d’une enquête et d’un procès pour corruption.

Le Monde, Live

Que devient Patrouchev ?


Dimanche 12/5, 20h20

Lu aujourd’hui.

Yuri Merkotan a perdu près de 60 kg lors de sa capture

Lorsque les forces ukrainiennes à Azovstal ont déposé les armes en mai 2022, Merkotan et d’autres musiciens faisaient partie des plus de 2 000 Ukrainiens emmenés en captivité par la Russie.

Pendant 20 mois dans les prisons russes, il a perdu près de 60 kg de poids corporel et a été soumis à une horrible routine de tourments physiques et psychologiques.

[…] « J’ai essayé d’expliquer que j’étais musicien mais ça n’a pas marché. Vous dites que vous êtes musicien et cela les irrite tellement qu’ils vous battent davantage et vous accusent de mentir », a déclaré Merkotan lors d’un entretien dans un café de Kiev.

Avant la décision de Vladimir Poutine de lancer l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022, l’orchestre de 16 membres de la garde nationale de Merkotan avait joué des marches cérémonielles lors de défilés militaires et parcouru la région de Donetsk pour donner des concerts de reprises de musique populaire lors d’événements publics ou dans des maisons de retraite.

Après le début des hostilités, les musiciens furent chargés d’apporter de la nourriture et des fournitures aux autres parties de la garde nationale stationnées sur l’immense territoire d’Azovstal. C’était un travail dangereux qui impliquait de foncer au-dessus du sol avec de lourds barils et caisses, en se déplaçant assez rapidement pour échapper aux tirs entrants qui suivaient inévitablement dès leur apparition. Le batteur du groupe a été tué dans une frappe aérienne à Azovstal ; le tromboniste, qui est également le beau-frère de Merkotan, a été blessé.

Finalement, 10 musiciens du groupe se sont retrouvés en captivité russe. […] Par une chaude journée de l’été 2022, le nom de Merkotan a été appelé et il a été mis dans un bus avec d’autres prisonniers. « Nous ne savions pas où ils nous emmenaient. Trois types sont arrivés avec des armes et se sont montrés agressifs, nous criant que nous sommes des ordures et que si nous faisons le moindre geste, ils nous tueront », a-t-il déclaré. Il s’est avéré que Merkotan faisait partie des 60 hommes choisis pour la tâche peu enviable d’exhumer les corps de ceux qui sont morts dans les bombardements et les frappes aériennes à Marioupol, et qui ont été enterrés dans des tombes de fortune. Pendant un mois, il a été conduit quotidiennement vers la ville occupée et contraint de creuser sous la menace des armes.

« Mon équipe a déterré au moins 200 corps. C’était le mois d’août, il faisait chaud et l’odeur était nauséabonde. Étonnamment, personne n’a vomi. Je suppose que le stress était trop fort, mais nous avons tous eu une terrible diarrhée. Le quatrième jour, j’ai arrêté de manger parce que dès qu’on mangeait, il fallait courir aux toilettes », se souvient-il.

[…] Début octobre, on lui a bandé les yeux et on l’a mis dans un camion de la prison. Après des heures de route sur des routes cahoteuses, il a été poussé dans un avion, c’était la première fois de sa vie qu’il prenait l’avion. Bien qu’il soit resté les yeux bandés et menotté, il a supposé que ce mouvement signifiait qu’il serait échangé. Au lieu de cela, après l’atterrissage et un autre trajet en camion, les aboiements des chiens et les cris grossiers des Russes l’ont informé qu’il était de retour dans une prison. Ce n’est que plus tard, grâce à des tampons à l’encre sur les draps, qu’il a découvert le lieu : Borisoglebsk, dans la région russe de Voronej.

[…] Deux fois par jour, les détenus devaient se rassembler dans le couloir, face au mur et les jambes écartées autant qu’ils le pouvaient. Ils ont ensuite été agressés par des gardes qui les ont frappés avec des matraques en caoutchouc et ont parfois utilisé des décharges électriques portatives.

«Ils vous frappaient jusqu’à ce que vous ayez d’énormes bleus, puis ils vous frappaient spécialement sur les bleus… Il y avait des moments où ils nous frappaient tellement, je me souviens que je cherchais des morceaux de verre avec lesquels me trancher les veines. Vous ne pouvez tout simplement pas tenir aussi longtemps pendant autant de mois sans commencer à devenir fou », a-t-il déclaré.

Au cours du rituel quotidien de passage à tabac, les hommes étaient forcés de réciter des poèmes implorant le pardon des « Russes frères » pour les errements de l’Ukraine. Ils devaient mémoriser les poèmes et étaient battus plus durement s’ils oubliaient des lignes ou si les gardiens estimaient qu’ils n’y mettaient pas assez d’émotion.

[…] De temps en temps, Merkotan était amené à un interrogatoire où les questions étaient toujours les mêmes : connaissez-vous des nazis ? Connaissez-vous des nationalistes ? Avez-vous des informations sur les crimes de guerre ukrainiens ?

« À chaque fois, tu dis ‘je ne sais pas’, puis ils te battent et te disent de te souvenir… Une fois, il y avait un gars avec un électrochoc qui m’a mis par terre et m’a électrocuté directement dans le trou du cul. À chaque fois, je criais ‘S’il te plaît, non’, il s’arrêtait, puis recommençait », se souvient-il.

Après quelques mois, Merkotan a été transféré dans une autre prison de la même ville, où les conditions étaient légèrement meilleures et où les hommes étaient autorisés à s’asseoir. Puis, en janvier de cette année, on lui a dit qu’il serait échangé. On lui a de nouveau bandé les yeux et on l’a mis dans un bus qui roulait dans ce qu’il pensait être la direction de la frontière avec l’Ukraine. Mais au bout de quelques heures, le bus s’est arrêté, puis a fait demi-tour. Lorsqu’ils se sont arrêtés plus tard, l’un des gardes russes a commencé à le frapper violemment, lui brisant la mâchoire à deux endroits. « C’est pour ce que vos gars ont fait », a crié l’homme.

L’échange, a-t-il découvert plus tard, avait été annulé après qu’un avion de transport qui, selon la Russie, transportait des dizaines de prisonniers destinés à être échangés, avait été abattu par un missile ukrainien. Une grande partie de l’incident reste trouble et controversé. Une semaine plus tard, il a été de nouveau extrait de la prison et cette fois l’échange a eu lieu , Merkotan étant l’un des quelque 200 Ukrainiens rentrant chez eux.

Il n’a pas été possible de vérifier tous les détails du témoignage de Merkotan, mais les groupes de défense des droits ukrainiens qui travaillent avec les prisonniers de guerre de retour affirment que presque tous font état de mauvais traitements et d’abus physiques en captivité russe.

[…] Merkotan a retrouvé sa femme, Anastasia, une professeure de musique qu’il a rencontrée alors qu’ils étaient tous deux étudiants en musique dans la ville de Donetsk il y a dix ans. Pendant qu’il était en captivité, Anastasia avait lancé un projet intitulé « Bring the Band Home », dédié au retour des musiciens détenus en captivité russe, de l’orchestre de Yuriy et de deux autres ensembles liés à l’armée qui se trouvaient à Marioupol. Elle a déclaré qu’il y avait peu ou pas d’informations sur bon nombre des 23 musiciens restant en captivité russe. […]

Yuriy Merkotan à Kiev avec sa femme Anastasia après sa libération.
Photographie : Julia Kochetova/The Observer
The Guardian, « Vous dites que vous êtes musicien, ils vous battent davantage » : le saxophoniste ukrainien qui a survécu aux tortures des prisons de Poutine, traduction automatique

Dimanche 12/5, 10h50

Lu aujourd’hui. Michel Goya republie le 6 mai une analyse de novembre 2023.

L’arme nucléaire peut-elle être utilisée par la Russie afin d’essayer de gagner la guerre en Ukraine ou au moins d’éviter de la perdre ? Si on s’en tient à la doctrine d’emploi assurément pas, l’usage de l’arme nucléaire y étant – comme cela est souvent répété officiellement – réservé à la préservation de l’existence même de la nation ou de l’État face à une attaque majeure qui ne pourrait être contrée autrement.

[…] Le seul franchissement du seuil nucléaire, 21 jours seulement après le début de son existence, survient le 6 août 1945 au Japon et se termine trois jours plus tard après un deuxième bombardement atomique américain. Ce franchissement est alors considéré comme décisif par les Américains puisque le Japon capitule dès 2 septembre suivant. Dans les faits les choses semblent plus discutables, les frappes atomiques se trouvant mêlées à l’entrée en guerre de l’Union soviétique contre le Japon le 9 août.

Les États-Unis sont engagés à nouveau dans un conflit à peine cinq ans plus tard, en Corée cette fois. Le même président Truman qui avait décidé des frappes sur Hiroshima et Nagasaki refuse cette fois d’utiliser l’arme nucléaire alors même que les forces américaines se trouvent en difficulté et que ni les Nord-Coréens ni les Chinois ne disposent de capacité de représailles. En fait, le contexte psychologique a considérablement évolué depuis 1945 et ce qui était admissible dans une guerre totale, ne l’est plus dans le cadre d’une guerre limitée, du moins pour le pays doté. Le seuil nucléaire s’est solidifié et est devenu plus difficile à franchir.

Les successeurs d’Harry Truman suivent tous sa trace, que ce soit face à la Chine dans les années 1950 ou lors de l’engagement au Vietnam et alors même que les Américains disposent cette fois de nombreuses armes nucléaires dites « tactiques » et destinées à être utilisées sur le champ de bataille. Il est vrai que les États-Unis ne manquent pas non plus d’une puissance de feu conventionnelle qu’ils peuvent utiliser massivement avant de songer à franchir le seuil nucléaire. Lors de l’opération Linebacker II lancée en décembre 1972, 200 bombardiers B-52 déversent en onze jours l’équivalent de plusieurs armes atomiques de faible kilotonnage sur le Nord-Vietnam. Les effets de cette opération sur les accords de paix signés à Paris le 27 janvier 1973 sont encore plus discutés que ceux des frappes atomiques réelles sur le Japon.

[…] Les comportements nucléaires de l’Union soviétique et de la Chine, avec pourtant des régimes politiques très différents des États-Unis, sont durant la guerre froide finalement assez proches. Si l’Union soviétique n’a pas hésité à menacer nucléairement la France et le Royaume-Uni en 1956 au moment de la crise de Suez, sans grande crédibilité il est vrai, le seul État à qui elle fait vraiment la guerre après 1945 est la Chine avec une série de combats frontaliers très violents en 1969.  Or, la Chine est certes déjà un État doté à ce moment-là mais elle ne dispose pas encore de capacité de deuxième frappe, c’est-à-dire qu’elle n’est pas capable de riposter nucléairement après une attaque massive. […] les autorités chinoises, sincèrement effrayées, acceptent rapidement de négocier la fin du conflit. La Chine elle-même, envahit le nord du Vietnam en février 1979, s’y fait battre de manière cinglante, mais n’ose pas non plus utiliser son arsenal nucléaire pour tenter de changer le cours des évènements.

On s’est peut-être plus approché de l’emploi de l’arme nucléaire lors d’affrontements plus symétriques et existentiels. Toute nouvelle puissance nucléaire, Israël envisage sérieusement un emploi démonstratif de l’arme atomique dans le Sinaï en juin 1967 en cas de mauvaise tournure de la guerre contre les pays arabes voisins, puis met ses forces nucléaires en alerte en octobre 1973 alors que l’armée syrienne progresse dans le plateau du Golan. Dans les deux les cas, la nette supériorité conventionnelle israélienne rend finalement inutile d’aller plus loin. À l’été 1988, le gouvernement sud-africain est très inquiet devant la possibilité d’une invasion cubaine en Namibie depuis l’Angola et fait discrètement savoir à Fidel Castro qu’il dispose de six têtes nucléaires largables par bombardiers. L’invasion n’a finalement pas lieu et Fidel Castro avoua plus tard n’avoir jamais eu lieu l’intention de la lancer, en partie par peur de l’arme atomique sud-africaine.

[…] Si on s’en tient à cette jurisprudence, aucun des critères retenus comme pouvant justifier l’emploi de l’arme nucléaire par les Russes en Ukraine n’est vraiment présent dans le conflit. Le niveau des pertes humaines russes est inédit depuis 1945 mais semble jugé encore acceptable par le régime. L’armée russe résiste par ailleurs sur les zones conquises. De plus, l’usage régulier de la menace nucléaire dans le discours russe a eu pour effet d’obliger les acteurs internationaux à exprimer par avance leur position en cas de franchissement du seuil. Elle est unanimement hostile, y compris donc de la part de l’allié chinois, et les États-Unis ont par ailleurs indiqué qu’ils ne se contenteraient pas de condamner.

[…] Pour autant, il faut se souvenir que l’invasion de l’Ukraine en février 2022 était jugée à l’époque irrationnelle et trop contre-productive pour la Russie au regard des réactions qu’elle provoquerait, et pourtant celle-ci a bien eu lieu. En cas de situation critique en Ukraine, Vladimir Poutine peut se trouver devant le choix entre un élargissement des moyens conventionnels par une mobilisation générale ou une escalade dans la nature des moyens engagés, et considérer que le risque de troubles internes est finalement plus dangereux que celui de vaines protestations internationales, alors que la Russie est déjà isolée et sous sanctions. Quant aux États-Unis, le précédent de Barack Obama refusant d’agir en 2013 alors que la ligne rouge de l’emploi de l’arme chimique en Syrie, qu’il avait lui-même établi, venait d’être franchie est dans toutes les mémoires.

Dans une nouvelle et grande erreur de perception, le Kremlin peut donc effectivement décider d’escalader. […] À ce stade de la guerre, on ne peut imaginer que deux scénarios pouvant justifier cette escalade. Dans le premier, les forces russes seraient subjuguées par les forces ukrainiennes et incapables d’empêcher un désastre sur le terrain et en particulier la reconquête de la Crimée. Dans le second, constatant le blocage du front et n’ayant pas renoncé à ses objectifs, la Russie tenterait de reprendre l’offensive par un surcroît de puissance de feu.

Ce franchissement de seuil peut se faire sous forme d’attaque blanche dans l’atmosphère ou la mer Noire en préalable à d’éventuelles « frappes rouges » effectives. Cette idée n’est jamais exprimée dans les textes russes, mais elle viendrait logiquement dans les options présentées au décideur ultime. Tout en permettant d’effrayer la partie ukrainienne, une attaque blanche présenterait l’avantage d’être facile à réaliser et de minimiser l’impact matériel et donc aussi politique. Cette option présenterait cependant l’inconvénient de provoquer quand même une indignation internationale et d’éliminer toute surprise pour la suite. Cela laisserait notamment le temps aux Ukrainiens de se préparer psychologiquement et matériellement à des frappes effectives et d’en limiter les effets. Cette attaque de semonce pourrait également être réelle, sur une base militaire par exemple ou une concentration de forces. Les avantages et les inconvénients seraient les mêmes qu’une attaque blanche, mais exacerbés.

Cela suffirait-il ? On n’en sait rien, le champ des réactions ukrainiennes pouvant aller de la soumission à l’accélération des opérations en passant par une pause le temps de s’adapter à la nouvelle situation avant de reprendre l’offensive peut-être sous forme différente. On peut même imaginer que l’Ukraine cherche à se doter elle-même d’une petite force de frappe nucléaire avec l’aide de pays alliés afin de neutraliser la menace par dissuasion mutuelle. Le champ des réactions internationales et en premier lieu américaines est également très ouvert, depuis la recherche d’apaisement à l’intervention directe et massive, en passant par des options de gel de la situation au mieux par une admission immédiate de l’Ukraine dans l’Alliance atlantique et l’envoi de troupes occidentales sur place ou au pire par une interminable mission onusienne d’interposition-négociation.

Dans le scénario russe offensif, la surprise et les effets matériels seraient privilégiés. On peut donc imaginer dans ce cas, une série de frappes atomiques en basse altitude afin de limiter les effets radioactifs sur le deuxième échelon ukrainien et quelques sites stratégiques à l’intérieur du pays. Ces frappes, qui seraient renouvelées en fonction des besoins, viendraient en appui d’une offensive des forces aéroterrestres russes qui pourraient ainsi peut-être enfin refouler ou percer un front ukrainien isolé de ses arrières. D’un point de vue opérationnel, malgré l’énorme puissance de feu projetée il n’est pas évident que cette attaque nucléaire soit efficace. On peut d’abord imaginer que les préparatifs d’une attaque atomique massive ne passent pas inaperçus et qu’une alerte serait donnée avec toutes les conséquences tactiques et stratégiques que cela impliquerait. Mais même si l’attaque initiale bénéficiait de la surprise, la défense aérienne ukrainienne détruirait un certain nombre de vecteurs en vol. Les frappes réussies elles-mêmes seraient peut être insuffisantes à désorganiser complètement le dispositif ukrainien, comme semblent l’indiquer les exemples historiques de préparations de feux supermassives. Même bousculée, l’armée ukrainienne pourrait basculer dans une grande guérilla mobile et imbriquée invulnérable aux frappes atomiques et on ne voit pas comment la Russie pourrait se sortir d’une telle situation.

L’attitude internationale est encore inconnue, mais elle serait certainement très dure vis-à-vis de la Russie avec très probablement une intervention militaire occidentale à la forme floue, entre frappes conventionnelles punitives qui enrayeraient encore plus l’offensive russe ou participation moins escalatoire par exemple par l’envoi de techniciens ou de troupes de protection. Une offensive atomique russe aboutirait ainsi très probablement à une impasse opérationnelle, mais ce serait une impasse extraordinairement risquée dans un contexte stratégique hautement chaotique.

En résumé, le franchissement du seuil nucléaire par la Russie ne peut pas être exclu par erreur de perception et cela constituerait un saut dans l’inconnu.

La voie de l’épée, Michel Goya, 6 mai 2024, Fallout – Guerre atomique en Ukraine ?, Paru dans Défense et sécurité internationale No. 168, Novembre-Décembre 2023

Dimanche 12/5, 10h35

C’est dimanche.

Migaloo Submarines, site commercial

Dimanche 12/5, 10h20

Le point de vue Guillaume Ancel.

[…] En Ukraine, la situation sur le front est effectivement en train de se retourner. Le président dictateur russe Vladimir Poutine était bien seul pour commémorer le « jour de la Victoire » ce 9 mai à Moscou. Il n’avait pas grand-chose à fêter dans sa guerre de soumission contre l’Ukraine qui dure maintenant depuis plus de 800 jours.
Alors, le maître du Kremlin a rappelé que « ses forces stratégiques étaient en alerte », comme il remet sur la table ses armes nucléaires chaque mois parce qu’il ne peut pas s’en servir et que son armée « conventionnelle » s’épuise dans un massacre dénué de sens, sans même arriver à dominer un pays quatre fois moins peuplé que ce qu’il croit être son Empire.

Ne pas subir, Guillaume Ancel, En Ukraine, Poutine sans victoire

Dimanche 12/5, 10h00

Lu aujourd’hui.

Affiche du film « Shaman’s Tale »

Il y a cinq ans, au printemps 2019, Alexandre Gabyshev, qui se considère comme un chaman guerrier, partait à pied de Iakoutsk à Moscou. Dans la capitale, il souhaitait accomplir un rituel visant à expulser Vladimir Poutine du Kremlin. En cours de route, des personnes partageant les mêmes idées l’ont rejoint et il a organisé de nombreux rassemblements.

La campagne du chamane a été interrompue : Gabyshev a été arrêté à la frontière de la Bouriatie et de la région d’Irkoutsk, une affaire pénale a été ouverte pour appels à l’extrémisme et, en octobre 2021, le tribunal l’a placé pour traitement obligatoire dans un type spécial d’hôpital psychiatrique.

Le film documentaire « Shaman’s Tale » est consacré au sort d’Alexandre Gabyshev. Ses auteurs sont la réalisatrice de documentaires Beata Bashkirova (Bubenets) et son mari, le dramaturge Mikhaïl Bashkirov, qui vivent en France. Beata Bashkirova a accompagné Alexandre Gabyshev dans sa campagne ; Mikhaïl Bashkirov a écrit une pièce sur un chaman.

[…] – Beata, comment as-tu rencontré le chaman Gabyshev ?

– J’ai entendu parler du chaman pour la première fois en mars 2019, alors qu’il venait de partir en voyage. Il n’était pas encore connu dans toute la Russie, mais il commença à gagner en popularité en Yakoutie et dans la région de l’Amour. Au départ, il a gagné en popularité grâce aux chauffeurs routiers : ils tournaient des vidéos et les envoyaient via leur réseau, puis sur YouTube.

[…] – Dans le film, Gabyshev tente d’expliquer à un journaliste japonais comment il est devenu chaman. Pourquoi a-t-il décidé de marcher sur Moscou et de chasser le démon Poutine ?

– Il a étudié à l’université, a servi dans l’armée, a mené une vie ordinaire. Puis il s’est marié, mais sa femme était très malade et est décédée, ce fut un coup dur pour lui. Pendant quelque temps, il est allé vivre dans la forêt et y a vécu seul pendant plusieurs années. Naturellement, il savait qui était Poutine, mais la politique ne l’intéressait pas. Comme il le dit, à un moment donné, il a entendu la voix de Dieu, qui lui a dit que Poutine est un démon et qu’il faut aller l’expulser du Kremlin. C’était une pensée très claire, la prise de conscience que telle était sa mission. Elle n’est pas venue le voir en 2019, lorsqu’il est parti en voyage, mais bien plus tôt. Il a commencé à se préparer plusieurs années avant sa campagne, mais il s’est préparé en secret, il n’a dit à personne qu’il avait une telle mission.

[…] – Et pendant assez longtemps, il a marché sans entrave ; les autorités ne s’en sont pas immédiatement rendu compte ?

– Oui, en fait, au début, peu de gens ont compris que cela pouvait être quelque chose de grave, tout le monde a ri. Mais ensuite les gens ont commencé à le rejoindre. Quelques mois plus tard, lorsque nous marchions avec lui, il y avait déjà une trentaine de personnes et de nouvelles nous rejoignaient chaque jour. Son effectif s’agrandit très rapidement. Il existe deux raisons pour lesquelles il a été arrêté. La première est que dans quelques mois, des centaines de personnes marcheraient déjà avec lui, ce serait une menace politique. Et la deuxième raison est mystique. Il existe une version selon laquelle les autorités avaient peur de son pouvoir mystique. Plus il se rapprochait de Moscou, plus la situation de Poutine se détériorait et plus les protestations augmentaient. À peu près au même moment, des manifestations ont commencé en Biélorussie. Encore une fois, cela se situe au niveau des rumeurs selon lesquelles Poutine aurait des problèmes de santé.

[…] – Oui, on dit qu’il y a beaucoup de superstitions au Kremlin. Et dans votre film, l’avocat Pryanishnikov explique également que les autorités avaient peur du pouvoir mystique du chaman.

– Quant au fait que le gouvernement soit superstitieux, c’est bien sûr une hypothèse, mais Poutine ne nous montre pas de rituels, il existe de nombreux mythes à ce sujet. On sait que l’un de ses plus proches collaborateurs, Shoigu, est Tuvan et qu’il pratique le chamanisme. C’est donc tout à fait possible. Mes connaissances yakoutes disaient souvent : une de mes connaissances effectuait des rituels pour Poutine lui-même. Mais bien sûr, tout cela est très secret et impossible à prouver. Je ne dis pas que Poutine pratique des rituels chamaniques.

[…] – A-t-il prévu une guerre en 2022 ?

«  Il a dit que l’humanité, la Russie, avait deux voies de développement. Le premier chemin est gentil et lumineux. S’il est autorisé à atteindre le Kremlin, Poutine démissionnera simplement de manière pacifique, le pouvoir en Russie changera et le peuple passera alors à un nouveau niveau. S’ils ne le lui donnent pas, il y aura un chemin sombre, le chemin des guerriers, et c’est la guerre. Il n’a pas dit qu’il y aurait une guerre entre la Russie et l’Ukraine, il a dit qu’il y aurait une guerre et que Poutine ne pourrait être renversé que par des moyens militaires.

[…] – Avez-vous déjà soupçonné qu’il pourrait être atteint d’une maladie mentale ?

Non jamais. C’est une personne assez instruite, il a une vision large, il a beaucoup d’auto-ironie. Je ne suis pas psychiatre, mais je n’ai vu aucune anomalie mentale chez lui. Je rencontre beaucoup plus souvent dans la rue des gens qui ont l’air plus fous que lui.

[…] – Dans quel état est-il ? L’halopéridol et d’autres médicaments graves peuvent nuire grandement à votre santé.

– « Heureusement, on ne lui injecte plus ces drogues pour le moment. » Il essaie toujours d’être de bonne humeur. Vous pouvez lui écrire une lettre ou lui envoyer une carte postale. Cela l’aide vraiment de savoir qu’on se souvient de lui. Bien sûr, il est heureux que le film soit sorti, car il s’agit d’une continuation de l’idée qu’il a prêchée. Son état émotionnel dépend aussi en grande partie de la manière dont sa mission peut être remplie. […]

Radio Svoboda, Il voulait chasser le démon du Kremlin, traduction automatique
Alexander Gabyshev dans le film « Shaman’s Tale », capture d’écran

Samedi 11/5, 8h40

Zapo. Toujours la même chanson.

[…] Depuis septembre 2022, des experts de l’AIEA sont stationnés sur place, contribuant à surveiller la situation et cherchant à réduire les risques pour la sûreté et la sécurité dans ce lieu situé en première ligne des forces russes et ukrainiennes.

Ils ont effectué des visites régulières sur le site, même s’il y a eu certaines zones où ils ont dû demander l’accès à plusieurs reprises avant d’être autorisés à se rendre. Cette semaine, ils ont visité les deux installations de stockage de combustible frais, effectué une surveillance des radiations le long du périmètre du site et mesuré les niveaux des bassins d’arrosage du site, qui, selon eux, contenaient suffisamment d’eau pour assurer le refroidissement des six réacteurs.

Un autre problème que l’AIEA surveille est la situation du personnel de la centrale. Les opérateurs russes affirment qu’ils emploient actuellement 5 000 personnes, soit une augmentation par rapport à l’année dernière mais « toujours nettement moins qu’avant le conflit », a ajouté l’agence. Il y a 800 postes vacants, et les exploitants ont déclaré à l’AIEA que les niveaux d’effectifs dans les centrales nucléaires exploitées par Rosatom sont généralement « nettement inférieurs aux niveaux d’effectifs correspondants en Ukraine ». L’AIEA affirme que ses experts sont « empêchés de parler librement au personnel de la salle de contrôle principale, ce qui affecte la capacité de l’agence à évaluer de manière indépendante les connaissances et l’expérience de ce personnel qui sont essentielles au maintien de la sûreté nucléaire à la ZNPP ». […]

World Nuclear News, L’AIEA met en garde contre des attaques sur ou à partir de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, traduction automatique & Deepl
L’invasion russe en Ukraine : une grosse centrale nuc kidnappée et un type de l’AIEA qui observe (image : AIEA)

Samedi 11/5, 8h15

La farandole du nuc.

Le cours de la start-up Oklo, spécialisée dans l’énergie nucléaire et présidée par le patron d’OpenAI (ChatGPT) Sam Altman, a brutalement chuté vendredi pour sa première journée de cotation à Wall Street. Vers 19H40 GMT, le titre lâchait 53,89% à 8,40 dollars. Créée en 2013 par des anciens du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Oklo s’est introduit en Bourse en fusionnant avec AltC Acquisition Corp, une société déjà cotée.

[…] Oklo prévoit de construire des petits réacteurs nucléaires, aussi appelés SMR (small modular reactors), dont les délais de réalisation sont théoriquement plus réduits que ceux des centrales traditionnelles et qui peuvent être installés plus facilement dans des zones reculées. Oklo veut aussi proposer un service de recyclage du combustible nucléaire.

La jeune société ne dispose encore d’aucun site et s’est vue refuser, en janvier 2022, un permis de construction d’un SMR en Idaho par l’Agence américaine de régulation du nucléaire (NRC). La NRC a retoqué cette candidature notamment du fait d’un manque d’informations sur les risques d’accidents et les réponses prévues en pareil cas. La fusion avec la SPAC AltC a permis à Oklo de lever 306 millions de dollars, somme qui doit être consacrée à la réalisation du premier réacteur à fission d’Oklo, baptisé Aurora. Le groupe de Santa Clara (Californie) vise une mise en service en 2026 ou 2027.

Le Figaro, La start-up nucléaire du patron d’OpenAI s’effondre pour sa première cotation

La tête de liste des communistes aux élections européennes Léon Deffontaines est l’invité de France Inter ce vendredi. Son programme : mener une campagne de proximité, rapprocher l’Europe du quotidien des Français avec comme mot d’ordre « pouvoir d’achat, paix, environnement ». Le PCF est crédité de 3% des suffrages selon le dernier sondage pour Radio France publié il y a un mois, tandis que le RN est à 32%.

[…] « L’Europe c’est le quotidien des Français, c’est la hausse des factures d’électricité, c’est les classes surchargées, c’est le difficultés d’accès à la santé, c’est l’énergie et notamment la question du nucléaire, indispensable. Si l’on veut éradiquer le chômage reconstruire des usines, soutenir les agriculteurs, nos artisans, il faut produire de l’électricité décarbonée et produite en quantité suffisante », assure-t-il. Selon lui, le nucléaire « c’est l’écologie de l’avenir ». « Les militants anti nucléaire sont les écologistes du passé », complète-t-il. Léon Deffontaines dénonce la fermeture de la centrale de Fessenheim. « L’énergie propre, l’énergie parfaite n’existe pas », dit-il. […]

France Inter, Elections européennes : Le nucléaire « c’est l’écologie de l’avenir », assure Léon Deffontaines, candidat PCF

L’Iran modifiera sa doctrine nucléaire si Israël menace son existence, a déclaré jeudi un conseiller du guide suprême iranien cité par l’agence Reuters, un commentaire qui soulève des questions sur ce que Téhéran affirme être son programme nucléaire pacifique.

La République islamique a toujours affirmé qu’elle n’avait pas l’intention de se doter d’armes nucléaires, mais les gouvernements occidentaux la soupçonnent de chercher à se doter de la technologie nucléaire nécessaire à la fabrication d’une bombe. Le programme nucléaire iranien est au centre d’un différend de longue date avec les pays occidentaux, qui a donné lieu à des sanctions.

[…] « Nous n’avons pas décidé de fabriquer une bombe nucléaire, mais si l’existence de l’Iran est menacée, nous n’aurons pas d’autre choix que de changer notre doctrine militaire », a déclaré Kamal Kharrazi, conseiller du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a rapporté la chaîne d’information iranienne Student News Network.

En 2022, ce même conseiller avait affirmé que l’Iran était techniquement capable de fabriquer une bombe nucléaire mais qu’il n’avait pas encore décidé de le faire.

Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur le programme nucléaire, avait interdit le développement d’armes nucléaires dans une fatwa (édit religieux), au début des années 2000. Il avait réitéré cette interdiction en 2019, soulignant que la construction et le stockage de bombes nucléaires étaient « répréhensibles et que leur utilisation était haram », c’est-à-dire interdite par la religion musulmane.

L’Orient le jour, L’Iran pourrait « changer sa doctrine nucléaire », assure un conseiller de Khamenei

À la centrale de Flamanville, le chargement du combustible a démarré mercredi 8 mai 2024. La veille, l’ASN, le gendarme du nucléaire avait donné son feu vert pour la mise en service de l’EPR. Nous avons posé trois questions à Pierre Barbey, expert en radioprotection.

Que pensez-vous de cette mise en service aujourd’hui avec les états des installations aujourd’hui ?

Pierre Barbey : Effectivement cette installation qui a pris 12 ans de retard va démarrer alors que l’on sait pertinemment qu’il y a des résultantes encore d’anomalies qui ont été notées par l’ASN et qui ne sont pas résolus. Il y a en particulier le changement de couvercle, des soupapes… 
Je suis dubitatif au vu de toutes ces anomalies qui ont été accumulées. C’est un peu inquiétant… je ne comprends pas.

En quoi ces problèmes de cuve et de soupape peuvent être dangereux ?

En ce qui concerne la cuve, il y a des anomalies dans la composition carbone des aciers. Ces anomalies ont été révélées à la suite d’audit antérieur. À partir du moment où la composition n’est pas celle attendue, il y a des risques de fragilisation de ces aciers. 

Pour les soupapes, comme son nom l’indique, ce sont des systèmes qui doivent permettre de dépressuriser certains éléments. Il faudra les changer à terme.

Cette cuve à réacteur nucléaire, ce n’est quand même pas quelque chose qui fonctionne dans des conditions tout à fait usuelles. On va être en fonctionnement dit ‘normal’, avec une pression de l’eau de 150 barres dans la cuve et une température de l’eau de 320 degrés.

Comment expliquer la prise de position de l’ASN, pourtant garante de la sûreté nucléaire, d’autoriser le lancement de cette activité via le chargement de combustible ?

Je dirais qu’elle est dans ses responsabilités. Ça a peut-être été précipité car en 2007, l’ASN avait délivré une autorisation de création. Cette dernière a un délai de réalisation de l’équipement et des installations. On était arrivé presque au terme de ce délai. Le risque était donc de tout reprendre à zéro, cela explique donc le fait que les choses se sont peut-être précipitées. 

Je pense tout de même que l’ASM fait son travail correctement, mais il ne faut pas négliger le fait que l’on soit dans un contexte politique avec la volonté du gouvernement de relancer le programme nucléaire et mettre en fonctionnement ce qui était considéré comme un prototype. 

Il faudra cependant attendre encore plusieurs mois, pas avant la fin de l’année, pour que du courant soit injecté dans le réseau, s’il n’y a pas de nouveau bug. L’ASN donnera son avis progressivement à chaque essai technique. L’histoire nous dira si le choix était judicieux.

France3, Démarrage de l’EPR de Flamanville : Un expert du nucléaire « dubitatif au vu de toutes les anomalies accumulées »

L’affaire est surveillée comme le lait sur le feu à Washington et à Paris. Comme l’a révélé le média en ligne Africa Intelligence, la junte au pouvoir au Niger depuis le coup d’Etat de juillet 2023 s’est engagée dans des « négociations confidentielles » avec l’Iran « pour la livraison de 300 tonnes de yellow cake » (concentré d’uranium). Une information confirmée au Monde par plusieurs sources officielles occidentales et nigériennes.

Cet uranium, principal produit d’exportation du Niger, proviendrait des mines exploitées depuis 1971 par le groupe français Orano à Arlit (nord). Coactionnaire à hauteur de 36,6 %, l’Etat nigérien « commercialise en autonomie sa part de production », explique Orano, avant de préciser n’avoir « été approché » ni par Niamey ni par Téhéran dans le cadre de ces négociations clandestines. L’entreprise française assure, par ailleurs, « respecter strictement les sanctions internationales qui prohibent toute vente d’uranium par le groupe à l’Iran ». Contactée, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) affirme n’avoir pas non plus été notifiée de l’existence d’un accord de vente, une procédure pourtant obligatoire.

[…] La junte, elle, continue de nier avoir conclu un accord avec Téhéran autour de la vente de yellow cake. « On assiste à une réplique du mensonge que les Américains avaient monté en 2002, lorsqu’ils avaient accusé le Niger d’avoir vendu de l’uranium à Saddam Hussein [alors président de l’Irak] pour fabriquer des bombes atomiques, avec pour seul objectif de justifier leur intervention militaire », s’agace un conseiller du gouvernement nigérien.

Mais ce dernier reconnaît toutefois que Téhéran a « voulu signer un contrat pour acheter 300 tonnes d’uranium » lors de la visite à Niamey, fin février, du vice-ministre iranien des affaires étrangères, Mahdi Safari. « L’uranium, ce n’est pas des cacahuètes ! Comme nous sommes engagés par d’autres contrats, nous avons refusé. On n’avait tout simplement pas de stock disponible à leur vendre », précise-t-il, avant de souligner que la situation pourrait évoluer rapidement.

Car la production d’uranium du groupe Orano, un temps suspendue en raison de contraintes logistiques liées à l’embargo territorial décrété par les chefs d’Etat ouest-africains au lendemain du coup d’Etat, a redémarré en février.

[…] Selon plusieurs sources officielles occidentales, les dernières tractations sur l’uranium auraient été facilitées par la Russie. Si le volume négocié n’aurait pas d’incidence sur le développement du programme nucléaire iranien, « géopolitiquement, l’existence de cette négociation est un événement très important, explique une source officielle française. Il montre qu’à peine installés au Niger, les Russes ont déjà ouvert la porte à l’un de leurs clients, l’Iran. » Une décision qu’il faut, selon cette source, « sans doute relier aux accords passés entre Moscou et Téhéran pour soutenir l’effort de guerre en Ukraine ». […]

Le Monde, L’uranium du Niger au cœur de négociations clandestines avec l’Iran

Vendredi 10/5, 20h30

Vu aujourd’hui.

[…] Selon un rapport récent publié par Ember Climate, un groupe de réflexion axé sur la transition énergétique et l’énergie propre, la demande mondiale d’électricité a augmenté de 627 térawattheures en 2023. Cette hausse est principalement attribuée à cinq technologies : les véhicules électriques, les pompes à chaleur, les électrolyseurs pour la production d’hydrogène, les systèmes de climatisation et les centres de données. L’augmentation de la demande a été accompagnée par une croissance de la production d’énergie bas-carbone.

En effet, les sources à faibles émissions, y compris l’énergie nucléaire, ont représenté environ 40 % du mix énergétique en 2023. Bien que la production nucléaire soit restée stable par rapport à l’année précédente, la part d’énergies renouvelables a légèrement augmenté. Celle-ci est passée de 29,4 % en 2022 à 30,3 %, établissant ainsi un nouveau record mondial, et ce malgré les difficultés rencontrées par l’hydroélectricité dans plusieurs pays — en raison de sécheresses.

Sans surprise, le solaire et l’éolien ont été les principaux moteurs de ce nouveau record dans le mix énergétique. Leur part est passée de 0,2 % en 2000 à 13,4 % en 2023. La Chine a énormément contribué à cette augmentation. En effet, en 2023, le pays a été à l’origine de 51 % de l’augmentation totale de la production solaire mondiale et de 60 % pour la capacité éolienne totale.

Trust my science, Record : plus de 30 % de l’électricité mondiale en 2023 provenait de sources renouvelables

[…] Selon le Washington Post, l’ancien président américain [Trump] a fait un discours époustouflant, que le journal a décrit comme « remarquablement direct et transactionnel », lors d’un dîner chez lui et dans son club de Mar-a-Lago.

Devant plus de 20 dirigeants, notamment de Chevron, Exxon et Occidental Petroleum, il a promis d’augmenter les forages pétroliers dans le golfe du Mexique, de supprimer les obstacles au forage dans l’Arctique de l’Alaska et d’annuler les nouvelles règles visant à réduire la pollution automobile. Il annulerait également la décision prise par l’administration Biden en janvier de suspendre les nouveaux permis d’exportation de gaz naturel, qui ont été dénoncés comme des « bombes climatiques ».

« Vous l’aurez le premier jour », a déclaré Trump, selon le Post, citant un participant anonyme au dîner.

L’exhortation de Trump aux dirigeants pétroliers selon lesquels ils étaient assez riches pour verser 1 milliard de dollars dans son trésor de guerre de campagne, tout en s’engageant à faire volte-face par rapport aux efforts de Biden pour lutter contre la crise climatique, a été immédiatement dénoncée mercredi par les groupes environnementaux.

« 1 milliard de dollars pour Trump, un avenir climatique dévastateur pour le reste d’entre nous », a déclaré Pete Maysmith de la League of Conservation Voters (LCV). […]

The Guardian, Trump a promis d’abroger les lois sur le climat si les patrons du pétrole américain [lui] donnaient 1 milliard de dollars, traduction automatique

Vendredi 10/5, 20h15

Il y a souvent des alertes, toutes les deux heures peut-être, mais ça va.
J’ai l’énergie pour travailler. Il faut simplement qu’il y ait l’électricité.

Pacha va bien. Je lui ai demandé s’il rêvait, il a coupé court en disant qu’on en parlerait une autre fois et il a raccroché. Je ne sais pas s’il devait raccrocher à cause de la situation ou pour une autre raison.
Je lui ai demandé s’il avait senti le dernier Boudmo ! que vous avez lancé dimanche soir à la chapelle, il ne pouvait pas trop dire, mais de l’apprendre lui a fait chaud au coeur. C’est ce qu’il a dit.

Demain nous irons au cimetière apporter des provisions — ou plutôt dimache parce que, ben, on n’a encore rien préparé. Les autorités ont demandé de limiter la taille des groupes parce que le travail habituel des Russes, c’est de viser les civils, donc on peut s’attendre à des problèmes.

J’ai pris mes billets pour venir en France.

Olga, Viber (vocal)

Vendredi 10/5, 20h10

Lu aujourd’hui.

Il a beaucoup été question « d’amitié » en Serbie et en Hongrie à l’occasion de la visite de Xi Jinping. Amitié « solide comme un roc » à Belgrade, « meilleure [amitié] de toute l’histoire » à Budapest…

[…] Tandis que l’étape française, du dimanche 5 mai au mardi 7, a souligné, malgré le ton cordial, l’accumulation de contentieux entre la Chine et l’Union européenne, des subventions à l’industrie des véhicules électriques au soutien toujours plus fort apporté par M. Xi à Vladimir Poutine, la suite du voyage devait au contraire montrer que Pékin dispose de relais en Europe.

[…] De multiples accords de coopérations sectoriels ont été signés – « 26 » à Belgrade, « 18 » à Budapest. […] Leur contenu reste assez flou, mais il a été en Serbie notamment question de développer la coopération entre médias serbes et chinois, alors que Bruxelles appelle depuis des années ce pays des Balkans à améliorer sa liberté de la presse s’il veut accéder à l’UE. En Hongrie ont été évoqués de nouveaux projets ferroviaires, en plus de la ligne de train entre Belgrade et Budapest actuellement en construction par la Chine, et pour la première fois une coopération dans le nucléaire.

[…] Avec cette double visite, M. Xi a surtout réussi à montrer à Bruxelles qu’il comptait sur ces deux capitales pour freiner d’éventuelles représailles contre sa politique économique. La Chine « soutient la Hongrie pour qu’elle joue un rôle plus important au sein de l’UE », a-t-il notamment déclaré alors que la Hongrie s’apprête à prendre en juillet la présidence tournante du Conseil européen.

[…] Devant les caméras, MM. Vucic et Orban se sont aussi tous les deux engagés à soutenir Pékin sur la question de Taïwan, au grand plaisir du dirigeant chinois. « Taïwan, c’est la Chine », a défendu clairement M. Vucic devant une foule de partisans qu’il a fait venir pour acclamer le président chinois. La Chine « soutient l’intégrité territoriale de la Serbie de la même manière, sans aucune réserve », a-t-il ajouté. Pékin, qui lit les affaires internationales à l’aune de sa propre revendication sur Taïwan, ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo. « Nous avons toujours cru au principe d’une seule Chine », a abondé M. Orban à Budapest. […]

Le Monde, Xi Jinping flatte et cherche à renforcer les dirigeants eurosceptiques

[…] Le président hongrois Viktor Orban a déclaré à l’issue de son entretien avec le président chinois : « Les Hongrois ont de sérieuses ambitions. Les 100 dernières années, le 20e siècle, ont été honteuses pour la Hongrie. Ce fut un siècle où nous avons perdu, un siècle où nous avons subi des pertes extrêmement lourdes, aux proportions historiques. Et l’idée qui anime les Hongrois est que nous voulons gagner le 21e siècle, et non le perdre. Et pour gagner, nous avons besoin de partenaires, d’investisseurs, de partenaires commerciaux et de la technologie la plus avancée au monde.

Il a ajouté : « Je mentionnerai particulièrement quelque chose qui n’est pas seulement un fait économique, mais aussi une expression de confiance : le fait que nous pouvons étendre notre coopération à l’ensemble du spectre de l’industrie nucléaire, où jusqu’à présent il y a eu aucune coopération entre nos deux pays. Cela présente un grand potentiel, car à cet égard – en termes d’industrie nucléaire – la Hongrie dispose d’une expérience et d’un prestige internationaux considérables, car nous sommes impliqués dans cette industrie depuis plus de 50 ans et sommes actuellement la plus grande. le développement du nucléaire en Europe a lieu en Hongrie.

« Notre plan est que d’ici le début de la prochaine décennie, la part de l’énergie nucléaire de la Hongrie se situera entre 60 et 70 pour cent. » […]

World Nuclear News, La Hongrie et la Chine signent un accord de coopération dans l’énergie nucléaire, traduction automatique [edit]

Jeudi 9/5, 19h35

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Andryi Petrenko, Parade of the dead on Moscow…

Jeudi 9/5, 19h15

Lu aujourd’hui.

Le président russe Vladimir Poutine, au centre, assiste à un service de prière dirigé par le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, à gauche, à la suite d'une cérémonie d'inauguration à la cathédrale de l'Annonciation du Kremlin à Moscou, en Russie, le mardi 7 mai 2024. (Alexey Maishev, Spoutnik, Photo de la piscine du Kremlin via AP)

« Ils voulaient le fascisme, ils l’ont eu ». C’est pour cette phrase que l’activiste Oleg Orlov, président historique de Memorial, est aujourd’hui emprisonné en Russie dans des conditions inhumaines. Des centaines d’autres connaissent le même sort.
Le fascisme de Poutine a une histoire longue. Dans un texte inédit, l’opposant russe Lev Ponomarev en dresse le tableau tout en portant un message d’espoir : plus le régime se radicalise, plus le changement devient inévitable.

L’un des principaux facteurs ayant contribué à l’émergence du fascisme allemand dans les années 1930 a été le profond ressentiment généré par la défaite de l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale. En Russie, des émotions similaires ont été suscitées par l’effondrement de l’Union soviétique et la défaite dans la guerre froide contre les démocraties de l’Ouest, accompagnées de bouleversements économiques et sociaux et d’une restructuration complète de la vie des gens. 

Le ressentiment a été cultivé par les services de sécurité russes, qui ont conservé la continuité des services soviétiques. Ce sont les héritiers du KGB soviétique qui se sont le plus fortement sentis perdants et ont nourri un désir de revanche. Pendant la période des transformations démocratiques, le nouveau gouvernement n’a pas procédé à une lustration complète de ces structures ; de nombreux acteurs majeurs des services de sécurité ont pu conserver leurs positions et leur influence après l’effondrement de l’Union soviétique. Depuis 1917, malgré le récent changement de nom du KGB en FSB, l’essence fondamentale de cette structure, principalement axée sur l’élimination des opposants idéologiques et la guerre froide avec le monde démocratique, est restée inchangée.

[…] Les chercheurs qui étudient les régimes totalitaires soviétique et allemand attirent l’attention sur une différence importante : le totalitarisme soviétique visait essentiellement à combattre les « ennemis intérieurs » et à assimiler les peuples indigènes qui habitaient le territoire de l’empire socialiste. L’extermination de masse de populations sur le territoire de l’Union soviétique était justifiée par la nécessité de créer un nouveau type de société, la formation de ce que l’on appelle « l’homme soviétique ». Le fascisme allemand, quant à lui, s’est concentré sur l’extermination de ceux qu’il considérait comme des représentants de races « inférieures », principalement les Juifs et les Roms, ainsi que les Slaves sur les territoires occupés.

[…] Il est important de comprendre comment la Russie a abordé [l’invasion de l’Ukraine]. Au printemps 2020, Poutine a effectivement annoncé son intention de gouverner à vie et a lancé des amendements constitutionnels pour garantir que ses mandats présidentiels seraient « annulés » et qu’il pourrait se présenter à la présidence en 2024 et 2030, en violation d’une interdiction constitutionnelle explicite. L’introduction des amendements et leur adoption par un vote national ont violé de manière flagrante la Constitution russe et les lois existantes, le vote s’est déroulé en dehors du cadre légal et ses résultats ont été falsifiés. 

Mais la popularité de Poutine a continué à baisser, les problèmes sociaux n’étant pas résolus et l’économie stagnant. La demande de changement est de plus en plus présente, se manifestant par le soutien direct à tous les niveaux des Russes aux opposants des autorités lors des élections.

En conséquence, en 2022, Poutine a décidé de lancer une agression à grande échelle contre l’Ukraine. Il est possible que cette guerre ait été largement prédéterminée par le désir de Poutine de regagner le soutien et le contrôle perdus, en jouant sur la nostalgie de l’ancienne génération pour l’Union soviétique et l’image d’une Russie forte et grande.

Poutine peut être qualifié de « président de la guerre ». Il a commencé sa carrière présidentielle avec la guerre en Tchétchénie. En 2008, il a lancé la guerre de la Russie contre la Géorgie. En 2014, il s’est emparé de la Crimée et a déclenché la guerre dans le Donbass. Le 24 février 2022, il a envahi l’Ukraine. Il est difficile d’évaluer aujourd’hui à quel point il a failli réussir, mais à un moment donné, ses troupes ont menacé Kyiv. Elles ont été repoussées, rencontrant une résistance féroce sur toute la ligne de front.

[…] La seule façon de se rapprocher de la fin de la guerre aujourd’hui est de soutenir fermement l’Ukraine en lui fournissant toutes les armes lourdes, les avions, suffisamment d’obus et des missiles à longue portée dont elle a besoin pour gagner. Les succès militaires renforcent le régime de Poutine et le rendent encore plus brutal et dangereux. Les succès militaires de l’Ukraine donnent de l’espoir à la société civile russe, qui a été confrontée à des niveaux de répression sans précédent depuis le début de cette guerre, mais qui continue de résister.

La démonstration la plus claire en a été faite dans les mois qui ont précédé la réélection de Poutine. Un soutien massif a été apporté à Ekaterina Dountsova puis à Boris Nadejdine, qui se sont déclarés opposants à la politique de Poutine et représentaient les Russes anti-guerre. L’inéligibilité de ces candidats a conduit à l’unification de la société civile autour du vote de protestation, qui s’est transformé en une action de protestation anti-guerre à grande échelle en raison de la participation simultanée des opposants à Poutine aux bureaux de vote tant en Russie que dans les consulats russes dans des dizaines de pays à travers le monde. Un autre exemple frappant de manifestation de masse a été l’adieu à Alexeï Navalny après son assassinat. 

Pour la première fois depuis le début de la guerre, les Russes ont pris conscience du caractère massif de la protestation anti-guerre et de l’espoir d’une transition pacifique du pouvoir. Un nouvel accroissement de l’activité de la société civile peut devenir un facteur réel de la fin de la guerre et de l’amorce de transformations démocratiques en Russie.

[…] Notre compréhension du fascisme est aujourd’hui beaucoup plus profonde qu’elle ne l’était dans les années 1930. Nous sommes conscients de ses conséquences et savons qu’il est essentiel de reconnaître sa formation. Mais la reconnaissance n’équivaut pas à la neutralisation. Le fascisme représente non seulement la répression contre la dissidence, mais aussi un culte de la personnalité qui produit le mythe d’un leader qui sauve le monde par la force. Ce mythe détruit très efficacement la faiblesse du leader, le transformant en une figure comique et pathétique. L’idéologie fasciste personnaliste est écrasée le plus efficacement en désacralisant son personnage clef et en démontrant le rejet massif de la population. […]

Le Grand Continent, Poutine : le nouveau visage du fascisme

Jeudi 9/5, 15h00

Tcherno.

FIRMS signale un foyer d’incendie sur le site même de la centrale, à côté du réacteur 4.

FIRMS, capture d’écran

Mercredi 8/5, 19h25

Tcherno.
Pour rappel, les cimetières n’ont pas été déménagés après la catastrophe et les familles s’y rendent (s’y rendaient) à Pâques. Le secteur est proche de la frontière biélorusse et les militaires craignent des intrusions.

Afin d’assurer la sécurité des citoyens et pendant la durée du régime juridique de la loi martiale, par décision du Conseil de défense de la région de Kyiv du 28 avril 2024, il est INTERDIT d’organiser des événements commémoratifs dans les cimetières et leurs territoires adjacents dans les limites de la zone d’exclusion de Tchernobyl et de la zone de réinstallation inconditionnelle (obligatoire).

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction automatique

Mercredi 8/5, 12h00

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Burkhard Mohr, Xi Jinping and Putin play ‘Europe’ on the piano

Mardi 7/5, 20h00

Minute gastro.

L’incident diplomatique a été évité de peu. En escapade dans les Hautes-Pyrénées (sud-ouest) au deuxième jour de la visite d’État chinoise, les présidents Emmanuel Macron et Xi Jinping, accompagnés de leurs épouses respectives [ouf !], ont déjeuné au col du Tourmalet ce mardi. Le chef d’État français avait choisi pour l’occasion un cadre à la fois authentique et intime, le restaurant d’altitude de son ami Éric Abadie. Un cadre idéal pour aborder de manière franche les sujets épineux – parmi lesquels la guerre en Ukraine.

[…] Après un plateau de fromages de Dominique Bouchait, en dessert, le chef cuisinier avait prévu une pâtisserie que seuls connaissent les Béarnais et les Basques : le russe. Composé d’un biscuit à base d’amande et de pâte de praliné, ce gâteau originaire d’Oloron-Sainte-Marie tient son nom de la recette qui serait, selon la légende, venue de Crimée. Son apparence recouverte de sucre glace rappelle aussi les plaines enneigées de Russie. La maison Artigarrède, pâtisserie familiale qui en détient le secret de fabrication depuis 1920, raconte sur son site comment François Mitterrand, le premier, introduisit le dessert dans les cuisines de l’Élysée. Ses successeurs Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy le firent apprécier à de nombreux chefs d’états étrangers en visites officielles.

Or, au vu du contexte géopolitique sensible sur fond de guerre en Ukraine, ce dessert particulièrement apprécié de Emmanuel et Brigitte Macron a été remplacé par une tarte aux myrtilles, révèle la Dépêche du Midi. […]


Mardi 7/5, 19h50

Vu aujourd’hui.

The Kyiv Independent - La région de Soumy se fortifie face à la menace imminente d'une attaque contre Kharkiv (traduction automatique) - Des représentants de l'administration régionale et de l'entrepreneur en construction Avtomagistral-pivden LLC inspectent les fortifications en construction dans la région de l'oblast de Soumy, en Ukraine, le 16 mars 2024. (Kostiantyn Liberov/ Libkos/Getty Images) 

Mardi 7/5, 19h20

La farandole du nuc.

Le gendarme du nucléaire français a donné, mardi 7 mai, son accord pour la mise en service future du réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville, étape-clé pour le lancement progressif de la production d’électricité prévu au cours de l’été, avec douze ans de retard.

A l’issue de son instruction, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) « vient d’adopter l’autorisation de mise en service de l’EPR de Flamanville », a déclaré Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN. « Cette autorisation va permettre à EDF de commencer à charger le combustible dans le cœur du réacteur et ensuite d’engager la phase d’essais qui va se poursuivre » au cours des prochains mois.

[…] Le raccordement au réseau électrique (le « couplage ») ne sera effectif que dans quelques mois, une fois que le réacteur aura atteint 25 % de sa puissance, après une montée progressive par paliers. Ce n’est qu’en « fin d’année » que le réacteur devrait fonctionner et livrer ses électrons à 100 % de sa puissance, selon EDF.

EDF devra encore solliciter l’avis de l’ASN à trois reprises : « avant de démarrer la réaction nucléaire », « au palier de puissance de 25 % puis au palier de puissance de 80 % », a fait savoir M. Collet. […]

Le Monde, L’Autorité de sûreté nucléaire autorise la mise en service de l’EPR d’EDF à Flamanville
Une partie de l’EPR de Flamanville (Manche), le 25 avril 2024. (LOU BENOIST / AFP)

« Ça restera un accident industriel dont il faut tirer les leçons », a estimé mardi 7 mai sur franceinfo Yves Marignac, spécialiste énergie et nucléaire et porte-parole de l’association négaWatt, alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert à la mise en service future de l’EPR de Flamanville.

[…] « Ce démarrage n’annonce pas une nouvelle ère de rayonnement du nucléaire français parce que les conditions ne sont absolument pas réunies pour ça », a-t-il poursuivi. « La filière nucléaire reste en grande difficulté. Les raisons pour lesquelles cet EPR a été si long à construire ne vont pas disparaître comme par magie. »

« D’autres réacteurs ne seront pas mis en service, en tout état de cause, avant 2035-2040, donc trop tard par rapport à l’urgence climatique », ajoute le spécialiste. « Dans le monde aujourd’hui, les énergies renouvelables se développent beaucoup plus vite et à des coûts bien moindres. » « Les énergies renouvelables ont dépassé le nucléaire en matière de production électrique en Europe et le sens de l’histoire est assez clair », termine-t-il.

France Info TV, EPR de Flamanville : « Ça restera un accident industriel dont il faut tirer les leçons », estime le porte-parole de l’association négaWatt

L’armée biélorusse a déclaré mardi avoir entamé un exercice pour vérifier le « degré de préparation » de ses lanceurs d’armes nucléaires tactiques, au lendemain de l’annonce par son allié russe d’exercices nucléaires. Le secrétaire du Conseil de sécurité biélorusse, Alexandre Volfovitch, cité par l’agence de presse officielle Belta, a souligné que cet exercice était lié à l’annonce russe et serait « synchronisé » avec Moscou. […]

Le Monde, Live

Mi-avril, la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire a fait face à une infestation de bactéries légionelles. Ces micro-organismes, pouvant causer une affection pulmonaire grave, ont été détruits, selon EDF. Mais l’association Sortir du nucléaire Berry Giennois Puisaye s’inquiète des quantités potentiellement dispersées dans l’air.

« Le 8 avril, une analyse bihebdomadaire est effectuée dans l’aéroréfrigérant de l’unité n° 1 de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. Le résultat d’analyse, reçu le 15 avril, met en évidence un taux en légionelles de 320.000 UFC/litre au lieu des 100.000 autorisés. » Voilà, en substance, le message publié sur le site EDF, le 23 avril dernier. [UFC : Unité formant colonie]

[…] Pour EDF, les légionelles viennent simplement de « l’eau de la Loire utilisée dans le circuit de refroidissement des réacteurs ». « Cette eau contient naturellement des micro-organismes. Ils se développent dans les installations où la température de l’eau est comprise entre 25 °C et 50 °C. Certaines espèces de légionelles en font partie », explique Mathilde Falempin, cheffe de mission communication et action territoriale à la centrale de Belleville. […]

Le Berry Républicain, La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire touchée par des bactéries en avril

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a appelé mardi l’Iran à appliquer des « mesures très concrètes et tangibles », afin d’« accélérer » les négociations sur le programme nucléaire iranien. Relevant qu’il y avait eu « un ralentissement dans la mise en œuvre » des engagements pris par l’Iran, Rafael Grossi a souligné au cours d’une conférence sur le nucléaire à Ispahan, au centre du pays, que ses discussions avec les autorités iraniennes se concentraient « sur les mesures très concrètes, pratiques et tangibles qui peuvent être mises en œuvre pour accélérer le processus ».

RFI, Nucléaire : le chef de l’AIEA demande à l’Iran des mesures «concrètes» et «tangibles»

En Belgique, la saga sur la sortie du nucléaire dure depuis 2003. La Chambre des Représentants vient d’approuver l’accord signé entre l’État et Engie qui gère le parc nucléaire belge, afin de prolonger la durée de vie de deux réacteurs. Une bonne nouvelle pour l’énergéticien français qui va pouvoir envisager l’avenir plus sereinement.

La Belgique est dotée de sept réacteurs nucléaires répartis sur deux sites exploités par Engie : Doel, situé dans la province de Flandre orientale et Tihange qui est dans la province de Liège. En 2021, le nucléaire représentait environ la moitié de la consommation annuelle d’électricité du pays. La Belgique fait partie des pays qui a fait le choix de sortir du nucléaire. Ainsi, une loi a été adoptée à cet effet en 2003 pour une sortie du nucléaire prévue initialement d’ici 2025. Mais à la faveur des changements de coalition et du contexte géopolitique, le scénario a été réécrit plusieurs fois. […]

Révolution énergétique, La durée de vie des centrales nucléaires prolongée de 10 ans en Belgique

La protection de la nature et la lutte contre le changement climatique ont mené Peppi Seppälä à rejoindre le parti Vert finlandais. Porte-parole des Jeunes Verts de Finlande qu’elle a dirigés pendant 2 ans et conseillère municipale d’Espoo, la deuxième ville du pays, Peppi Seppälä explique la position de son parti vis-à-vis du nucléaire et sa démarche pour trouver un chemin commun vers un monde sans énergies fossiles.

Comment est née votre intérêt pour le nucléaire et comment en êtes-vous devenue une défenseuse ?

Il se trouve que, lorsque j’avais 13 ans, j’ai réalisé un exposé à l’école sur les dangers de l’énergie nucléaire. Cependant, ce n’est que bien plus tard, à l’université, que j’ai découvert comment le nucléaire fonctionnait réellement et quelles étaient les précautions prises par les centrales nucléaires. Au même moment, j’ai également découvert à quel point le changement de cap pour se séparer des énergies fossiles était sans commune mesure et combien il serait difficile, si ce n’est impossible, de réaliser ce tournant sans l’énergie nucléaire. Je ne me vois pas comme pro-nucléaire mais plutôt comme anti-fossiles, et c’est dans ce sens que je suis pour faire appel à tous les leviers disponibles. […]

SFEN (Société Française d’Energie Nucléaire), Les Verts finlandais et le nucléaire : interview de Peppi Seppälä / Interview réalisée par le forum nucléaire espagnol traduite en français par la Sfen avec l’autorisation de l’interviewée.

Lundi 6/5, 23h25

Lu aujourd’hui.

Je vais vous montrer comment c'était est le mémoire déchirant d'Illia Ponomarenko sur la guerre dans son pays natal, offrant une diatribe enflammée contre l'hypocrisie russe et un regard émouvant sur ce qui est en train d'être perdu. Mais c'est aussi une histoire de fierté, voire d'exaltation, alors que les forces ukrainiennes se rassemblent, trouvent leur motivation et chassent les envahisseurs de Kiev. Chronique la plus puissante et la plus personnelle de la guerre à ce jour, Je vais vous montrer comment c'était est une réalisation littéraire exceptionnelle, relatant un exploit de résistance époustouflant et un peuple courageux déterminé à remporter une victoire miraculeuse. (traduction automatique)

Il y a une dizaine d’années, Ponomarenko étudiait à Marioupol en relations internationales et en politique nucléaire. C’est à ce moment-là qu’il a commencé à lire le Bulletin of the Atomic Scientists . Maintenant, je lui demande : que veut-il que le monde sache sur le risque nucléaire ?

Le succès russe en Ukraine, dit-il, « encouragerait la Russie, l’Iran, la Chine – les régimes dictatoriaux du monde entier – à ce que… l’intimidation nucléaire fonctionne. … Cela aide à obtenir des choses des démocraties, du monde libre.

L’Ukraine possédait autrefois des armes nucléaires, mais les a ensuite rendues, se souvient-il. Il craint désormais que les petites nations non nucléaires puissent tirer une leçon inquiétante de la guerre actuelle.

De nombreux pays, craint-il, pourraient simplement décider « au diable cette non-prolifération, au diable ces assurances et affirmations de sécurité ; il est temps de passer au nucléaire, car la bombe est ce qui constitue réellement une garantie contre une invasion dans ce nouveau monde, où fonctionnent les guerres de conquête, d’impatience et d’extorsion nucléaire.»

« Il est absolument vital que les petites nations attaquées – en particulier lorsqu’il s’agit de nations qui organisent des invasions injustifiées et non provoquées comme celles que nous connaissons, en particulier lorsqu’il s’agit de combattre l’une des plus grandes machines de guerre du monde comme la Russie, dotée d’immenses ressources – il est absolument vital que ces nations reçoivent un soutien absolument inconditionnel. Il est absolument vital que les régimes dictatoriaux bellicistes reçoivent le signal de non-admission et comprennent clairement qu’il n’y a aucune possibilité de guerre de conquête.»

« Aujourd’hui, c’est l’Ukraine », ajoute-t-il. « De nombreux décideurs, dirigeants et voix fortes se demandent : ‘Pourquoi se battre pour Kyiv ?’ « Pourquoi aider l’Ukraine ? » Demain, ce sera : « Pourquoi aider Varsovie ? » « Pourquoi aider Tallinn ? » Il n’est pas surprenant que… l’article 5 soit la grande question du moment.»

L’article 5 de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) prévoit la défense collective des pays membres. Autrement dit, une attaque contre un membre de l’OTAN est une attaque contre tous. L’Ukraine n’en est pas membre.

« Il faut résister au mal. Sinon, il grossit et devient encore plus dangereux. Vous ne pouvez pas éviter l’histoire. Vous ne pouvez pas éviter les décisions qui sont absolument nécessaires. Ce n’est pas notre choix d’être ou de ne pas être dans cette situation. La guerre arrive et des décisions doivent être prises. Sinon, la situation ne fera qu’empirer. Il n’y a aucun moyen de mettre la tête dans le sable. »

[…] « Je veux que mon public et mes lecteurs comprennent la nature extrêmement choquante de cette guerre », a-t-il déclaré. « Nous avons vu des charniers sur les parkings de nos communautés, dans nos villes, à côté de nos supermarchés. … Cela pourrait arriver à n’importe qui.

Bulletin of the Atomic Scientists, Suzan d’Agostino, Le journaliste ukrainien Illia Ponomarenko sur l’horreur et l’absurdité de la guerre existentielle et insensée de la Russie, traduction automatique

Lundi 6/5, 11h20

Vu aujourd’hui.

Armya Inform

Le 5 mai, dans la ville de Kramatorsk, région de Donetsk, les paroissiens et les militaires des Forces armées ukrainiennes se sont réunis pour un service pascal dans l’église du saint grand martyr Yuriy Peremozhets (OCU).

Certains soldats ont apporté des paskas dans des caisses de munitions au lieu d’un panier de Pâques. Ces boîtes ont été inventées par les Américains pendant la Seconde Guerre mondiale. Des casques balistiques étaient également utilisés à la place des paniers.

Armya Inform, des caisses de munitions et casques au lieu de paniers : comment Pâques est célébrée à Kramatorsk, traduction automatique

Lundi 6/5, 11h15

Lu aujourd’hui.

La Russie de Vladimir Poutine préparerait une vague de violentes opérations de sabotage en Europe sans se soucier de faire des victimes parmi les civils, révèle le « Financial Times ». Le directeur des services de renseignement allemand, Thomas Haldenwang, aurait informé ses homologues français, suédois et britannique que le « risque d’actes de sabotage initiés par l’Etat russe » s’était « considérablement accru ».

Les rapports dont le quotidien britannique a eu connaissance montrent que la Russie intensifie ses efforts pour mener des attentats à la bombe clandestins, des incendies criminels et endommager des infrastructures sur tout le continent. Le patron des espions allemands aurait insisté sur l’« imminence » de plusieurs attaques dans les différents pays européens, « avec un potentiel élevé de dégâts humains et matériels ».

Certains incidents récents laissent penser que cette vaste opération de déstabilisation aurait déjà pu commencer. Au Royaume-Uni, plusieurs personnes ayant incendié un entrepôt contenant du matériel pour l’Ukraine ont reconnu avoir agi pour le gouvernement russe. En Allemagne, deux hommes ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir planifié pour le compte de la Russie des actes de sabotages, notamment dans une base militaire américaine. […]

Les Echos, Des sabotages russes « imminents » redoutés en Europe

Lundi 6/5, 11h10

Lu aujourd’hui.

Le président russe a ordonné la tenue d’exercices nucléaires « dans un futur proche » impliquant notamment des troupes basées près de l’Ukraine, en réponse « aux menaces » de dirigeants occidentaux envers Moscou, a annoncé lundi le ministère de la défense russe.

« Au cours de l’exercice, une série de mesures seront prises pour s’entraîner à la préparation et à l’utilisation d’armes nucléaires non stratégiques », a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Telegram. Et précisé que la mesure avait été prise « sur instruction du Commandant en chef suprême des forces armées de la Fédération de Russie », Vladimir Poutine.

Cet entraînement vise à « maintenir la préparation » de l’armée, à la suite de « déclarations provocatrices et menaces de certains responsables occidentaux à l’encontre de la Russie », a-t-il ajouté. Cela impliquera l’aviation, la marine et des forces du district militaire Sud, qui est basé tout près de l’Ukraine et couvre notamment des régions ukrainiennes dont Moscou revendique l’annexion.

Le Monde, Live

Dimanche 5/5, 15h20

Lu aujourd’hui.

Deux ans après son invasion à grande échelle de l’Ukraine, la Russie est toujours confrontée à un nombre sans précédent de sanctions économiques. Elle a été exclue des principaux services financiers mondiaux et environ 260 milliards d’euros (222 milliards de livres sterling) de ses actifs en banque centrale ont été gelés.

L’espace aérien russe est fermé à la plupart des avions occidentaux, et les ports occidentaux sont fermés aux navires russes. Un plafond formel a été imposé pour l’achat ou la transformation du pétrole russe vendu à plus de 60 dollars le baril (les prix mondiaux fluctuent actuellement entre 80 et 100 dollars) . Et en théorie, il est illégal de vendre à la Russie tout ce qui pourrait être utilisé par l’armée.

Les sanctions ont eu certains effets. Selon le FMI, le PIB de la Russie est inférieur d’environ 7 % aux prévisions d’avant-guerre. Malgré tout cela, l’économie russe ne s’est pas effondrée. Mais la situation semble très différente et est désormais entièrement centrée sur une longue guerre en Ukraine – qui est en réalité le moteur de la croissance économique.

[…] la raison la plus inquiétante de la résilience de l’économie russe est peut-être la guerre elle-même.

Pendant longtemps, l’économie russe n’a pas été diversifiée, s’appuyant fortement sur l’exportation de ressources naturelles telles que le pétrole et le gaz. Et l’une des principales raisons expliquant les revenus relativement élevés du gouvernement russe aujourd’hui est précisément le fait que la guerre a entraîné une hausse des prix de l’énergie .

Les dépenses publiques russes atteignent des niveaux sans précédent et environ 40 % du budget gouvernemental est consacré à la guerre. Les dépenses militaires totales devraient atteindre plus de 10 % du PIB pour l’année 2023 (le chiffre du Royaume-Uni est de 2,3 %).

La solde militaire, les munitions, les chars, les avions et les indemnisations pour les soldats morts et blessés contribuent tous aux chiffres du PIB. En termes simples, la guerre contre l’Ukraine est désormais le principal moteur de la croissance économique de la Russie .

Et c’est une guerre que la Russie ne peut pas se permettre de gagner. Le coût de la reconstruction et du maintien de la sécurité dans une Ukraine conquise serait trop élevé, et une Russie isolée pourrait au mieux espérer devenir un partenaire junior entièrement dépendant de la Chine.

Dans un contexte d’ effondrement des infrastructures et de troubles sociaux croissants en Russie, le coût prévu de la reconstruction de la zone occupée est déjà énorme.

Une impasse prolongée pourrait être la seule solution permettant à la Russie d’éviter un effondrement économique total. Après avoir transformé le peu d’industrie dont il disposait pour se concentrer sur l’effort de guerre, et avec un problème de pénurie de main-d’œuvre aggravé par des centaines de milliers de victimes de guerre et une fuite massive des cerveaux , le pays aurait du mal à trouver une nouvelle direction.

Trente-cinq ans après la chute du mur de Berlin, il est devenu évident que la Russie, riche en ressources naturelles, est devenue bien plus pauvre que ses anciens voisins soviétiques, comme l’Estonie, la Lettonie, la Pologne et la Hongrie, qui ont suivi la voie de l’intégration européenne.

Le régime russe n’a aucune raison de mettre fin à la guerre et de faire face à ce genre de réalité économique. Elle ne peut donc pas se permettre de gagner la guerre, ni de la perdre. Son économie est désormais entièrement orientée vers la poursuite d’un conflit long et toujours plus meurtrier.

The Conversation, Renaud Foucart, L’économie russe est désormais entièrement dirigée par la guerre en Ukraine : elle ne peut pas se permettre de perdre, mais elle ne peut pas non plus se permettre de gagner.

Dimanche 5/5, 15h10

Lu aujourd’hui. Du retard décisionnel.

[…] Il aura fallu sept mois au Congrès américain pour voter le nouveau paquet d’aide à l’Ukraine, d’un montant de 61 milliards de dollars. Sept mois pendant lesquels un homme non élu, Donald Trump, se sera opposé à la volonté de la majorité des congressmen, par l’intermédiaire du speaker de la chambre des représentants, Mike Johnson, qui bloquait l’agenda du projet de loi. Sept mois qui ont permis à l’agresseur russe de reprendre l’initiative sur le terrain. Sept mois au bout desquels les Ukrainiens se sont retrouvés à court d’obus d’artillerie indispensables pour briser les offensives russes au sol, à court de défense antiaérienne pour protéger leurs villes, leurs infrastructures énergétiques et logistiques, leurs lignes de défense, tandis que l’aviation russe pouvait opérer à moindre risque et faire usage de redoutables bombes planantes qui font des dégâts considérables à relativement peu de frais.

[…] Les conséquences de ce retard de sept mois sont visibles : des avancées russes qui ne se comptent plus en dizaines ou en centaines de mètres, mais en kilomètres ; la localité de Tchassiv Yar, qui joue le rôle de verrou protégeant les villes stratégiques de Kramatorsk et Sloviansk, très menacée d’être prise ; les bombardements incessants sur Kharkiv et les infrastructures vitales du pays ; d’autres villes encore sous les feux russes… Volodymyr Zelensky n’a pas caché à quel point la situation devenait problématique, et contrairement à ses déclarations constantes depuis le début de la guerre, il a évoqué la possibilité d’une défaite.

Certes, on peut penser que le président ukrainien a délibérément dramatisé la situation pour convaincre les Républicains américains qui bloquaient le vote de l’aide à la Chambre des Représentants et pour pousser les Européens à intensifier encore leur soutien et leurs efforts en vue d’augmenter significativement leur production d’armes. L’Ukraine n’est pas exactement au bord de l’effondrement. Cependant, cet aveu de faiblesse a lui-même de lourds effets négatifs sur le moral ukrainien, notamment au moment où il faut relancer la mobilisation pour mettre sur le terrain suffisamment de soldats afin de stopper l’offensive russe.

[…] Si elle vient tard, trop tard, cette décision était prévisible et inévitable. Les États-Unis ne peuvent pas se permettre de voir l’Ukraine tomber aux mains de Moscou. Leur crédibilité internationale en serait profondément affectée, en particulier dans la zone Asie-Pacifique, déterminante pour eux. La Chine s’en trouverait considérablement renforcée et l’avenir de Taïwan s’assombrirait tout autant.

Candidat à la présidence des États-Unis, Trump n’aurait aucune chance de l’emporter s’il apparaissait responsable d’un tel fiasco. La prolongation du déséquilibre en défaveur de Kyïv n’était pas un risque qu’il pouvait courir. Une partie des Républicains ne le lui aurait pas pardonné. Or l’élection présidentielle américaine se joue à peu de voix dans quelques États qui peuvent basculer d’un camp à l’autre. Trump sait parfaitement qu’il ne pourra pas revenir à la Maison-Blanche si une frange du Grand Old Party lui fait défection. Mike Johnson, qui fut pourtant l’un de ses fidèles, a d’ailleurs donné une indication significative de cette menace en présentant sa décision de mettre enfin au vote l’aide à l’Ukraine, à Israël et Taïwan, non pas comme un acte de fidélité à l’ancien locataire de la Maison-Blanche — dont il a obtenu une molle approbation — mais comme un geste qu’il inscrivait dans la lignée de la vision de Ronald Reagan — « America is back » (l’Amérique est de retour) —, c’est-à-dire dans une tradition républicaine bien différente de celle du complotisme et de l’isolationnisme des MAGA [Make America Great Again, NDLR].

[…] On ne peut qu’approuver cette prise de conscience, mais depuis le début du conflit, on en revient toujours au même leitmotiv : « Trop peu, trop tard ! » Ce retard se paie très lourdement, immédiatement, en vies humaines ukrainiennes. Mais il se paiera demain par la prolongation du conflit pendant de trop longs mois : tant que ceux qui tiennent le pouvoir à Moscou ne seront pas convaincus que la défaite est la seule issue de l’aventure lancée par Poutine, le conflit durera. Il faudra payer plus cher pour renverser définitivement la donne actuelle. […]

Desk Russie, Jean-François Bouthors, L’indispensable retour de l’Amérique

Dimanche 5/5, 13h25

Christos voskres !

Olga, Viber (texte)

Aujourd’hui, on ne dit pas « bonjour » en Ukraine, mais « Christos voskres ! », à quoi l’on répond « Voistynu Voskres ! » (Christ est ressuscité ! », « En vérité, Il est ressuscité !). Et comme si ça ne suffisait pas, on répète l’échange trois fois. Par expérience, il vaut mieux être proactif.


Dimanche 5/5, 13h20

Tcherno.

Serhiy Zhyla et pièges photo du CHREBZ

Les ours mâles adultes vivent définitivement sur le territoire de la réserve de Tchernobyl.

Mais visiblement, ils manquent de copines. Mais on ne peut pas dire que les pinnipèdes ne font pas d’efforts pour trouver un partenaire. Aux alentours du village d’Opachichi, les employés de la Réserve constatent une forte activité de marquage des arbres par l’ours. Il s’agit d’une manifestation du comportement d’accouplement des mâles adultes.

Ces grands mammifères carnivores, comme beaucoup d’autres animaux sauvages lors du rut, perdent leur prudence, parcourent les routes, arrachent les écorces, rongent le bois et font des égratignures. Les mariages d’ours auront lieu quelque part dans la seconde moitié de mai-juin. Mais à condition que les femelles répondent à l’appel naturel des ours. Peut-être qu’en hiver, des oursons apparaîtront également…

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction automatique

Samedi 4/5, 23h30

On a plus de dos [Olga et sa maman ont commencé tôt] . C’est le jour le plus difficile du Carême, la séduction est partout. Si je ne me noie pas dans ma salive, ça sera un grand succès. Ça sera bon demain !

Olga, Viber (texte)

Samedi 4/5, 14h05

Tcherno.

FIRMS signale un incendie dans l’est de Dytiatky, l’entrée principale sud de la zone interdite.

FIRMS, capture d’écran
Dépôts de césium sur fond Google Earth, capture d’écran

Vendredi 3/5, 20h50

Pacha va bien, il travaille. Il a demandé du spray anti-moustique. Je lui enverrai un stock début de semaine prochaine.

Kola a vu 20 jours à Marioupol. Il est encore impressionné. Il a dit que c’est important de le regarder, mais pas le soir.

J’ai passé mon jeudi à nettoyer l’appartement ; c’est le jeudi propre qui précède Pâques. Un missile a explosé quelque part en ville, mais je n’ai rien entendu, je grattais le plancher. Nastia m’a envoyé le message rituel : « Quel statut ? » « Ben, c’est jeudi propre, je nettoie ! Quelle importance les drones et les missiles si les fenêtres sont sales ? ».

Olga, Viber (vocal)

Vendredi 3/5, 20h00

Lu aujourd’hui.

Équipe posant dans un atelier de dévissage/désamorçage d’obus de l’usine D-Factory de Pickett & Fils à Trélon (Nord). Au centre, Georgina Rouget, décédée accidentellement en septembre 1923 suite à une explosion. Don de son petit fils, Joël Danloux

[…] Avec sa massification et sa mécanisation, la [Première] guerre [mondiale] franchit un seuil d’hyperbrutalité inusitée. Elle devient totale, se jouant sur le front comme à l’arrière, avec des armes, et la mobilisation des usines, des corps et des esprits. La Grande Guerre devient celle d’une invraisemblable grêle métallurgique : environ un milliard d’engins d’artillerie classique et autant d’artillerie de tranchée ont été tirés sur le front occidental causant 70 % à 80 % des pertes et blessures. Pour la première fois aussi on se tue à distance sans se voir. Avec la mécanisation de la guerre désincarnée, le soldat devient l’ouvrier de la destruction.

[…] Le 11 novembre 1918 à 11 heures, les canons se taisent enfin et laissent place à un silence assourdissant, à des cohortes de soldats médusés, partagés entre une joie captive, et le soulagement voire la culpabilité d’être encore en vie. La Grande Guerre vient de mettre à mal cette confiance aveugle dans la science et le progrès : « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Cette guerre d’un genre nouveau, débutée à cheval et à pied, terminée avec des chars et des avions, s’impose alors comme la violence inaugurale d’un siècle barbare.

[…] Dans la période qui suit, ces stocks ne cessent d’enfler à mesure que s’y ajoutent les projectiles obsolètes découverts sur les champs de bataille à la faveur des travaux de remise en état et aussi progressivement découverts dans des caches. La reprise des labours après la guerre fait remonter d’autres engins que la terre ne veut digérer. Des dépôts de rassemblement sont créés pour accueillir et stocker les engins. Celui de Spincourt en Meuse a renfermé 1,5 million d’obus chimiques et 300 000 obus conventionnels français, allemands et britanniques.

[…] La neutralisation de cet arsenal hérité de la guerre s’est rapidement imposée comme non seulement une nécessité mais aussi une urgence. Jamais encore dans l’histoire les hommes n’ont eu à éradiquer en si peu de temps des montagnes de projectiles d’une incroyable diversité. Par où alors commencer ? Il a fallu prioriser les actions et hiérarchiser les degrés d’urgence d’intervention. Ce sont d’abord les armées encore mobilisées, françaises, américaines, qui s’y attellent en 1919 en détruisant les munitions par éclatement en tas et à distance (« pétardement »). Les grenades sont éclatées dans des trous d’obus remplis d’eau. Les troupes noires américaines sont mobilisées, ainsi que les travailleurs indochinois (« annamites ») et prisonniers de guerre, pour la sale besogne.

Un changement radical s’opère en 1920 avec la démobilisation et la prise de conscience qu’on ne peut abandonner les matières constitutives des munitions, si chères à produire en temps de guerre. Avec la passation de contrats par le ministère de la Guerre et le ministère des Régions libérées vers des entreprises privées, la destruction des engins en excès, obsolètes et hors de service s’industrialise et se taylorise.

Des méthodes de destruction, de démolition, de démontage, de déchargement spécifiques à chaque type d’engins sont développées pour récupérer selon une approche tayloriste, toutes les matières constitutives des engins valorisables pour les réinjecter dans le circuit économique, qui en manque tant en ces temps de reconstruction. Les matériaux, fer, laiton, nitrates, etc. sont cédés par l’État aux entreprises moyennant une redevance versée à la tonne récupérée. Il s’agit d’une des toutes premières opérations de recyclage à grande échelle : « faire des épées d’antan des socs de charrue » (Pickett, 1921).

[…] Les obus sont désamorcés, les détonateurs sont grillés dans des fours, les douilles vidées de leur poudre et les obus explosifs vidés de leur chargement par fusion à l’eau chaude. Les obus chimiques sont vidangés et le contenu neutralisé ou infiltré dans le sol. Tout comme les explosifs, ils sont brûlés à même le sol dans des tranchées de brûlage au design standardisé. Les engins pour lesquels les risques de démontage sont trop grands au regard des bénéfices à en tirer sont rassemblés pour être envoyés en mer du Nord.

Dans cette entreprise à la direction britannique, sous contrôle militaire français, travaillent des ouvriers émigrés russes, tchèques, polonais, portugais, espagnols, maghrébins, les accidents souvent mortels sont monnaie courante, car passer des consignes de sécurités en langue étrangère est une gageure.

[…] Les conséquences de ces opérations sont d’abord humaines. En Meuse, en date de 1929, 127 récupérateurs et artificiers ont été tués dans leurs périlleuses missions et 294 ont été blessés. Les chiffres nationaux ne sont pas encore consolidés.

Elles nous ont également légué de sévères pollutions des sols et des eaux. Sur certaines aires de brûlage, voilà 100 ans que pas un brin d’herbe ne pousse.

[…] La caractérisation de ces pollutions polymorphes et extrêmes s’avère délicate et complexe du fait de la combinaison de risques chimiques en lien avec la toxicité des composés présents (comme l’arsenic, les toxiques de guerre et les dioxines) et de risques pyrotechniques du fait de la forte probabilité d’y côtoyer des engins de guerre. Le travail sur le terrain (mesures, échantillonnage) s’effectue en combinaison étanche et sous assistance respiratoire, en présence de professionnels du déminage.

Les enjeux intrinsèques à ces sites sont d’abord sanitaires. Des techniques de mesure, d’échantillonnage et d’analyse spécifiques ont été développées pour évaluer les risques pour la santé et l’environnement associé à ces sites en concertation avec des experts en toxicologie. S’y associent des enjeux sociopolitiques. Ces sites ont été oubliés de la mémoire collective. La brutale irruption du passé dans le présent par la découverte fortuite de ces pollutions conduit à des situations de crise, comme en 2015 à Spincourt.

[…] Cent ans plus tard, la recherche sur les liens entre Grande Guerre et environnement ne fait que commencer et comme l’a écrit K.H. Lohs en 1991 : « La guerre ne s’est pas terminée le jour du dernier tir. »

The Conversation, Daniel Hubé, Ingénieur environnementaliste, BRGM, 1920-2020 : cent ans après, les munitions de la Grande Guerre polluent toujours nos sols

[…] Les céréales cultivées cette année dans cette zone ont été détruites, le lait produit par les vaches potentiellement alimentées par ces céréales, collecté tous les deux jours est jeté depuis le mois de juillet, et celles destinées à l’abattoir restent dans l’étable. Depuis que ces mesures ont été prises, l’équivalent de 150.000€ de lait auraient déjà été jetés. « Tout ce qu’on produit part à la poubelle », révèle sous couvert d’anonymat l’un des agriculteurs concernés. « L’État se réveille cent ans après », déplore-t-il, écœuré. « Il faut avoir les nerfs solides pour supporter ça, surtout en pleine crise agricole ». Les agriculteurs cultivent ces terres depuis plusieurs générations, et s’étonnent de la réaction tardive des autorités si danger il y a.

Ce qui étonne également, c’est que cette affaire ait été mise sous embargo total depuis plusieurs mois. Il suffit d’évoquer le sujet pour voir aux mines confuses que les interlocuteurs sont embarrassés. Le préfet de la Meuse, contacté à deux reprises via son cabinet n’a pas donné suite à nos sollicitations. […]

L’Est Républicain, 17 sept. 2015, Terres polluées par 14-18 : cent ans après, la récolte 2015 détruite dans le Nord meusien

Vendredi 3/5, 19h20

Lu aujourd’hui.

Une soldate ukrainienne regarde des livres sur le grand marché du livre de Petrivka à [Kyiv], le 23 juin 2022. L'Ukraine envisage d'interdire de nombreux livres en russe dans le cadre de la lutte contre la propagande en temps de guerre, mais la nouvelle loi divise à la fois les amateurs de littérature et les libraires. (Photo de Sergueï SUPINSKY / AFP)

[…] La question de savoir qui considérer comme un écrivain ukrainien s’était imposée à moi quelques mois plus tôt, après l’invasion russe, lorsque je m’étais retrouvé à contempler mes étagères de littérature « russe » et à me demander si je ne devais pas ranger les auteurs ukrainiens à part. Mais qui, au juste, devrais-je considérer comme un écrivain « ukrainien » ? Sur quels critères ? La langue seule ne suffirait pas, ni la géographie, ni même l’opinion de l’écrivain. En étudiant les biographies des uns et des autres, j’en suis venu à comprendre que séparer les Ukrainiens des Russes serait un processus non seulement délicat, mais franchement politique. Car ce labyrinthe d’histoires personnelles en dit long sur la nature des empires et de leurs habitants multilingues, sur les guerres et les frontières mouvantes, sur la construction d’une nation et sa répression.

Il faut bien commencer quelque part, et j’ai commencé par m’asseoir en regardant le dos des livres. Les livres rédigés en ukrainien auraient été un point de départ évident. Mais, à ma grande honte, je me suis rendu compte que je n’en possédais qu’un, une traduction de poèmes de Taras Chevtchenko (1814-1861), le fondateur de la langue littéraire ukrainienne moderne. Il y en a tant d’autres que je n’ai pas encore lus. L’Ukraine indépendante a produit des dizaines d’écrivains merveilleux, tels Iouri Androukhovytch (né en 1960), que feu mon éditeur catalan, Jaume Vallcorba, avait bien connu et publié ; Serhiy Jadan (né en 1974), que j’ai vu lire ses poèmes à Kharkiv en mai 2022, alors que les Russes bombardaient la ville ; ou Victoria Amelina (1986-2023), assassinée par une frappe ­ciblée à Kramatorsk, quelques jours après que j’aie partagé la scène avec elle lors d’un festival littéraire à [Kyiv].

[…] La vie et le destin des écrivains ukrainiens du XXe siècle sont intimement liés à l’histoire du pouvoir soviétique. Nombre d’entre eux ont fait partie de ce que l’on appelle aujourd’hui la « Renaissance fusillée » : la grande floraison de prose, de poésie et de théâtre en langue ukrainienne des années 1920, lorsque la République socialiste soviétique d’Ukraine s’est brièvement vue accorder une large autonomie politique et linguistique, avant que ne s’abattent les répressions de Staline.

Certains, comme Pavlo Tytchyna (1891-1967) ou Maksym Rylsky (1895-1964), s’en sont sortis en se coulant dans le moule du réalisme socialiste imposé par le régime ; d’autres, comme Ostap Vyshnya (1889-1956), le « Mark Twain ukrainien », ont purgé de nombreuses années au goulag, mais ont survécu. D’autres encore ont eu moins de chance. Mykola Khvyliovy (1893-1933), considéré comme l’écrivain le plus doué de sa génération, s’est suicidé alors que les répressions s’accéléraient ; Valerian Pidmohylny (1901-1937) a été fusillé à Sandarmokh, en Carélie, avec trois cents autres poètes, romanciers, dramaturges, peintres et artistes ukrainiens ; le grand poète Mykola Zerov (1890-1937), figure de proue du mouvement néoclassique, a lui aussi été fusillé. Combien d’entre eux sont traduits, publiés et enseignés en dehors de leur pays d’origine ?

Parmi les écrivains ukrainiens sovié­tiques plus tardifs, le plus célèbre est ­Vassyl Stous (1938-1985), probablement le plus grand poète ukrainien du XXe siècle, mort des suites d’une grève de la faim dans le tristement célèbre camp Perm-36. Leonid Kisselev (1946-1968) aurait peut-être égalé Stous s’il n’était pas mort prématurément d’une leucémie. Ce n’est qu’au cours de la dernière année de sa brève existence qu’il s’est tourné vers la langue ukrainienne ; l’un de ses vers les plus célèbres a toutefois, assez ironiquement, été écrit en russe : « Je me tiens au bord de l’abîme/ Et soudain je réalise, brisé par l’angoisse,/ Que le monde entier n’est qu’un chant/ En langue ukrainienne. »

[…] Nous devons encore, en Occident, découvrir ces trésors ; peut-être la guerre et les projecteurs qu’elle braque sur l’Ukraine favoriseront-ils leur diffusion. Mais il était évident pour moi, quand je regardais mes étagères, que la littérature ukrainienne dans son ensemble ne pouvait être réduite à la littérature en langue ukrainienne. L’Ukraine est un pays multinational et multilingue, et sa littérature l’est tout autant. Je ne possède aucune œuvre de Sholem Aleichem (1859-1916), le grand écrivain de langue yiddish, ­originaire du cœur de l’Ukraine.

[…] Qui sait que la poète Anna Akhmatova (1889-1966), dont le père, Andrii Horenko, était issu de la noblesse cosaque ukrainienne, est née à Odessa, a été scolarisée à [Kyiv] et a étudié le droit à l’université de [Kyiv] ? Et pourquoi Vladimir Maïakovski (1893-1930), né près de Koutaïssi, en Géorgie, d’un père d’origine cosaque russe et zaporozhien et d’une mère qui s’appelait Pavlenko, un nom ukrainien, devrait-il être considéré comme « russe » ? C’était l’Empire, les gens étaient mélangés, ils se déplaçaient beaucoup. Même s’ils ne mettaient pas en avant leurs racines, ou ne les chantaient pas ouvertement, ils ne les oubliaient pas, aussi complexes fussent-elles.

[…] j’ai discuté (en russe) de la question du Musée Boulgakov avec Myroslav Layouk, un jeune écrivain ukrainien. Lui aussi pensait que le musée devait être fermé. « Boulgakov était un impérialiste russe, affirmait-il. Son œuvre est pleine de mépris pour les Ukrainiens, pour les Maloross. – Peu importe ce qu’il pensait, ai-je répondu, peu importe qu’il ait été un ­salaud d’impérialiste. Il est à vous. En France, nous avons aussi beaucoup de salauds dans notre littérature, des racistes, des antisémites, comme Céline, mais personne ne dira que ce ne sont pas des écrivains français. »

Layouk comprenait mon point de vue : « Mais nous devrons attendre l’après-guerre pour avoir cette discussion sur Boulgakov. » D’accord. Ce n’est la priorité de personne en ce moment. Reste que la guerre de la Russie contre l’Ukraine est aussi, comme nous le montrent le saccage des musées et la destruction massive du patrimoine ukrainien, une guerre contre la culture ukrainienne. Et lorsqu’une nouvelle Ukraine émergera de ce conflit, et que son identité sera à la fois remise en cause et renforcée par les années de guerre, la question de savoir quelle Ukraine veulent les Ukrainiens – et donc de son histoire culturelle et littéraire – sera cruciale. La Russie déclare avoir annexé de larges pans du territoire ukrainien, des déclarations qui, nous l’espérons tous, ne tiendront pas. Pourquoi l’Ukraine ne pourrait-elle pas, en ­retour, annexer de larges pans de la « littérature russe » ?

Le Monde, Jonathan Littel, « Séparer les écrivains ukrainiens des écrivains russes est un processus non seulement délicat, mais franchement politique »

Vendredi 3/5, 19h15

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Nahid Maghsoudi, Children and War !

Vendredi 3/5, 12h30

Lu aujourd’hui.

[…] L’arme atomique française indépendante existe parce que les Français ne croyaient pas à une dissuasion trop élargie, et que mai 1940 les avait édifiés sur l’intérêt de ne pas dépendre absolument d’alliés insulaires ne s’engageant que trop tardivement sur le continent face à un danger terrestre massif ne les menaçant pas directement. Cela ne veut pas dire que la dissuasion française ne participe pas à la dissuasion générale du continent européen. Au contraire, et c’est précisément le fond de la déclaration d’Ottawa de 1974 : c’est l’indépendance même du processus décisionnel français qui compliquait les calculs de l’adversaire d’alors (l’URSS). Et qui les complique toujours aujourd’hui (et pas seulement pour la Russie).

[…] Ces débats complexes ne devraient pas détourner l’attention des pays européens de l’essentiel : ils ont, presque tous, organisé historiquement leur défense en l’affermant à une puissance extérieure au continent. Parler de partage nucléaire dans ces conditions pourrait bien être une manière d’éviter le sujet central : s’ils ne s’organisent pas eux-mêmes en commençant par devenir crédibles du point de vue conventionnel, le seul « partage » qu’ils manifesteront sera celui de leur impuissance commune.

Areion 24, Olivier Zajec, Stratégie et « partage » nucléaire

Jeudi 2/5, 23h35

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Maarten Wolterink, Georgia: foreign agent country
Le parti politique leader Georgian Dream copie la Russie avec une loi qui transforme toute personne ou organisation gênante en agent étranger. Au revoir l’Europe ? (traduction automatique)

[…] Des dizaines de milliers de manifestants sont à nouveau descendus dans la rue mercredi soir en Géorgie pour protester contre le projet de loi controversé sur l’«influence étrangère», adopté en deuxième lecture par le Parlement malgré la mobilisation massive de ses détracteurs.

Si cette loi est adoptée, elle exigera que toute ONG ou organisation médiatique recevant plus de 20% de son financement de l’étranger s’enregistre en tant qu’«organisation poursuivant les intérêts d’une puissance étrangère». Le gouvernement assure pour sa part que cette mesure est destinée à obliger les organisations à faire preuve de davantage de «transparence» sur leurs financements. Une première version du texte avait été abandonnée l’année dernière après des manifestations de rue d’ampleur.

En décembre, l’UE avait accordé à la Géorgie le statut de candidat officiel, mais avait déclaré que Tbilissi devrait mener des réformes de ses systèmes judiciaire et électoral, accroître la liberté de la presse et limiter le pouvoir des oligarques avant que les négociations d’adhésion ne soient officiellement lancées.

Le Figaro

Les forces spéciales de la police « speznaz » continuent d’attaquer au hasard des manifestants par ailleurs pacifiques sur l’avenue Rustaveli.

De nombreuses personnes ont été appréhendées au cours de la nuit par des groupes de policiers, marqués ou non, et battues devant les caméras alors qu’elles étaient tirées derrière le cordon de police. Dans certains cas, cela a conduit à la colère et à des représailles. Des bouteilles et autres objets sont lancés sur les forces de l’ordre. La majorité des manifestants demandent à ceux qui sont en première ligne de garder leur calme et de s’abstenir de provoquer la police.

Dans l’ensemble, une atmosphère de paix et d’unité règne parmi les manifestants du « Pas de loi russe », les voyant chanter, scander, agiter des drapeaux et faire preuve de responsabilité civique en ramassant les poubelles et en s’entraidant là où c’est nécessaire. […]

Georgia Today, traduction automatique

[…] En mars 2023, le gouvernement géorgien, dominé par le parti Rêve géorgien, fondé par un oligarque prorusse, l’ex-premier ministre Bidzina Ivanichvili, avait tenté de faire adopter un projet de loi sur sur l’« influence étrangère », puis l’avait retiré sous la pression populaire. Ce texte, directement inspiré de la législation russe, exige des ONG et associations qu’elles se déclarent comme « agent de l’étranger » dès lors que 20 % de leur financement provient d’une source étrangère. En Russie, ce dispositif a permis d’éliminer la quasi-totalité des organisations de la société civile prodémocratie.

Le gouvernement géorgien a réintroduit ce projet de loi il y a trois semaines, provoquant la même réaction de rejet d’une partie de la population dont 80 %, selon les sondages, est favorable à l’adhésion à l’Union européenne. Mardi 30 avril, la police antiémeute est violemment intervenue pour disperser les manifestants rassemblés, comme chaque soir depuis le 9 avril, dans le centre de Tbilissi.

[…] L’influence de Moscou dans cette affaire n’est un secret pour personne : M. Ivanichvili reste très lié à la Russie, d’où provient sa fortune. Dans un discours qui aurait pu être signé par Vladimir Poutine, le 29 avril, il a accusé l’opposition, caricaturée en « parti mondial de la guerre », d’être le cheval de Troie des agences de renseignement occidentales supposées vouloir prendre le pouvoir à Tbilissi.

La proximité des prochaines élections, prévues en octobre, explique en partie ce durcissement. Bruxelles souhaite éviter un scénario à l’ukrainienne, lorsque, en novembre 2013, le refus du président prorusse de l’époque, Viktor Ianoukovitch, de signer le traité d’association avec l’UE avait provoqué la révolution de Maïdan, une répression meurtrière, le renversement du régime et, finalement, l’annexion de la Crimée et l’intervention de la Russie en Ukraine. L’enjeu de cette nouvelle épreuve géorgienne est clairement géopolitique ; l’UE, cette fois, en est consciente et doit activer tous ses leviers de négociation à Tbilissi.

Le Monde, éditorial, La Géorgie au cœur de l’affrontement Russie-UE

Jeudi 2/5, 23h30

Zapo.

La direction générale du renseignement du ministère de la défense ukrainien a publié une vidéo qui, selon elle, prouve que les Russes utilisent des drones-kamikazes au-dessus des réacteurs nucléaires de la centrale nucléaire de Zaporijia (ZNPP).

La vidéo, obtenue à l’aide de moyens de reconnaissance radio électronique, contient le marquage « UT4D.TT », cela démontrant que le drone a été fourni aux troupes d’occupation par le ministère de la défense russe, affirme l’Ukraine.

Selon les services ukrainiens, la trajectoire de vol du drone-kamikaze russe passe au-dessus des réacteurs de la centrale nucléaire avant de prendre la direction des localités de Nikopol et de Marhanets, situées en face de la centrale, qui restent sous ukrainien mais subissent des attaques constantes de la part de la Russie.

Andrii Cherniak, membre de la direction principale du renseignement du ministère de la défense, a déclaré à Babel que les Russes utilisent le territoire de la centrale nucléaire pour le lancer des drones, profitant du fait que les Ukrainiens ne peuvent pas riposter dans une zone d’un kilomètre et demi autour de la centrale. Les Russes ont équipé des sites de lancement pour leurs drones juste à côté du sixième réacteur de la ZNPP. […]

Le Monde, Live

Jeudi 2/5, 14h20

Commentaires.

Sept questions sur la première demande d’autorisation d’un mini-réacteur nucléaire en France.

La start-up française Jimmy a pour ambition de fournir de quoi chauffer un complexe industriel, à partir de l’énergie atomique. Le développement des ces petits réacteurs de quatrième génération est en plein essor. […]

Commentaire : « Ah ça c’est écolo ! Il suffit d’aller acheter son uranium produit en France chez l’épicier du coin et de le mettre au compost après usage ! Un futur radieux ! Et si ça pète de partout dans les Z.I. (bien que ce soit assez peu probable puisqu’on a jamais vu des entreprises faire n’importe quoi pour économiser des sous) ? Bah si ça explose de partout on demandera à la science de fabriquer un Homme augmenté de type « Fukushiman » capable de survivre à son nouvel environnement vert fluo ! Voilà tout ! « C’est normal, c’est le progrès » comme disait Nino Ferrer. »

Commentaire : « Pour les contempteurs du nucléaire : on a déjà fait exploser 500 bombes atomiques, tous essais confondus, depuis 1945, dont environ la 1/2 dans l’atmosphère. Et c’est le CO2 qui provoque actuellement la fin du monde… Alors des petits réacteurs, ça n’inquiète pas grand -monde en matière de risque. »

Commentaire : « Pourvu que le premier « mini-incident » ait lieu près de chez vous, histoire que vous changiez votre bombe d’épaule. »

Commentaire : « Honnêtement cela fait maintenant 80 ans que la technologie nucléaire existe. Assez logique qu’on essaie d’autres modèles maintenant. »

Commentaire : « Et ça fait au moins 30 ans qu’on sait que c’est polluant, dangereux, hors de prix et qu’on dépend à 100% de pays étrangers pour avoir de l’uranium. Ce qui serait logique ce serait de passer aux sources réellement vertes et renouvelables… »

Commentaire : »M’ouais, avec une adjointe de HEC, une start-up et une technologie loin d’être éprouvée, ça sent la tourte dans le ciel ! Je préférerais que mon pognon soit investi dans du sérieux. »

Commentaire : « Ces réacteurs ne sont pas des défis technologiques, simplement l’application de ce qui existe déjà dans certains bâtiments à propulsion nucléaire. A la différence que dans un bâtiment à propulsion nucléaire [sous-marin nuc], l’équipage est composé de militaires. Et là ? La réceptionniste, et une demi douzaine d’employés civils ?

Commentaire : « Est-ce que jimmy assure un haut niveau de protection des transporteurs, du site, et des intrusions potentielles ? Ses ressources sont-elles équivalentes à celles de la gendarmerie et de l’armée ? Ou est-ce qu’ils ont prévu de déposer le bilan en cas de problème, et advienne que pourra ? »

[Etc.]

France Info TV

Jeudi 2/5, 14h10

Lu aujourd’hui. Mais les auditeurs de Radio-Tchernobyl savent bien que les films de James Bond (ou plutôt les méchants de la franchise 007) sont responsables de la peur du nuc.

Oliver Stone, Photot Freek Van Den Bergh, archives AFP

Synopsis

Au milieu du XXe siècle, alors que les sociétés commençaient à passer à l’énergie nucléaire et à abandonner les combustibles fossiles, une campagne de relations publiques, financée en grande partie par les intérêts pétroliers, a été lancée pour effrayer le public. Cette campagne a réussi à semer la peur au sujet des radiations de faible intensité et créer une confusion entre les armes nucléaires et l’énergie nucléaire. En regardant le problème en face, Oliver Stone montre que la connaissance est l’antidote à la peur et que, grâce à leur ingéniosité, les hommes ont tout ce qu’il faut pour résoudre la crise du changement climatique.

Télérama, “Nuclear Now”, d’Oliver Stone

« J’essaie d’être scientifique. Je suis un homme pratique. Et tout le monde devrait en faire autant. Nous devrions mettre les idéologies de côté », a expliqué le cinéaste à l’AFP lors d’une visite à Paris.

Ce film de deux heures a été présenté hors compétition à la Mostra de Venise en 2022. Avec des images exclusives d’installations nucléaires civiles en Russie, en France et aux États-Unis, Nuclear Now se présente comme une défense vigoureuse de cette source d’énergie face aux combustibles fossiles.  

Une option qui, selon Stone, a prouvé son efficacité depuis des décennies, alors que les détracteurs de cette source d’énergie avancent que le risque d’accident est trop élevé et que les énergies renouvelables sont en train de prouver leur efficacité.  

Le réalisateur de Platoon reconnaît qu’il a appartenu à une génération qui s’est mobilisée contre l’énergie nucléaire, à l’instar de l’actrice Jane Fonda. L’opposition à l’énergie nucléaire est « quelque chose qui nous fait nous sentir bien, comme des citoyens vertueux », mais qui n’a pas de fondement scientifique, dit-il. […]

La Presse, Oliver Stone défend le nucléaire dans un nouveau documentaire

Jeudi 2/5, 14h05

Vu aujourd’hui.

The War Zone, drone sous-marin Manta Ray, image Northrop Grumman

Jeudi 2/5, 12h45

Lu aujourd’hui.

« Nous ne devons rien exclure parce que notre objectif est que la Russie ne puisse jamais gagner », affirme Emmanuel Macron, revenant sur ses propos au sujet d’un éventuel déploiement de troupes au sol en Ukraine, dans un entretien accordé à The Economist.

« Je n’exclus rien, parce que nous avons face à nous quelqu’un qui n’exclut rien. Nous avons sans doute été trop hésitants en formulant les limites de notre action à quelqu’un qui n’en a plus et qui est l’agresseur. Notre capacité, c’est d’être crédible, de continuer d’aider, de donner les moyens à l’Ukraine de résister. Mais notre crédibilité passe aussi par une certaine capacité à dissuader en ne donnant pas toute la visibilité sur ce que nous ferons ou ne ferons pas », poursuit le chef de l’Etat.

Le Monde, Live

Mercredi 1/5, 19h30

Lu aujourd’hui : Pas de tabou, pas de formalité, pas de « plan B ».

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba [...] en Allemagne, le jeudi 12 mai 2022. (Michael Kappeler/dpa via AP)

Depuis le 24 février 2022, principalement par la voix de son président Volodymyr Zelensky et de son ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba, l’Ukraine invente une nouvelle forme de diplomatie. Ses fondements mêmes heurtent les principes de la théorie et de la pratique diplomatique occidentale traditionnelle. Pour comprendre quels sont ses ressorts, le Forum de la diplomatie en temps de guerre (Wartime Diplomacy selon l’expression consacrée par les diplomates ukrainiens), qui s’est tenu à Kyiv le 12 avril 2024, a offert une occasion de revenir sur les succès et les défis de l’action internationale de l’Ukraine. […]

Dmytro Kouleba — Un ensemble de principes spécifiques différencient la diplomatie de guerre de la diplomatie classique.

Avant de les aborder, il est crucial de souligner que la diplomatie militaire aurait été impossible sans les alliés de l’Ukraine pendant la guerre. Et je tiens à exprimer ma gratitude envers tous les pays amis, partenaires et alliés.

De même, une telle diplomatie n’aurait pas été faisable sans la nécessité de convaincre d’autres pays. Il existe des nations dans le monde qu’il faut persuader, qui demandent des efforts supplémentaires. Les diplomates ukrainiens maîtrisent parfaitement ce qu’il faut dire à Bruxelles et à Washington, quels sont les arguments pertinents. Mais trouver des arguments et des approches opératoires en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud est un art que nous avons principalement acquis grâce à la diplomatie militaire.

La diplomatie militaire ukrainienne a été mise en place par le président Zelensky dès les premières heures de l’invasion. Initialement, ses conversations téléphoniques et ses déclarations semblaient trop dures et controversées pour les observateurs extérieurs — mais ce ton a finalement porté ses fruits.

[…] Au cours des deux dernières années, nous avons formulé sept principes de diplomatie militaire. Et malgré les défis rencontrés, ces principes se sont révélés efficaces.

Premier principe : la ténacité

Chaque négociation de l’Ukraine concernant des contrats d’armement a débuté par un refus catégorique et sans équivoque. Chaque fois.

Dans des circonstances normales, un diplomate aurait sans doute abandonné après plusieurs refus, reportant les pourparlers indéfiniment. Mais le diplomate du temps de guerre n’a pas cette option. Il doit persévérer jusqu’à obtenir un oui. Il doit se battre jusqu’à obtenir un oui. […] Les armes antichars, l’artillerie de l’OTAN, les systèmes de roquettes à lancement multiple, les systèmes de défense aérienne de pointe, les chars, les missiles à longue portée et les avions modernes — tous ces types d’armement ont finalement été débloqués au niveau politique. […]

Deuxième principe : ne pas avoir peur de mettre ses amis mal à l’aise

Généralement, nous entretenons des relations particulièrement amicales avec nos proches.

Mais en temps de guerre, il y a une différence fondamentale entre vous et vos amis : si vous mourez, ils mettront des fleurs sur votre tombe, se souviendront de votre amitié et continueront leur vie. Vous, en revanche, vous resterez mort. Par conséquent, si la clef de votre survie implique de pousser vos amis hors de leur zone de confort, vous devez le faire. Ce principe est celui qui soulève le plus de débats, le plus de questions : « Comment osez-vous nous parler ainsi ? ». Nous osons, tout simplement.

Parce que la survie de notre pays est en jeu : si une conversation amicale en privé ne porte pas ses fruits, il est nécessaire de parler franchement avec vos amis en présence de tiers. Jusqu’à obtenir un résultat.

Troisième principe : il n’y a pas de « plan B »

Ce principe a également suscité des débats animés après l’une de mes déclarations. En effet, dans la diplomatie classique, il est souvent considéré comme essentiel pour un diplomate d’avoir une « exit strategy », une alternative au cas où son initiative originale échouerait.

L’absence de besoin d’un « plan B » ne signifie pas que l’on est naïf ou que l’on n’a pas envisagé de solution de repli. Simplement, en diplomatie militaire, soit vous atteignez votre objectif — soit c’est la fin.

[…] Hier soir dans le train, alors que je rentrais en Ukraine, j’échangeais avec une connaissance qui me demandait quand la guerre se terminerait et comment. Je lui ai répondu : « Je ne sais pas quand, mais elle se terminera par notre victoire ». Il m’a répondu : « D’accord, mais avez-vous un vrai plan ? En privé ? ». J’ai répondu : « Oui, j’en ai un. La victoire. Il n’y a qu’un seul plan ». Il demande : « Peut-être y a-t-il des compromis ? ». Non, il n’y a pas de compromis. […]

Quatrième principe : réduire autant que possible le temps de prise de décision

La diplomatie, ce sont des procédures.

Dans la diplomatie classique, les questions sont soumises à de multiples filtres, et il est préférable de prendre son temps pour prendre une décision, de laisser les choses « mûrir ». On espère ainsi que les circonstances pourraient évoluer, que de nouveaux éléments pourraient émerger. Mais en temps de guerre, il n’y a pas de temps à perdre. C’est pourquoi les protocoles et les procédures sont souvent négligés. Quand des vies sont en jeu, ils passent au second plan. […]

Cinquième principe : la flexibilité des solutions « à la carte »

Toute personne ayant une expérience dans l’analyse de la diplomatie ou dans la théorie ou la pratique diplomatiques, a certainement entendu des phrases du type « ce n’est pas à la carte ». L’idée selon laquelle « vous ne pouvez pas choisir parmi une liste de principes ou d’exigences, vous devez tout accepter » est souvent avancée.

Mais la diplomatie demande à la fois rigueur, respect des principes et flexibilité. Comme l’a écrit Sun Tzu, la guerre est à la fois une offensive et une manœuvre. […] Lorsque le président Zelensky a présenté l’idée du « plan de paix », il incluait un élément de flexibilité : chaque partie peut choisir les points sur lesquels elle souhaite s’engager, ceux qu’elle voudrait traiter. […] Je pense que ce « plan de paix » à l’initiative du président entrera dans l’histoire de la diplomatie. Non seulement parce que, pour la première fois, les conditions de la fin d’une guerre sont déterminées par le pays agressé — et non par le pays agresseur ou une tierce partie. Il restera également dans l’histoire comme un exemple de sélectivité constructive.

Sixième principe : tout le monde parle à tout le monde

Dans un pays en guerre, de la plus haute autorité aux secrétaires et assistants, chacun doit dialoguer avec ses homologues des pays concernés pour résoudre des problèmes spécifiques. Un exemple marquant de cette approche est la réunion que j’ai eue avec Andriy Yermak, en compagnie du ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto. Nous avons délibérément voyagé ensemble pour témoigner de la volonté de l’Ukraine de résoudre les problèmes.

Le bureau du président, le cabinet des ministres, le ministère des Affaires étrangères et d’autres ministères ont tous des contacts directs avec leurs homologues étrangers à tous les niveaux. […] C’est pourquoi la fonction du ministère des Affaires étrangères évolue et ne consiste plus à coordonner qui parle à qui, mais ce que ces personnes disent. Car il est crucial, évidemment, que tous expriment la même position.

Septième principe : des déclarations claires, directes et circonstanciées

Il est bien connu qu’un diplomate doit traditionnellement souvent s’exprimer de manière nuancée et courtoise. Cette diplomatie consiste à inclure plusieurs scénarios dans une seule phrase courte par précaution face à l’incertitude de l’avenir et pour éviter toute maladresse.

Or en temps de guerre, il vaut mieux paraître maladroit que de parler de manière inefficace. Si l’escrime verbale est nécessaire en temps de paix, en temps de guerre, il est essentiel de transmettre rapidement le signal au public approprié. Pour y parvenir, il est crucial de comprendre parfaitement son auditoire et de s’exprimer de manière concise, directe et sans détour.

Cela est d’autant plus efficace aujourd’hui — notamment parce qu’une génération de personnes ayant grandi avec les réseaux sociaux est déjà entrée dans la diplomatie, et qu’elle comprend les déclarations courtes, directes et dures.

Le Grand Continent, Les sept piliers de la diplomatie en temps de guerre selon Dmytro Kouleba, source
Wartime Diplomacy, capture d’écran

Mercredi 1/5, 19h10

Héhé.

Cartoon Movement, Amorim, Labor days…

Mercredi 1/5, 12h30

Olga et Pacha vont bien. Ce qui signifie qu’Olga tient debout et que Pacha est vivant et physiquement intact. Ce qui signifie aussi que tout ne peut pas s’écrire dans le blog.


Mercredi 1/5, 12h00

La farandole du nuc.

Les sénateurs américains ont approuvé mardi soir à l’unanimité le projet de loi interdisant l’importation d’uranium enrichi provenant de Russie, qui doit désormais être promulgué par le président, Joe Biden.
L’interdiction entrera en vigueur 90 jours après sa promulgation, mai des dérogations sont autorisées jusqu’en janvier 2028.
La Russie a fourni près du quart de l’uranium enrichi utilisé dans les centrales américaines, ce qui en fait le premier fournisseur des Etats-Unis, selon le département de l’énergie. Ces exportations lui rapportent environ un milliard de dollars (940 millions d’euros) par an.

Le Monde, Live

TIC-TAC, TIC-TAC… Après dix-sept longues et douloureuses années de chantier sur la presqu’île du Cotentin, EDF est enfin prêt à mettre en service le premier réacteur EPR français. Les équipes n’attendent plus que le feu vert du gendarme du nucléaire, dont l’instruction est sur le point d’aboutir après la finalisation d’une ultime consultation du public. Ce n’est plus qu’une question de jours ou de semaines, tout au plus.

En coulisses, la venue du président de la République est programmée mi-mai. En toute logique, Emmanuel Macron, accompagné du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et de son ministre délégué à l’Énergie, Roland Lescure, devrait se rendre sur le site de Flamanville (Manche) à l’occasion du chargement du combustible dans la cuve du réacteur, l’acte I des tant attendues opérations de démarrage. Sur place, tout le monde retiendra son souffle. Et pour cause : alors que la France engage une vaste relance de l’atome civil, comprenant la construction de six, voire quatorze nouveaux réacteurs, ce coup d’envoi constitue un véritable test pour la filière, sommée de se remettre en ordre de bataille après un chantier maudit. […]

La Tribune, Après 12 ans de retard, EDF va enfin mettre en service l’EPR de Flamanville

Qu’il s’agisse du potentiel dont dispose Téhéran pour fabriquer des bombes atomiques ou des risques encourus en cas de frappes sur les installations iraniennes, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi en parlera les 6 et 7 mai avec de hauts responsables de la République islamique. Voilà plus d’un an que le directeur l’instance onusienne ne s’est plus rendu dans ce pays.

[…] L’Iran s’est affranchi progressivement des engagements pris dans le cadre de l’accord international de 2015 encadrant ses activités atomiques en échange d’une levée des sanctions internationales. Ce pacte connu sous l’acronyme JCPOA a volé en éclats après le retrait des États-Unis décidé en 2018 par le président d’alors, Donald Trump. Des discussions menées à Vienne pour le ranimer ont échoué à l’été 2022 et aucun espoir de relance ne se profile à court terme.

Le Parisien, Le chef de l’AIEA attendu en Iran la semaine prochaine dans un contexte particulièrement tendu

Dernière ligne droite dans la course pour remporter un gros contrat nucléaire à Prague. D’un côté, le français EDF et de l’autre, le sud-coréen Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP). Les deux concurrents ont déposé ce mardi leurs offres définitives pour construire jusqu’à quatre unités nucléaires en République tchèque, a annoncé ce mardi CEZ, le groupe public d’électricité du pays.

« Les fournisseurs ont soumis une offre actualisée pour une cinquième unité à Dukovany et trois autres unités » à Temelin, a déclaré CEZ dans un communiqué. « Nous allons désormais évaluer les offres et soumettre un rapport au ministère de l’Industrie et du commerce et au gouvernement tchèque pour approbation finale », a déclaré Tomas Pleskac, membre du conseil d’administration de CEZ. […]

La Tribune, EDF et le sud-coréen KHNP en finale pour le juteux marché des EPR tchèques

Mardi 30/4, 7h50

Vu aujourd’hui : l’AIEA se souvient de Tchernobyl (ah ben non).


Mardi 30/4, 7h30

Lu aujourd’hui.

Un ancien capitaine de l’armée allemande a reconnu avoir espionné pour le compte de la Russie, affirmant qu’il était motivé par les craintes d’une escalade nucléaire mondiale dans le contexte de la guerre russe en Ukraine.

Identifié uniquement sous le nom de Thomas H., l’homme de 54 ans a été jugé le 29 avril à Düsseldorf pour avoir mené des activités d’espionnage pour le compte de Moscou et divulgué des secrets d’État. « C’était une erreur. Je maintiens cela », a-t-il déclaré le jour de l’ouverture du procès, ajoutant que les accusations portées contre lui étaient « dans l’ensemble exactes ». Il était officier en service lorsqu’il a été arrêté en août de l’année dernière.

[…] L’accusé a déclaré qu’il s’inquiétait de la sécurité de sa famille après avoir visionné des contenus pro-russes qui exaltaient le risque que la guerre en Ukraine ne dégénère en conflit nucléaire. Dérangé par ce qu’il a vu, il affirme avoir décidé de contacter les autorités russes afin de savoir « quand ça allait exploser ». Il aurait contacté le consulat de Russie à Bonn et son ambassade à Berlin en mai 2023 pour leur proposer de coopérer et de fournir des informations sensibles.

Thomas H. travaillait dans une installation militaire allemande à Coblence, chargée d’équiper les forces armées berlinoises et de tester de nouvelles technologies militaires. Les procureurs affirment qu’il a photographié des documents militaires et les a déposés dans la boîte aux lettres du consulat russe à Bonn. Il n’a pas été payé pour ces informations, ont-ils ajouté. « Il a transmis des informations qu’il avait obtenues dans le cadre de ses activités professionnelles pour qu’elles soient transmises à un service de renseignement russe « , a indiqué le parquet.

À peu près à la même époque, il a également postulé avec succès pour rejoindre le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Cette affaire est l’un des nombreux scandales en matière de sécurité et de renseignement auxquels Berlin s’est retrouvé aux prises depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. […]

The Kyiv Independent, Un ancien officier allemand admet avoir espionné pour le compte de la Russie et accuse la peur d’une guerre nucléaire, traduction automatique

Lundi 29/4, 21h15

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Alex Falcó Chang, Commitment to our big house

Lundi 29/4, 20h55

La farandole du nuc.

Le 15 avril 2023 fut un jour de gloire pour les Grünen, les Verts allemands, dont le mythe fondateur s’est forgé dans le combat contre l’atome : les trois dernières centrales nucléaires outre-Rhin étaient déconnectées du réseau électrique. Un an plus tard, une majorité d’Allemands, 58 % selon un sondage RTL, reste opposée à cette décision. La polémique déclenchée par les révélations du magazine Cicero va les conforter dans leur scepticisme. La fin de l’exploitation de l’atome aurait été guidée par les considérations idéologiques des deux ministères concernés, au détriment des faits. L’Économie et l’Environnement sont dirigés par des écologistes, Robert Habeck et Steffi Lemke. Tous deux nient fermement les accusations. […]

Le Figaro, En Allemagne, un scandale éclabousse les Verts sur la sortie du nucléaire

La start-up française Jimmy a déposé lundi 29 avril 2024 auprès du gouvernement la première demande d’autorisation en France pour un mini-réacteur nucléaire, une étape qui ouvre un processus d’instruction par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a annoncé lundi la société, dans un communiqué.

Si le dossier passe toutes les étapes d’instruction et d’autorisation, le mini-réacteur conçu « pour fournir de la chaleur décarbonée » à l’industrie « en remplaçant les brûleurs à gaz », pourrait être implanté sur le complexe industriel du groupe sucrier Cristal Union/Cristanol de Bazancourt (Marne), note l’AFP. […]

Ouest-France, Jimmy dépose la première demande d’autorisation en France pour un mini-réacteur nucléaire

La Commission européenne a validé vendredi (26 avril) un régime d’aide d’État de 300 millions d’euros en faveur du développeur de petits réacteurs nucléaires modulaires français Nuward pour s’assurer « de la cohérence d’ensemble» de son projet. 

La famille des petits réacteurs modulaires (small modular reactor, SMR, en anglais)  regroupe les réacteurs de 2 à 300 MW. En fonction de leur taille, ces réacteurs peuvent répondre à une demande d’électricité ou de chaleur très localisées (communautés isolées, sites industriels, etc.), jusqu’à remplacer les centrales à charbon et à gaz. 

Avec son réacteur de 300 MW en développement, la filiale Nuward d’EDF souhaite participer, en particulier, au remplacement des centrales à charbon restantes en Europe.

L’entreprise vise un « premier béton » coulé en 2030, pour une mise en route avant 2035. Le timing répond peu ou prou aux espérances récemment formulées par la Commission européenne. […]

Euractiv, Petit réacteur nucléaire : 300 millions d’euros d’aides d’État pour le français Nuward

La source d’iridium-192 qui n’avait pas pu être remise en sécurité le 10 avril dernier, à Colmar, lors d’une opération de radiographie industrielle ne l’a été que ce mercredi 24 avril, et non le 11, comme l’avait laissé entendre la préfecture du Haut-Rhin.

Le 10 avril dernier , une cinquantaine de Colmariens avaient été évacués après la mise en place d’un périmètre de sécurité dans les 130 mètres autour de l’entreprise ADF, spécialisée dans la chaudronnerie et la tuyauterie industrielle en acier et inox. Située rue Édouard-Branly, celle-ci avait sollicité la société Apave pour vérifier la qualité de soudures à l’aide d’un gammagraphe, un appareil mobile contenant une source d’iridium-192 et permettant de visualiser l’état interne d’une pièce métallique, « comme pour une radiographie médicale, mais à l’aide de rayonnements beaucoup plus puissants », indique l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) , qui délivre les autorisations à ce type d’entreprises. […]

L’Alsace, Incident chez ADF à Colmar : une vérité à contretemps

Ancêtre de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), le SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants) avait à sa disposition d’importants moyens mobiles à déployer en cas d’accident nucléaire. Au cœur de ce dispositif, on retrouvait notamment un véhicule unique au monde : une voiture rail dédiée à la mesure de rayonnements radioactifs. 

En 1986, quelques mois après la catastrophe de Tchernobyl, le SCPRI présentait, en association avec la SNCF, la voiture rail Su SCPRI N°025 « mesure de rayonnements radioactifs ». Ce wagon, commandé par le Professeur Pierre Pellerin au début des années 1980, était censé permettre un déploiement rapide sur les lieux d’un accident nucléaire pour réaliser des mesures radiologiques sur la population. Unique au monde, ce wagon pouvait être envoyé partout en Europe, et plus loin encore : les États-Unis auraient prévu, en cas d’accident nucléaire sur leur sol, d’emprunter le wagon français en le transportant à l’aide d’un avion-cargo géant de type Lockheed C-5  Galaxy.

Réalisé à partir d’une voiture-restaurant de la SNCF, ce wagon a été conçu pour permettre de réaliser des mesures spectrométriques à grande échelle, à savoir 5000 personnes par jour. À l’époque, la SCPRI dispose de deux véhicules lourds de trente tonnes. Mais chaque véhicule ne peut contrôler que 4 personnes à la fois. Le wagon, lui, rend possible le contrôle de 32 personnes en simultané. À l’intérieur, le wagon se compose de deux rangées de sièges, dont les dossiers sont doublés en plomb. En face de chaque siège, on retrouve un compteur de radioactivité placé dans un collimateur conique en plomb. Celui-ci focalise les rayons vers la personne à contrôler. Les mesures permettent de déterminer la quantité et la nature des radioéléments grâce à des spectromètres électroniques situés dans une cabine en verre, à l’extrémité de la voiture.

La voiture rail a finalement été déséquipée en 2008/2009, sans jamais avoir servi dans un contexte d’accident nucléaire. En cas de situation de crise radiologique, l’IRSN dispose tout de même d’une flotte de 15 véhicules, 4 drones et 6 détecteurs de gros volumes embarquables dans des avions ou des hélicoptères afin de mesurer la radioactivité dans l’environnement. […]

Révolution énergétique, Ce mystérieux wagon anti catastrophe nucléaire construit par la France après l’accident de Tchernobyl

Dimanche 28/4, 21h20

Vu aujourd’hui.

Les Enfants de Tchernobyl, Facebook
(Photographie transmise d’Ukraine ce matin par un sympathisant de l’association)

Dimanche 28/4, 21h15

Salut ! J’ai vu ton texte sur le blog à propos des 1 000 euros [que quelqu’un a donné vendredi à l’association Boudmo], ça m’a fait si chaud au cœur, comme si quelqu’un avait allumé le cheminée à l’intérieur. C’est très bien !
Pacha va bien, je travaille encore, Irina est en Italie, Kola fait du vélo avec des copains (et fait peur aux parents, parce que les recruteurs sont partout).
Je ne vais pas très bien aujourd’hui, mais il ne faut pas s’inquiéter, ça va mieux quand je pense que quelqu’un peut donner 1 000 euros. Gros bisous.

Olga, Viber (texte)

Dimanche 28/4, 20h55

Lu aujourd’hui.

Image © Ministère de la Défense russe

Marlène Laruelle — Depuis plus de deux ans, les élites russes ont régulièrement joué la carte de la menace nucléaire dans l’espoir de ralentir le soutien occidental à l’Ukraine, sans toutefois — heureusement — qu’une quelconque mise en préparation concrète de l’arsenal nucléaire n’ait accompagné ces déclarations.

Vladimir Poutine a mentionné à plusieurs reprises que la Russie n’hésiterait pas à se servir de ses armes nucléaires pour protéger sa souveraineté et son intégrité territoriale — dont on peut facilement imaginer qu’elle inclut les territoires ukrainiens conquis en 2014 puis 2022. Le président envoie des signaux partagés, répétant que la Russie n’utiliserait l’armée nucléaire qu’en représailles à une frappe ennemie, puis évoquant la possibilité de repenser la stratégie nationale de façon à ce qu’une « frappe désarmante » soit autorisée. Il y a donc une ambiguïté stratégique bien calculée entre la formule de représailles classique et la possibilité de frapper en premier face à une menace à l’intégrité territoriale du pays.

Comme l’analysait Bruno Tertrais dans ces pages, la « parole nucléaire » de Moscou reste cohérente depuis le 24 février 2022 : « premièrement, elle est auto-cohérente, c’est-à-dire que le langage est toujours à peu près le même. Deuxièmement, elle est cohérente avec la doctrine affichée. Troisièmement, elle est cohérente avec l’absence de gestes provocateurs que pourraient être la mise en alerte haute de l’ensemble du système nucléaire ou la tenue visible d’exercices nucléaires rompant avec la pratique habituelle. »

Si les tweets enflammés de Dmitri Medvedev jouent un rôle spécifique dans l’écosystème politique russe et ne doivent pas être lus au premier degré, des experts bien plus sérieux comme Sergueï Karaganov ont régulièrement mentionné la possibilité pour Moscou d’utiliser des armes nucléaires tactiques de manière préemptive. Dans la même veine, une autre figure de taille, Dmitri Trenin, s’est joint à cette discussion.

Trenin est une voix importante et respectée de l’expertise russe : ancien colonel du renseignement militaire, il avait rejoint le Carnegie Center de Moscou juste après sa création en 1994 et en avait pris la direction en 2008. Jusqu’à l’invasion militaire de l’Ukraine de 2022, sa direction du Carnegie a permis à l’institution américaine de rester présente en Russie et à des experts russes critiques du pouvoir de se faire entendre dans un contexte de plus en plus tendu. Trenin est membre du Conseil de politique étrangère et de défense russe dirigé par Karaganov. S’il est proche des milieux militaires et de renseignement, il a longtemps représenté une voix plus nuancée, favorable au partenariat avec l’Occident, que celle de Karaganov, bien que ces nuances se soient effacées graduellement et dans le contexte de la guerre.

Dans le texte que nous proposons ici, Dmitri Trenin explique pourquoi la dissuasion nucléaire que Moscou considérait comme acquise depuis les décennies de guerre froide serait caduque et pourquoi une escalade serait nécessaire afin de retrouver un mécanisme de dissuasion qui fonctionne pour défendre les intérêts stratégiques russes.

Un sous-marin nucléaire russe perce la glace de l’Arctique lors d’exercices militaires dans un lieu non précisé, le 26 mars 2021. © Service de presse du ministère de la Défense russe

Dmitir Trenin — La stabilité stratégique se définit généralement comme l’absence d’incitations pour une puissance dotée d’armes nucléaires à lancer une première frappe massive. […] Ce concept a émergé au milieu du siècle dernier, lorsque l’URSS avait atteint la parité militaro-stratégique avec les États-Unis et que la guerre froide avait atteint une phase « mature » caractérisée par une confrontation limitée et une certaine prévisibilité. À cette époque, la solution apparente au problème de la stabilité stratégique résidait dans le maintien constant de contacts entre les dirigeants politiques des deux superpuissances, ainsi que dans la maîtrise des armements et dans la transparence quant à la composition de leurs arsenaux respectifs.

Cependant, le premier quart du XXIe siècle tire à sa fin dans un contexte bien différent de la relative stabilité politique internationale des années 1970.

L’ordre mondial centré sur les États-Unis établi après la fin de la guerre froide est sérieusement remis en question et ses bases semblent vaciller. L’hégémonie mondiale de Washington et la position de l’Occident dans son ensemble sont en déclin, tandis que la puissance économique, militaire, scientifique et technologique, ainsi que l’importance politique des pays non occidentaux — notamment la Chine et l’Inde — sont en augmentation. Cette évolution entraîne une détérioration des relations entre les États-Unis et d’autres centres de pouvoir.

Les deux principales puissances nucléaires, la Russie et les États-Unis, se retrouvent dans un conflit armé semi-direct. Cette confrontation est officiellement considérée comme une menace existentielle en Russie. Cette situation a été rendue possible par l’échec de la dissuasion stratégique, sur le plan géopolitique, dans une région où les intérêts vitaux de la Russie sont en jeu. Il est important de souligner que la principale cause du conflit réside dans le mépris délibéré de Washington — depuis maintenant trois décennies — envers les intérêts de sécurité clairement et explicitement exprimés par Moscou.

De plus, dans le conflit ukrainien, les dirigeants militaires et politiques américains ont non seulement énoncé, mais aussi exprimé publiquement leur mission consistant en une défaite militaire stratégique de la Russie, malgré son statut nucléaire.

Il s’agit d’une entreprise complexe où la puissance collective économique, politique, militaire, militaro-technique, de renseignement et d’information de l’Occident se combine aux actions des forces armées ukrainiennes, engagées dans un affrontement direct avec l’armée russe. En d’autres termes, les États-Unis cherchent à vaincre la Russie non seulement sans recourir à des armes nucléaires, mais même sans s’engager formellement dans des hostilités.

Dans ce contexte, la déclaration des cinq puissances nucléaires du 3 janvier 2022, affirmant que « la guerre nucléaire ne doit pas être menée » et qu’« il ne peut y avoir de vainqueurs », semble être une relique du passé. Une guerre par procuration entre les puissances nucléaires est déjà en cours ; de plus, au cours de ce conflit, de plus en plus de restrictions sont levées, tant en ce qui concerne les systèmes d’armes utilisés et la participation des troupes occidentales, que les limites géographiques du théâtre de guerre. Il est possible de prétendre qu’une certaine « stabilité stratégique » est maintenue, mais seulement si, à l’instar des États-Unis, un acteur délègue à son allié la tâche d’infliger une défaite stratégique à l’ennemi, tout en s’attendant à ce que ce dernier n’ose pas utiliser d’armes nucléaires.

[…] Pour commencer, il convient de repenser le concept de dissuasion et, ce faisant, d’en changer le nom. Par exemple, au lieu de parler de « dissuasion » passive, nous devrions évoquer une « intimidation nucléaire » active vis-à-vis d’un adversaire probable ou potentiel. L’adversaire ne doit pas demeurer dans un état de confort, pensant que la guerre qu’il mène avec l’aide d’un pays tiers ne l’affectera en rien. En d’autres termes, il est impératif de raviver la peur dans l’esprit et le cœur des dirigeants de l’ennemi. Une peur salutaire, il faut le souligner.

[…] Il est également crucial de reconnaître que les limites de l’intervention purement verbale ont été atteintes à ce stade du conflit ukrainien. Bien que les canaux de communication jusqu’au plus hautes sphères doivent demeurer ouverts 24 heures sur 24, les messages les plus importants à ce stade doivent être transmis par des actions concrètes : changements de doctrine, exercices militaires pour les mettre à l’épreuve, patrouilles sous-marines et aériennes le long des côtes de l’ennemi probable, avertissements concernant les préparatifs d’essais nucléaires et les essais eux-mêmes, imposition de zones d’exclusion aérienne au-dessus d’une partie de la mer Noire, et ainsi de suite. L’objectif de ces actions n’est pas seulement de démontrer la détermination et la volonté d’utiliser les capacités disponibles pour protéger les intérêts vitaux de la Russie, mais surtout d’arrêter l’ennemi et de l’encourager à entamer un dialogue sérieux.

L’échelle d’escalade ne s’arrête pas là. Les mesures militaro-techniques peuvent être suivies d’actes réels, dont les avertissements ont déjà été donnés : par exemple, des attaques contre des bases aériennes et des centres d’approvisionnement sur le territoire des pays de l’OTAN, et ainsi de suite. On pourrait continuer. Il est essentiel de comprendre — et d’aider l’ennemi à comprendre — que la stabilité stratégique, au sens technique réel et non restreint du terme, n’est pas compatible avec un conflit armé entre puissances nucléaires, même s’il se déroule de manière indirecte — pour l’instant.

Aucune guerre entre puissances nucléaires (y compris une guerre indirecte menée dans la sphère des intérêts vitaux de l’une des parties) ne doit être déclenchée. Sinon, il n’y aura non seulement pas de vainqueurs, mais peut-être pas de survivants.

[…] Il est peu probable que l’adversaire accepte facilement et immédiatement ce point de vue. Il faudra au moins qu’il prenne conscience de notre position et qu’il en tire les conclusions qui s’imposent. […] Il est temps de passer à l’étape suivante et de développer nos propres concepts qui reflètent la position de la Russie dans le monde ainsi que ses besoins.

Le Grand Continent, Poutine et la guerre nucléaire : après la « dissuasion » « l’intimidation active »

Dimanche 28/4, 20h40

Vu aujourd’hui.

Ukrainskaïa Pravda, en-tête, traduction automatique

Dimanche 28/4, 20h30

Lu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Marian Kamensky, Macron-Scholz versus Putin

Le président français Emmanuel Macron a proposé « d’ouvrir un débat » sur la défense européenne, qui inclurait également les armes nucléaires françaises.

Selon Macron, ce débat européen devrait inclure les questions de défense antimissile, d’armes à longue portée et nucléaires. Quant à cette dernière, elle concerne les pays qui disposent déjà d’armes nucléaires américaines sur leur territoire.

« Mettons tout sur la table et regardons ce qui nous protège réellement de manière fiable « , a déclaré Macron.

Il a ajouté que la France conservera « sa spécificité, mais est prête à contribuer davantage à la défense du sol européen ».

Comme le souligne RFI, la loi française interdit actuellement le partage d’armes nucléaires. Dans sa nouvelle déclaration, Macron a effectivement réitéré l’opinion qu’il avait exprimée en octobre 2022, selon laquelle la doctrine nucléaire française prévoit la possibilité de recourir à l’arme nucléaire lorsque des intérêts vitaux français sont menacés. Il reste cependant à savoir si, par exemple, une attaque contre l’Allemagne serait considérée comme une violation des intérêts français.

Hromadske, Macron a proposé d’inclure les armes nucléaires françaises dans la défense paneuropéenne, traduction automatique

[…] Dans l’Union européenne (UE), la France est le seul pays à disposer de l’arme nucléaire. Le Royaume-Uni, sorti de l’UE en 2020, la possède également. Ailleurs en Europe, la Russie dispose quant à elle avec les Etats-Unis de 90 % des armes nucléaires mondiales.

Plusieurs Etats européens (l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas), ainsi que la Turquie, hébergeraient des bombes américaines en tant que membres de l’Otan, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). L’institut estime que l’US Airforce a déployé « une centaine de bombes B61 en dehors des Etats-Unis en vue d’une utilisation potentielle par des avions de combat » exploités par ces membres de l’Otan sur six bases aériennes, bien que les armes restent sous la garde de l’armée de l’air américaine.

Au total en 2023, la France possédait 290 ogives déployées ou stockées, et le Royaume-Uni 225. La Russie, elle, disposait de 4 489 ogives, sans compter les armes retirées en attente de démantèlement. […]

L’Express, Défense européenne : qui possède l’arme nucléaire en Europe ?

Samedi 27/4, 12h45

Zapo and Co.

Et finalement, mise à part Zapo, qui a cessé de produire du jus, les centrales nucs ukrainiennes ne sont pas attaquées, contrairement aux autres unités de production.

L'infographie présente l'évolution de la production nucléaire ukrainienne par centrale électrique. (Lisa Kukharska / The Kyiv Independent)

Trente-huit ans après la catastrophe de Tchernobyl, l’industrie nucléaire ukrainienne continue de produire environ la moitié de la production électrique du pays et demeure essentielle au fonctionnement du pays.

La part de la production énergétique ukrainienne provenant de l’énergie nucléaire est la troisième plus élevée au monde après la France et la Slovaquie.

Après la saisie de la centrale de Zaporizhzhia par les forces russes en mars 2022, les trois autres centrales nucléaires de l’ère soviétique restent sous contrôle ukrainien. Comparés aux ravages provoqués par les frappes russes sur la production d’énergie thermique et hydroélectrique, les effets de la guerre sur ces trois centrales ont été moins graves et leur production est restée relativement résiliente.

[…] « La construction de nouvelles centrales électriques est très importante pour le pays, car l’énergie nucléaire reste un îlot de stabilité », a déclaré au début du mois Petro Kotin, directeur d’Energoatom, la société publique responsable des centrales nucléaires ukrainiennes.

[…] La centrale de Zaporizhzhia est plus puissante que celle de Tchernobyl, ce qui fait craindre qu’une catastrophe ne soit bien plus dommageable. Cependant, la centrale dispose de dispositifs de sécurité modernes et plus solides, ainsi que d’un délai plus long pour résoudre les problèmes en cas de panne de courant due à l’état d’arrêt de ses réacteurs.

[…] « Nous comprenons qu’elles sont mieux protégées que d’autres installations énergétiques, mais les exigences de sécurité les plus strictes pour le fonctionnement des centrales nucléaires sont pratiquement impossibles à respecter si elles sont affectées par des opérations militaires », a ajouté Olena Lapenko [directrice générale de la sécurité et de la résilience du groupe de réflexion DiXi Group basé en Ukraine]

[…] Sans qu’une fin claire soit en vue aux attaques contre les infrastructures ukrainiennes, le gouvernement cherche à diversifier et à développer son industrie énergétique.

La construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires à la centrale nucléaire de Khmelnytskyi a commencé plus tôt ce mois-ci. Ce seront les premiers réacteurs en Ukraine construits en utilisant une technologie américaine plus moderne plutôt qu’en s’appuyant sur la technologie modernisée de l’ère soviétique utilisée actuellement. La construction de deux autres installations devrait commencer plus tard cette année pour compenser la perte d’énergie de Zaporizhzhia, selon le ministre de l’Energie Herman Haluschchenko.

Une fois achevée, la centrale de Khmelnytskyi devrait dépasser celle de Zaporizhzhia en tant que plus grande centrale nucléaire d’Europe.

[…] Outre les problèmes de sécurité et d’environnement, les coûts d’élimination et de stockage du combustible usé peuvent être assez élevés, tandis que la construction de nouvelles usines nécessite des coûts initiaux élevés et une mise en œuvre longue, a noté Lapenko du groupe DiXi. « Même si l’on pense que l’électricité produite dans les centrales nucléaires est la moins chère, c’est loin d’être le cas. »

Et la croissance du secteur nucléaire est en contradiction avec l’objectif du gouvernement de décentraliser son approvisionnement en électricité, a-t-elle déclaré. « Compte tenu de la menace permanente d’une Fédération de Russie agressive, parier encore une fois sur de grands et puissants nœuds de production, même nucléaires, semble assez risqué. »

The Kyiv Independent, 38 ans après Tchernobyl, l’Ukraine dépend du nucléaire pour plus de la moitié de sa production d’énergie, traduction automatique

Samedi 27/4, 12h40

Lu aujourd’hui.

Ammunition for Ukraine, IF THE GOVERNMENT WON’T – WE WILL

En Slovaquie, une collecte de fonds citoyenne – pour contrer le refus du gouvernement de prendre part à l’initiative tchèque d’aide à l’Ukraine – approchait samedi, douze jours après son ouverture, des quatre millions d’euros. Plus de 60 000 contributeurs ont ainsi donné 3, 87 millions d’euros pour aider son voisin ukrainien. Les organisateurs de la collecte avaient expliqué il y a dix jours vouloir récolter un million d’euros.

Depuis son retour au pouvoir l’année dernière, le premier ministre slovaque, Robert Fico, a mis fin à l’aide militaire à l’Ukraine et plaidé en faveur de pourparlers de paix avec la Russie. L’un des donateurs, Tomas Benetin, a affirmé qu’il s’agissait là de sa principale motivation. « Je voulais que le monde sache que la Slovaquie n’est pas composée uniquement de politiciens pro-Kremlin », avait déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) cet homme de 36 ans originaire de Kosice. Zuzana Izsakova, représentante de l’initiative, a déclaré à l’AFP : « Nous, les habitants de la Slovaquie, voulons et pouvons aider » l’Ukraine. « Nous voulons montrer que ce n’est pas seulement le gouvernement et Robert Fico qui décident de cette question ».

L’organisation prévoit de transmettre l’argent récolté à un projet international mené par la République tchèque pour acheter des munitions pour [Kyiv].

Le Monde, Live

Vendredi 26/4, 12h00

Tcherno.

Photo Denis Vishnevski

C’est profondément symbolique et déjà indissociable, car la catastrophe provoquée par l’homme qui s’est produite il y a 38 ans a enseigné à l’humanité de nombreuses leçons douloureuses.

Cependant, en même temps, il a montré l’endurance et le pouvoir vivifiant de la nature, sa puissance et la possibilité de renaissance dans des conditions extrêmement critiques.

Même après les hostilités, comme cela s’est produit en février-mars 2022, lorsque la zone d’exclusion a été occupée et par endroits pillée par les ennemis.

On se souvient des leçons de l’histoire !

Nous honorons la mémoire de ceux qui ont donné leur vie et leur santé pour lutter contre les conséquences de la catastrophe.

Et prenons soin de la nature – de nos racines et de notre soutien !

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction automatique

Vendredi 26/4, 11h55

Tcherno.

« La radiation nucléaire ne connaît ni frontières ni drapeaux nationaux. La catastrophe de Tchernobyl a démontré avec quelle rapidité des menaces mortelles peuvent surgir. Des dizaines de milliers de personnes ont atténué la catastrophe de Tchernobyl au détriment de leur propre santé et de leur vie, éliminant ainsi ses terribles conséquences en 1986 et dans les années qui ont suivi », a déclaré Volodymyr Zelensky, jeudi sur X, à l’occasion de la Journée internationale du souvenir de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue le 26 avril 1986.

Le président ukrainien a d’abord rappelé qu’au début de l’invasion russe de son pays en 2022, l’armée russe a occupé la centrale nucléaire de Tchernobyl pendant trente-cinq jours. Avant d’évoquer la situation présente à la centrale nucléaire de Zaporijia, située dans le sud-est de l’Ukraine. Cette dernière reste occupée depuis le premier jour de la guerre menée par l’armée de Moscou, faisant crainte à la communauté internationale un incident nucléaire.

Volodymyr Zelensky a ainsi déclaré qu’« il est de la responsabilité du monde entier de faire pression sur la Russie pour garantir que [la centrale nucléaire de Zaporijia] soit libérée et revienne sous le contrôle total de l’Ukraine, ainsi que toutes les installations nucléaires ukrainiennes soient protégées des frappes russes. »
Selon lui, « c’est le seul moyen d’éviter de nouvelles catastrophes nucléaires, que la présence des occupants russes dans la [centrale] menace constamment ».

Le Monde, Live

Vendredi 26/4, 9h20

Tcherno.

Laver la lampe, Volodarka, 2008, sténopé numérique, image de l’auteur

Un lien à la fois ténu et solide.

Il n’y a pas si longtemps, se souvenir de la catastrophe du 26 avril 1986 — garder Tchernobyl dans le présent — relevait essentiellement d’une forme d’opposition : le nucléaire sûr n’existe pas, ses effets délétères sont niés, les conséquences ne sont pas assez mesurées, cette technologie inscrit les sociétés humaines dans une temporalité impossible à maîtriser, arrêtons-nous là, etc. A contrario, les pronucs y voulaient voir un manque de technicité ou la gabegie soviétique.

Avec Fukushima, la crise climatique, puis la guerre russe et le kidnapping de Zapo, le signal qu’émet Tchernobyl dans l’actualité a changé. Certes, le nucléaire sûr n’existe pas, mais ses effets délétères se noient dans le bruit de fond de tant d’autres effets délétères — une telle épaisseur de bruit de fond à vrai dire — qu’il est assez facile de reléguer ce 38e anniversaire dans le registre des batailles perdues.

Depuis 30 ans, l’association Les Enfants de Tchernobyl continue de sortir un mois par an des gamins du secteur de Tcherno — malgré la guerre. Les rares études montrent la contamination chronique de ces jeunes corps et les dysfonctionnements qui en résultent. Mais, globalement, nous nous fichons comme d’une guigne de l’impact de nos actes sur la génétique de notre propre espèce.

Ce matin, quelqu’un (que je ne connais pas encore) a versé 1 000 euros sur le compte HelloAsso de l’association Boudmo ! — qui a pour but d’aider les victimes de la guerre en Ukraine et plus particulièrement les populations du secteur de Tchernobyl.
Cet argent ira payer de la nourriture et des médicaments et quelque peu soulager des gens que ce donateur ne connaît pas. Ce qui me laisse penser que la facture des conséquences de l’accident du réacteur n°4 court toujours.

Si la prise en charge sociétale du nucléaire libre (libéré ?) est insuffisante, il est aisé de constater, 38 ans après, qu’un peu de conscience subsiste, qu’un peu d’empathie reste braquée sur ce nord de l’Ukraine et Tchernobyl, vieux phare sur un écueil fondamental.
C’est ce lien à la fois ténu et solide qui me reste en tête ce matin.


Jeudi 25/4, 23h10

Radio Micronina #03

Micronina au front culturel.

J’ai acheté les billets pour le concert de Vasyl Popadiuk le 7 mars. Vous imaginez l’impatience et l’envie de rester vivante jusqu’au 24 avril ? Non, mais c’est parce que vous ne connaissez pas encore Vasyl Popadiuk. Il est violoniste ukrainien, mais on le partage avec le Canada depuis 30 ans. Il a son groupe “Papa Duke” qui est assez connu (même mon Pacha le connaît), il travaillait avec “Deep Purple”, il a trois filles qui sont nées au Canada et qui parlent ukrainien (ça m’étonne le plus, peut-être).
Vous avez déjà compris que j’avais très envie de le voir. Ma mère ne le connaissait pas, mais je lui ai montré un petit morceau de sa musique, et hop – elle a attrapé le même virus.

On devait se rencontrer devant le théâtre. Maman devait y venir après le travail.
Je suis sortie de la maison bien en avance, j’ai acheté des fleurs (c’est une tradition, pas une obligation). J’ai pris un bus, puis le deuxième, et 90 minutes plus tard j’étais sur place. Maman était en retard. Normalement ça m’énerve, mais l’alerte durait encore, je savais que la porte serait fermée, je regardais autour de moi, j’essayais de reconnaître des magasins et les maisons que je n’avais pas vus depuis au moins 10 ans. Alors, les amis, tout change ! Des supermarchés modernes ne se marient pas avec l’architecture du début du 20ième siècle, des boutiques et des cafés “à la mode” prennent le théâtre d’assaut. Ridicule.

Maman a aimé les fleurs, Pacha aussi, je lui ai envoyé une photo.
On a pris un café, l’alerte était encore “en cours”. Les gens était déhors, j’ai entendu quelques répliques de mémés mécontentes, “Non mais à quoi ça sert de diviser les frères, les russes nous détestent maintenant, et pourquoi ? À cause de cette situation horrible ! Cette guerre ! Avant on pouvait voir de vrais artistes, ils venaient de Moscou et de Leningrad (St Petersbourg), et maintenant ?”
Faut-il préciser que tout ça était dit en russe ? Il faut dire que c’était prononcé devant une galerie de photos des habitants de Kryvyi Rih tués pendant la querre. Pas besoin de dire que nous sommes parties, perturbées, regarder les affiches des spectacles, lire les noms des soldats.

Je me suis dit que ces photos auraient dû être sur Tinder, que tous ces jeunes auraient dû flirter avec les filles, créer des familles, choisir d’être alcooliques ou mineurs, managers ou jardiniers. Le plus jeune soldat de cette gallerie avait 18 ans, mort en 2014, le plus vieux avait 59 ans, mort en 2023. Je sens qu’il est nécessaire de le dire et de s’en souvenir. L’annulation de la sirène est devenue un cadeau. On s’est trouvées dans la salle.

Le concert a commencé par la musique, il n’y avait pas de « bonjour / ça va ? ».
Maman a fondu quand M. Popadiuk a joué « Hutsulka Ksenia », une chanson qu’on aime bien, qui est devenue «la nôtre » avec maman. Et puis sa manière de jouer ! Il était féroce avec son instrument, son archet a perdu des mèches et des mèches (qui sait, peut-être c’est normal ?) Il claquait les cordes, il les caressait, les battait, le violon sifflait, pleurait, chantait comme une flûte… C’était vraiment virtuose ! Et il souriait tout le temps, et il dansait, on voyait bien que c’était le pur plaisir.

Popadiuk a fini par nous parler, il nous a transmis un bonjour des terres ukrainiennes de l’Ouest lointan : district de Toronto, région de Winnipeg, oblast d’Ottava. Il nous a parlé de son groupe formé uniquement des Ukrainiens : un Ukrainien de Sud est Ecuadorien, un autre Ukrainien représente l’Est — il vient de la Havane, le reste d’Ukrainiens d’esprit sont Mexicains d’origine.
Il y avait d’autres blagues entre les pièces, on a bien rigolé. A la fin Vasyl Vasyliovych a invité deux jeunes et nous a demandé de mettre un peu d’argent dans le chapeau pour une brigade, le but de tous ses concerts est d’acheter les voitures pour les militaires. Maman a offert les fleurs, elle bavardait avec son nouvel amour sur la scène pendant que le volontaire annonçait la somme collectée : 7 000 grivnias. J’ai été tellement choquée (cette somme est minuscule ! [environ 175 euros]) que je n’ai pas pris maman en photo ! Je me dis que c’est pour le calme de papa.

Le concert s’est terminé par l’hymne de l’Ukraine performé par le Maestro, et le public est tout de suite parti, sans demander au violoniste de jouer encore quelque chose. J’étais déçue, maman aussi. Le pauvre Vasyl a eu seulement deux bouquets.
Il était 21h30, pas de bus, pas de trolleybus, le taxi coûtait comme la peau du cul du dragon. Bizarrement on a trouvé un trolleybus, puis papa est venu nous chercher en voiture, on est rentré à deux minutes du couvre-feu. J’ai promené Fidèle dans le noir, visiblement j’ai plus peur des cacas de Fi dans l’appartement que de l’amende.

La musique vibre encore dans ma tête, Pacha va bien, maman est contente, papa ignore le danger et l’amour secret de maman. Les gens de Kryvyi Rih n’arrêtent pas de me surprendre.

Olga, Viber (texte)
50 minutes de retard à cause de ces putains de russes

Jeudi 25/4, 21h30

Vu aujourd’hui.

Un ballon solaire d'activité pour enfants TEDCO Tedcotoys de 50 pieds vendu au prix de 20 $ sur Amazon. (Photo Amazon)

[…] Le 20 avril, vers 19 heures, heure de Moscou, « une tentative du régime de [Kyiv] de mener une attaque terroriste à l’aide de deux ballons de petite taille contre des objets situés sur le territoire de la Fédération de Russie a été stoppée », a rapporté le ministère russe de la Défense sur sa chaîne Telegram. . Les ballons ont été « détruits au-dessus des territoires des régions de Toula et de Moscou ».

[…] Ces prétendues fusillades de ballons font suite à la découverte le mois dernier d’un ballon météorologique ukrainien reconverti « transportant un kilo de TNT » qui « est tombé dans la forêt près du village de Novaya Slobodka », à environ 60 km de la frontière, a rapporté l’agence de presse russe MASH.

[…] Les experts en ballons contactés par The War Zone ont visionné les images et offert quelques idées.

« Il semble qu’il s’agisse d’un ballon à pression proche de zéro, d’un type que j’aime appeler des ballons » sacs poubelles « , car vous pouvez les construire à moindre coût à partir de matériaux courants facilement disponibles tels que des sacs poubelles ou une bâche de peintre en utilisant du ruban adhésif ou du thermoscellage », a déclaré [un expert]. « Le ballon sombre peut également indiquer qu’il s’agit d’un héliotrope, alias ballon solaire, et qu’il utilise le chauffage solaire pour un soulèvement flottant total ou partiel. »

[…] « Comme ces ballons sont de conception relativement simple, le système de charge utile semble primitif, manquant de guidage et de navigation », a déclaré Yap. « Le système semble fonctionner sur l’idée qu’il dérivera dans une zone où ils l’ont programmé pour larguer la charge utile en coupant la ligne de vol à l’aide d’un fil chaud. »

[…] La Russie utilise depuis longtemps des ballons à des fins militaires, remontant à la Seconde Guerre mondiale. « À partir du milieu des années 1950, des milliers de ballons libres ont dérivé de l’ouest au-dessus des pays du Pacte de Varsovie ; beaucoup d’entre eux ont atterri sur le territoire de l’Union soviétique. Ce fut l’impulsion pour la création d’une série d’avions spéciaux d’interception de ballons […]. Mais cela a également incité les Soviétiques à lancer des travaux sur leurs propres ballons militaires. En conséquence, en 1956, le bureau de conception OKB-424 – également connu sous le nom de Bureau de conception automatique de Dolgoprudny (DKBA) – a été créé, notamment pour la tâche de fabriquer de nouveaux aérostats militaires. […] Les États-Unis se tournent désormais vers les ballons pour fournir un certain nombre de capacités avancées lors de futurs conflits, notamment la livraison de drones armés loin derrière les lignes ennemies.

Un ballon-bombe japonais de la Seconde Guerre mondiale. (Photo du Musée National de l'Armée de l'Air)

[…] Compte tenu de l’intérêt constant de l’Ukraine à perturber le territoire russe et du très faible coût de construction, il est probable que nous verrons davantage de ballons de ce type traverser la frontière. Bien gréés, les ballons constituent l’arme à distance la moins chère disponible, bien qu’ils n’aient pas la fiabilité et le contrôle de systèmes plus complexes, comme les drones d’attaque unidirectionnels à longue portée. Néanmoins, avec l’innovation ukrainienne telle qu’elle est, nous pourrions constater d’autres améliorations qui les rendraient plus efficaces.

The War Zone, Opérations de ballons chargés d’explosifs par l’Ukraine contre la Russie, traduction automatique

Jeudi 25/4, 15h30

Wikipedia, Vasyl Popadiuk

[…] Il a effectué son service militaire à Kyiv dans l’ensemble de chant et de danse, qui donnait constamment des concerts pour les liquidateurs de l’accident de Tchernobyl. […]

Le concert était formidable, la sirène était avec nous depuis 17:23 jusqu’à 19:02. Il y aura une autre émission de Micronina bientôt…
Teaser : maman n’a pas apprécié le public qui est venu, mais elle est tombée amoureuse de Vasyl Popadiuk.

Olga, Viber (texte)

Jeudi 25/4, 11h15

Lu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Deb Milbrath, Finally… Ukraine Aid
(le cri entendu dans le monde entier)
Enfin... Les républicains sont intervenus pour aider nos alliés !!!!! L’Ukraine a une bouée de sauvetage… Nos alliés se sentent soulagés et Poutine est énervé. Cela aurait dû arriver il y a des mois mais mieux vaut tard que jamais !!!!!!!!

Le Sénat du Congrès des Etats-Unis a voté à une écrasante majorité (79 voix contre 18), le 23 avril, une aide militaire cruciale pour l’Ukraine, soumise à la pression de plus en plus menaçante de l’armée russe. Après la validation de cette aide par la Chambre des représentants, le 20 avril (311 voix contre 112), ce scrutin a mis en lumière ce que les vociférations de l’aile la plus radicale du Parti républicain, inconditionnelle de l’ancien président Donald Trump, étaient parvenues à masquer. Plus de deux ans après l’agression brutale dont le régime de Vladimir Poutine s’est rendu impardonnablement coupable, une nette majorité d’élus se refuse toujours à permettre, par une passivité complice, l’écrasement d’une nation.

Il a fallu que Mike Johnson, le speaker (président) républicain de la Chambre, redécouvre les mérites de l’action au terme de six longs mois d’indécision pour que cette vérité se manifeste enfin. Certes, les voix républicaines de cette Assemblée ont été moins nombreuses (101) à approuver cette aide militaire qu’à s’y opposer (112), mais la marge est faible alors qu’il n’en a pas manqué une, par ailleurs, chez les démocrates.

Au Sénat, les républicains ont été bien plus nombreux (31 contre 15) à faire le choix de la solidarité avec un peuple bombardé nuit et jour plutôt que celui d’une lâche indifférence. Ces votes ont ainsi fait apparaître l’aile trumpiste pour ce qu’elle est aux Etats-Unis : une minorité recroquevillée dans une vision du monde s’arrêtant à leurs frontières.

Empêtré à New York dans son premier procès où le baroque le dispute au sordide (l’achat du silence d’une actrice pornographique à la veille de l’élection présidentielle de 2016), Donald Trump n’y a rien trouvé à redire. C’est pourtant lui qui a imposé cette longue hésitation, tout en prétendant être capable de faire la paix entre les deux belligérants en un jour alors qu’il n’y est pas parvenu en quatre ans. Car la guerre en cours a bien commencé en 2014 avec l’annexion unilatérale de la Crimée et l’appui russe apporté à des forces séparatistes du Donbass. […]

Le Monde, éditorial

[…] Mike Johnson est un ancien avocat ultraconservateur, apôtre des valeurs du « Sud profond ». Il a été catapulté à la tête de la Chambre des représentants après la destitution surprise de Kevin McCarthy, en octobre 2023.

Avant de prendre une décision sur le soutien à l’Ukraine, un choix important qui pourrait modifier le cours de l’histoire – et mettre fin à sa propre carrière – Mike Johnson, a prié pour obtenir des conseils, écrit ABC News. « Le lendemain, il a dit : je veux être du bon côté de l’histoire », raconte le républicain Michael McCaul, président du Comité des affaires étrangères de la chambre. […]

Le Monde, Live

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a déclaré mercredi que l’Europe devait continuer à intensifier son aide à l’Ukraine, même après l’approbation de l’aide américaine. Il s’est exprimé à l’issue de sa rencontre, à Berlin, avec le premier ministre britannique, Rishi Sunak.

[…] Olaf Scholz, qui s’est engagé à fournir une troisième batterie de missiles Patriot à l’Ukraine, a une nouvelle fois appelé les autres pays européens disposant de ce système à en fournir à l’Ukraine.

Interrogé sur les missiles Taurus, le chancelier a énuméré la liste des matériels fournis par l’Allemagne et a ajouté : « En ce qui concerne le système d’armes que vous mentionnez, ma décision ne changera pas. » Il a fait valoir que les Taurus ne pourraient être utilisés de manière responsable qu’avec la participation de soldats allemands, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Ukraine, et il affirme que c’est une ligne qu’il ne veut pas franchir.

Le Monde, Live

[…] La première livraison à l’Ukraine, estimée par le Pentagone à un milliard de dollars, est l’une des plus importantes depuis le début de la guerre. La dernière, le 12 mars, s’élevait à 300 millions de dollars. Fait le plus notable : la présence de missiles sol-sol ATACMS (Army Tactical Missile System) plus performants. Depuis octobre 2023, les versions fournies à [Kyiv] de ce projectile guidé par GPS et système inertiel avaient une portée limitée à 165 kilomètres. La nouvelle livraison comprendra une version capable d’atteindre des cibles situées à 300 kilomètres, avec une précision de seulement quelques dizaines de mètres. Une capacité qui mettrait à portée des lance-roquettes Himars ukrainiens le stratégique pont de Kertch, situé au sud-est de la Crimée, à environ 250 kilomètres du front. De même, la flotte russe en mer Noire, déjà considérablement diminuée, deviendra encore plus vulnérable.

Cette possibilité d’atteindre une cible aussi symbolique que le pont de Kertch explique le refus obstiné du chancelier allemand, Olaf Scholz, de donner le feu vert à la livraison par son pays de missiles Taurus. De son côté, Jake Sullivan a précisé mercredi que les missiles ATACMS seraient employés uniquement « à l’intérieur du territoire souverain de l’Ukraine ».

Selon une information du New York Times confirmée de source officielle, les Etats-Unis ont déjà commencé à livrer en février ces ATACMS de portée supérieure. Les attaques russes répétées contre les infrastructures civiles essentielles de l’Ukraine ont motivé cette nouvelle redéfinition des lignes rouges américaines en matière de livraison. Jake Sullivan a aussi cité le transfert par la Corée du Nord à la Russie de missiles balistiques. Dès réception de ces ATACMS, les Ukrainiens ont commencé à les employer, écrit le New York Times, citant deux cibles récentes : des troupes russes dans la ville portuaire de Berdiansk et un aérodrome militaire en Crimée. […]

Le Monde, Les Etats-Unis incluent des missiles ATACMS de longue portée dans leurs livraisons d’armes à l’Ukraine

Mercredi 24/4, 21h00

Vu aujourd’hui.

Thermonator, qui, selon son fabricant Throwflame basé dans l’Ohio, est « le tout premier chien robot brandissant un lance-flammes ».

Armé du lance-flammes ARC de Throwflame, Thermonator est capable de tirer à distance un jet de feu de 30 pieds de long et est disponible à l’achat pour 9 420 $, indique la société sur son site Web.

[…] Le robot chien lui-même est guidé par Light Detection and Ranging, ou LIDAR, une technologie laser de faible puissance et sans danger pour les yeux […]

The War Zone, Rencontrez le Robodog lance-flammes nommé Thermonator, traduction automatique

Mercredi 24/4, 20h50

Vu aujourd’hui.

Hinamoeura Cross Morgant reçoit le Nuclear-free future Award, à New York. © Hinamoeura Cross Morgant

[…] Atteinte d’une leucémie à l’âge de 24 ans, la trentenaire s’accroche à la vie poussée par ce désir de comprendre sa maladie et connaître son héritage issu des 193 essais atomiques français. Militante anti-nucléaire, elle s’est engagée depuis plusieurs années pour faire (re)connaître la situation préoccupante de la Polynésie. Elle porte depuis son élection en mai 2023, comme représentante de l’Assemblée de Polynésie française, désormais son combat au niveau politique. Elle a ainsi obtenu le 29 septembre le vote à l’unanimité de la résolution « relative au soutien au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) » par l’Assemblée territoriale.

[…] « J’ai eu l’occasion de rencontrer l’ambassadeur de France auprès des Nations Unies, à Genève. Une personne froide qui n’était pas du tout à l’écoute de ce j’avais pu lui partager. Notamment le manque d’accompagnement sur le plan médical, toute les conséquences sanitaires ». L’ambassadeur a plaidé que grâce à ces essais, « la France avait un arsenal nucléaire qui permettait de maintenir la sécurité du pays ». Non convaincue, Hinamoeura Morgant-Cross réplique que « c’est au sacrifice des deux peuples algérien et polynésien ». Elle estime que la France ne doit pas oublier ce fait. « Et sincèrement, malgré toutes les vérités sur les conséquences sanitaires, l’Etat français nous ment encore, en 2024 : la transparence, elle n’est pas là ». […]

France Info TV, Hinamoeura Cross: « Sur les essais nucléaires, l’Etat français nous ment toujours en 2024 »

Mercredi 24/4, 20h40

Ania passe à la radio.

Photo prise en février 2007 dans la ville de Pripyat, près de la centrale de Tchernobyl. © Getty - Francois LOCHON / Gamma-Rapho

Au moment de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, environ 110 000 personnes vivent dans un rayon de 30 km autour de la centrale nucléaire. La ville de Pripyat notamment loge les travailleurs de la centrale et aussi des bâtisseurs, qui continuent de construire cette centrale encore inachevée.

La collection de podcasts originaux “Ils l’ont vécu”, fait le récit, en quatre épisodes, d’un événement historique, uniquement à travers les archives et témoignages de celles et ceux qui l’ont vécu.

[…] Intervenants et témoins de cet épisode :

  • Grigori Medvedev, ingénieur en génie atomique (archive)
  • Galia Ackerman, historienne et journaliste (archive)
  • Anna Lavrentieva, originaire de la région de Tchernobyl
  • Anatoli Diatlov, ancien adjoint de l’ingénieur en chef de la centrale nucléaire de Tchernobyl, chargé de l’exploitation (archive)
  • Jean-Claude Zerbib, ingénieur en radioprotection au Commissariat à l’énergie atomique (archive)
Radio France, Un jour presque ordinaire, un podcast produit par Marie Chartron, réalisé par Laure-Hélène Planchet.

Mercredi 24/4, 20h30

Vu ces jours-ci.
Ca doit faire trois jours que ce dyptique bizarre me saute aux yeux quand je parcours la Une de Libé. Qu’est-ce qu’ils ont dans le crâne à la rédaction ? L’amour, la mort ?


Mercredi 24/4, 20h25

Lu aujourd’hui.

[…] Des soldats ukrainiens plaisantent sur le fait que quand une position de leurs ennemis subit une salve d’obus, c’est vraisemblablement une erreur de son propre bataillon d’artillerie ; si c’était un tir ukrainien cela serait seulement un obus dans l’après-midi.

[…] Pour autant, « il y a deux ans nous avons tenu alors qu’on avait en face de nous l’armée réputée être la deuxième du monde et que nous n’avions reçu comme équipements que des missiles antichars ou antihélicos Javelin et Stringer et des drones turcs, maintenant notre équipement est bien meilleur, en chars, missiles, canons et nous aurons bientôt des F16 », souligne Igor Zouvkha, conseiller auprès du président Volodymyr Zelensky. […]

Les Echos, Sur la ligne de front, l’Ukraine plie mais ne rompt pas

Mardi 23/4, 13h40

Pacha va bien.
Salut. Ca va. On a bien travaillé. On a tué 5 Russes, on en a blessé 15 et détruit je ne sais plus combien il a dit de véhicules.

Mon amie Nastia a trois sujets d’inquiètude à l’est : Pacha et un couple d’amis, Katya et Genia.
Katya est officier de liaison avec la presse. Elle pilote les journalistes, s’assurent de leur sécurité. Parfois, des journalistes ont le culot de lui demander si elle est bien sûr qu’il y aura, je ne sais pas, des blessés à évacuer, pour leurs images, bien sûr. Ca me fait bouillir le cerveau…
Katya a obligé Nastia à noter ses dernières volontés, pour l’enterrement, le chantage… Tu vois ce que c’est le chantage ? Les Russes réclament de l’argent aux familles pour arrêter la torture ou rendre les corps. Katya a dit : pas question de leur donner un seul kopeck. Si je suis morte, qu’est-ce que j’en ai à faire ? Si vous voulez donner de l’argent, donnez-le à l’armée [ukrainienne], acheter un drone ! […]

Olga, Viber (vocal)

Mardi 23/4, 8h10

Lu aujourd’hui.

[…] Je suis arrivé à Kyiv le lendemain. Le contraste entre les deux situations d’urgence ne pourrait être plus frappant. Contrairement à Israël, l’Ukraine ne dispose pas de défenses aériennes suffisantes, et l’Occident fournit bien moins que ce qu’il pourrait ou devrait pour défendre l’Ukraine contre la Russie. L’Ukraine n’est pas confrontée à des représailles ponctuelles pour avoir frappé un consulat russe – comme Israël le fait avec l’Iran. La Russie mène une guerre d’agression contre l’Ukraine depuis 2014, visant à éradiquer son identité nationale.

[…] Il est déjà déjà assez difficile pour les Ukrainiens de continuer à croire que la Force est avec eux. Le faire avec une main liée dans le dos en raison d’un soutien occidental insuffisant est pratiquement impossible.

À certains égards, l’Occident est confronté à des difficultés objectives. Il a fallu près de deux ans à l’Europe et aux États-Unis pour se rendre compte que la guerre serait longue et que la livraison d’une partie de leurs anciens stocks d’armes serait insuffisante. Depuis deux ans (et plus), la Russie a mis son économie sur le pied de guerre, tout en acquérant des armes auprès de la Corée du Nord et de l’Iran. L’écart entre les ratios d’artillerie et de munitions en est le reflet. L’Occident prend tardivement conscience d’une longue guerre et la production d’armes s’accélère : d’ici l’année prochaine, les gouvernements européens devraient être en mesure de compenser une partie du décalage actuel. C’est pourquoi les Ukrainiens perçoivent les mois à venir comme leur plus grande fenêtre de vulnérabilité, peut-être plus grande que les premières semaines dramatiques après le 24 février 2022.

[…] L’Ukraine n’a pas besoin de 100 systèmes de défense aérienne Patriot et SAMP/T ; il en faut juste sept. Mais jusqu’à présent, à l’exception de l’Allemagne, les pays européens ont hésité. Ils ont avancé toutes sortes de raisons (ou d’excuses), notamment la nécessité de respecter les normes de l’OTAN. Pourtant, beaucoup ne semblent pas avoir la même préoccupation quant à la violation des normes de l’OTAN sur l’objectif de 2 % des dépenses de défense. Si l’Allemagne peut accepter d’envoyer une batterie Patriot supplémentaire en Ukraine malgré sa vigoureuse résistance, d’autres pays européens pourraient emboîter le pas. Ne pas le faire maintenant est tout simplement impardonnable.

Il convient de se demander ce qui explique cette réticence occidentale à l’égard de l’Ukraine, compte tenu notamment du contraste saisissant avec le Moyen-Orient. Il y a deux réponses possibles, dont aucune n’est édifiante. La première et la plus brutale est la peur. L’Occident a tiré son épingle du jeu dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine parce qu’il a peur de la Russie et de l’escalade russe. Plus elle a manifesté sa peur, plus elle a galvanisé la Russie. Vladimir Poutine sent la peur et, comme tout combattant sur un ring, il saisit l’occasion de doubler la mise. La guerre en Ukraine est devenue existentielle pour le régime russe, et la fenêtre de vulnérabilité de l’Ukraine pourrait ne pas durer éternellement. Il est donc préférable d’enfoncer le couteau aussi profondément que possible, maintenant que l’Occident s’est immobilisé dans la peur.

La deuxième raison, et la plus tragique, est que l’Europe ne considère pas encore l’Ukraine comme faisant partie d’elle-même. Comme l’a dit un collègue de [Kyiv] : « L’Europe nous considère toujours comme son « bon autre ». » Tant que cette altérité persistera, l’existence de l’Ukraine sera en danger, et avec elle la sécurité de l’ensemble du continent européen. Montrer que l’Ukraine fait partie de « nous » signifie envoyer davantage de « nos » défenses aériennes pour protéger les civils et les infrastructures ukrainiennes. Et cela signifie approuver le cadre de négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE et tenir la première conférence intergouvernementale ouvrant les négociations d’adhésion de l’Ukraine en juin. […]

The Guardian, Nathalie Tocci, L’Occident défend le ciel d’Israël. Ne pas faire de même pour l’Ukraine est une erreur mortelle

Lundi 22/4, 19h30

Tcherno.

Le castor de rivière local a rongé avec diligence le bouleau, apparemment pour la construction d’un barrage, mais s’est arrêté pour une raison quelconque. […]

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook, photo Denis Vishnevski, traduction automatique

Une remarque revient systématiquement lorsque l’on parle de Tchernobyl en public. Il se trouve toujours quelqu’un pour dire : « J’ai vu un reportage, la nature reprend ses droits, non ? »

Est-ce que la nature a perdu ses droits à Tchernobyl ? Je ne sais pas, mais l’homme certainement.

Si l’on voit des animaux dans la zone radioactive de Tchernobyl, il vaut mieux se souvenir :

  • que 38 ans après l’accident, le terrain est toujours contaminé par les radio-éléments dont la demi-durée de vie est significative ; pour le césium 137, elle est de trente ans : au bout de trente ans, la moitié de sa radioactivé a disparu ;
  • que les animaux bénéficient du départ de l’homme : ils ne sont plus dérangés ;
  • qu’assez peu d’études s’intéressent aux mutations qu’induit la radioactivité sur les génomes des plantes et des animaux qui vivent dans la zone ;
  • que les reportages braquent leurs caméras selon des narratifs : on voit davantage de documentaires sur la zone que sur ses bords (là où vivent encore les gens).

Rappelons enfin que la gestion de ces territoires répond à diverses contraintes socio-économiques. Transformer la zone interdite contaminée de Tchernobyl en réserve écologique est aussi une réponse politique. En 2019, lorsque je parlais avec des gardes forestiers du secteur de Narodytchi, ils ne savaient pas ce que représentaient les chiffres de mon dosimètre, appareil dont ils n’étaient pas dotés.


Lundi 22/4, 19h10

La farandole du nuc (ou bien c’est une valse).

Le président polonais Andrzej Duda assiste à l'acceptation des premiers chars de combat sud-coréens K2 et obusiers sud-coréens K9 pour la Pologne le 6 décembre 2022 au terminal à conteneurs de la Baltique à Gdynia.  La Pologne est prête à accueillir des armes nucléaires si l'OTAN décide de les déployer face à la Russie qui renforce ses armements en Biélorussie et à Kaliningrad, a déclaré le président Andrzej Duda dans une interview publiée le 22 avril 2024. (Photo de MATEUSZ SLODKOWSKI / AFP)

Bientôt des armes nucléaires en Europe de l’Est ? La Pologne est prête à accueillir l’arme nucléaire sur son territoire si l’Otan, dont elle est membre, décidait de renforcer son flanc Est face au déploiement par la Russie de nouvelles armes à Kaliningrad et en Biélorussie voisins, a déclaré le président polonais dans un entretien publié ce lundi. La réaction russe ne s’est pas fait attendre : le Kremlin a promis quelques heures plus tard de « garantir » sa sécurité si ce scénario venait à se confirmer.

« Si nos alliés décidaient de déployer des armes nucléaires dans le cadre du partage nucléaire sur notre territoire afin de renforcer la sécurité du flanc oriental de l’Otan, nous sommes prêts à le faire », a expliqué Andrzej Duda au quotidien populaire Fakt. « Nous sommes un allié de l’Alliance de l’Atlantique Nord et nous avons des obligations dans ce domaine également », a-t-il insisté.

[…] En réponse, le Kremlin a affirmé ce lundi que la Russie prendra des mesures pour « garantir » sa sécurité si la Pologne accueille des armes nucléaires sur son territoire. « Les militaires analyseront bien sûr la situation et, dans tous les cas, prendront toutes les mesures de rétorsion nécessaires pour garantir notre sécurité », a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. […]

Le Parisien, Otan : la Pologne se dit prête à accueillir des armes nucléaires, Moscou menace de « mesures de rétorsion »

Le 11 mars 2024, le gouvernement indien a annoncé avoir testé avec succès un missile balistique Agni-V doté de la technologie de véhicules de rentrée multiples pouvant être ciblés indépendamment (MIRV). Selon l’Organisation indienne de recherche et de développement pour la défense, plusieurs véhicules de rentrée ont été suivis pendant le test. Des discussions ont actuellement lieu sur les implications de ce nouveau développement pour la stratégie nucléaire indienne et sur son impact sur les relations de l’Inde avec la Chine, le pays contre lequel cette technologie est très probablement destinée.

Le test par l’Inde de la technologie MIRV sur le missile Agni-V montre que l’Inde fait des progrès technologiques qualitatifs dans sa capacité à cibler la Chine. La première série de missiles balistiques à capacité nucléaire et d’autres vecteurs de New Delhi visait le Pakistan. Toutefois, au cours de la dernière décennie, les progrès réalisés par l’Inde en matière de capacités militaires nucléaires et conventionnelles ont visé à contrer la menace chinoise. Avec la portée annoncée de 5 000 kilomètres du missile Agni-V – ce qui en fait un missile balistique de portée intermédiaire, même si les autorités chinoises ont affirmé que sa portée réelle était plus proche de 8 000 kilomètres, ce qui en ferait un missile balistique intercontinental -, l’Inde a montré qu’elle était capable de cibler l’ensemble du territoire chinois. La capacité MIRV renforcera qualitativement cette capacité. […]

Bulletin of the Atomic Scientists, Comment la force de frappe restructurée de l’Inde rend plus probable un conflit avec la Chine

EDF a pris la décision d’arrêter cinq réacteurs nucléaires le week-end dernier, en raison d’une forte baisse de la demande d’électricité faisant chuter les prix. Une aberration qui montre que le réseau n’est toujours pas en mesure de valoriser la production excédentaire des centrales bas-carbone : nucléaire, éolien et solaire.

La France tourne la page de la crise de l’énergie : nos réserves hydrauliques se portent bien et notre parc nucléaire va mieux, après les arrêts inopinés de nombreux réacteurs et les retards pris dans les opérations de maintenance avec la crise sanitaire. Pour preuve, le prix de l’électricité sur le marché de gros est en chute libre. Cette situation s’explique également par le développement des énergies renouvelables qui permet de bénéficier d’un afflux de production d’électricité, dès que le soleil est radieux, comme c’est le cas en ce début de printemps.

Mais cette hausse de la production d’électricité issue des énergies renouvelables combinée à une baisse importante de la demande peut aussi perturber le réseau, lequel doit en permanence conserver un équilibre parfait entre l’offre et la demande. Ce week-end, les températures anormalement élevées ont anéanti les besoins de chauffage. La consommation nationale a chuté à des niveaux comparables à un dimanche de juillet. En parallèle, les parcs solaires ont tourné à haut régime, atteignant un pic à 10,7 GW dimanche à 13h15. En conséquence, le prix de l’électricité sur le marché spot en France est resté négatif, plongeant à un minimum de -39,89 €/MWh. […]

Révolution énergétique, Prix négatifs de l’électricité : la France contrainte d’arrêter cinq réacteurs nucléaires
La courbe de production du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech, le week-end du 13 au 14 avril 2024 / Energygraph.

Lundi 22/4, 19h05

Zapo : l’arbitre est sur le terrain.

À la suite de son discours devant le Conseil de sécurité des Nations Unies lundi, on a demandé à [Rafael] Grossi lors d’une conférence de presse pourquoi il n’avait pas précisé qui, selon lui, était responsable des incidents.

Il a déclaré : « Vous soulevez un point très important et c’est un point dont tout le monde parle, cette question d’attribution et de pointer du doigt et de dire ‘c’est tel pays ou tel pays’. Nous ne sommes pas des commentateurs. Nous ne sommes pas des spéculateurs politiques ou analystes, nous sommes une agence internationale d’inspecteurs. Et pour dire quelque chose comme ça, nous devons avoir la preuve, des preuves incontestables, qu’une attaque, ou des restes de munitions ou de toute autre arme, proviennent d’un certain endroit. Dans ce cas, c’est tout simplement impossible. »

Il a déclaré que les récentes attaques ont été menées par des drones, qui ont des trajectoires très diverses, peuvent planer et tourner, et peuvent être facilement obtenus : « N’oubliez pas que cette usine est en première ligne, elle peut aller dans le territoire occupé par la Russie. , cela peut venir de différents endroits. Il pourrait être habité d’un côté et appartenir à un autre côté. Donc pour nous, il serait impossible… de dire que c’est incontestablement quelque chose qui vient d’ici, ou de là-bas. nous gardons les informations aussi précises que possible. Et nous ne faisons pas de spéculation. »

En réponse à une question qui utilisait l’analogie d’un système de carton jaune et de carton rouge comme celui utilisé dans le football et lui demandait s’il était prêt à les utiliser, il a répondu : « J’ai le carton rouge, j’ai le carton jaune, j’ai « Je les ai prêts entre mes mains. Le plus important, c’est qu’ils voient que l’arbitre est là sur le terrain. »

Grossi a déclaré que s’il y avait des preuves définitives, « l’AIEA n’aurait pas pour mission de cacher quoi que ce soit… si nous avons des preuves de quelque chose, nous n’avons pas de problème à en rendre compte, mais nous devons être extrêmement mesurés dans ce que nous faisons ». « .

Il a également averti que dans une guerre « il y a parfois des opérations qui amènent l’observateur à croire que quelque chose se passe dans un certain sens, alors que cela se passe dans un sens différent, des opérations de renseignement et bien d’autres choses. Et la voix de l’AIEA est très importante, la crédibilité de l’AIEA… doit être préservée. Je suis le gardien de cette institution et je dois mesurer les mots, pour que lorsque nous mettons quelque chose dans le domaine public, ce soit quelque chose de concret et de prouvé. […]

World Nuclear News, Grossi de l’AIEA explique pourquoi ne sont pas imputées les attaques de Zaporizhzhia, 19 avril 2024, traduction automatique

Dimanche 21/4, 11h45

Lu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Marian Kamensky, 61 milliards pour l’Ukraine

Points clés à retenir :

  • La Chambre des représentants américaine a adopté le 20 avril un projet de loi de crédits supplémentaires prévoyant une aide d’environ 60 milliards de dollars à l’Ukraine. Le projet de loi doit maintenant être adopté par le Sénat et signé par le président avant que l’aide puisse commencer à affluer.
  • Ces exigences et la logistique du transport du matériel américain vers la ligne de front en Ukraine signifieront probablement que la nouvelle aide américaine ne commencera pas à affecter la situation sur la ligne de front avant plusieurs semaines.
  • La situation sur la ligne de front va donc probablement continuer à se détériorer pendant cette période, en particulier si les forces russes intensifient leurs attaques pour profiter de la fenêtre limitée avant l’arrivée d’une nouvelle aide américaine.
  • Les forces ukrainiennes pourraient subir de nouveaux revers dans les semaines à venir en attendant l’aide de sécurité américaine qui permettra à l’Ukraine de stabiliser le front, mais elles seront probablement en mesure d’émousser l’offensive russe actuelle à condition que la reprise de l’aide américaine arrive rapidement.
  • Les forces russes vont probablement intensifier leurs opérations offensives et leurs frappes de missiles et de drones dans les semaines à venir afin d’exploiter la fenêtre de fermeture des contraintes matérielles ukrainiennes.
  • L’Ukraine sera probablement dans une position opérationnelle considérablement améliorée d’ici juin 2024, quels que soient les retards dans l’arrivée de l’assistance de sécurité américaine sur la ligne de front, et le commandement militaire russe envisagera probablement des changements importants dans l’opération offensive à grande échelle qu’il devrait lancer en juin, même si cela pourrait encore se dérouler comme prévu.
  • La reprise probable de l’assistance américaine en matière de sécurité à l’Ukraine constitue un tournant crucial dans la guerre en Ukraine, mais le Kremlin, l’Occident et l’Ukraine ont encore d’autres décisions à prendre qui détermineront la nature et l’issue des combats. […]
ISW, Evaluation de la campagne offensive russe, 20 avril, traduction automatique

[…] D’un côté, les républicains [américains] se montraient de plus en plus réticents à financer un conflit qui s’enlise et plaidaient, comme en écho au discours de campagne de Donald Trump, pour «l’Amérique d’abord». De l’autre, les démocrates se montraient très favorables à cette nouvelle enveloppe.

La situation a pris un nouveau tournant lundi, avec la volte-face de Mike Johnson, républicain propulsé à la tête de la Chambre des représentants en octobre. Fervent soutien de Donald Trump, ancien avocat ultra-conservateur originaire de la Louisiane, rien n’indiquait que Mike Johnson ne devienne l’un des soutiens à l’aide américaine. Et pourtant. Dans une conférence de presse mercredi, il a apporté quelques éléments de justification : «Pour le dire franchement : je préfère envoyer des munitions à l’Ukraine qu’envoyer nos garçons se battre». Avant de mentionner, non sans une certaine émotion, que son fils s’apprête à entrer à l’Académie navale. «C’est un test grandeur nature pour moi, comme pour tant de familles américaines», a-t-il confié. Ce revirement lui attire les foudres de plusieurs élus républicains, trumpistes de la première heure, qui ont promis de tout faire pour le destituer.

En pleine année électorale, l’aide à l’Ukraine s’est transformée en duel entre les deux camps et leurs candidats à la présidentielle. L’adoption de l’enveloppe constitue une véritable victoire politique pour Joe Biden, qui pousse depuis des mois pour l’adoption de l’enveloppe. Samedi 20 avril, il a salué dans un communiqué l’octroi de cette «aide cruciale», au «rendez-vous de l’Histoire». Le plan d’aide autorise aussi le président à confisquer et à vendre des actifs russes pour qu’ils servent à financer la reconstruction de l’Ukraine.

Libération, Etats-Unis : la Chambre des représentants à majorité républicaine adopte un grand plan d’aide à l’Ukraine

Dimanche 21/4, 11h35

Cette photographie prise et publiée par le service de presse présidentiel ukrainien le 19 avril 2024 montre le président ukrainien Volodymyr Zelensky posant pour une photo avec des soldats ukrainiens devant un panneau routier marquant l'entrée de la région de Donetsk, au milieu de la guerre russe. (Photo par Handout / SERVICE DE PRESSE PRÉSIDENTIELLE UKRAINIENNE / AFP)

05:30

Bonjour et bienvenue dans ce direct

Comme tous les jours depuis le 24 février 2022, jour du début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, nous allons vous tenir informés sur les événements liés à ce conflit.

Le Monde, Live

Samedi 20/4, 23h05

Flowers of the chestnut, photo Torange

On va attendre, les châtaigniers ont « allumé » leurs bougies.

Olga, Viber (texte)

Samedi 20/4, 20h10

Lu aujourd’hui. Finalement, l’Iran, en attaquant Israël, aura rendu service à l’Ukraine.

Aux Etats-Unis, les élus de la Chambre des représentants ont adopté, à 311 voix contre 112, un plan d’aide de 60,8 milliards de dollars (soit 57 milliards d’euros) à l’Ukraine.

Le projet doit revenir dans le courant de la semaine prochaine au Sénat, où il a déjà été approuvé en février, avant d’être potentiellement promulgué par le président Joe Biden. La Chambre haute pourrait se pencher sur les textes dès mardi, a fait savoir le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer.

Les Etats-Unis sont le principal soutien militaire de [Kyiv], mais le Congrès n’a pas adopté de grande enveloppe pour son allié depuis près d’un an et demi, principalement en raison de querelles partisanes.

Le Monde, Live

La Chambre a adopté la loi de crédits supplémentaires pour la sécurité en Ukraine par 311 voix contre 112. Un membre – le représentant du GOP Dan Meuser – a voté présent.

Les démocrates ont applaudi et brandi des drapeaux ukrainiens lors du vote.

L’enveloppe de 95 milliards de dollars comprend 61 milliards de dollars pour l’Ukraine et ses partenaires régionaux.

L’un des projets de loi fournirait près de 61 milliards de dollars pour aider l’Ukraine et d’autres pays de la région à combattre la Russie – soit à peu près le même montant que celui inclus dans le projet de loi du Sénat.

Sur ce total, environ 23 milliards de dollars serviraient à reconstituer les armes, les stocks et les installations des États-Unis, et plus de 11 milliards de dollars serviraient à financer les opérations militaires américaines en cours dans la région.

Près de 14 milliards de dollars inclus dans le projet de loi aideraient l’Ukraine à acheter des systèmes d’armes avancés et d’autres équipements de défense.

CNN, traduction automatique

[…] Le retour de l’aide américaine, qui n’avait jamais vraiment cessé pour Israël, mais qui avait été véritablement essorée pour l’Ukraine depuis le déclenchement de la guerre au Proche-Orient en octobre 2023, marque probablement un tournant dans ce conflit. Vladimir Poutine, qui a été le principal bénéficiaire du déclenchement de cette crise sans précédent pour Israël, voit d’un seul coup l’espoir d’un embrasement régional s’éloigner et le retour d’une aide massive militaire américaine aux Ukrainiens revenir.  Certes, ces derniers n’ont jamais manqué de courage, mais ils commençaient sérieusement à manquer de munitions et d’équipements militaires.

Combinée à l’aide de l’Union européenne, dont la plupart des pays se mobilisent enfin pour défendre leur propre sécurité contre l’empire menaçant de la Russie de Poutine, l’aide militaire américaine va marquer une nouvelle phase dans le déroulement de ce conflit qui dure depuis plus de 2 ans maintenant. Rappelons aussi que des avions de combat F16 vont enfin être opérationnels en Ukraine, livrés par des pays européens avec l’accord des Etats-Unis.

[…] Le « maître du Kremlin » avait parié sur la multiplication des fronts pour disperser la capacité de réaction de pays occidentaux, empêtrés de plus dans des élections démocratiques qu’il méprise profondément et qu’il perturbe avec ses relais ancrés dans nos sociétés, de Donald Trump au Rassemblement national en France. […]

Ne pas subir, Guillaume Ancel, Attaque chorégraphiée par l’Iran, riposte calibrée d’Israël pour désescalader, vote d’une aide massive au Congrès américain pour l’Ukraine. Vladimir Poutine en difficulté.

Vendredi 19/4, 20h55

Vu aujourd’hui. Je te tiens, tu me tiens, par la barbicouille. Petit résumé.

Un haut responsable militaire iranien a mis en garde jeudi Israël contre l’éventualité d’une attaque contre ses sites nucléaires, en affirmant que l’Iran était prêt à lancer en représailles de «puissants missiles» sur les installations nucléaires israéliennes. «Si le régime sioniste veut prendre des mesures contre nos centres et installations nucléaires, il fera certainement face à notre réaction. Pour la contre-attaque, les installations nucléaires du régime seront ciblées avec des armements avancés», a prévenu le général Ahmad Haghtalab, chef de la division de la sécurité nucléaire au sein du Corps des Gardiens de la révolution (CGRI), cité par l’agence officielle Irna.

[…] Le général Haghtalab a précisé que «les centres nucléaires de l’ennemi sioniste» étaient «identifiés» et que Téhéran disposait «des informations nécessaires sur toutes les cibles». «Les mains sont sur la gâchette pour tirer de puissants missiles pour la destruction totale des cibles déterminées», a-t-il averti, selon Irna.

Israël accuse l’Iran – qui dément – de vouloir se doter de la bombe atomique et dit chercher par tous les moyens à l’en empêcher. Pour sa part, Israël est considéré comme une puissance nucléaire mais il n’a jamais confirmé ni démenti sa capacité à utiliser l’atome à des fins militaires. […]

Le Figaro, L’Iran met en garde Israël contre l’éventualité d’une attaque contre ses sites nucléaires

Vendredi 19/4, 20h40

Lu aujourd’hui.

Les habitants font la queue pour collecter de l'eau dans un camion lors du rationnement de l'eau à la Calera, dans la banlieue de Bogota, en Colombie, le mardi 16 avril 2024. Au milieu d'une sécheresse liée au phénomène climatique El Niño, plusieurs régions de Colombie ont adopté des mesures pour réduire la consommation d’eau lorsque les réservoirs sont faibles. (Photo AP/Fernando Vergara)

La Colombie multiplie les mesures d’urgence espérant économiser de l’eau et de l’électricité. Le gouvernement a décrété ce vendredi 19 avril jour chômé dans le secteur public, alors que le pays est frappé par une grave sécheresse. «Nous voulons décréter un jour civique en Colombie pour que les gens utilisent le minimum d’électricité possible […] et surtout qu’ils réduisent autant que possible la consommation d’eau», a déclaré le Président, Gustavo Petro. Cette mesure implique la suspension de la journée de travail pour tous les fonctionnaires, tandis que «la population en général et les entreprises privées décideront si elles considèrent cette date comme un jour non ouvrable», a-t-il précisé sur X.

Sur ce même réseau social, le président a demandé aux 8 millions d’habitants de Bogota de «partir ce week-end vers des endroits qui dépendent d’autres bassins hydrographiques pour réduire la pression sur la consommation» d’eau dans la capitale, où un rationnement par zone est déjà en cours depuis le 11 avril.

Deux tiers de l’électricité consommée en Colombie proviennent des centrales hydroélectriques, qui tournent en ce moment au ralenti à cause de l’aridité associée au phénomène naturel périodique El Nino et au réchauffement climatique.

Les réservoirs du pays approchent un seuil critique, a alerté XM, l’entreprise opératrice du marché électrique, en raison de l’épisode de sécheresse entamé en fin d’année dernière et qui se poursuit en ce mois d’avril, habituellement l’un des plus pluvieux en Colombie. Le gouvernement a averti qu’en l’absence de précipitations, un rationnement énergétique au niveau national serait nécessaire. […]

Libération, En Colombie, la sécheresse déclenche un vendredi chômé chez les fonctionnaires pour économiser eau et électricité

A moins d’un mois des élections régionales du 12 mai en Catalogne, et alors que la sécheresse est devenue la principale préoccupation des habitants, selon le baromètre de mars du Centre d’étude d’opinions (CEO), le gouvernement catalan a changé de stratégie. Fini l’idée d’acheminer de l’eau par cargo de l’usine de dessalement de Sagonte, près de Valence. Pour faire face aux conséquences de l’extrême sécheresse qui sévit depuis plus de trois ans dans le nord-est de l’Espagne, il a annoncé, jeudi 18 avril, la mise en fonctionnement d’une usine de dessalement flottante dans le port de Barcelone et de douze dessalinisateurs mobiles dans la région de l’Alt Empordà, afin de garantir l’approvisionnement en eau potable de Barcelone et des municipalités du nord de la Costa Brava dans les prochains mois.

Cette décision de dernière minute permettrait surtout d’agir vite et de manière ciblée, alors que le printemps n’a que très peu soulagé les réserves hydriques de la région. Le niveau des réservoirs d’eau qui approvisionnent Barcelone est remonté de 15 % à 18 % de leur capacité, mais il reste extrêmement bas à la veille des mois les plus chauds de l’année. « La situation est d’autant plus inquiétante que lorsque le niveau des lacs de barrage passe sous la barre des 10 %, il devient très difficile d’assainir l’eau chargée de sédiments », souligne Julio Barea Luchena, ingénieur en hydrogéologie et porte-parole de Greenpeace.

Dans un premier temps, et pour remédier à l’urgence, huit dessalinisateurs mobiles devraient être installés, dès le mois de juin, sur la Costa Brava, à Roses et à Empuriabrava, afin d’approvisionner treize communes de l’Empordà, de Portbou à Castello d’Empuries en passant par Cadaqués. Chacune devrait fournir 1 000 mètres cubes d’eau par jour, soit 1 million de litres. De quoi couvrir 35 % de la demande dans le nord de la Costa Brava, pour un coût d’environ 10 millions d’euros.

[…] Dans un second temps, quatre autres dessalinisateurs mobiles devraient être mis en fonctionnement sur la Costa Brava, à la fin de l’été, si la sécheresse perdure. Par ailleurs, dans le port de Barcelone, une usine de dessalement flottante capable de fournir 40 000 mètres cubes par jour devrait entrer en fonctionnement aux alentours du mois d’octobre. A cette date, l’aire métropolitaine devrait rentrer en phase II de la situation d’urgence, si les prévisions météorologiques se confirment. D’un coût de près de 100 millions d’euros, elle pourrait couvrir 6 % de la consommation de Barcelone et de sa banlieue.

« C’est une solution plus économique, plus soutenable d’un point de vue environnemental et beaucoup plus stable », s’est justifié M. Mascort Subiranas. Le coût de production et de transport de l’eau acheminée par cargo aurait été de 10 euros le mètre cube contre 6 euros avec ces nouvelles infrastructures provisoires. Cela reste six fois plus que l’eau produite dans les deux usines de dessalement déjà existantes en Catalogne, à El Prat de Llobregat et à Blanes, qui produisent 80 hectomètres cubes d’eau potable par an, et soixante fois plus que le coût de l’assainissement traditionnel de l’eau. Le gouvernement régional garantit que la facture des habitants, déjà récemment augmentée, ne souffrira pas de nouvelle hausse. […]

Le Monde, Contre la sécheresse, Barcelone troque les cargos de ravitaillement en eau pour des usines de dessalement flottantes

Vendredi 19/4, 20h35

Vu aujourd’hui.

La défense aérienne ukrainienne a du mal à protéger le pays car ses munitions s'épuisent.

Vendredi 19/4, 10h35

Ça va.
Il y avait du bruit cette nuit et ce matin.
Pacha partira à la position cette nuit ou demain.
La gare de Dnipro est endommagée et ne fonctionne pas. J’espère que c’est temporaire, sinon je devrai prendre le bus Bourak à Kyiv, pas à Lviv [pour venir en France].
Papa prépare sa soirée de samedi, on a annulé la soirée familiale dimanche.
Il y avait une arrivée tout près de l’appart de Pacha, les potes et les faucons [voitures] sont intacts.
J’entends des avions fantômes.
Dieu merci je dois travailler.

Olga, Viber (texte)

Jeudi 18/4, 22h50

Zapo.

Le centre de formation de la centrale nucléaire de Zaporijia a été une nouvelle fois attaqué par un drone, a annoncé Rafael Grossi, le directeur de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA).

« Les représentants de l’AIEA présents à la centrale ont entendu l’explosion à 10 h 35, heure locale. Alors qu’ils voulaient évaluer l’ampleur des dégâts, l’accès au centre de formation, situé en dehors du périmètre du site de la centrale, leur a été refusé », écrit-il dans un communiqué. Il ajoute qu’il s’agit de « la troisième attaque connue contre le centre de formation ces derniers temps, deux autres incidents similaires se sont produits la semaine dernière ».

Le Monde, Live

Jeudi 18/4, 20h30

De temps en temps, je vais écouter les publications d’un ingénieur du son islandais dont j’apprécie l’intérêt pour les paysages sonores et les belles prises de son. Je n’étais pas allé sur son site depuis un moment et je decouvre qu’il défend le narratif russe en Ukraine (guerre américaine par procuration etc) à l’occasion d’un article sur les feux d’artifices. Je lui avais suggéré, il y a quelques années, de venir enregistrer les silences des forêts de Tcherno. Il n’avait pas dit non. Ce n’est plus guère d’actualité.


Jeudi 18/4, 20h20

Ce que signifie Zapo (rappel).

Cela fait plus de deux ans que la Russie occupe la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, en Ukraine, la plus grande d’Europe. Pour la première fois dans l’histoire, une guerre a lieu dans un pays doté d’installations et d’infrastructures nucléaires avancées, démontrant un nouveau type de risque en matière de sûreté et de sécurité nucléaires. Au cours de cette période, la centrale de Zaporizhzhia a subi de multiples attaques contre ses bâtiments, ses lignes électriques externes et son réservoir principal fournissant son eau de refroidissement.

Les efforts de la communauté internationale pour minimiser ces risques ont eu un succès limité, établissant sur le site une équipe permanente d’experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU, pour une surveillance indépendante et le partage d’informations, ainsi que fournissant des informations techniques. soutien et assistance aux autorités nucléaires ukrainiennes.

Mais la Russie envisage de redémarrer la centrale, qui est actuellement à l’arrêt, malgré la détérioration de l’environnement en matière de sûreté et de sécurité nucléaire, notamment les récentes attaques contre la centrale. Compte tenu de la crise actuelle du personnel sous l’occupation russe et de l’absence de plan de maintenance pour 2024, la proposition russe semble techniquement assez difficile, en raison non seulement des attaques régulières, mais aussi du manque d’eau de refroidissement suffisante, autrefois fournie par le réservoir désormais épuisé situé derrière l’actuel- détruit le barrage de Kakhovka. En fin de compte, tout effort pour redémarrer la centrale, que le monde entier considère comme dangereuse, revient à jouer à la roulette russe – avec six réacteurs nucléaires.

[…] L’AIEA tiendra sa Conférence internationale sur la sécurité nucléaire, ou ICONS, en mai ; il comprendra des discussions politiques de haut niveau sur la sécurité nucléaire et des sessions techniques sur les questions techniques, juridiques et réglementaires concernant la sécurité nucléaire. Le thème de la conférence portera sur « façonner l’avenir », avec quatre grands sujets couvrant la politique et la réglementation, les développements technologiques, le renforcement des capacités et les questions transversales sur la sécurité nucléaire. D’après le programme préliminaire (le programme final n’est pas encore accessible au public), aucun de ces sujets ne semble aborder la protection des installations nucléaires dans les zones de conflit. De nombreux résumés traitant du conflit russo-ukrainien soumis à la conférence ont été rejetés. Des communications personnelles avec le personnel de l’AIEA et d’autres parties prenantes concernées indiquent que la conférence ne se concentrera pas sur cette question : « Nous [la communauté internationale] ne voulons pas faire de [ICONS] une « conférence sur l’Ukraine » », m’a dit un membre du personnel, indiquant que l’agence voulait éviter de créer une impasse dans d’autres domaines possibles de coopération nucléaire. […]

Bulletin of the Atomic Scientists

Jeudi 18/4, 20h10

Vu au cinéma.

Paul Atréides (Timothée Chalamet) regarde les armes atomiques être utilisées pour détruire le mur de bouclier qui protège la ville d'Arrakeen. Warner Bros.

[…] Écrit par Frank Herbert et publié en 1965, Dune était le premier d’une série de six livres destinés à avertir les lecteurs des dangers des dirigeants charismatiques. Le personnage principal, Paul Atréides (Timothée Chalamet), s’inspire de John F. Kennedy, et la première version de l’histoire est parue dans Analog le magazine un mois après la mort de Kennedy. En racontant le voyage tragique de Paul, Herbert examine principalement le pouvoir, la corruption et l’empire. De plus, le contexte de Dune est également aux prises avec bon nombre des menaces existentielles auxquelles le monde est confronté aujourd’hui : l’utilisation et la moralité des armes nucléaires, l’extraction des ressources et la dégradation de l’environnement, ainsi que les risques liés aux ordinateurs et à l’intelligence artificielle de plus en plus intelligents.

Les deux derniers films de Dune coupent ou minimisent de nombreux éléments inclus dans la vision originale d’Herbert : la guilde spatiale qui a consommé suffisamment de drogues hallucinogènes pour les transformer en êtres ressemblant à des poissons avec le monopole des voyages dans l’espace, une future version de l’Islam qui s’est répandue. dans tout l’univers, et CHOAM, le gigantesque monopole qui régit le commerce. Ce qui reste est un film qui se concentre principalement sur le pouvoir et la corruptibilité des dirigeants, sur les dangers de l’extrémisme religieux de manière plus générale et sur la façon dont la soif de ressources naturelles est utilisée pour justifier des actes de guerre extrêmes et la dégradation de l’environnement – ​​autant de sujets très familiers. aux résidents actuels de la Vieille Terra (Terre). […]

Bulletin of the Atomic Scientists, Erik Anglais, Nucléaires, violence politique et exploitation environnementale : la pertinence durable de Dune [tout l’article est intéressant]

Jeudi 18/4, 19h50

Une copine de Maya dort à la maison. Elle a sept ans et dort ce soir ailleurs que chez elle pour la première fois. Personne ne l’a poussée, elle a bien réfléchit, elle est prête, elle est toute contente.


Jeudi 18/4, 19h30

Lu aujourd’hui.

Le 5 mars dernier, le New York Times révélait au monde l’implacable verdict : un comité de géologues a voté contre l’officialisation de l’Anthropocène en tant que nouvelle époque géologique succédant à l’Holocène, commencé il y a 11 700 ans. Ces scientifiques se sont donc opposé·es à l’inscription de l’Anthropocène dans la Charte internationale de stratigraphie, c’est-à-dire dans ce qui représente la chronologie de l’histoire de la Terre.

Cette sanction met ainsi un coup d’arrêt à un processus qui a commencé il y a presque quinze ans, lorsqu’un groupe de géologues, l’Anthropocene Working Group (AWG) s’est constitué pour évaluer la pertinence spécifiquement géologique de cette idée. Mais ce refus n’est-il pas pour le moins étrange ? Car, pour nous autres profanes, de nombreux échos semblaient alimenter l’idée que la terre subissait, du fait de certaines manières de l’habiter, des altérations profondes et durables.

N’a-t-on pas appris à l’orée de cette décennie que le niveau actuel de CO2 dans l’atmosphère est inégalé depuis au moins trois millions d’années, c’est-à-dire avant le Quaternaire et l’apparition du genre homo ? Ne parle-t-on pas de « sixième extinction de masse » pour décrire la destruction du vivant actuelle, qui l’inscrirait donc dans les grandes crises qui ont jalonné, et façonné, l’histoire de la vie ? Les grands cycles de matière (azote, phosphore, carbone, sédiments, etc.) ne sont-ils pas largement dominés par les forçages humains ? N’a-t-on pas compté que le transport de matière effectué par ces hominidés — et surtout par certaines de leurs manières d’habiter — est désormais dix fois supérieur à celui charrié par l’ensemble des fleuves du monde ? Les sociétés industrielles n’ont-elles pas disséminé plus de 350 000 produits de synthèse dans l’environnement, dont certains pourraient très bien être retrouvés par quelque géologue affairée à travailler le sol dans des millions d’années ? Ne serait-on pas autorisé à penser que les 30 000 milliards de tonnes que pèse l’ensemble des artefacts — la « technosphère » — laisseront quelque trace durable au creux des strates ? D’ailleurs, une étude de 2018 n’avait-elle pas montré que le poulet de batterie, dont la masse cumulée surpasse celle de l’ensemble des autres oiseaux sur Terre, serait distinguable anatomiquement et chimiquement dans les sols de futurs lointains ?

[…] La proposition de l’AWG [Anthropocene Working Group] était la suivante : l’entrée dans l’Anthropocène serait marquée géologiquement par le plutonium que les centaines d’essais nucléaires atmosphériques réalisés jusqu’aux années 1960 ont disséminé partout à la surface du globe. C’est en 1952 que le plutonium -239, élément détectable pour au moins 100 000 ans, s’accroît très rapidement dans les relevés, fournissant ainsi un signal clair, bien davantage que le maximum de plutonium en lui-même. Telle était donc la date proposée, car elle était globale, synchrone, clairement identifiable dans le monde entier. Mais il ne s’agit que du marqueur principal. À ce dernier, l’AWG avait associé des dizaines d’autres marqueurs, dits secondaires, allant des gaz à effet de serre aux particules de microplastiques. Enfin, après avoir envisagé une douzaine de sites, le « clou d’or » proposé était le lac Crawford, situé au Canada et dont les propriétés rendent les sédiments particulièrement stables.

Figure extraite de Turner & al. (2024), adaptée de Zalasiewicz et al. (2024)

Or voilà qu’un comité de géologues semble nous dire que tout cela ne compte pas. Mais alors que s’est-il passé ? Que diable faut-il de plus pour importer géologiquement ?

[…] L’institution principale des géologues est l’Union internationale des sciences géologiques dont la création remonte au XIXe siècle. Cette Union scientifique est découpée en commissions, parmi lesquelles se trouve la Commission internationale de stratigraphie. Cette commission s’occupe d’élaborer la Charte internationale de stratigraphie, qui est, comme on l’a mentionné, le document de référence de l’histoire de la Terre. Or cette commission se structure elle-même en sous-commissions correspondant pour la plupart aux grandes unités de temps géologique. Une d’entre elles se focalise sur le Quaternaire, s’étendant de -2,58 millions d’années à aujourd’hui : il s’agit de la Sous-Commission de stratigraphie du Quaternaire. C’est à cette dernière qu’appartient l’Anthropocene Working Group (AWG).

[…] Dans notre cas, c’est la Sous-Commission de stratigraphie du Quaternaire qui a stoppé cette trajectoire : 12 voix contre, 4 pour et 3 abstentions. […] Par conséquent, lorsque la presse titre que « les géologues » ou « les scientifiques » auraient rejeté l’Anthropocène, ou que nous ne serions pas dans l’Anthropocène, elle généralise à partir de la « réalité » d’une décision prise par des géologues […]

[…] Ce mauvais accueil dit peut-être quelque chose de plus général sur l’inconfort provoqué par l’idée d’Anthropocène dans la communauté des géologues. Depuis le début des années 2010, on avait pu prendre connaissance des nombreuses critiques adressées à cette idée par les sciences humaines et sociales, scandalisées par l’injuste uniformité de l’anthropos de l’Anthropocène13. Mais on a rarement remarqué que l’AWG a fait face à un autre front, symétrique, se situant du côté de leurs collègues spécialistes des sciences de la Terre, lui reprochant à l’inverse d’être trop politique14, comme l’avait par exemple déjà titré un article de Finney et de sa collègue Lucy Edwards.

[…] Il n’est pas dans mon intention de dénoncer ici des conflits d’intérêts directs et personnels. Il s’agit plutôt d’ouvrir les yeux sur ce qui est nommé ici « politique ». La géologie ne fait-elle pas de politique en cartographiant le lithium présent dans les saumures ou les gisements de kaolin français, le rendant ainsi accaparable par des compagnies minières, détenues par des acteurs internationaux ? Ne connecte-t-elle pas ainsi des intérêts économiques, industriels, politiques ou encore techniques ? Cette politique-là est complètement effacée par la rhétorique de la tour d’ivoire. Financer de nombreuses thèses et travaux par et pour les industries pétrolières ou extractivistes : oui ! Parler d’Anthropocène : impossible !

[…] Des voix critiques ont ainsi pu se réjouir du rejet de l’Anthropocène par les géologues, car il nous débarrasserait enfin d’une tentative impérialiste d’imposer une définition univoque de l’Anthropocène écrasant la diversité des récits possibles des désastres planétaires. En creux, ces critiques reposent sur l’idée que les géologues auraient ainsi dévoilé la Vérité, qui de toute façon était déjà-là et n’attendait qu’à être énoncée, qui vaudrait pour quiconque, indépendamment des lieux, des perspectives, des histoires. Cette représentation de la science revient à conférer à une vérité située, articulée à une pratique, un pouvoir de faire taire celles et ceux qui ne répondent pas aux mêmes exigences et obligations. Cette prétention n’a jamais été revendiquée par l’Anthropocene Working Group — c’est d’ailleurs un aspect remarquable de leur travail.

[…] Ainsi, la conséquence de ce vote est la suivante : il empêche jusqu’à nouvel ordre les géologues d’articuler leur géo-histoire au présent, c’est-à-dire avec les temps actuels d’un ravage écologique planétaire, qui laissera pourtant à l’évidence son empreinte géologique pour des centaines de milliers d’années.

Terrestres, Pierre de Jouvancourt, Qui a tué l’Anthropocène ?

Mercredi 17/4, 19h40

Japon. Quand donc quelqu’un s’en ira-t-il informer le monde souterrain du renouveau nuc ?

«Dans les endroits où la secousse a été forte, ne vous approchez pas des zones dangereuses. Il n’y a aucun risque de tsunami», a déclaré l’Agence météorologique japonaise (JMA) sur X. L’Autorité japonaise de régulation du nucléaire a affirmé de son côté que la centrale nucléaire d’Ikata, située dans la région, fonctionnait normalement. «Aucune anomalie n’a été détectée à la centrale électrique d’Ikata», a-t-elle assuré. […]

Le Figaro, Japon: un séisme de magnitude 6,3 ressenti dans le sud-ouest du pays
Source : USGS

Mercredi 17/4, 19h35

Lu aujourd’hui.

Le fabricant français de panneaux solaires Systovi a annoncé, mercredi 17 avril, la cessation de ses activités à la suite de son placement en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce, selon un communiqué. Créé en 2008, Systovi, qui compte quatre-vingt-sept employés, est à la recherche d’un repreneur depuis le mois de mars et n’a pas reçu d’offre de reprise. L’entreprise Systovi est l’une des seules dans le pays à fabriquer des panneaux solaires, avec Voltec Solar, en Alsace.

« L’entreprise fait face à l’accélération soudaine du dumping chinois depuis l’été 2023, et les discussions réglementaires en cours en France et en Europe, auxquelles elle a participé depuis des années, n’auront pas d’effet dans un délai compatible avec ses enjeux », a déclaré l’entreprise, basée à Carquefou (Loire-Atlantique), près de Nantes.

[…] La cessation d’activité de Systovi survient alors que la France a lancé au début d’avril un « plan de bataille » pour doubler le rythme de déploiement des capacités d’énergie solaire sur son territoire d’ici à 2030 et soutenir la production de panneaux solaires fabriqués en Europe, face à l’ultradomination industrielle de la Chine. […]

Le Monde, Systovi, fabricant français de panneaux solaires, annonce la cessation de ses activités

Mercredi 17/4, 19h30

Vu aujourd’hui.

Le Monde - Une photo prise le 27 février 2022 montre des graffitis aux couleurs du drapeau ukrainien et des messages anti-Poutine, peints sur le portail de la villa "Suzanna", connue pour appartenir à l'ex-épouse du président russe et à son mari, homme d'affaires russe, à Anglet, près de Biarritz.  Des messages "Fuck Putine" ont été peints à la bombe de peinture bleue sur les portes et le mur d'enceinte de cette maison de style Art déco pour protester contre l'invasion de l'Ukraine par la Russie.  (Photo de GAIZKA IROZ / AFP)

Mercredi 17/4, 17h00

Lu aujourd’hui.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, est la figure de proue d’un mouvement à la fois contre-européen (je veux bien les euros, mais je ne veux pas m’aligner) et non anti-russe (on va le dire comme ça). Il représente depuis deux ans cette tendance nationaliste et opportuniste, au sein de l’Union, qui semble agréger les apétits de partis conservateurs, traditionalistes, d’extrême-doite, etc. et des personnages politiques qui jugent plus simple de faire leur beurre sur le territoire national qu’au-delà.

Depuis début février, la Hongrie traverse l’une de ses crises politiques les plus marquantes depuis l’accession au pouvoir du parti Fidesz en 2010.

La découverte fortuite qu’une grâce présidentielle avait été accordée en avril 2023 à un ex-directeur adjoint d’orphelinat condamné pour avoir couvert les actes pédocriminels de son supérieur hiérarchique a provoqué une indignation généralisée.

[…] Le scandale de la grâce présidentielle s’est rapidement transformé en crise politique majeure, qui a favorisé l’irruption d’un nouvel acteur sur la scène politique hongroise. Alors que les élections européennes approchent, voilà que les cartes sont rebattues.

Lorsque le scandale a éclaté, Orban a choisi de se mettre en retrait, ne faisant aucune déclaration durant plusieurs jours. Face à la colère de la population et à l’absence de soutien du premier ministre, la présidente de la République Katalin Novák et la ministre de la Justice Judit Varga, signataires de la procédure de grâce, ont été contraintes à la démission le 10 février.

[…] Pressé de tourner la page, Orban a insisté, lors de son adresse à la nation le 17 février, sur le devoir du gouvernement de « rétablir l’ordre moral et de remédier juridiquement à la situation » car « un enfant est intouchable, et tout abus visant un enfant entraîne la punition la plus sévère. Il ne peut pas être question de grâce dans ce cas ». Il a pointé la responsabilité individuelle de Novák et conclu qu’après sa « faute politique », « la démission était juste ». Il a aussi annoncé le durcissement de la loi sur la protection de l’enfance pour insister sur la probité du gouvernement et montrer sa détermination.

[…] C’était sans compter avec le retentissement moral qu’a eu l’affaire. En effet, des questions sans réponse et des zones d’ombre subsistent concernant la chaîne de responsabilités et les motivations des acteurs impliqués. Zoltán Balog, ancien ministre des Ressources humaines et évêque de l’Église réformée hongroise, a reconnu à demi-mot avoir soutenu la demande de grâce auprès de la Présidente, assurant ses fidèles de sa conviction de défendre un « innocent ».

L’arrogance de Balog, qui refuse d’assumer sa responsabilité morale, évoquant plutôt une « chasse aux sorcières » de l’opposition à son égard, a choqué une large partie de la population. De plus, l’absence d’excuses publiques et le manque d’empathie à l’égard des victimes a ébranlé la confiance de certains soutiens de la majorité. En définitive, cette affaire a révélé au grand jour la dissonance de la communication politique de façade où les valeurs « nationales et chrétiennes » autour du triptyque Dieu-patrie-famille apparaissent comme des mots et des éléments de discours creux.

C’est dans ce contexte de crise politique et morale que Péter Magyar, l’ex-mari de Judit Varga (la ministre de la Justice démissionnaire), a fait irruption dans l’espace médiatique hongrois.

Cet avocat, ancien diplomate à Bruxelles, jusqu’alors inconnu du grand public, s’est propulsé au centre de l’attention grâce à une publication Facebook dénonçant « les vrais responsables [qui] se cachent derrière les jupes des femmes ». Il s’est positionné comme dissident du parti Fidesz, expliquant que c’est la démission forcée de son ex-épouse qui l’avait incité à critiquer publiquement le pouvoir. Son interview du 11 février sur la chaîne YouTube Partizán, média indépendant de renommée, est devenue virale avec 2,5 millions de vues en quelques semaines. Si son changement de camp politique peut susciter des interrogations quant à sa sincérité et à son caractère opportuniste, une chose est sûre : Magyar a su habilement forger un récit qui lui confère crédibilité et légitimité auprès d’une partie significative de l’électorat.

[…] Le lancement de campagne du Fidesz le 15 mars, lors de la commémoration de la révolution de 1848, avec le slogan « Nous devons occuper Bruxelles », a été éclipsée par le discours de Magyar, qui a réuni ce même jour une foule bien plus importante. Pendant que ce dernier domine la scène politique hongroise, il entrave le déploiement des éléments de langage du gouvernement, martelés depuis deux ans à propos de la guerre en Ukraine : « Nous sommes du côté de la paix ». Orban présente en effet, avec sa rhétorique guerrière habituelle, « l’affrontement » qui se profile le 9 juin comme une confrontation « entre les forces favorables à la guerre contre les forces favorables à la paix ».

À deux mois des élections européennes, le challengeur d’Orban, dont le parti politique TISZA (Parti du Respect et de la Liberté) vient d’être enregistré, jouit d’une popularité réelle et réunit, selon les sondages réalisés avant même la création de son parti, 12-15 % d’intention de vote.

Les attaques lancées à son encontre dans les médias et sur les réseaux sociaux via l’équipe d’influenceurs Megafon, payée par le gouvernement, ne semblent pas atteindre Magyar, pas plus que les révélations récentes de son ex-femme sur les violences conjugales subies durant leur mariage. En effet, au lendemain de la révélation de l’enregistrement privé évoqué ci-dessus, Judit Varga a raconté dans une interview sur Frizbi TV les moindres détails de leurs scènes de ménage et qualifié son ex-mari de « menteur » et de « manipulateur ». Mais ce déballage médiatique orchestré par le pouvoir n’a pas réussi à décrédibiliser Magyar.

Par son charisme, sa capacité de persuasion, et par la construction d’un éthos de leader, il est devenu, pour un certain nombre de sympathisants, l’incarnation du « sauveur de la nation ». Pour l’heure, sa percée ne semble pas menacer le Fidesz qui pourrait obtenir 47 % des suffrages, mais ébranle l’équilibre des partis d’opposition, très fragmentés. La Coalition Démocrate (DK), était créditée de 15 % d’intentions de vote avant l’apparition de Magyar, et les autres partis recueilleraient moins de 10 %. Le 9 juin prochain, l’enjeu est double, puisqu’en même temps que les élections européennes, la Hongrie organisera des élections municipales. Dans les rues et dans les sondages, les citoyens hongrois ont massivement exprimé, au cours des deux derniers mois, leur désir de changement ; ces sentiments seront-ils confirmés dans les urnes dans un peu moins de deux mois ?

The Conversation, En Hongrie, l’effet domino qui met en difficulté Viktor Orban, Renata Varga, Maitresse de conférences en sciences de l’information et de la communication et membre du laboratoire GERiiCO, Université de Lille
L'avocat Peter Magyar (au centre) s'est imposé en quelques semaines comme un acteur de poids qui mobilise aujourd'hui les espoirs d'une bonne partie de l'opposition à Viktor Orban. Ici pendant une manifestation dénonçant la corruption du gouvernement, à Budapest, le 6 avril 2024. (Photo par Attila KISBENEDEK / AFP) Attila Kisbenedek/AFP

Mercredi 17/4, 15h00

Tcherno.

Pour le 38e anniversaire de l’accident, l’association Boudmo ! propose une très belle soirée le 26 avril prochain avec le poète Yvon Le Men et la chanteuse Morgan.
Le programme mêle des poèmes d’Yvon et le voyage sonore « L’oeuvre au noir » de Morgan, en audio 3D, au casque.
On peut réserver sa place sur le site de Boudmo !

L’Œuvre au noir est une expérience sensorielle, dans le noir. Durant le concert, la voix, la harpe et les illusions sonores nous portent subtilement vers des zones intermédiaire de la conscience, comme dans un rêve.


Mercredi 17/4, 11h55

Pacha m’a appelé à 5 heures du matin.
— Tu dors ?
— Je dormais.
Il était réveillé à 4 heures (l’habitude), il a attendu. Il a une bonne voix.

— L’appartement de deux pièces, en très bon état, coûte 200 000 grivnias (moins de 5 k€) ; si c’était le début de la rotation [le poste où il est], j’aurais pu l’acheter pour ne pas louer de logement ici, et le louer ou le prêter plus tard aux militaires suivants. Mais non, je ne le ferai pas. C’est trop près du front.

Vadim, un collègue de Pacha, écrit de la poésie. Je lui ai suggéré de les écrire à la main et de les glisser dans des douilles de mortier pour les vendre aux enchères.
— Mais ce sont des poèmes sentimentaux, tristes…
— Eh bien on les vendra aux adolescents !
— D’accord, alors je prendrai 15% !
— Et si tu n’utilises pas de ponctuation, tu seras à l’avant-garde. Et ne t’en fais pas pour la grammaire et l’orthographe : ça servira d’exercice pour les étudiants !

[…] Pour les drones, il y a les solitaires, les groupes (3-5) et les troupeaux (7-10).

[…] Papa organise une soirée avec ses collègues pour sa retraite. On l’a su par hasard. Un des collègues a appelé via le téléphone de maman. Papa l’a rappelé et comme il crie au téléphone dans l’appartement, on a compris.
Maman se sentait un peu à côté : papa organise quelque chose pour les collègues, mais pas pour la famille.
— Oui, je pensais préparer des brochettes, mais Olga ne mange pas de viande, alors…
Bon, finalement, il organisera une deuxième fête dimanche — samedi pour les amis et dimanche pour nous : il sera assez alcoolisé ! —

[…] Maman a parlé avec sa soeur qui est en Russie. On était à table, elle a appelé. J’ai vu que c’était elle, j’ai zappé l’appel. Elle a rappelé, avec papa on a quitté la cuisine. Elle a raconté des conneries sur Zelenski et maman a bien réagi : qu’est-ce que tu dirais des richesses de Poutine ?
J’ai appelé Pacha : — Tu vois, j’ai mangé, mais je ne peux pas prendre un café parce que maman parle à la cuisine avec les Russes.
Voilà, c’était le mini-drame de jeudi dernier.

[…] Je dois écrire à Burak Travels (le site n’est pas trop clair), mais je viendrai en mai en France, c’est décidé !

Olga, Viber (vocal)

Mardi 16/4, 23h55

Vu aujourd’hui.

Le Monde - Un jeune ukrainien assis sur une cabane de bois qu’il a construit avec des amis, à Makariv, dans la région de [Kyiv], en Ukraine, le 27 mars 2024. Photo : Rafael Yaghobzadeh

Mardi 16/4, 22h05

Lu aujourd’hui : nuc iranien.

TF1info : Il y a quelques semaines, le patron de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique, organisme de l’ONU chargé du nucléaire), Rafael Grossi, s’inquiétait des activités iraniennes en matière d’enrichissement d’uranium, mais disait « ne pas avoir d’informations » précises sur le programme nucléaire mené par le pays. Que sait-on aujourd’hui de l’avancée d’un tel projet ?

Héloïse Fayet : On sait déjà une chose, c’est que l’Iran n’a pas l’arme nucléaire. Et, politiquement, il ne semble pas vouloir en acquérir une pour le moment. Cependant, le pays a toutes les capacités technologiques pour le faire : l’Iran est donc ce qu’on appelle un « État du seuil nucléaire ». Cela veut dire que potentiellement, si la volonté politique est présente, il peut rapidement, en un ou deux ans, développer une arme nucléaire fonctionnelle. 

Pour le moment, concrètement, ce que l’on sait sur le programme nucléaire iranien, c’est que la République islamique enrichit beaucoup d’uranium à des taux élevés. Pour faire une arme nucléaire, vous choisissez soit d’utiliser du plutonium, soit de l’uranium. Cette seconde voie est souvent plus facile, bien qu’un peu moins efficace. Il faut une certaine quantité d’uranium enrichi à 90% pour fabriquer une arme nucléaire. Là, ils en sont à beaucoup d’enrichissement à 60%. Cela veut dire que les Iraniens sont capables d’accumuler en quelques jours assez de matière fissile pour fabriquer la charge d’une arme nucléaire. Mais ensuite, il leur faudra encore plusieurs mois, voire années, pour rendre celle-ci fonctionnelle.

Quels sont les moyens technologiques, financiers et humains mis en œuvre par l’Iran pour mener à bien ce programme nucléaire ?

En tant que simple civile, je n’ai pas de détails précis sur les budgets qui sont alloués au programme nucléaire iranien. Ce dernier n’est d’ailleurs officiellement qu’un programme nucléaire civil – même si les taux d’enrichissement que l’on constate aujourd’hui ne sont pas compatibles avec une simple activité civile. Mais il n’y a pas de signe, non plus, de militarisation du programme, qui est nécessaire pour passer de la matière fissile à une arme nucléaire fonctionnelle. 

On ne connaît pas les ressources humaines et financières allouées à ça. Cependant, il y a plusieurs sites où l’uranium est transformé et enrichi dans des centrifugeuses. Les deux plus importants sont ceux de Natanz et de Fordow (voir carte ci-dessous, ndlr). Il y a plusieurs autres sites qui concourent au programme nucléaire, par exemple en fabriquant des pièces nécessaires aux centrifugeuses.

Et puis, évidemment, une pièce majeure du programme nucléaire potentiellement militaire, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, c’est le programme balistique iranien. En effet, une fois que vous avez fabriqué une charge nucléaire militarisée, il faut la mettre sur un missile. Il s’agit alors souvent d’un missile balistique, plus efficace et plus difficile à intercepter. C’est pourquoi le programme balistique iranien est suspect, à la fois parce qu’il peut poser des menaces sur le plan conventionnel, mais encore plus, assurément, si l’Iran dispose un jour d’une charge nucléaire.

[…] Voit-on aujourd’hui les conséquences du retrait américain de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (le JCPOA), décidé par Donald Trump en 2018 ?

C’est le péché originel ! Si Donald Trump n’était pas sorti du JCPOA, on n’en serait pas là. Avant son retrait, l’Iran était en conformité avec les restrictions imposées par cet accord. Mais, sous l’influence d’Israël et des pays du golfe, Donald Trump a donc pris cette décision, puis réimposé des sanctions sur l’économie iranienne. (…) C’est effectivement à ce moment-là qu’ils ont commencé à reprendre l’enrichissement de l’uranium dans le pays.

TF1 Infos, « Politiquement, l’Iran ne semble pas vouloir une arme nucléaire pour le moment », Héloïse Fayet, chercheuse à l’IFRI (Institut français des relations internationales) et spécialiste du nucléaire iranien
Les sites de Natanz et de Fordow permettent l'enrichissement de l'uranium, un procédé nécessaire à la création d'une arme atomique. - INFOGRAPHIE LCI

Mardi 16/4, 22h00

Japon.

Après plus de dix années de bataille politique et technique, des employés du géant japonais de l’électricité Tepco ont commencé à charger, lundi soir, des assemblages de combustible dans l’un des sept réacteurs nucléaires de la plus grande centrale au monde située dans la préfecture de Niigata, sur la côte nord-ouest du Japon. Le groupe croit pouvoir obtenir dans les prochains mois l’ultime feu vert politique nécessaire au rallumage de plusieurs tranches de son site de Kashiwazaki-Kariwa, qui avait été éteint, comme tous les autres réacteurs de l’archipel, dans les mois qui avaient suivi la destruction de sa centrale de Fukushima-Daiichi en 2011. […]

Les Echos, Nouvel espoir au Japon pour rallumer la plus grande centrale nucléaire du monde

Mardi 16/4, 8h15

Lu aujourd’hui : adaptation.

Alors que la Catalogne a décrété l’état d’urgence sécheresse, et que 97% des hôtels sont équipés en piscine dans cette commune du littoral catalan, une solution s’impose : l’eau de mer. Ce qui nécessite une certaine logistique.

[…] Les hôteliers passent alors au plan B. S’il est trop compliqué d’adapter les piscines à l’eau de mer, c’est l’eau de mer qui devra s’adapter aux piscines. La machine de dessalinisation traite l’eau, et cette dernière sera conduite par camions-citernes au réservoir de chaque hôtel. Les professionnels choisissent en plus de sauter sans filet : ils achètent la centrale plutôt que de la louer, et optent pour un modèle capable de traiter 50 mètres cubes à l’heure alors que les besoins de leurs piscines seraient couverts par 10 mètres cubes. «On veut être propriétaires de la machine, pour avoir un avantage compétitif sur les autres destinations, justifie Dotras. Car rien ne garantit que les fabricants et les loueurs des appareils puissent faire face à une augmentation subite de la demande liée aux restrictions de la région.

[…] «L’urgence était d’envoyer un appel au calme aux tour-opérateurs et à nos clients directs : “Réservez vos vacances chez nous, vous pourrez vous baigner tranquillement”» […]

Le Figaro

Mardi 16/4, 0h05

Zapo : drones non identifiés…

Interrogé par les journalistes sur l’origine de ces récentes attaques, le directeur général de l’AIEA Rafael Grossi a assuré que « dans ce cas, il est tout simplement impossible » d’identifier le pays responsable.

Parce que les attaques ont été menées par des drones qui peuvent faire des détours et que les drones en question « peuvent être obtenus pratiquement n’importe où ». « Alors les preuves scientifiques ne sont pas là pour nous permettre de dire de façon indiscutable que cela vient de là ou de là », a-t-il insisté.

Le Monde, Live

Lundi 15/4, 20h10

Lu aujourd’hui : prévisions.

Le stratège politique et ancien rédacteur de discours de Vladimir Poutine, Abbas Gallyamov, a parlé dans une interview avec UNIAN de l’attaque iranienne contre Israël dans la nuit du 14 avril, de ce que pourrait être la réponse d’Israël à l’attaque et si cela constituerait un « élan » pour le adoption d’un projet de loi sur l’assistance à Israël, à l’Ukraine et à Taiwan au Congrès américain.

[…] Israël ripostera, Netanyahu ne manquera pas cette opportunité. Pour lui, c’est presque la seule occasion de réparer l’échec du 7 octobre, les deux derniers mois extrêmement infructueux de l’opération à Gaza, où, à cause de son pathétique, il s’est brouillé avec son alliée, l’Amérique, et a largement perdu le soutien américain. Cela n’a pas résolu le problème des réfugiés. Du fait qu’ils empêchent la prise de Rafah, toute l’opération est au point mort. Presque tout le Hamas a été détruit ; il y a un groupe au même endroit, mais ils ne peuvent pas le « repérer » à partir de là, car il y a là-bas 1,5 million de réfugiés. Netanyahu ne peut pas les éliminer car il dispose d’une coalition d’extrême droite qui exige de bombarder tout le monde. Il suit leur exemple et refuse de résoudre le problème des réfugiés. Dans une large mesure, il s’agit d’un problème de politique intérieure issu des problèmes politiques de Netanyahu, tout comme l’agression de Poutine contre l’Ukraine est née des problèmes de politique intérieure du poutinisme.

Je pense qu’ils bombarderont les installations nucléaires iraniennes, car c’est le rêve de longue date de Netanyahu, une promesse de longue date faite aux électeurs : empêcher l’Iran d’acquérir des armes nucléaires. Maintenant, il a une raison légitime, et je pense qu’il le fera. L’Iran, en réponse, commencera alors à tirer sans discernement sur Israël, avec moins de prudence que dans la nuit du 14 avril, mais uniquement sur des cibles militaires. Oui, l’attaque a été massive, comme le disent les experts – la plus grande de l’histoire de l’humanité. Mais en même temps, ils ont ciblé des cibles militaires et gouvernementales. Mais cela va empirer. Il est évident qu’à la fin, Israël « s’occupera » de l’Iran, et le régime de l’ayatollah s’effondrera après tout cela. Le succès final d’Israël est prédéterminé, mais avant cela, nous devrons transpirer et beaucoup de sang coulera. La défense aérienne israélienne a montré sa classe, mais ce n’est que le début. À Dieu ne plaise que je me trompe, mais cela ne sera pas possible sans des failles dans le système de défense aérienne, même maintenant, cela ne s’est pas produit – 1% des missiles ont réussi.

[…] Pour les Républicains, Israël fait partie de leur soi-disant doctrine, donc quand ce sujet est à l’ordre du jour, quand Israël fait face à une attaque qui menace son existence, il ne peut être question d’un quelconque compromis. Ils crient : « Pourquoi les Ukrainiens se battent-ils avec les Russes, laissez-les s’asseoir à la table des négociations et parvenir à un accord. » Mais tous ceux qui disent cela ne peuvent pas en dire autant d’Israël. Du point de vue de l’électorat républicain, Israël a absolument raison dans sa lutte contre l’Iran.

[…] Concernant les négociations, le Kremlin est redevenu plus actif. Le « plan de paix » d’Erdogan apparaît. Pourquoi se souviennent-ils à nouveau des négociations aujourd’hui, à la veille du sommet en Suisse ?

Je ne vois aucun piège dans ces déclarations de Poutine, car il veut que tout s’arrête. Mais il souhaite que tout se termine par l’enregistrement de sa « victoire ». Il ne peut pas combattre indéfiniment ; la guerre mine ses ressources et pousse la situation vers la révolution. S’il ne met pas fin à la guerre dans un délai acceptable, elle se terminera tôt ou tard de la même manière que la Première Guerre mondiale pour la Russie. Une guerre de tranchées prolongée ne correspond pas à ses intérêts. Mais, bien sûr, il a besoin de « gagner » ; il ne peut pas se permettre de partir sans une « victoire ». Il a besoin de quelque chose à apporter à ses électeurs, et il faut que cela soit convaincant pour être cru.

[…] Vous avez écrit que les soi-disant « héros de la Région militaire Nord » qui rentreront chez eux seront indignés de voir le pays s’appauvrir et qu’ils seront la force qui pourra tourner leurs baïonnettes contre le régime. Dans quelle mesure est-ce possible et combien de temps faut-il pour que cela se produise ?

Il est difficile de prévoir la dynamique, car de nombreuses circonstances modifient considérablement la perception de la situation. Ma pensée était simple : aujourd’hui, environ un demi-million d’hommes reçoivent 200 à 300 000 roubles par mois. Les paiements uniques s’élèvent maintenant à un million. La guerre sera terminée, ils rentreront chez eux, et que leur offrira leur patrie ? Personne ne lèvera les sanctions. Dans cette situation, la mère patrie leur dira d’aller travailler pour 20-25 mille, alors qu’une personne est habituée à recevoir 10 fois plus. On leur insuffle l’idée qu’ils « sauvent la patrie », mais toute cette propagande commencera à se retourner contre le régime.

La dynamique dépend en grande partie de la façon dont la guerre se terminera, des conditions dans lesquelles la démobilisation aura lieu, du sentiment de victoire ou de défaite. S’il y a un sentiment de défaite, tout commencera très vite. S’il y a un sentiment de victoire, il s’écoulera peut-être six mois à un an avant que les gens ne commencent à protester. Il faut savoir que ce public ne commencera pas à manifester lui-même, il se joindra à la manifestation que quelqu’un d’autre commencera. Il est toujours difficile de prédire le moment opportun. Mais le fait que ces personnes puissent devenir un problème pour le régime est une évidence.

Unian, Israël bombardera les installations nucléaires iraniennes, c’est le rêve de longue date de Netanyahu, – Abbas Gallyamov, traduction automatique & Deepl

Lundi 15/4, 20h25

Vu aujourd’hui.

Les Enfants de Tchernobyl, Facebook
10e livraison de nourriture dans la région de Tcherno depuis le début de l'invasion.

Lundi 15/4, 20/05

Fais chier.

« Le monde entier a vu ce qu’est une vraie défense. Il voit qu’elle est possible. Et le monde entier a vu qu’Israël n’était pas seul dans cette défense », a relevé le président Volodymyr Zelensky dimanche soir, exprimant à haute voix le sentiment de frustration au sein de la population.

Alors que l’aide occidentale s’essouffle, notamment en raison de divisions politiques au Congrès américain, la situation sur le front s’est récemment dégradée pour [Kyiv], qui exhorte depuis des mois ses partenaires à lui livrer davantage d’armements et de systèmes de défense antiaérienne.

Dans ce contexte, le soutien militaire occidental qui a aidé Israël à intercepter la quasi-totalité des missiles et drones explosifs iraniens a suscité une profonde amertume à [Kyiv]. « Ce n’est pas la rhétorique qui protège le ciel », a-t-il ajouté en exhortant les soutiens de [Kyiv] à ne pas « fermer les yeux sur les missiles et les drones russes » qui visent l’Ukraine. Un appel répété lundi par son chef de la diplomatie, Dmytro Kuleba.

Le Monde, Live

Lundi 15/4, 16h50

Mais parce que les Iraniens n’ont pas (encore) de nucs, my dear...

Lorsque Nick Ferrari de LBC a demandé au ministre des Affaires étrangères David Cameron pourquoi la RAF ne pouvait pas abattre des drones au-dessus de l’Ukraine, il a déclaré que mettre les forces de l’OTAN en conflit direct avec les troupes russes entraînerait une escalade inquiétante du conflit.

La conversation intervient après que Rishi Sunak a confirmé que des avions de combat de la RAF avaient abattu un certain nombre de drones iraniens tirés sur des cibles en Israël au cours du week-end.

Israël a déclaré que l’Iran avait lancé 170 drones, plus de 30 missiles de croisière et plus de 120 missiles balistiques lors de son attaque de samedi soir.

L’ancien Premier ministre a déclaré à LBC : « Nous avons fait plus que n’importe quel autre pays individuellement pour aider les Ukrainiens. Nous avons formé plus de 60 000 soldats ukrainiens, nous avons été les premiers à leur fournir des armes antichar, de l’artillerie à longue portée et des chars. « .

Mais il a mis en garde contre les risques liés à l’utilisation des moyens militaires britanniques dans une confrontation directe avec la Russie, déclarant à Nick : « Je pense que la difficulté avec ce que vous suggérez est que si vous voulez éviter une escalade en termes d’une guerre européenne plus large, je pense que ce qu’il faut éviter, c’est que les troupes de l’OTAN n’engagent directement les troupes russes. Cela constituerait un risque d’escalade. » […]

LBC, Nick Ferrari met David Cameron dans l’embarras : « Pourquoi la RAF ne peut-elle pas abattre des drones au-dessus de l’Ukraine comme elle le fait en Israël ? », traduction automatique

Lundi 15/4, 11h15

Pacha vient d’appeler, il est vivant et intact dans l’appartement, il est revenu cette nuit.
Les parents ont fini de planter le jardin et la serre, cette semaine papa doit tout arroser.
Nadia (autre belle-soeur) est revenue de la Suède, on a une leçon demain.
Les parents de Pacha sont revenus de Kyiv aussi, on n’a pas parlé.
Maman d’Irina n’est plus à l’hôpital, elle va mieux et continue le traitement à la maison.
On n’avait pas d’électricité une petite période de temps, mais nos électriciens ont trois milles mains, tout est déjà réparé.
On a eu deux nuits tranquilles, sans drones (et oui, c’était des drones l’autre nuit, pas les bruits de la gare. Ils passent par le nord maintenant, c’est inquiétant).
En gros tout va bien.

Olga, Viber (texte)

Dimanche 14/4, 14h20

— Vlad, ça te dérangerait de me revendre ton narratif ?
— Pas du tout, Mohammad : autant qu’il serve.

« L’opération “Promesse honnête” a été menée avec succès entre hier soir et ce matin, et a atteint tous ses objectifs », a déclaré à la télévision, dimanche, le général Mohammad Bagheri, chef des forces armées iraniennes. Il a précisé qu’aucun centre urbain ou économique d’Israël n’avait été visé par les drones et missiles iraniens. […]

Le Monde, Live [autre live]

Dimanche 14/4, 14h15

Entendu aujourd’hui.

Les pronucs, c’est les rois du pétrole maintenant…

Anonyme

Dimanche 14/4, 14h10

Zapo.

Les six réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine, ont atteint un état d’arrêt à froid pour la première fois depuis octobre 2022, s’est félicité le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi.

Cet état est un niveau de sécurité qui laisse plus de temps avant que le refroidissement du combustible nucléaire ne soit compromis en cas d’un incident nucléaire.

Depuis la destruction du barrage de Kakhovka, en juin 2023, cette question est particulièrement sensible pour la plus grande centrale nucléaire d’Europe, occupée par les forces russes très peu de temps après le début de l’invasion. En état d’arrêt à froid, le réacteur a besoin de moins d’eau de refroidissement qu’en cas d’arrêt à chaud.

Néanmoins, « il ne fait aucun doute que la sûreté et la sécurité nucléaires de cette grande installation nucléaire restent très précaires », tempère M. Grossi.

Le Monde, Live

Samedi 13/4, 23h55

Lu aujourd’hui.

RUSSIE, MOSCOU - 31 JUILLET 2023 : le militant politique russe Vladimir Kara-Murza comparaît lors d'une audience sur l'appel de ses avocats contre sa condamnation devant la première Cour d'appel de juridiction générale.  Le 17 avril, Kara-Murza (répertorié comme agent étranger) a été condamné à 25 ans de prison dans une colonie pénitentiaire à sécurité maximale pour trahison, diffusion de fausses informations sur l'armée russe et direction d'une organisation considérée comme indésirable par le gouvernement russe. Le tribunal a rejeté l'appel.  Maxim Grigoriev/TASS/Sipa

En appel de sa condamnation, l’opposant Vladimir Kara-Murza n’a pas eu le droit de s’adresser physiquement au tribunal. Des profondeurs de la colonie pénitentiaire où l’a enfermé illégalement le régime de Poutine pour avoir critiqué la guerre, il a envoyé une déclaration écrite. Son message est simple et doit être entendu : Poutine ne représente pas ces Russes qui résistent. Face au dictateur, il y aura une Russie d’après.

Pour la première fois de ma vie, je m’adresse à la Cour suprême.

Cet organe a rempli différentes fonctions à différentes périodes de l’histoire de notre pays : à un moment donné, il a approuvé des peines pour des innocents en masse, les envoyant dans des camps et devant des pelotons d’exécution ; à un autre moment, il a annulé ces peines pour absence de corpus delicti et a rendu des décisions de réhabilitation. Aujourd’hui, nous sommes revenus à la première de ces deux phases — mais il ne fait aucun doute que la seconde ne manquera pas d’arriver.

[…] Je ne gaspillerai ni du papier ni votre temps avec une […] argumentation [juridique].

Premièrement parce que vous, qui êtes des juristes professionnels, comprenez déjà parfaitement tout cela — et que cela n’aura aucun effet sur la décision que vous vous apprêtez à signer. Ensuite parce qu’il est étrange et plutôt ridicule de donner des exemples concrets d’illégalité dans une affaire qui est elle-même illégale du début à la fin — tout comme les cas de tous les citoyens russes arrêtés pour s’être exprimés contre la guerre sont illégaux du début à la fin. Enfin, parce que tout argument fondé sur le droit et la loi n’est pas pertinent dans la réalité de la Russie sous le régime de Vladimir Poutine.

Cette réalité a été décrite avec une précision saisissante et effrayante par George Orwell dans son grand roman 1984 : « La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ». Ce slogan sur la façade du ministère de la Vérité d’Orwell reflète très exactement le principe de fonctionnement des autorités russes d’aujourd’hui.

Depuis maintenant trois ans, mon pays — ou, plus précisément, un dictateur inamovible et illégitime qui s’est arrogé le droit de parler et d’agir au nom de mon pays — mène une guerre brutale, injuste et d’invasion contre un État voisin indépendant. Au cours de cette agression, les plus graves crimes de guerre sont commis. En deux ans, des dizaines de milliers de civils, dont des enfants, ont été tués et blessés en Ukraine ; des milliers de maisons, des centaines d’hôpitaux et d’écoles ont été détruits. Ces faits sont connus de tous et ont été documentés en détails dans les rapports des organisations internationales. C’est sur la base de soupçons de crimes de guerre que la Cour pénale internationale a d’ailleurs émis un mandat d’arrêt à l’encontre du citoyen Vladimir Vladimirovitch Poutine.

Mais dans notre réalité orwellienne, les forces de l’ordre et le système judiciaire ne s’intéressent pas à ceux qui commettent des crimes de guerre. Ils s’intéressent à ceux qui en parlent, qui tentent de les arrêter. Aujourd’hui, des dizaines de personnes dans les prisons et les colonies pénitentiaires russes se sont ouvertement exprimées contre la guerre en Ukraine. Ce sont des personnes très différentes : des artistes et des prêtres, des politiciens et des journalistes, des avocats et des officiers de police, des scientifiques et des entrepreneurs, des étudiants et des retraités — des personnes d’opinions, d’âges et de professions différents qui n’ont pas voulu devenir les complices silencieux des crimes des autorités russes actuelles. Aujourd’hui, il est courant dans le monde de réprimander et de condamner les citoyens russes — tous en même temps. De dire que nous serions tous responsables de cette guerre. Et je suis fier qu’en cette période sombre, méprisable et terrible pour la Russie, tant de personnes n’ont pas eu peur et n’ont pas gardé le silence — même au prix de leur propre liberté.

Toute cette affaire repose sur le déni des concepts mêmes de droit, de justice et de légalité. Mais elle repose aussi sur une grossière falsification cynique — une tentative d’assimiler la critique des autorités à un dénigrement du pays ; de présenter l’activité de l’opposition comme de la « haute trahison ». Il n’y a rien de nouveau là-dedans non plus : c’est ce que font toutes les dictatures. Dans l’Allemagne nazie, les étudiants antifascistes du mouvement de la Rose blanche (Weiße Rose) furent condamnés pour « trahison » ; dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, les militants de l’égalité civile furent également condamnés. En Union soviétique, l’un de nos plus grands compatriotes, le prix Nobel de littérature Alexandre Soljenitsyne, fut accusé de « trahison ».

L’histoire n’a-t-elle pas fini par remettre les choses à leur place ?

Le Grand Continent, Vladimir Kara-Murza : « Contre Poutine, je suis fier que tant de Russes n’aient pas eu peur »

Samedi 13/4, 23h35

La farandole du nuc.

Pénurie d’uranium annoncée : avons-nous encore le choix d’un nucléaire pour 50 ou 5 000 ans ? L’électricité d’origine nucléaire, comme tout système de production, n’échappe pas à la question de la disponibilité de la ressource. C’est même un enjeu majeur du futur énergétique mondial puisque le nucléaire est, avec l’hydraulique, la seule source d’énergie décarbonée pilotable. Pourtant, en France, l’un des premiers pays nucléarisés au monde, des dirigeants de la filière négligent les évaluations existantes des ressources. Le prétexte avancé est celui, simpliste, d’un prix de l’uranium qui serait suffisamment bas pour reporter la mise au point de réacteurs à neutrons rapides de puissance (RNR). […]

L’Express, Voulons-nous un nucléaire pour 50 ou 5 000 ans ?

L’Ukraine a commencé à construire deux réacteurs, de fabrication américaine, dans une centrale nucléaire de l’ouest, son réseau énergétique subissant des attaques dévastatrices de la Russie. Jeudi, des travailleurs de la centrale de Khmelnitskiï ont coulé le premier mètre cube de béton des réacteurs, qui utiliseront une technologie et un combustible américains, acte symbolique accompli près de drapeaux ukrainien et américain flottant au vent. Le projet a pour but d’améliorer la sécurité énergétique de l’Ukraine et de réduire sa dépendance envers la technologie nucléaire russe. […]

BFM TV, L’Ukraine entame la construction de réacteurs nucléaires de conception américaine

« C’est notre réponse aux terroristes, c’est notre réponse aux envahisseurs », a affirmé le ministre Guerman Galouchtchenko. « Aujourd’hui, nous parlons du futur, de la stabilité », a-t-il dit, parlant du développement de la centrale de Khmelnitskiï comme du plus important projet de modernisation en Ukraine depuis la Seconde guerre mondiale. […]

Sud Ouest, [Kyiv] veut transformer son parc nucléaire, en partie détruit par les attaques russes

Le redémarrage après la première maintenance annuelle du nouveau réacteur nucléaire finlandais Olkiluoto 3 a été prolongé de huit jours, jusqu’au 28 avril, a annoncé vendredi l’opérateur Teollisuuden Voima Oyj (TVO).
« La raison de ces huit jours supplémentaires est la découverte de nouveaux défauts pendant l’arrêt et des problèmes techniques avec l’équipement d’inspection », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.
Le réacteur, le plus grand d’Europe avec une capacité de 1 600 mégawatts (MW), a été mis hors service le 1er mars et devait initialement redémarrer le 8 avril. […]

Zone Bourse, La Finlande prolonge l’arrêt du réacteur nucléaire OL3

Vendredi 12/4, 23h55

Lu aujourd’hui : le capitalisme ne serait qu’une extrémité du nomadisme.

Évolution de la conception des moteurs Raptor. © SpaceX

Lors de son dernier discours à la station de lancement de Space X à Boca Chica, au Texas, Elon Musk a réaffirmé son ambition pour la colonisation de Mars. Les progrès de l’entreprise en matière d’ingénierie spatiale et la chute prévue des coûts de lancement permettront selon lui d’envoyer au moins un millier de vaisseaux vers la planète rouge d’ici une vingtaine d’années.

[…] Parmi les récents progrès du programme Straship figurent ses trois vols d’essai orbitaux. Bien qu’aucun de ces essais n’ait été véritablement concluant, SpaceX affirme que le dernier a tout de même enregistré une avancée significative. En effet, la mégafusée a pour la première fois atteint sa vitesse orbitale et un test de transfert de cargaison en orbite a été réalisé avec succès.

[…] En outre, Musk a annoncé que d’autres modifications seront apportées à la conception même de la fusée. La capacité de poussée des moteurs Raptors sera augmentée à 300 tonnes, contre 280 tonnes pour ceux actuels. Cela fournira une puissance de poussée totale de 10 000 tonnes à l’ensemble du système de lancement de Starship. Ce gain de puissance est en partie dû au fait que les moteurs seront considérablement simplifiés, en intégrant des systèmes de refroidissement directement à l’intérieur — ce qui permet de les rendre plus légers et plus fiables.

[…] D’autre part, il prévoit que le premier convoi de vaisseaux spatiaux se rassemblera et se ravitaillera en orbite terrestre en attendant le moment opportun pour entamer le voyage vers Mars, c’est-à-dire l’alignement optimal de la planète avec la nôtre. Cette fenêtre se produit tous les 26 mois, ce qui nécessiterait 10 lancements par jour pour compléter la première flotte de 1000 fusées. Une fois sur place, il envisage aussi d’installer des usines de traitement de combustibles et des centrales nucléaires.

[…] Toutefois, certains experts demeurent sceptiques quant à la réalisation d’un projet d’une telle envergure en seulement deux décennies. De nombreuses incertitudes subsistent notamment concernant son financement, sans compter qu’il aborde essentiellement les transports vers Mars et pas suffisamment les étapes d’installation sur place. Certains s’opposent également au projet en raison de nombreux dangers locaux, tels que l’absence de magnétosphère protectrice. Des questions par rapport à la résolution des problèmes sur Terre avant d’envisager la colonisation d’une autre planète ont aussi été soulevées.

Trust my science, Colonisation de Mars : Musk réaffirme son ambition d’y envoyer 1000 vaisseaux d’ici 20 ans

Vendredi 12/4, 23h45

Vu à la télé.
La série In Her Car est visible sur France TV (c’est gratis).

France TV, In Her Car, VOST
Ukraine, février 2022. Lydia Monastyrska est psychologue. Il y a huit ans, elle a perdu sa soeur Natalya lors de l'évacuation de Loubansk. La veille de l'invasion russe, elle roule de [Kyiv] vers Kharkiv pour faire signer les papiers du divorce à son mari. Lors d'une halte, elle repère Olga, qui désespère de rejoindre son village près de Kharkiv pour y régler un différend familial. Elle décide de la prendre en stop. C'est le début d'un road-trip salvateur alors que les premières bombes explosent…

Réalisé par : Yevhen Tunik, Arkadij Nepitaluk. Scénario : Yevhen Tunik.
Avec : Anastasiya Karpenko, Ihor Koltovskyi, Kateryna Hryhorenko, Nadiya Levchenko, Chrystyna Fedorak, Olena Oleynikova, Karina Beuthe Orr, Adrien Rob.
Maison de production : Gaumont / StarLightMedia

Vendredi 12/4, 23h00

Vu aujourd’hui.

Les Enfants de Tchernobyl, Facebook

C’est un travail au long cours que présente ici Guillaume Herbaut : vingt ans de reportage en Ukraine, pour lequel il a reçu en mars 2022 le prestigieux prix World Press Photo.
Guillaume Herbaut a assisté à l’extraordinaire évolution de ce pays depuis la révolution orange et celle de Maïdan, en passant par l’annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass depuis 2014, jusqu’à l’invasion russe. Il témoigne surtout de la formidable résistance d’un peuple qui se bat pour sa liberté.
Son œuvre traduit une intimité façonnée par ses très nombreuses rencontres, dont il a précieusement gardé la trace dans un carnet de route tenu au fil des années. Ce magnifique travail d’auteur permet d’éclairer les racines d’un conflit fruit de la folie hégémonique de Vladimir Poutine.

Dans son introduction, Galia Ackerman, historienne, journaliste et essayiste spécialiste de l’Ukraine, offre une mise en perspective du travail de Guillaume Herbaut et démonte avec fermeté les mensonges de la propagande russe ; avec le soutien de la Fondation Antoine de Galbert et d’Amnesty International, préface de Galia Ackerman, photos en couleurs.

La chambre claire, Guillaume Herbaut : Ukraine, Terre désirée

Vendredi 12/4, 22h45

Tcherno.

Chacal, par Serhiy Zhyla (source ouverte)

Nous avons une nouvelle intéressante : une nouvelle espèce de grand mammifère carnivore pour la [région de] Polissia, le chacal, a été repérée sur le territoire de la réserve de Chornobyl (dans les environs de Lubyanka).
Il s’agit d’un animal de la famille des canidés, un représentant du genre loup. Il ressemble à un loup, mais sa tête n’est pas aussi lobée, son museau est plus étroit, plus pointu, et sa taille est plus petite.
C’est un charognard qui s’adapte activement au paysage anthropique, ce qui explique qu’il ait étendu son aire de répartition au début du XXIe siècle. Et, comme on le voit, jusqu’à la zone d’exclusion.
Pour la plupart des peuples, l’image du chacal est négative, car il représente la lâcheté, l’impudence, le vol et même la méchanceté. Cependant, pour la nature, il s’agit d’une autre espèce animale qui a droit à la vie, surtout si elle se bat activement pour elle.
Par ailleurs, comment se comportera la population de ce prédateur au fil du temps (s’il parvient à s’implanter et à se reproduire dans la zone protégée) ? Pour qui deviendra-t-il un concurrent ou une menace ?
Des traces de chacal ont déjà été repérées dans la réserve. Le pied de cet animal est compact et il n’y a presque pas d’espace entre les coussinets. Aujourd’hui, c’est le prédateur lui-même qui a été observé.
Ce nouveau visiteur est-il temporaire ou est-il là pour de bon ? On ne le sait pas encore.

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction Deepl

Vendredi 12/4, 22h25

Lu aujourd’hui.

Stanislav (Stas) Skrinnik, 33 ans, peint une tourelle pour machine gun. Il est danseur de ballet et travaille dans un atelier de décors de théatres converti en production de matériel d'armement militaire, à Odessa, en Ukraine, le 29 février 2024.
Depuis une blessure qui l'a empêché de danser, il a appris auprès de son ami Dima, et allie le travail manuel à son travail artistique. Ce jour-là, il réalise des travaux de peinture sur du matériel destiné aux militaires. ADRIENNE SURPRENANT / MYOP POUR « LE MONDE »

Le Théâtre d’opéra et de ballet d’Odessa a connu des jours meilleurs. Les spectacles phares du répertoire russe ont disparu de l’affiche, au grand regret du public odessite qui en était friand. Depuis deux ans, la Russie se distingue dans un autre répertoire nocturne et aérien, souvent exécuté précisément au-dessus du magnifique théâtre de style baroque du XIXe siècle, situé à 500 mètres à peine du port stratégique ukrainien sur la mer Noire. Un « son et lumière » meurtrier quasi quotidien, fait de sifflements stridents et d’explosions, auxquels répond le crépitement rageur des canons antiaériens dont les projectiles strient les ténèbres.

Stanislav Skrinnik, 39 ans, est probablement la seule personne à jouer quotidiennement les deux répertoires. Danseur vedette du Ballet d’Odessa, il troque le matin ses chaussons pour des godillots. Puis il se rend dans une fabrique secrète d’armes dans les environs de la ville, enfile des gants et se met au travail. Ses yeux bleus mélancoliques, sa volumineuse chevelure noire soigneusement coiffée en arrière et son large front un peu fuyant disparaissent sous un masque de protection. Il empoigne un pistolet à peinture et s’applique à recouvrir de teinte kaki le châssis d’un canon mitrailleur antiaérien. « Mes amis danseurs ne comprennent pas comment je peux faire un tel travail. Mais cela me plaît », confie celui que tout l’atelier appelle simplement « Stas ».

Ses huit collègues, des soudeurs, électriciens, fraiseurs et mécaniciens, l’ont depuis longtemps intégré. Pourtant, il suffit qu’il fasse trois pas pour qu’un monde les sépare. Sur la dalle de béton de l’atelier comme sur les planches du théâtre, Stanislav Skrinnik ne perd pas son maintien de danseur professionnel. Il déambule la tête haute entre les machines huileuses avec une souplesse aérienne, déplaçant avec grâce son corps athlétique, comme évoluant dans un décor incongru selon les consignes d’un chorégraphe postmoderne.

[…] « Aujourd’hui, je dois aider mon pays comme je peux. La culture n’est plus une priorité,explique-t-il d’une voix un peu lasse. Le plus important est de gagner cette guerre le plus vite possible. Toutes les autres questions sont secondaires. » Alors il peint des équipements militaires ou découpe du bois qui sert de modèle pour des pièces en plastique ou en métal. A 39 ans, un danseur doit, de toute façon, songer à sa reconversion, surtout s’il a, comme Stas, eu son lot de blessures professionnelles, avec cinq opérations aux deux ménisques et au talon d’Achille droit. En outre, il est père de deux jeunes enfants, dont le cadet, 5 ans, vit en France, réfugié avec sa mère depuis l’invasion russe.

[…] « Parfois, je ressens de la peur quand on amène des canons à l’atelier », avoue le danseur, à l’écart. Régulièrement, il se prépare en milieu d’après-midi à quitter « l’usine » pour rejoindre l’opéra. Le danseur doit commencer à s’échauffer deux heures avant le spectacle, se maquiller lui-même, enfiler son costume. Les effectifs du ballet ont fondu. Sur les 110 danseurs que comptait la troupe, ils ne sont plus que 60, dont 37 danseuses. Quarante danseurs se sont engagés dans l’armée. L’un d’entre eux a été tué à Bakhmout, révèle l’artiste. […]

Stanislav (Stas) Skrinnik, 33 ans, s'échauffe avec une danseuse, sur scène, avant de danser dans le ballet Paquita, à l'Opéra d'Odessa, en Ukraine, le 1er mars 2024. ADRIENNE SURPRENANT / MYOP POUR « LE MONDE »
Le Monde, Emmanuel Grynszpan (Odessa (Ukraine), envoyé spécial), Le parcours peu banal de Stanislav Skrinnik, danseur de ballet le soir et fabricant d’équipements pour l’armée ukrainienne la journée

Vendredi 12/4, 22h20

Zapo.

Cartoon Movement, Ramses, Zaporiyia… a Russian roulette ?

Le personnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique à la centrale nucléaire de Zaporizhzhia rapporte qu’on lui a dit que la tranche 4 était en cours de mise à l’arrêt à froid, ce qui en fait la sixième et dernière tranche à le faire.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a exhorté les exploitants russes de la centrale occupée à mettre toutes ses unités en arrêt à froid, dans le cadre des efforts visant à minimiser les risques pour la sûreté et la sécurité nucléaires.

Dans un message publié sur sa chaîne Telegram, les exploitants de l’usine ont annoncé que vendredi à 07h00 heure locale, « Les spécialistes ont commencé à refroidir le groupe motopropulseur N4. Le processus est organisé conformément à toutes les normes et réglementations nécessaires. Les travaux avancent normalement ». […]

World Nuclear News, La dernière unité de Zaporizhzhia passe en arrêt à froid, traduction automatique

Jeudi 11/4, 23h45

Une série d’explosions à KR, on annonce les Shaheds. J’entends quelque chose, peut-être juste les bruits de la gare qui n’est pas loin. Fidèle est dans le couloir, il n’aboie pas

Olga, Viber (texte)

Jeudi 11/4, 23h25

Lu aujourd’hui.

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, s’est prononcé jeudi pour un règlement de la guerre en Ukraine respectueux de son intégrité territoriale, ce qui semble traduire un changement de ton.

« Le recours à la force militaire de la part de la Russie en Ukraine est une grossière violation du droit international », a déclaré le chef du gouvernement, dont l’allié Peter Pellegrini a été élu dimanche dernier à la présidence, ajoutant que [Kyiv] avait besoin d’aide et de solidarité.

« Le soutien de la République slovaque à l’Ukraine et à son ambition de devenir membre de l’UE n’est pas sujet à variations. C’est un plein soutien », a-t-il déclaré à la presse, après un entretien avec son homologue ukrainien, Denys Chmyhal, à Michalovce.

En janvier, M. Fico avait affirmé que l’Ukraine n’était « pas un pays indépendant et souverain » mais « entièrement sous l’influence et le contrôle des Etats-Unis ». Lors d’un meeting électoral l’année dernière, il avait également repris à son compte les allégations des autorités russes imputant la responsabilité de la guerre aux « fascistes ukrainiens ». Après son arrivée aux affaires, en octobre, il a fait cesser l’aide militaire à l’Ukraine et s’est opposé à son adhésion à l’OTAN ainsi qu’aux sanctions imposées à la Russie.

Le Monde, Live

Jeudi 11/4, 23h15

[…] Papa a récupéré son carnet de travail [où sont compilées les périodes d’emploi de sa carrière]. C’est fait, il est en retraite. Il est très énervé.

En rentrant du concert, on a mangé un bout et on a bu un verre. Il m’a regardé préparer ma boisson : martini, un peu de vodka, deux tranches de citron, une olive. Il était estomaqué : « Ah, putain… Mais où as-tu appris ça ? Ben dans les films, papa.
Maman a levé le sien pour le remercier d’avoir travaillé et soutenu la famille. C’était assez solennel. […]

Olga, Viber (vocal)

Jeudi 11/4, 22h50

Radio Micronina #02

C’est Micronina au micro, prête à partager l’énergie et les émotions du concert de Vivienne Mort, chanteuse et compositrice ukrainienne. Pacha a offert les billets pour maman et moi, on avait des places au premier rang, prêtes à plonger dans la musique.

Pour moi la magie a commencé avant le concert, j’ai aidé une fille à sortir [du bus] au bon endroit, en fait, on est descendues ensemble. Elle m’a dit que j’étais gentille et belle. Son ukrainien était formidable et différent du langage de Kryvyi Rih.
J’ai trouvé maman près du palais de la culture (oui, on n’a plus de roi, mais on a gardé le « palais » pour que la culture puisse régner. Je trouve ça génial, surtout parce que les palais de culture sont souvent dans un état pénible. Mais il y a des concerts, les gens viennent nombreux). Allez, suffit de papoter, vivez ce soir avec moi.

Après 2 minutes de photo-shot avec des fleurs formidables, on entre, on trouve nos places, j’entends l’ukrainien sans fautes et sans russismes, c’est rare et précieux.
A 19h02 la sirène d’alerte aérienne ouvre le show, le concert est reporté. La manager de Vivienne invite tout le monde à descendre à l’abri ou rejoindre l’endroit qu’on croit safe. J’aime bien comment c’est formulé, l’endroit qu’on croit safe. La plupart des gens sortent, mais on est devant la scène, on sera les dernières à sortir.
Une femme vient pour demander notre bouquet, elle veut faire une photo devant la scène et les bougies, avec de belles fleurs pour « alimenter ses réseaux sociaux » (je cite Orelsan). Sa copine dit « Attention, elle ne vous rendra pas vos roses ». Maman sourit, je dis « j’ai les dents et les ongles, elles seront à moi ». On rigole ensemble, je pense que seulement à Kryvyi Rih on peut rire d’une menace bien prononcée.
On ne descend pas à l’abri du palais, on se souvient bien du théâtre à Mariupol [bombardé alors que plusieurs centaines de personnes y sont réfugiées]. La moitié des gens reste dans la salle quand même. On passe 40-45 minutes dehors, je retrouve la fille du bus dans la foule, elle est venue pour le concert aussi.
Finalement l’alerte est annulée, on revient vers la musique et la magie, et Vivienne est là, toute sublime et forte. Elle nous parle, elle chante pour nous, nous chantons ensemble. Je suis surprise de découvrir que je connais presque toutes les paroles par cœur.

Vivienne chante la poésie de Maksym Kryvtsov et parle de leurs relations. Ils ont fait connaissance en 2015 sur les réseaux sociaux, ils s’échangeaient des poésies et des photos, Maksym a proposé de se voir, mais Vivienne n’a pas voulu. Elle le regrette maintenant. Maksym a fait un tattoo de Vivienne sur son bras. La chanson me fait pleurer, toute la salle est émue, on applaudit, debout.

Vivienne est très franche, ouverte, sincère, elle raconte l’histoire de chaque chanson, elle raconte sa vie.
On apprend que son père a quitté la famille quand elle avait 9 ans, qu’elle prend des antidépresseurs, qu’elle apprécie sa grand-mère qui fait toujours les exercices en écoutant les chansons des résistants ukrainiens. La magie est là, on est tous connectés à ce moment, aux voisins, les cœurs sont ouverts. Le public ne la laisse pas partir, elle doit revenir 2 fois après la fin du concert, on a le droit à encore deux chansons.
C’est Vivienne qui nous rappelle qu’il y a le couvre-feu et que Kryvyi Rih est grand.
On finit le concert, mais il y a une vente aux enchères après. J’achète un livre de Valeria Subotina, une officier de presse à Mariupol qui est revenue de la prison russe. Le livre me racontera ses 11 mois de tortures et d’humiliation, de douleurs et de courage, d’humour et d’ironie. Le livre sera difficile à lire, je le sens, je le sais. Vivienne a signé le livre, on a un peu parlé. Son copain est à la guerre aussi, comme Pacha. On s’embrasse, je lui dit qu’elle n’est pas toute seule, je la remercie. Maman achète un t-shirt avec une image d’une fille macabrique sur le dos (je pense que c’est une petite fille morte, maman n’est pas d’accord ). Tout l’argent servira à acheter les drones et une station pour les recharger. Nous sommes contentes. On rentre chez nous en silence, je porte mes émotions comme un vase très précieux.

Olga, Viber

Jeudi 11/4, 21h10

L’air tiédit. Comme tous les ans, quand l’air tiédit, l’herbe a l’air ukrainienne et ça me démange d’être là-bas.


Jeudi 11/4, 20h50

Zapo.

« Les attaques directes de la centrale nucléaire de Zaporijia » menées ces derniers jours représentent « une escalade majeure des dangers pour la sûreté et la sécurité nucléaires en Ukraine » et « augmentant considérablement le risque d’accident nucléaire », a déploré jeudi Raphael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« Nous nous réunissons aujourd’hui et je rencontrerai [les membres du] Conseil de sécurité de l’ONU la semaine prochaine, car il est de la plus haute importance de garantir que ces attaques irresponsables ne marquent pas le début d’un nouveau front de guerre extrêmement dangereux », poursuit-il dans un communiqué diffusé jeudi, à l’ouverture d’une réunion des 35 membres du Conseil des gouverneurs de l’agence, convoquée en urgence à la demande de la Russie et de l’Ukraine […]

Le Monde, Live

Jeudi 11/4, 20h10

La farandole du nuc.

Les 8 et 9 avril, Aleksandar Vucic était en visite en France. Si la question de l’adhésion à l’UE de la Serbie et du Kosovo a été abordée, le président serbe était venu parler contrats commerciaux et stratégiques. Belgrade a affiché son intention d’acheter des avions militaires français et de passer à l’énergie nucléaire.

[…] En recevant Aleksandar Vucic à l’Élysée le 8 avril, Emmanuel Macron a affirmé que “l’avenir de la Serbie se situait au sein de l’Union européenne” et “nulle part ailleurs”, tout en demandant un plus grand alignement de Belgrade sur les positions européennes en matière de politique étrangère, une allusion aux liens ambigus que Belgrade entretient avec Moscou. Le chef de l’État français a souligné que la normalisation des relations de la Serbie avec le Kosovo était un enjeu d’avenir pour la région, rappelle pour sa part l’hebdomadaire Vreme. […]

Courrier International, Aleksandar Vucic repart de Paris avec des Rafale et espère une centrale nucléaire

Le gouvernement suédois a annoncé ce jeudi qu’il allait consacrer 385 millions de couronnes (33 millions d’euros) supplémentaires au renforcement de ses abris antiatomiques, de ses services d’urgence et de sa défense civile, après avoir averti que le pays devait se préparer à la guerre. La Suède, qui a rejoint l’Otan début mars, investit pour améliorer les capacités de fonctionnement des services d’urgence en cas de conflit, renforcer sa cybersécurité et compléter les stocks de médicaments, a dit le ministre de la Défense civile, Carl-Oskar Bohlin lors d’une conférence de presse. Les fonds iront également à la modernisation des abris antiatomiques, au système d’alimentation en eau et aux infrastructures de transport. «La situation en matière de politique de sécurité s’est depuis longtemps détériorée», a déclaré Bohlin à la presse.

[…] Le ministre avait suscité la controverse en janvier, déclarant lors d’un colloque sur la défense qu’«il pourrait y avoir une guerre en Suède». Peu après, le commandant en chef des forces armées suédoises Micael Byden avait dit que les Suédois devaient «se préparer mentalement à une guerre». La Suède avait coupé dans ses dépenses militaires après la fin de la Guerre froide mais avait inversé la tendance après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. […]

Le Figaro, La Suède va renforcer ses abris antiatomiques face au risque de guerre

Le 8 avril, l’Association écologiste Robin des bois a annoncé que Cristal Union s’est mis d’accord avec la jeune pousse Jimmy pour installer un miniréacteur nucléaire sur son site de Bazancourt (Marne). La coopérative sucrière confirme des échanges, mais dément tout accord. Si la technologie de Jimmy a ses avantages, l’idée d’installer une chaudière biomasse est encore loin d’être écartée.

Un mini-réacteur nucléaire pour décarboner l’un des 50 sites les plus polluants de France ? C’est ce que croit savoir l’association écologiste Robin des bois qui a sonné l’alarme par voie de communiqué le 8 avril. Elle indique que la jeune pousse Jimmy, chantre des AMR (Advanced modular reactor), aurait décroché le gros lot avec la sucrerie-distillerie de Bazancourt (Marne), propriété du spécialiste du sucre et des agrocarburants Cristal Union. […]

L’Usine Nouvelle, Le sucrier Cristal Union installera-t-il un miniréacteur nucléaire Jimmy à Bazancourt ?

Dans le cadre du programme national de contrôles de la corrosion sous contrainte, chaque réacteur du parc nucléaire doit faire l’objet d’un état des lieux précis par ultrasons. Les quatre de la centrale de Paluel n’échappent à la règle. Ainsi un phénomène de corrosion sous contrainte a été découvert sur la tranche 2 de l’unité de production cauchoise. Une indication a été détectée sur une soudure d’un tronçon de tuyauterie du circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt. « Le remplacement sera réalisé dans les prochaines semaines », a confirmé EDF à la Commission locale d’information sur le nucléaire (CLIN) Paluel-Penly. C’est l’entreprise spécialisée Westinghouse qui procédera aux réparations, en lien avec les experts nationaux et les équipes du site. […]

Le courrier cauchois, Centrale nucléaire de Paluel. Un phénomène de corrosion sous contrainte sur le réacteur 2.

La République tchèque prévoit la construction de quatre nouveaux réacteurs nucléaires d’ici 2050. Un investissement conséquent de plusieurs milliards d’euros, le plus important de l’histoire du pays, qui répond à l’ambitieux plan de transition énergétique du gouvernement.

Deux entreprises sont en concurrence dans l’appel d’offres qui a été lancé, la française EDF et la sud-coréenne KHNP. […] EDF et KHNP ont encore quelques jours pour soumettre les offres qui seront évaluées par la société nationale énergétique tchèque, puis par le gouvernement.

[…] Selon un sondage exclusif IPSOS/Euronews, les Tchèques font partie des européens les moins préoccupés par le changement climatique. Seuls 34 % d’entre eux considèrent l’engagement pour le climat comme une priorité, alors que 21 % s’y opposent.

EuroNews, La République tchèque veut accélérer sa transition énergétique avec le nucléaire

Mercredi 10/4, 18h45

[Heure locale]

18h38 – On n’est pas au concert, c’est la sirène qui chante.

18h40 – Mais regarde, on est belles

18h48 – C’est bon, on est à nouveau dans la salle, le danger est annulé.

Olga, Viber (texte)

Mercredi 10/4, 17h00

La farandole du nuc.

Le nucléaire, c’est comme le vélo, si l’on ne veut pas tomber, il faut continuer à pédaler. Voilà, sommairement, comment l’ancien président d’EDF justifiait, en juin 2018, devant des députés, le lancement d’un nouveau programme électronucléaire. […]

Alternatives économiques, Le « nouveau nucléaire » français atomise les budgets et les délais

C’est bientôt la fin d’un véritable feuilleton dans le secteur du nucléaire français. Poussée par l’exécutif, la réforme controversée de la sûreté nucléaire a été définitivement adoptée dans la nuit de mardi à ce mercredi par un ultime vote favorable du Sénat, après avoir franchi l’obstacle de l’Assemblée au terme d’un parcours chahuté au Parlement.

[…] « Avec ce texte, nous permettons à nos talents de se concentrer sur les enjeux prioritaires de sûreté tout en conservant nos exigences en la matière », s’est réjoui le ministre de l’Industrie Roland Lescure après les votes.

[…] Le projet, auquel s’opposent nombre d’élus, d’ingénieurs et d’associations, a aussi provoqué l’ire des syndicats des deux entités. Dans la rue pour une huitième fois mardi, les salariés de l’IRSN ont appelé les députés à s’y opposer. « IRSN démantelé, sûreté en danger », « mariage forcé, accident assuré », lisait-on sur les panneaux dans le cortège. […] « Il y aura une personne en charge de l’expertise et une personne en charge de la rédaction de la décision, mais rien dans le texte n’oblige à ce qu’il y ait dans la structure des entités distinctes entre l’expertise technique et la décision, ce qui conduira forcément à une même hiérarchie », avertit la représentante de l’intersyndicale. […]

La Tribune, La très controversée réforme de la sûreté nucléaire définitivement adoptée par le Sénat

D’après la Banque de France, le patrimoine financier des Français s’élève à près de 6 000 milliards d’euros (hors immobilier), sous la forme de dépôts à vue, d’épargne réglementée, d’assurance-vie ou d’actions. Dans ce montant, ce sont un peu plus de 920 milliards d’euros qui se trouvent dans ce qui est appelé « l’épargne réglementée des ménages », c’est-à-dire : Livret A, Livret de développement durable et solidaire (LDDS), Livret d’épargne populaire (LEP) ou encore Plan-épargne logement (PEL).

Aujourd’hui, cet argent est alloué à des secteurs rigoureusement définis par la loi. Ce sont 60 % qui sont centralisés par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour financer la construction de logements sociaux, tandis que les 40 % restants sont gérés par les banques elles-mêmes, notamment pour financer les PME et la transition énergétique.

[…] Le nouveau nucléaire coûte cher. […] L’affectation d’une partie de l’épargne déposée par les Français sur les livrets réglementés serait de nature à assurer une partie de ce financement. Premier constat : les durées d’investissement sont compatibles. En effet, les livrets réglementés sont adaptés aux financements portant sur de longs termes, sur des durées de 25 à 50 ans, cohérentes avec le cycle de vie des centrales nucléaires. Rappelons justement que l’EPR a été conçu pour une durée de vie de 60 ans.

[…] Nous pouvons par ailleurs constater que les montants sont compatibles. Comme précisé plus haut, le nouveau nucléaire représenterait un investissement d’environ 70 milliards d’euros. À titre de comparaison, l’épargne regroupée par le Livret A et le LDD s’élève à 571 milliards d’euros à début 2024. Par ailleurs, en dépit de l’inflation et des dépenses supplémentaires occasionnées par cette dernière, le montant déposé par les Français a poursuivi son augmentation : ce sont de l’ordre de 50 milliards d’euros supplémentaires qui ont été collectés en 2023.

[…] Il s’avère, d’après l’économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, que le logement social n’utilise pas la totalité des ressources disponibles, faute d’un nombre suffisant de projets de construction. En conséquence, il existerait donc bien une capacité de financement disponible, accrue en outre par la hausse de la collecte de ces dernières années.

[…] Au-delà de ces réflexions sur l’arbitrage de l’affectation des livrets réglementés, reste cependant à savoir si les Français eux-mêmes approuveraient ce nouvel usage de leur épargne. Fin 2023, un sondage mené par l’institut Ifop pour Le Journal du Dimanche indiquait que 65 % des Français étaient favorables à la construction des six nouveaux réacteurs EPR2. Seraient-ils prêts en outre à engager leur propre épargne dans ce projet ?

Révolution énergétique, Un livret d’épargne nucléaire pour financer la construction des nouveaux réacteurs en France ?

Mercredi 10/4, 14h50

Tcherno.

Incendies dans le secteur de Bober, selon FIRMS. Ce sont les brûlis typiques du printemps.
La zone du village de Bober, à cheval sur la route P02, est contaminée. Si je ne m’abuse, Bober a été évacué tardivement, en août 86. Une ex-habitante nous a raconté l’arrivée des soldats, qui justifiaient l’évacuation par des débits de dose excessifs en strontium. Le fond de carte européen rend compte des dépôts de césium, mais l’un et l’autre vont ensemble.

Dépôts de césium 137 sur fond Google Earth, capture d’écran

Mercredi 10/4, 9h55

Pacha est reparti à une nouvelle position sans connexion, on ne sait pas pour combien de temps. Beaucoup d’explosions dans sa ville, d’après la chaîne de cette ville.
Papa est à la maison ! Bon, il est reparti pour récupérer son carnet de travail. Il dit que beaucoup de gens quittent la mine, il les a croisés chez le RH. Il est énervé comme l’uranium. Ça va aller, j’espère.
Sinon ça va. Le concert de Vivienne Mort est aujourd’hui. Maman est partie au travail toute belle, elle a osé se maquiller (elle ne sait pas encore qu’on pleurera comme des baleines. Ou pas).

Olga, Viber (texte)

Le papa d’Olga a déposé ces jours-ci sa lettre de départ à la retraite. Il pense que la mine va fermer. Il n’y a plus grand monde pour y travailler. Les recruteurs y viennent régulièrement (« comme des vaches viennent brouter dans leur pré préféré », dit-elle).


Mardi 9/4, 19h05

Zapo.

Cartoon Movement, Emanuele Del Rosso, William « Nuclear » Tell

[…] « Cette fois-ci, il n’y a pas de menace directe pour la sécurité nucléaire, mais ce dernier incident souligne une fois de plus une situation extrêmement grave, selon le directeur général [Rafael Grossi]», a écrit l’agence sur X.

« De telles attaques doivent cesser », a réagi le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, sur X, qui note que « l’attaque de drone irresponsable contre la centrale nucléaire de Zaporijia accroît le risque d’un accident nucléaire dangereux ». « La Russie devrait se retirer de la centrale nucléaire de Zaporijia », a-t-il estimé. […]

Le Monde, Live

Ce n’est pas les Russes, ce n’est pas nous : je pense que c’est Rafael Grossi qui bombarde Zapo pour faire parler de son agence…

Olga, Viber (vocal)

Des frappes de drones ont frappé aujourd’hui le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhya (ZNPP), lors d’un grave incident qui a mis en danger la sûreté et la sécurité nucléaires, a déclaré le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi.

Pour la première fois depuis novembre 2022, la plus grande centrale nucléaire d’Europe a été directement la cible d’une action militaire qui représente également une violation flagrante des cinq principes fondamentaux de protection de l’installation établis par le directeur général Grossi au Conseil de sécurité des Nations Unies en mai de l’année dernière.

« Il s’agit d’une escalade majeure des dangers en matière de sûreté et de sécurité nucléaires auxquels est confrontée la centrale nucléaire de Zaporizhzhya. De telles attaques imprudentes augmentent considérablement le risque d’un accident nucléaire majeur et doivent cesser immédiatement », a déclaré le directeur général Grossi.

À ce stade, il n’y a aucune indication de dommages aux systèmes critiques de sûreté ou de sécurité nucléaires du site. Cependant, les frappes militaires sont un nouveau rappel brutal des menaces persistantes pesant sur la ZNPP et d’autres installations nucléaires pendant le conflit armé, malgré les efforts de l’AIEA pour réduire le risque d’un accident grave susceptible de nuire aux populations et à l’environnement en Ukraine et au-delà. […]

AIEA, mise à jour 220, 7 avril, traduction automatique

Mardi 9/4, 14h00

Tcherno.

Incendie entre Krasiatychi et Levkovychi (Volodarka), selon FIRMS.

Dépôts de césium 137 sur fond Google Earth, capture d’écran

Mardi 9/4, 13h30

J’ai renvoyé sa montre réparée à Pacha. Mais il a reçu celle qu’il voulait, avec le GPS et tout ça… Il avait dit qu’il en achèterait une après le départ de Roman (« pour toujours savoir la bonne direction »). Il a dit qu’il l’avait échangé contre un char russe. Ce qui doit vouloir dire que nos soldats touchent bien une prime quand ils détruisent du matériel ennemi.

Olga, Viber (vocal)

Lundi 8/4, 1710

Zapo (suite).

Alors que Moscou et [Kyiv] s’accusent mutuellement d’avoir attaqué à l’aide de drones la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par la Russie dans le sud de l’Ukraine et cible périodiquement de dangereux bombardements, de nouvelles attaques ont été constatées. Cette centrale nucléaire, la plus grande d’Europe, avec six réacteurs, a été visée par plusieurs drones dimanche, puis à nouveau par un engin lundi, selon son administration installée par Moscou.

« Les tentatives des forces armées ukrainiennes d’attaquer la centrale nucléaire de Zaporijia se poursuivent », a fait savoir l’administration russe, évoquant « un drone kamikaze abattu au-dessus de la centrale » qui est « tombé sur le toit » du réacteur numéro 6, sans constituer de danger pour l’installation.

L’Ukraine accuse la Russie de diffuser de « fausses » informations et assure que ce sont les forces russes qui attaquent elles-mêmes avec des drones la centrale qu’elles occupent depuis mars 2022.

Le Monde, Live

Lundi 8/4, 13h30

Pacha est sorti hier, il creuse aujourd’hui. Il m’a envoyé des fleurs (Kola les a emmenées). On travaille.

Olga, Viber (texte)

Lundi 8/4, 12h00

Zapo.

L’Ukraine a rejeté lundi les accusations russes à propos d’une attaque de drones contre la centrale nucléaire occupée de Zaporijia, affirmant que le site avait été touché par un appareil russe. Cette centrale est occupée par l’armée russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine il y a deux ans. Des incidents armés autour du site entraînent régulièrement des craintes d’un accident grave.

La Russie a « frappé la centrale de Zaporijia avec ses drones et prétend que la menace sur la centrale et sur la sécurité nucléaire provenait de l’Ukraine », a déclaré sur Telegram le centre gouvernemental de la lutte contre la désinformation ukrainien. Il a estimé que les accusations de Moscou font partie d’une « campagne de provocations et fausses informations » contre l’Ukraine. […]

Le Monde, Live

Lundi 8/4, 9h30

La farandole du nuc.

L’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, Mgr Gabriele Caccia, est intervenu mercredi 3 avril à la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les armes nucléaires et les technologies émergentes. Soulignant l’importance d’un dialogue en vue d’un consensus entre les États pour prévenir une guerre nucléaire, il a insisté sur l’utilité d’assurer un contrôle humain adéquat, significatif et cohérent des armes autonomes. […]

Vatican News, À l’Onu, Mgr Caccia insiste sur l’importance de prévenir une guerre nucléaire

Paris veut construire six nouveaux réacteurs nucléaires d’ici à 2050 et étudie la possibilité d’en bâtir huit autres. Coût total? 100 milliards d’euros. Et pour ce financement, le président français Emmanuel Macron veut faire contribuer la Suisse, rapporte la NZZ am Sonntag. «La France estime qu’il est opportun que les pays qui ne veulent pas de nouvelles centrales nucléaires chez eux, mais qui importent volontiers de l’électricité nucléaire de France, participent aux coûts de construction des nouvelles centrales nucléaires prévues en France», a indiqué le président lors d’une rencontre entre des journalistes européens et le Ministère français des affaires étrangères à Paris fin mars, faisant explicitement référence à la Suisse, selon le journal alémanique. […]

Le Temps, La France veut que la Suisse participe au financement de ses nouvelles centrales nucléaires

Le premier débat télévisé entre les têtes de liste pour les élections européennes diffusé jeudi (14 mars) sur Public Sénat fut l’occasion de faire ressortir les différences en matière d’énergie, notamment sur le nucléaire et le marché européen de l’électricité.

Étaient présent :
– Valérie Hayer, tête de liste pour la coalition derrière Renaissance (Renew),
– Marie Toussaint, tête de liste pour Les écologistes (Les Verts /ALE),
– Manon Aubry, tête de liste pour La france insoumise (LFI, La gauche),
– Léon Deffontaines, tête de liste pour le Parti communiste français (PCF, La gauche),
– Raphaël Glucksmann, tête de liste Parti socialiste — Place publique (Socialistes et démocrates, S&D) […]
– François-Xavier Bellamy, tête de liste Les républicains (LR, Parti populaire européen),
– Marion Maréchal, tête de liste Reconquête ! (Conservateurs et réformistes européens)
– et Thierry Mariani, représentant le Rassemblement national (RN, Identité et démocratie) en l’absence de sa tête de liste, Jordan Bardella.

Les huit personnalités se sont affrontées sur de nombreux sujets, et notamment sur la question de l’ « indépendance énergétique », alors que l’UE cherche un chemin vers la sortie de la crise énergétique.
Deux points clés ont été abordés : le marché européen de l’électricité et le développement du nucléaire. Sur ces deux questions, quatre blocs se sont affrontés : ceux qui sont pour le marché européen de l’électricité et le nucléaire, ceux qui sont pour l’un ou l’autre et ceux qui sont contre les deux.

Euractiv, Européennes : les têtes de liste s’affrontent sur le nucléaire et le marché de l’électricité

Avoir des objectifs ambitieux est sans conteste une nécessité pour réussir la transition énergétique. Rappelons que, comme l’écrit Jean-Baptiste Fressoz dans son livre récent Sans Transition (Seuil), il n’y en a en fait jamais eu dans l’histoire. Jusqu’à aujourd’hui, l’humanité n’a fait qu’agréger de nouvelles sources d’énergies à celles existantes sans jamais renoncer à ses dernières. En matière énergétique, la destruction créatrice n’existe pas. Le charbon n’a pas totalement remplacé le bois… […]

Transitions & énergies, Net Zéro, nucléaire: les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent

Dimanche 7/4, 21h20

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Oliver Schopf, Power couple (Des démocrates irréprochables !)
Le candidat pro-russe Pellegrini est le vainqueur des élections présidentielles slovaques.

Le premier ministre populiste et prorusse Robert Fico ressort vainqueur de l’élection présidentielle organisée samedi 6 avril en Slovaquie. Avec plus de 53 % des voix, la victoire du candidat qu’il soutenait, Peter Pellegrini, montre qu’une solide majorité des 5,5 millions d’habitants de ce petit pays d’Europe centrale soutient les dérives autoritaires de son gouvernement et la politique d’imitation de la Hongrie de Viktor Orban, analyse notre journaliste Jean-Baptiste Chastand.

Le Monde, Live

Dimanche 7/4, 17h00

Zapo.

Les autorités prorusses contrôlant la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine, ont fait état, dimanche, d’une frappe contre le dôme du sixième réacteur de l’installation, sans qu’elle ne fasse de dommages. L’administration de la centrale a signalé une attaque de drone qui avait endommagé un camion garé près de la cantine, rapporte l’agence de presse russe TASS. Aucune confirmation visuelle n’a été fournie. Selon les responsables de la centrale, les niveaux de radiation sont restés les mêmes après les deux attaques.

De son côté, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré avoir été informée de l’attaque de drone sur le site dimanche. « Les experts de l’AIEA ont été informés par la centrale nucléaire de Zaporijjia qu’un drone avait explosé sur le site aujourd’hui. Cette détonation est conforme aux observations de l’AIEA », a-t-elle ajouté sur le réseau social X. […]

Le Monde, Live

Dimanche 7/4, 15h00

Lu aujourd’hui.

Au-delà d’un point critique dans un espace fini, la liberté décroît comme s’accroît le nombre.
Cela est aussi vrai des humains dans l’espace fini d’un écosystème planétaire que des molécules de gaz dans un flacon scellé.
La question qui se pose pour les humains n’est pas de savoir combien d’entre eux survivront dans le système, mais quel sera le genre d’existence de ceux qui survivront.

Pardot Kynes, Premier Planétologiste d’Arrakis, in Dune, Franck Herbert, 1965

Dimanche 7/4, 12h10

Argumentaire antinuc.
Aperçu du moment qui ne mentionne pas la fragilité des installations nucs dans la guerre.

Alors que la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie est en préparation, la France s’acharne à présenter l’énergie nucléaire comme une industrie sûre (malgré les accidents), non polluante (malgré les déchets et les pollutions de rivières), capable de produire une électricité à bas prix (malgré l’effondrement économique de la filière), comme la solution pour assurer notre indépendance énergétique (au prix de calculs biaisés) et pour atteindre nos objectifs climatiques (malgré des fragilités évidentes). Des arrangements avec la réalité qui maintiennent les Français·es dans l’illusion d’une énergie perpétuelle, sûre et pas chère. France Nature Environnement décode.

« Le nucléaire progresse en France et dans le monde. »

FAUX. Certes, notre pays est la première nation au monde en nombre de réacteurs par habitant·e et pour la part du nucléaire dans sa production électrique, mais la production nucléaire est en baisse.
En France, en 2023, 65 % de l’électricité est produite par le nucléaire – au même niveau qu’en 1965, après avoir plafonné à plus de 75% depuis les années 1990.  Cependant, la part du nucléaire est en baisse depuis 2020, du fait de nombreux retards pour la maintenance de réacteurs au moment de la crise Covid, puis des problèmes de corrosion sous contrainte apparus en octobre 2021. […]

« Le nucléaire assure l’indépendance énergétique de la France. »

FAUX. L’indépendance énergétique française est un leurre pour plusieurs raisons : il n’existe plus une seule mine d’uranium en activité en France depuis le début des années 2000 (par contre la pollution des sites est toujours là !). Le minerai est donc importé du Canada, mais aussi du Kazakhstan et du Niger.
De plus, comment l’industrie nucléaire pourrait-elle assurer notre indépendance énergétique, quand le nucléaire représente moins de 18 % de l’énergie totale consommée en France ? En dépit du nucléaire, la France reste massivement dépendante du pétrole et du gaz.
Par ailleurs, la filière nucléaire française est extrêmement dépendante des importations mais encore plus des ententes avec des opérateurs étrangers pour faire face à ses projets et plus encore aux besoins de l’exploitation (importation d’uranium et retraitement), comme le révèle un rapport de Greenpeace sur les liens entre l’industrie nucléaire française et l’entreprise nucléaire russe Rosatom… […]

« La France pourra bientôt se passer d’uranium naturel. »

PEU PROBABLE. Bien qu’il soit annoncé depuis 50 ans que la France pourra bientôt se passer d’Uranium naturel grâce à la ré-utilisation de ses stocks d’Uranium de retraitement (URT) et de Plutonium, il n’en est toujours rien aujourd’hui.
La France se retrouve avec une très grande quantité d’uranium dit « appauvri » alors que les stocks de Plutonium ont été multipliés par 4 en 30 ans (chiffres IRSN). Le « cycle fermé » du combustible, consistant à réutiliser les matières valorisables du combustible usé (après retraitement), reste un mythe à ce jour. Le bilan matière du cycle du combustible est au mieux affligeant, puisque le modèle français a conduit à la faillite le principal opérateur, Areva. […]

« Le nucléaire est une énergie décarbonée ou renouvelable. »

FAUX. L’uranium est un minerai et de fait il est non-renouvelable. De plus, l’extraction de l’uranium est gourmande en énergie fossile et donc émettrice de CO2. Au Niger, pour obtenir 3 kg d’uranium, il faut extraire une tonne de minerai.
En outre, les centrales nucléaires ne sont pas conçues pour adapter leur production d’électricité aux variations de la demande. En France, EDF le fait sur quelques réacteurs en faisant varier la puissance par pas de 10 à 15 min. C’est une solution qui fragilise beaucoup les réacteurs et la France est le seul pays du monde à prendre ce risque. Chaque hiver, les pics de consommation liés à la généralisation du chauffage électrique et au manque d’isolation des logements obligent le gestionnaire du réseau électrique à faire appel aux centrales thermiques fossiles françaises ou des pays voisins. […]

« Le nucléaire s’adapte très bien au réchauffement climatique. » 

FAUX. Pour fonctionner, les réacteurs ont besoin d’eau froide en grande quantité  : c’est pour cela qu’ils sont souvent installés près de fleuves ou de la mer.
Avec les effets du réchauffement climatique, l’accès à la ressource en eau froide devient problématique. En France, 60% de l’eau prélevée est destinée au refroidissement des centrales nucléaires alors que l’eau potable ne représente que 19% des prélèvements en 2023 (MTECT, 2023) . Une proportion importante de cette eau est certes rejetée dans les milieux, mais réchauffée et en grande partie sous forme de vapeur, ce qui a des conséquences sur la biodiversité et perturbe l’ensemble du cycle de l’eau.
En période de canicule et de sécheresse, les niveaux des cours d’eau sont plus bas et la température de l’eau est plus élevée. Cela a déjà conduit la France a relevé les températures de rejet dans le milieu, à baisser la puissance des réacteurs ou à les arrêter en période de canicule. […]

« Le nucléaire est une énergie propre. »

FAUX. L’industrie du nucléaire est porteuse de risques que l’on ne sait pas maîtriser et dont on ne peut pas mesurer l’ensemble des effets. De nombreux accidents graves ont déjà eu lieu, tels que Maiak (URSS, 1955), Three Miles Island (Etats-Unis, 1979), Tchernobyl (URSS, 1986, niveau 7), Fukushima (Japon, 2011, niveau 7 sur l’échelle de risque INES) et plus proche de nous Saint-Laurent-des-Eaux (France, 1969 et 1980, de niveau 4, avec fusion du réacteur comme à Fukushima) ou encore Le Blayais (France, 1999, de niveau 2, les digues de protection de la centrale n’ont pas résisté à la tempête). En cas de catastrophe, comme à Tchernobyl ou à Fukushima, au-delà de la catastrophe humaine et du drame sanitaire, de vastes territoires sont stérilisés à jamais par la radioactivité. […]

« Le nucléaire est plus rentable que les énergies renouvelables. »

FAUX. Les énergies renouvelables (EnR), notamment l’éolien et le solaire dont les coûts ne cessent de baisser, sont plus rentables que le nucléaire. Selon l’analyse de BNEF sur les coûts actualisés du kWh, le photovoltaïque propose un coût global 4 fois plus faible, l’éolien offshore 3 fois plus faible que le nucléaire.
En 2023, le prix de vente global du nucléaire issu des coûts d’investissement, de financement et de fonctionnement est supérieur aux prix du solaire (44$) et du stockage batterie (155$) réunis. Il est donc plus rentable de faire des projets solaires avec stockage batterie que des SMR.
Face à ces données, les investisseurs privés sont logiquement réticents à investir dans le nucléaire. Et c’est la raison pour laquelle l’État cherche à utiliser l’argent des Français·es pour financer la relance du nucléaire (comme le livret A en 2023). Pour quelle autre industrie, face à la multiplication des échecs et des dépassements de calendrier et de coût, l’État déciderait-il d’investir massivement de l’argent public ? Cette relance n’a aucune rationalité économique, l’État préfère fermer les yeux sur la catastrophe économique qui s’annonce. […]

« Le nucléaire remplace le pétrole. »

FAUX. En 40 ans, notre consommation globale d’hydrocarbures (gaz, pétrole et charbon) n’a baissé que de 20 %. Pour certains usages, en particulier dans les transports qui représentent les trois-quarts de la consommation de produits pétroliers en France, le nucléaire n’offre qu’une alternative très partielle. […]

« Le nucléaire est bon marché. »

FAUX. Quand il s’agit du nucléaire, l’État préfère fermer les yeux sur la catastrophe économique qui s’annonce. Areva en faillite a laissé sa place à Orano, EDF a été exclue du CAC 40 fin 2015 et l’État a racheté toutes les parts d’EDF en 2023 pour en faire une entreprise 100% nationale.
On a longtemps vanté l’électricité à bas prix grâce au nucléaire. Mais c’est surtout qu’on n’a pas pris en compte tous les coûts du nucléaire : Recherche et développement [100 milliards en trente ans], Prolongation de la durée de vie des centrales (« grand carénage ») [100 milliards], Démantèlement [non chiffré], Gestion des déchets [entre 25 et 35 milliards pour Cigéo], Nouvelles centrales [coût exact inconnu : entre 50 et 60 milliards] […]

« La filière nucléaire est fiable, elle maîtrise ses coûts et ses délais. »

FAUX. Considérons les chantiers d’EPR existants : […] [on connaît].
L’industrie nucléaire est une originalité dans le système industriel. Normalement, plus une industrie se développe, plus ses prix baissent par apprentissage. Il se passe exactement le contraire pour le nucléaire, dont les prix augmentent à chaque nouvelle série. Pire encore, les centrales sont à peine assurées, au maximum pour 700 millions alors que l’IRSN évalue le coût d’un accident moyen à 150 milliards et le coût d’un accident grave à 400 milliards. Dans ce cas, comme au Japon, les citoyen·nes devront payer. Autre originalité industrielle : normalement avec de telles dérives de coûts, de fraudes, de malfaçons, on arrête les frais ! Ce n’est pas le cas du nucléaire, où toute la filière s’entête et fait croire que tout va bien.

« La politique nucléaire est transparente. » 

FAUX. En France, depuis toujours, le nucléaire est un domaine réservé, hors-la loi. La décision de lancer le pays dans le nucléaire civil a été prise en 1974, sans aucune consultation des parlementaires. En 2005, en plein débat sur l’EPR de Flamanville, des documents ont été classés secret défense, tout comme en juin 2010 avec le rapport Roussely sur l’avenir du nucléaire civil, ou encore plus récemment lors du débat public sur les 6 nouveaux EPR où nombre de questions notamment financières sont restées sans réponses (avec des documents caviardés). […]

« L’Allemagne est sortie du nucléaire… en le remplaçant par encore plus de charbon. »

FAUX. Ce sont les énergies renouvelables qui se sont substituées aux réacteurs nucléaires. La hausse de l’utilisation du charbon constatée entre 2009 et 2013 est en réalité liée à une baisse des exportations de gaz naturel fossile, moins compétitif sur cette période.
L’Allemagne a bien un problème avec ses centrales à charbon, dont la fermeture est trop lente, mais celui-ci est antérieur à la sortie du nucléaire. Depuis la fin des années 2000, les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays – tous secteurs confondus – stagnent (avec des fluctuations annuelles) et, depuis 2015, les émissions liées à la production d’électricité baissent régulièrement, notamment grâce au développement des énergies renouvelables. […]

« Les Français·es connaissent bien le nucléaire et ses risques. »

FAUX. Chaque Français·e vit à moins de 300 km d’une centrale et peu en connaissent les risques. Le périmètre de sécurité établi autour des centrales a été relevé en 2016 de 10 à 20 km. Il rend obligatoire la distribution de pastilles d’iode pour limiter les cancers de la thyroïde en cas de fuites radioactives. Est-ce bien suffisant ? Plusieurs associations européennes d’autorités de sûreté et de radioprotection, et même l’ASN, plaident pour une extension de ce périmètre à 100 km pour la distribution des pastilles d’iode.
Et les Français·es savent-ils vraiment à quoi ils s’exposent ? Notre sondage réalisé en 2022 suggère que non : la plupart des Français·es ont bien un avis assez tranché sur le nucléaire, mais peu savent de quoi ils parlent ! […]

France Nature Environnement, Nucléaire : décryptage des arguments de la filière

Dimanche 7/4, 12h00

Surveillance indépendante.

L’Assemblée-pop accueille Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, ex-directeur du laboratoire de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité) pour une conférence-débat avec pour thème : « Nucléaire énergie verte ? L’importance des contrôles indépendants ».

Bruno Chareyron évoquera les spécificités de l’énergie nucléaire : production de produits de fission hautement radioactifs, exposition aux rayonnements ionisants des travailleurs et du public (lors du fonctionnement normal des installations et en cas d’accident), problèmes posés par les déchets radioactifs dès l’extraction de l’uranium (avec l’exemple de la mine des Bois Noirs dans la Loire).

Les travaux de la CRIIRAD ont permis combler un déficit d’information, qu’il s’agisse de l’impact environnemental des centrales en fonctionnement normal (besoin en eau, rejets thermiques et radioactifs), de l’impact des catastrophes nucléaires, de la mauvaise gestion des déchets radioactifs, des défauts de conception du réacteur EPR, etc…

La CRIIRAD est une association née en 1986, suite à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (Ukraine), à l’initiative d’un groupe de scientifiques et citoyens qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination radioactive du territoire français. Ils ont mis en place un laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité.

La commère 43, Saint-Julien-Chapteuil : une conférence sur le nucléaire le 12 avril

Dimanche 7/4, 11h50

Vu cette nuit.

Helengadjilova, Instagram, Day 764, cité par Les Enfants de Tchernobyl, Facebook

Samedi 6/4, 23h15

Une cinquantaine de personnes ont braillé Boudmo ! à la santé de Pacha ce soir. C’est à la fois très peu de chose et une petite onde tenace qui a dû se faufiler jusqu’à lui.


Samedi 6/4, 23h15

Vu aujourd’hui.

Le Monde, Live - Les soldats d'infanterie ukrainiens de la 23e brigade mécanisée se préparent à se diriger vers la ligne de front en direction d'Avdiivka, dans la région de Donetsk, le 3 avril 2024, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine.  (Photo de Roman PILIPEY / AFP)

Samedi 6/4, 23h00

Lu aujourd’hui.

France 24 : Vous avez occupé plusieurs postes de premier plan aux Nations unies. Alors que la guerre fait rage en Ukraine et à Gaza, l’organisation est souvent pointée du doigt pour son impuissance, avec un Conseil de sécurité souvent paralysé. Pensez-vous que l’ONU est encore utile pour faire face aux guerres et crises qui secouent le monde ?

Ghassan Salamé : On a tout à fait le droit de se poser la question. Je crois cependant qu’il faut rappeler que l’ONU n’est pas une organisation, mais un archipel d’organisations. Parmi celles-ci, certaines fonctionnent relativement bien. Je crois que des dizaines de millions de personnes mourraient de faim si le Programme alimentaire mondial venait à s’arrêter demain. Je crois que la survie de 130 millions de réfugiés dans le monde serait en jeu si le HCR venait à disparaître lui aussi. En outre, le droit international souffrirait d’un déficit énorme si la Cour internationale de justice venait à ne plus fonctionner. Et je peux multiplier ces exemples en parlant de l’Unicef ou de l’Organisation mondiale de la santé. Il y a donc des parties de cet archipel qui continuent à être très actives et extrêmement utiles à travers le monde.

Toutefois, et c’est le cœur du sujet, le Conseil de sécurité, l’institution qui est chargée de la paix et de la sécurité dans le monde, est effectivement souvent paralysé. Il l’a été très longtemps pendant la guerre froide, du fait de l’opposition entre Washington et Moscou. Puis on a espéré en 1990, après la chute du mur de Berlin, que le Conseil de sécurité puisse rattraper sa fonction première de réceptacle de la sécurité collective au niveau mondial. Il l’a fait dans une grande mesure, notamment en organisant la libération du Koweït en 1990, avec 12 résolutions qui ont à la fois permis de mobiliser 65 pays, mais également posé des limites et des objectifs clairs à cette opération. Il l’a fait aussi dans certains autres cas, avec des difficultés, et avec des échecs aussi, notamment au Rwanda ou en Bosnie. Mais il est vrai que la confiance minimale nécessaire pour que cette institution fonctionne bien n’est plus là. Aujourd’hui, les Occidentaux n’ont plus aucune confiance en Vladimir Poutine. Les Américains ont beaucoup de méfiance à l’endroit de la Chine, tandis que Moscou et Pékin regardent avec suspicion les projets de Washington dans le monde. C’est pourquoi, quand il y a un affaissement de la confiance mutuelle entre les grandes puissances qui disposent d’un siège permanent et du droit de veto, le Conseil de sécurité est de nouveau paralysé. Et tel est le cas aujourd’hui sur l’Ukraine, il peut difficilement avancer avec une Russie qui bloque tout ce qui peut être décidé. C’est également le cas sur la guerre à Gaza, où, on l’a vu, le Conseil de sécurité peut difficilement être très utile avec le droit de veto dont disposent les États-Unis, qui sont entièrement alignés sur Israël. C’est une institution qui est extrêmement sensible à l’état des relations entre les grandes puissances, ce qui n’est pas le cas des autres parties de cet énorme archipel qu’on appelle communément les Nations unies.

Est-il possible, selon vous, de réformer le Conseil de sécurité ? Que faut-il changer ?

On peut le réformer, mais la question n’est pas d’ajouter cinq ou dix nouveaux membres. Ce qu’il faut faire, c’est limiter l’usage du veto, car nous autres qui sommes originaires de petits pays pensons que le droit de veto est d’abord inégalitaire et ensuite qu’il constitue un obstacle au fonctionnement du Conseil de sécurité. Sauf qu’en limitant ou en interdisant carrément son usage, on risque de remettre en cause l’intérêt que portent les grandes puissances pour cette institution – si, par exemple, la Russie était considérée avec les mêmes yeux qu’on considère le Liban, ou si jamais les États-Unis étaient placés au même niveau que le Timor oriental. C’est-à-dire si on appliquait au Conseil de sécurité la même règle d’égalité absolue entre les États qui existe au sein de l’Assemblée générale de l’ONU. Par contre, on peut obliger les grandes puissances à justifier leur veto. Le Liechtenstein a proposé cette réforme qui a été adoptée l’année dernière. Et on peut espérer qu’à l’avenir, cet amendement s’élargisse pour que non seulement ils expliquent pourquoi ils ont utilisé leur droit de veto, mais aussi pour qu’il y ait un débat. Peut-être même un vote dans l’Assemblée générale, à laquelle on pourrait donner plus de droits, comme celui d’adopter des résolutions qui soient efficaces et exécutives. Celle-ci est bien plus représentative de la diversité mondiale que ne l’est le Conseil de sécurité. Toujours est-il que jusqu’ici, toutes les tentatives de réforme n’ont pas véritablement abouti, sauf une qui a consisté à étendre à quinze le nombre des membres du Conseil de sécurité, sans toucher au droit de veto.

[…] Vous vous inquiétez dans votre livre du fait que la démocratie montre des signes de fatigue. Faut-il craindre que ce phénomène, que vous appelez « reflux démocratique », ne touche les pays occidentaux ?

Je ne doute pas qu’il touche déjà l’Occident. La démocratie ne disparaît pas du jour au lendemain, même s’il est vrai qu’il existe des cas trop évidents pour être contestés. Lorsque vous avez un coup d’État en Birmanie ou au Niger, le pouvoir civil, voire démocratique, disparaît du jour au lendemain. Mais dans beaucoup d’autres pays, on assiste à une espèce de délitement progressif de la démocratie, soit parce que celle-ci a été réduite à un simple scrutin électoral, soit parce que le populisme a été extrêmement dominant. L’Inde, soit la plus grande démocratie au monde, passe par une phase populiste et par une phase islamophobe aussi, qui exclut plus de 200 millions de musulmans de toute fonction publique. En Turquie ou en Russie, ça ne va pas beaucoup mieux. Mais on voit aussi le populisme qui commence à s’installer également dans plusieurs pays occidentaux. Et l’installation du populisme est généralement un symptôme d’une maladie de la démocratie. Cette dernière peut difficilement prospérer dans l’entrechoc de partis qui seraient populistes.

Vous faites allusion aux États-Unis où un président sortant, Donald Trump, a vigoureusement contesté sa défaite dans les urnes ?

Exactement. Que le populisme arrive dans le pays qui est la mère des démocraties est révélateur. Voir un président remettre en cause le résultat de la présidentielle depuis la Maison Blanche et appeler ses partisans à aller occuper le Parlement de son pays n’est pas un signe extrêmement rassurant sur la santé de la démocratie, même en Occident. D’autant plus qu’une partie des électeurs risque bien de le porter de nouveau au pouvoir, faisant fi de ces multiples problèmes, notamment de nature judiciaire.

[…] Un chapitre de votre livre s’intitule « Le nucléaire en embuscade ». À quel niveau situez-vous la menace d’un conflit nucléaire, que l’on croyait derrière nous depuis la fin de la guerre froide?

Je pense que cette menace est de retour. Quand j’étais plus jeune, je donnais des cours à Sciences-Po sur le tabou nucléaire qui s’était installé. Sur le fait qu’il ne fallait pas l’utiliser, ce qui n’a pas été fait depuis Hiroshima et Nagasaki. Sur le fait qu’il ne fallait même pas en parler ni en faire la menace. Or aujourd’hui, l’ancien président russe Dmitri Medvedev affirme que Moscou aurait recours à l’arme nucléaire si l’Ukraine prenait le contrôle de « territoires russes ». Un ministre israélien a lui aussi menacé de bombarder la bande de Gaza. En 1995, au moment du renouvellement infini du traité de non-prolifération nucléaire, le club nucléaire ne comptait que cinq membres officiels – les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France. Depuis il a admis, contraint et forcé, quatre pays qui n’ont pas signé cet accord et qui sont devenus des puissances nucléaires, à savoir le Pakistan, l’Inde, Israël et la Corée du Nord. Aujourd’hui, même l’Iran est en train d’enrichir l’uranium à des niveaux indiquant des intentions ne tendant pas nécessairement vers l’usage civil. Il y a donc une multiplication de signes qui démontre que le tabou, s’il n’est pas entièrement tombé, est largement banalisé depuis quelques années et que certains pays peuvent désormais être tentés de se doter d’arsenaux nucléaires.

France24, Reflux démocratique, menace nucléaire : Ghassan Salamé dresse le constat d’un monde en fragmentation
Ancien ministre au Liban, ex-diplomate de l’ONU et essayiste, Ghassan Salamé a consacré plusieurs décennies de sa longue carrière à l’étude de l’état du monde et des crises internationales. À l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, il a accordé un long entretien à France 24. Ce deuxième volet est consacré au rôle de l’ONU et du Conseil de sécurité alors que les conflits se multiplient, au recul croissant de la démocratie dans le monde et à la menace d’un conflit nucléaire.

Vendredi 5/4, 19h05

Vu à la télé.

Arte, Machine

Vendredi 5/4, 19h05

Olga et Pacha allaient bien hier matin.


Vendredi 5/4, 18h25

Des images pour l’Ukraine.

L’association Boudmo ! lance une opération de vente d’images pour soutenir les Ukrainiens de la région de Tchernobyl.

Une vingtaine d’artistes a séjourné du côté de la zone interdite dans le cadre des résidences de Tchernobserv entre 2007 et 2019. La majorité a produit des images, dessinées, photographiques ou filmiques.
Si Emmanuel Lepage a vendu deux planches originales de son album Un Printemps à Tchernobyl dès 2022 pour aider à financer les actions de Boudmo ! en Ukraine, les autres étaient prêts à participer aussi. Ont notamment répondu présents : Patricia Le Calvez, Cécile Balme, Emmanuel Smague, Arnaud Gautron et les membres d’honneur de l’association, Emmanuel Lepage et Jean Gaumy.
En complément des concerts, l’association propose donc cette année de vendre des tirages d’oeuvres, certaines signées et numérotées. Cette opération commence en avril.

Pour mémoire, Boudmo ! a collecté en moyenne 1 000 euros par mois depuis le début de l’invasion russe : 22 000 euros ont été envoyés en Ukraine, avec un taux de reversion de 92% en 2023. L’association s’efforce de dépenser le moins d’argent possible dans l’organisation des collectes. Pour mémoire, la pension d’une personne âgée en Ukraine est de l’ordre de 100 euros par mois. Autant dire que le moindre don est significatif.

Toutes les informations sont disponibles sur le site boudmo.fr

Emmanuel Lepage, Un Printemps à Tchernobyl, 2008
Patricia Le Calvez / Tola Yakovenko, Volodarka, 2008
Patricia avant confié à des adolescents de Volodarka des appareils photo numériques.
Emmanuel Smague, Volodarka, 2009

Jeudi 4/4, 8h15

Fuku.

[…] Un séisme sous-marin de magnitude 6,0 selon l’agence météorologique japonaise (JMA) s’est produit jeudi au large des côtes du département de Fukushima, dans le nord-est du Japon, sans déclencher d’alerte au tsunami. Les médias locaux n’ont pas signalé de dommages ou victimes dans l’immédiat. Ce séisme, qui a aussi été ressenti à Tokyo, est survenu au lendemain d’un très violent tremblement de terre près de Taïwan qui a fait neuf morts et plus de 1000 blessés dans l’île, ainsi que de nombreux dégâts matériels. […]

Le Figaro, Un séisme de magnitude 6 secoue le nord-est du Japon

Mercredi 3/4, 21h25

La farandole du jus.

Il y a quelques années, les découvertes de la mission Gaïa avaient défrayé la chronique. Dans un article scientifique déposé sur Arxiv, un groupe de chercheurs espagnols et anglais avaient en effet annoncé la détection d’un puissant vent de matière noire qui traverse notre système solaire.

[…] Aujourd’hui, c’est avéré. Le professeur Underwater et son équipe viennent de confirmer la détection d’un nouveau vent de matière noire, en provenance de η Piscium (lire « etha Pichium »), l’étoile la plus brillante de la constellation des Poissons. Et ce courant est lui aussi très rapide, il se déplacerait à près de 500 km/s, c’est-à-dire environ 1 500 fois plus vite qu’un avion de ligne. Une vitesse colossale, quand on songe au fait que l’engin le plus rapide envoyé par l’Humanité est la sonde Parker, qui le 29 avril 2021 a plongé vers notre Soleil à une vitesse de près de 140 km/s.

[…] Ce vent serait-il exploitable pour produire de l’énergie ?

Principale difficulté, la matière noire interagit faiblement avec la matière plus ordinaire, notamment du fait de sa très faible densité : les chercheurs indiquent que la densité moyenne de matière noire serait 0,5 GeV/cm3 (lire giga-electron-volt par centimètre-cube), soit moins du dix-millième de milliardième de milliardième de la densité de l’air. En revanche, le vent de matière de noire se déplace beaucoup plus vite, et nous savons que la puissance d’une éolienne augmente avec la vitesse du vent élevée au cube.

Illustrons par un calcul. Les éoliennes du parc off-shore de Saint-Brieuc ont un rotor de 167 m de diamètre. Avec un vent de 10 m/s, elles peuvent délivrer une puissance de l’ordre de 8 MW. Pour une éolienne à matière noire de même puissance, avec un vent de matière noire à 500 km/s, il faudrait un rotor de 350 km de diamètre, soit un dixième du diamètre de la Lune.

Cela ne fait pas peur à la startup, qui, pour son éolienne April Wind, envisage des pales extrêmement fines en nanotubes de carbone. Ou son hydrolienne. « Nous avons beaucoup débattu pour savoir comment l’appeler. Nous nous sommes dits qu’une hydrolienne dans l’espace, ça ne ferait pas crédible. Nous avons donc opté pour le terme éolienne », nous dit Lawrence Achab, le fondateur de la startup. « Ce que nous craignons le plus, c’est un très gros corps de matière noire qui se déplacerait silencieusement au fin fond de l’espace. Les chercheurs l’ont baptisé les Dents de la mer Noire, je dois avouer que c’est un peu effrayant. » Nous le croyons sans peine.

Révolution Energétique, Une éolienne dans l’espace pour produire de l’énergie grâce à l’ouragan de matière noire ? [poisson d’avril]

Quatorze kilomètres carrés de « ferme solaire » détruits au Texas par une tempête de grêle, le 16 mars dernier : les panneaux photovoltaïques qui s’étalent à perte de vue sur la plaine sont hors service, troués de partout. Et il y en a des millions. Les autorités du comté de Fort Bend ont aussitôt été interpellées par les habitants qui craignaient de voir l’eau locale contaminée par les composantes des panneaux de Fighting Jays Solar Farm, dont on ne savait pas s’ils étaient en silicone comme leurs cousins domestiques, ou en tellurure de cadmium, une substance toxique dangereuse pour les reins, le cœur, la peau et les poumons. Avec sa capacité nominale de 350 MW, supposée alimenter 60.000 foyers en électricité dite « propre » (quand il fait beau), Fighting Jays appartient à Copenhagen Infrastructure Partners (CIP), société d’origine danoise, et à la société américaine AP Solar Holdings. Leur plus grand cauchemar désormais risque d’être celui des primes d’assurance, car si le sinistre est « couvert », selon leur porte-parole, ce type de dégâts a déjà frappé une exploitation photovoltaïque dans le Nebraska il y a moins d’un an.

[…] Pour Ramamoorthy Ramesh, professeur de physique à l’université de Rice et spécialiste des panneaux solaires, le risque est faible : il a expliqué qu’il était possible de cabosser les panneaux mais que les couches de protection sont multiples. A quoi The New American répond : « Les photos des panneaux endommagés montrent bien plus que des creux, on y voit de vrais trous. » Ramesh, de son côté, se veut dans tous les cas rassurant : le tellurure de cadmium « ne se dissout pas dans l’eau » et ne risque pas de se retrouver dans les nappes phréatiques. Même son de cloche chez les équipes de sécurité de Fort Bend qui se sont rendues sur le site et affirment que tout va bien. Mais les analyses continuent.

[…] Est-il raisonnable de continuer d’installer des panneaux solaires industriels si vulnérables – ou d’espérer attirer les investisseurs. On se pose désormais la question de savoir s’il ne faut pas mettre en place une surveillance météorologique spécifique permettant de mettre les panneaux « à l’abri » en cas de risque de grêle. Une autre solution consisterait à utiliser des revêtements plus résistants. Et sans doute plus chers encore.

Les centrales nucléaires françaises sont capables de supporter le poids d’un avion qui tombe du ciel (car oui, ça aussi, on l’a prévu). Et de produire de l’électricité même de nuit, en l’absence de vent ou de soleil. Mais c’est le photovoltaïque qui prétend au titre de l’innovation !

Reinformation, Une nouvelle ferme photovoltaïque détruite par la grêle au Texas

[…] Le 11 septembre [2001] a bien évidement soulevé la question de la chute accidentelle ou volontaire d’un avion sur une centrale nucléaire. Des mesures ont été prises sur la structure même des réacteurs mais « vous ne saurez rien de ce sujet, précise Jêrome Joly, directeur de l’expertise nucléaire de défense à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Expliquer les mesures de sécurité prise contre un sabotage est une défaillance de sécurité ».

Même son de cloche du côté du gendarme du nucléaire, l’Autorité de Sureté nucléaire (ASN) : « La projection intentionnelle d’un avion commercial sur les réacteurs nucléaires a été examinée. La confidentialité qui s’attache à ces sujets ne permet pas de préciser davantage les scénarios pris en compte ni la nature des réponses apportées. »

Le réacteur français de troisième génération, l’EPR, a été dimensionné pour résister à la chute d’un avion de ligne ou d’un avion de chasse. Les réacteurs de deuxième génération ne sont, quant à eux, pas conçu pour faire face à un tel accident.

Toutefois, selon l’IRSN, leur comportement aurait été testé face à ce type de menace. Et avec succès. A moins que cette affirmation de l’opérateur EDF soit, d’abord et avant tout, un plaidoyer pro domo. […]

L’Usine Nouvelle, Ce que le 11 septembre a bouleversé dans le nucléaire

Mercredi 3/4, 21h20

Il y a du vent, le sable du Sahara croque sur les dents. Pacha va bien, encore au front. Il a une bonne voix. Il nous a offert des billets pour le concert de Vivienne Mort ; maman choisit des fleurs (elle veut des iris, je pense aux jonquilles). J’ai mal à la tête et des soucis de sommeil. Ça va.

Olga, Viber (texte)

Mercredi 3/4, 21h10

L’Allemagne effeuille le nuc (bouh…).


Mercredi 3/4, 12h45

Lu aujourd’hui.

Peter Sellers incarnant le Docteur Folamour dans le film de Stanley Kubrick du même nom. (Crédit : distribué par Columbia Pictures, domaine public)

Avec la centralité donnée au réchauffement climatique au sein de la lutte environnementale, la critique du nucléaire est tombée en désuétude. De son côté, la classe capitaliste s’est engouffrée dans la brèche, parvenant à opérer un retournement spectaculaire : repeindre en vert une menace existentielle à l’origine même du mouvement écologiste dans les années 1960, aujourd’hui englué dans l’échec. L’engouement délirant d’Emmanuel Macron pour le nucléaire cache en réalité un agenda conservateur : replier l’écologie sur la controverse technologique pour ne pas avoir à changer la société.

[…] « Vous voulez dire que les gens pourraient réussir à vivre dans ces mines pendant cent ans ? – Ce ne serait pas difficile, Mein Führer ! pardon, Monsieur le président. Les réacteurs nucléaires pourraient nous fournir de l’électricité indéfiniment ». Ainsi s’exprime le Docteur Folamour à la fin du film de Stanley Kubrick («Docteur Folamour»), alors qu’une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et l’URSS déclenchée accidentellement rend la planète inhabitable.

Dans la satire glaçante de Stanley Kubrick, l’énergie nucléaire apparaît comme une solution à la destruction qu’elle a elle-même engendrée, comme si elle appelait une réaction en chaîne politique infinie. Mais également comme une ressource surnaturelle, disponible même après l’apocalypse. Une énergie « déterrestrée », débarrassée de toute limite : infrastructures, mains d’œuvre, jugement dernier. Comme l’écrit Ange Pottin dans un essai récent, « l’imaginaire [du nucléaire] est avant tout marqué par l’idée trompeuse et enivrante d’une indépendance vis-à-vis de tout ancrage terrestre » et d’une « disponibilité immédiate ». Tout le récit autour de la «souveraineté énergétique » et de la « croissance verte » dont se réclame la relance du nucléaire en France se fonde sur cette représentation frauduleuse. Si le nucléaire est aujourd’hui considéré comme une ressource écologique, c’est parce qu’il représente une abondance énergétique infinie, présentée comme dénuée d’empreinte matérielle.

[…] Mais le nucléaire fait aussi l’objet d’une invisibilisation sociale, politique et historique. Qui sait par exemple que 80% de la maintenance des installations nucléaires est aujourd’hui sous-traitée et le travail intérimaire récurrent ? Qui voit les nomades précaires du nucléaire, cahotant de caravane en caravane, touchant des salaires misérables pour un labeur rendu de plus en plus difficile par la course au profit ? En général, leur mission consiste à prendre des doses de radioactivité lors des opérations de maintenance, au détriment de leur santé.

[…] Si elle invisibilise les conditions de travail de sa main-d’œuvre, la filière nucléaire dissimule aussi les assises politiques de ses chaînes d’approvisionnement, qui reposent pour partie sur les réseaux françafricains noués au siècle dernier, comme au Niger. L’autre partie repose sur une entente avec une autre puissance impérialiste, puisque près de la moitié de l’uranim naturel consommé par la France transite par la Russie, sous le contrôle de Rosatom, depuis deux pays sous son emprise : le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Qui sait d’ailleurs que la France a quasiment triplé ses importations d’uranium enrichi russe en plein conflit ukrainien, en 2022 ? En réalité, la disponibilité du combustible nécessaire au fonctionnement du capitalisme fissile repose sur les mêmes magouilles coloniales que celles menées par le capitalisme fossile. 

[…] Si la classe capitaliste française raffole tant du nucléaire, c’est d’abord parce qu’il y a des capitaux à préserver : ceux de la filière. C’est ensuite parce qu’elle considère l’énergie électrique comme un marché d’avenir, tant qu’on reste dans le paradigme de la croissance qui sécurise politiquement l’accumulation capitaliste. L’électrification de la société s’annonce en effet comme le grand projet industriel des capitalistes au 21e siècle (tout en laissant l’industrie fossile prospérer jusqu’au bout) et les énergies renouvelables jugées insuffisamment pilotables pour satisfaire les besoins anarchiques d’une économie de marché. Mais c’est surtout parce que le nucléaire, en tant qu’énergie relativement décarbonée et plus encore déterrestrée, permet de rendre le techno-solutionnisme et la « transition énergétique » hégémoniques dans l’agenda de la crise écologique, c’est-à-dire de résoudre par le statu quo les nouvelles contradictions du capitalisme.

On peut récapituler cette contradiction comme suit : le capitalisme a besoin d’accumuler toujours plus de marchandises et toujours plus vite afin de rentabiliser le capital, condition sine qua non de son existence (et du statut social de la classe capitaliste). L’effondrement progressif de la biosphère sous l’effet des activités humaines appelle au contraire à réduire drastiquement l’empreinte matérielle de l’humanité, donc à l’effondrement de l’empire de la marchandise (et des capitalistes). Or la fable techno-solutionniste permet d’éluder complètement cette contradiction, en stipulant que l’empreinte matérielle n’est qu’une affaire de bonne ou de mauvaise technique. Dans cette assertion, une autre invisibilisation a lieu : celle du mode de production.

[…] Cette renaissance idéologique du nucléaire marque l’échec le plus spectaculaire des écologistes de métier. Il faut se souvenir que François Hollande, dans un contexte de développement économique des énergies renouvelables, avait fixé une trajectoire de baisse substantielle de la part du nucléaire dans le mix énergétique français, avec la fermeture de plusieurs réacteurs à la clé. Le retournement est donc total. Comment expliquer cette déconfiture ?

Sans conteste, la mémoire de Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011) est moins vive. Évidemment, le lobby industriel dispose de moyens démesurés pour imposer sa volonté, surtout quand il se mêle au complexe militaire. Certes, quelques journalistes à la botte des industriels ont complètement pollué le débat public ; de même que les hordes de trolls numériques qui débarquent à la moindre alerte google sur leur mot-clé préféré (coucou). Mais les raisons de cette défaite sont également à rechercher dans le camp des antinucléaires.

D’abord, l’attention exclusive portée sur le climat a fait perdre de vue le caractère multiple du fait écologique, réduit à un simple enjeu de décarbonation. Dans cette focale déformante, en faisant des énergies renouvelables la réponse à tous les problèmes, les ONG ont elles-mêmes contribué activement à l’hégémonie du techno-solutionnisme sur le terrain politique. Elles se sont ainsi enfermées dans un débat d’experts complètement dépolitisant, pour lequel elles n’ont pas les armes suffisantes face aux lobbies industriels et leurs batteries d’ingénieurs enrégimentés, emmenés par un porte-parole d’ailleurs nettement plus efficace que tout ce qui se fait dans le métier associatif, Jean-Marc Jancovici.

[…] Enfin, même les ONG prétendument « radicales » se sont passablement assagies ces dernières années. Autrefois prescriptrice sur le sujet, Greenpeace n’a plus déstabilisé le fonctionnement de la filière nucléaire depuis bien longtemps. Moins consensuelle, la lutte antinucléaire apparaît moins rentable.

[…] Il fut un temps où la menace d’un hiver nucléaire figurait la grande peur de toutes les forces progressistes de la planète. Pour la simple raison que la prolifération nucléaire commencée au milieu du siècle dernier contenait l’anéantissement, possible à tout moment, de toute l’humanité. Or les antinucléaires pâtissent aujourd’hui d’avoir délaissé complètement la dimension militaire de l’énergie nucléaire, pourtant au cœur des luttes environnementales dans les années 1960-1970 – qui étaient à l’époque également des luttes pour la paix. Rappelons que le nucléaire civil n’a jamais été qu’un sous-produit du nucléaire militaire ; le capitalisme fissile est d’abord un capitalisme belliqueux. Mais à mesure que les ONG se sont embourgeoisées dans la démocratie libérale, elles ont délaissé la dimension anti-impérialiste de leur combat originel. Pourtant, le risque est toujours là. Et plus que jamais compte tenu du trouble géopolitique que l’effondrement progressif de la biosphère fait peser sur les systèmes de production et la diplomatie internationale. Mais par un jeu de dupes dont seule la fausse conscience capitaliste est capable, la classe dominante tente de troquer la possibilité d’un anéantissement atomique contre la perspective d’un effondrement climatique.

Bien sûr, le nucléaire a quelque chose d’envoûtant. J’en ai moi-même fait l’expérience quand j’ai pu visiter l’EPR de Flamanville en construction, à l’invitation d’EDF, il y a quelques années. Jamais je n’avais ressenti aussi profondément la force du génie industriel que devant cet entrelacs monumental de pièces usinées, destinées à maîtriser la réaction en chaîne de la matière. Mais il s’agissait d’une fascination anxieuse : la peur était bien là, tangible. La respiration change.

À la fin du film Oppenheimer (2023) de Christopher Nolan, le responsable du « Manhattan Project », qui mettra sur pied la bombe à hydrogène avant l’Allemagne nazie, tient une conversation soucieuse avec Einstein – dont la théorie de la relativité a permis l’essor du nucléaire. Ils parlent réaction en chaîne. Non pas de la réaction en chaîne atomique, mais de la réaction en chaîne politique : celle de la course aux équipements nucléaires qui serait déclenchée en cas du succès effectif de la bombe H. « Je crois que c’est fait », avoue Oppenheimer, suscitant l’épouvante d’Einstein. Car si la seconde guerre mondiale est gagnée, dans quel nouveau monde se déroulera la paix ? Aujourd’hui, une nouvelle étape de cette réaction en chaîne est franchie : celle où nous avons cessé de craindre le nucléaire.

Frustration, Clément Sénéchal, Nucléaire : l’opium des capitalistes – Chroniques de l’écologie bourgeoise

Mardi 2/4, 15h00

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Marian Kamensky, Conscription de 150 000 soldats

Le président russe, Vladimir Poutine, a signé un décret établissant la campagne de conscription de printemps, appelant 150 000 citoyens au service militaire obligatoire, selon un document publié dimanche sur le site Internet du Kremlin. « Je décrète procéder à la conscription des citoyens russes âgés de 18 à 30 ans, non réservistes et éligibles à la conscription, entre le 1er avril et le 15 juillet 2024, à hauteur de 150 000 personnes », dit le décret.

[…] En 2023, la campagne de conscription militaire de printemps avait concerné quelque 147 000 hommes, et celle d’automne avait vu 130 000 conscrits rejoindre l’armée, selon le ministère de la défense. L’été dernier, la Russie a adopté une loi repoussant, à partir du 1er janvier 2024, de 27 à 30 ans l’âge limite de la conscription.

Le Monde, Live

Mardi 2/4, 14h40

Lu aujourd’hui.

[…] Le nouveau livre d’Annie Jacobsen, finaliste du prix Pulitzer, Nuclear War : A Scenario, est une lecture ultra-rapide destinée à remettre la menace nucléaire sur le radar de tous. Son fil narratif, comme le titre l’indique, est un scénario factuel (bien que heureusement fictif) qui montre comment un lancement nucléaire peut dégénérer en Troisième Guerre mondiale à une vitesse vertigineuse.

[…] Le public américain n’a pas beaucoup réfléchi aux armes nucléaires depuis la guerre froide. Nous avons aujourd’hui davantage de nations nucléaires, mais beaucoup moins d’armes dans l’arsenal mondial. Sommes-nous plus en sécurité maintenant ?

Eh bien, comme je le montre dans le livre, il ne faut qu’une seule arme pour déclencher une réaction en chaîne et libérer l’arsenal actuel, qui est déployé à l’avant dans des positions de lancement sur alerte et pourrait être tiré en aussi peu qu’une minute. —15 minutes pour les sous-marins. Il y a actuellement suffisamment d’armes dans ces positions pour provoquer un hiver nucléaire qui tuerait environ 5 milliards de personnes.

Y en a-t-il trop ? Absolument. Avons-nous progressé ? Le record absolu de 1986 était de 70 481 armes nucléaires. Il y en a aujourd’hui environ 12 500. Mais pour en revenir à votre point, il existe neuf nations dotées de l’arme nucléaire, et pas seulement deux ou trois superpuissances. Et cela présente de nombreuses inconnues qui créent un sérieux malaise et laissent place à une catastrophe.

Nous sommes donc peut-être moins en sécurité parce que nous ne savons pas vraiment comment certaines nations pourraient se comporter, notamment la Corée du Nord.

Absolument. Reporter et écrire ce livre a été une surprise après l’autre. Par exemple, jusqu’à ce que j’aie eu confirmation auprès d’experts nucléaires américains, je ne savais pas que la Corée du Nord n’annonçait aucun de ses essais de missiles, alors que les autres pays le faisaient. La Corée du Nord a lancé 100 missiles depuis janvier 2022. Après avoir lu mon livre, vous réalisez ce qui arrive à l’appareil de commandement et de contrôle nucléaire américain dans les secondes et minutes qui suivent un lancement, vu par le système avancé de super satellites dont nous disposons. Vous pouvez désormais imaginer ce qui se passe dans ces centres de commandement.

[…] Les cauchemars nucléaires potentiels vont d’une détonation accidentelle à une frappe massive de « décapitation » en passant par quelqu’un utilisant une petite arme nucléaire sur le champ de bataille. Vous avez choisi le scénario le plus fou : la Corée du Nord lance inexplicablement un missile à longue portée sur Washington, DC. Pourquoi celui-là ?

J’ai fait une série d’entretiens avec [le physicien] Richard Garwin, qui a maintenant 95 ans. Il est sans doute la personne la mieux informée sur les armes nucléaires de la planète, et il en sait probablement plus sur la politique à long terme de l’histoire parce qu’il avait 23 ans ou plus. 24 ans lorsqu’il a conçu la première bombe thermonucléaire.

Lors du test « Ivy Mike », il a explosé avec une puissance de 10,4 mégatonnes, soit environ 1 000 Hiroshima. Garwin m’a dit que sa plus grande peur était maintenant et avait toujours été la théorie du fou à laquelle vous faisiez référence. Il a utilisé l’expression française Après moi, le déluge – après moi, le déluge – en référence à cette idée selon laquelle un leader fou maniaque, égoïste et narcissique pourrait lancer une arme nucléaire pour des raisons que personne ne connaîtrait jamais.

Et pour contre-attaquer la Corée du Nord, comme dans votre scénario, les États-Unis devraient envoyer des missiles au-dessus de la Russie, qui dispose d’un système d’alerte précoce très peu fiable.

C’est exact. Apprendre les limites technologiques de certains systèmes russes était tout aussi terrifiant que n’importe quelle partie du reportage sur ce livre.

[…] C’est presque comme si vous vouliez tendre la main aux Russes et leur dire : écoutez, prenez simplement notre technologie pour ne pas vous lancer dans une fausse alerte, mais les États-Unis ne feraient jamais cela.

Il y a eu de nombreuses occasions de dialoguer avec les Russes : Poutine a demandé à rejoindre l’OTAN sous l’administration Clinton. Il faut vraiment s’appuyer sur ses dirigeants pour qu’ils pensent à communiquer plutôt qu’à brandir des sabres, car j’espère que mon livre démontre avec des détails épouvantables à quel point une guerre nucléaire serait horrible. Et nous savons grâce aux jeux de guerre du Proud Prophet que peu importe comment ils commencent, ils se terminent par une apocalypse nucléaire.

Pour rappel, Proud Prophet était une série classifiée de jeux de guerre ordonnés par le président Ronald Reagan en 1983. Les planificateurs civils et militaires se sont réunis pendant deux semaines pour examiner des scénarios susceptibles de déclencher une guerre nucléaire et voir comment ils se déroulaient.

Le fait que Proud Prophet ait été déclassifié est intéressant. Les jeux de guerre nucléaire comptent parmi les secrets les plus jalousement gardés du gouvernement. J’ai imprimé une copie de ce à quoi ressemblent quelques pages du jeu de guerre déclassifié : 95 % sont expurgés. Il s’agit littéralement de quelques en-têtes et de quelques chiffres.

Mais quand quelque chose comme ça est déclassifié, cela devient très précieux pour les gens. Une personne comme Paul Bracken – un professeur civil à Yale qui a participé à Proud Prophet – peut désormais en parler en termes généraux. Il a écrit dans son propre livre que tout le monde était parti très déprimé, car peu importe comment commence le scénario nucléaire – que l’OTAN soit impliquée ou non, la Chine soit impliquée ou non – il se termine toujours de la même manière, de la manière la plus terrible, parce que l’Amérique a une politique de « lancement sur avertissement ».

Nous n’attendons pas pour absorber un coup nucléaire. Une fois qu’un missile est en route et qu’il y a une confirmation secondaire du radar au sol, le président est invité à lancer une contre-attaque. Dans le livre — c’est le président qui pose cette question parce que cela a été évoqué lors de mes discussions avec des sources —, il dit : « Comment savons-nous qu’il s’agit d’une arme nucléaire ?

Et nous ne le savons pas.

C’est un fait. La réponse est : eh bien, cela pourrait être une arme biologique. Une autre réponse qu’on m’a donnée est que personne ne lance un missile balistique sur les États-Unis à moins de s’attendre à une contre-attaque. Alors maintenant, vous entrez dans le monde orwellien : c’est la dissuasion. La dissuasion tiendra. N’osez pas vous lancer sur nous, sinon ! Ce qui explique en partie pourquoi la contre-attaque est nécessaire, conformément à la doctrine de dissuasion. Il n’y a pas de place pour dire, eh bien, nous allons peut-être attendre et voir.

Une fois que vous avez rompu la dissuasion, tout le reste passe par la fenêtre.

Correct. L’une des citations les plus obsédantes du livre est celle du commandant adjoint du STRATCOM, le lieutenant-général Tom Bussiere. J’ai localisé une discussion non classifiée qu’il a eue avec des initiés, et la citation va dans le sens de : Lorsque la dissuasion échoue, tout s’effondre. En secondes, minutes et heures, pas en jours, semaines et mois.

Douze mille ans de civilisation éteints en quelques heures.

Le général Kehler ne parlait pas de manière hyperbolique en disant cela.

[…] Votre livre brise certains mythes courants, par exemple la croyance selon laquelle les États-Unis pourraient abattre un missile nucléaire en approche. Nous ne pouvons vraiment pas nous défendre contre les armes nucléaires, n’est-ce pas ?

Nous ne pouvons pas. C’est du pur fantasme. Lors des dernières incantations de vérification des faits, j’ai fait lire le livre par un lieutenant général qui dirigeait ces scénarios pour le NORAD. J’espérais presque que quelqu’un dirait, Annie, tu devrais retirer cette partie du livre, parce que nous avons un Dôme de Fer secret sur lequel tu ne peux pas faire de rapport. Non. La vérité est que les États-Unis comptent sur 44 missiles intercepteurs pour arrêter tout missile entrant. À elle seule, la Russie possède 1 674 ogives nucléaires en position « prêtes à être lancées ». De plus, selon les rapports du Congrès, les intercepteurs ne sont efficaces qu’à environ 50 pour cent.

Dans les meilleures circonstances.

Absolument, comme lorsque vous faites un test et que vous savez précisément où va se trouver le missile. C’est un test organisé. Les gens pensent donc que nous avons un bouclier de type Iron Dome. Et nous ne l’avons pas.

[…] [A un] un moment de votre scénario, votre secrétaire à la Défense prête serment en tant que président parce que le président et les autres personnes dans la ligne de succession sont morts ou absents, et il a ce moment d’humanité. La Russie a lancé tous ses ICBM contre nous, nous savons donc que nous sommes fichus. Et le nouveau type demande : pourquoi réagir maintenant si cela ne fait que tuer des millions de personnes supplémentaires ? Le commandant du STRATCOM dit : Non, nous le faisons. L’humanité est déjà condamnée, mais la Russie et les États-Unis continuent de lancer leurs armes jusqu’à ce qu’il n’en reste pratiquement plus. C’est absurde. Mais est-ce réaliste ?

C’est le cas si vous parlez aux sources avec lesquelles j’ai parlé. Un grand nombre de situations décisionnelles impliquant le secrétaire à la Défense sont issues de mes multiples discussions avec l’ancien secrétaire à la Défense Bill Perry, qui a beaucoup réfléchi à ce sujet et à ce que serait le processus de réflexion d’un individu. Le but d’inclure cette question était de démontrer comment la folie du MAD – destruction mutuelle assurée – prend le dessus. […]

[…] Il semble que les membres de la structure de commandement et de contrôle nucléaire aient répété ces scénarios à maintes reprises. Ils sont en pilote automatique dans une certaine mesure. Ce qui nous amène à la notion de « singes sur un tapis roulant » dont vous parlez plus tard dans le livre : nous avons élaboré ce plan, et nous allons le suivre, même s’il est complètement dingue.

Les singes sur le tapis roulant étaient un concept tellement brillant. Cela remonte à la guerre froide, lorsqu’il était utilisé comme métaphore pour désigner les gens qui suivaient servilement cette course aux armements nucléaires.

Mais l’anecdote actuelle que j’ai trouvée est encore plus intéressante. Il s’agissait d’une expérience scientifique qui n’avait rien à voir avec la métaphore originale mais qui représentait littéralement des singes sur un tapis roulant. Les chercheurs étudiaient la bipédie : ils ont mis les humains sur le tapis roulant et ils ont mis les singes sur le tapis roulant. De manière anecdotique, l’un des scientifiques a déclaré, et je paraphrase, que certains singes en avaient assez de marcher vers nulle part et sont descendus du tapis roulant.

Je pensais, mon Dieu, que les singes sont plus intelligents que les humains en matière de destruction mutuelle assurée.

Bulletin of the Atomic Sceintists, Une interview avec Annie Jacobsen, auteur de « Nuclear War : A Scenario », traduction automatique

Lundi 1/4, 22h50

Irpin me manque, dit Olga.

Le Monde, Live - Une voiture criblée de balles pendant l’occupation russe, à Iprin, dans la région de [Kyiv], en Ukraine, le 1 avril 2024. Deux ans après le retrait des forces la ville se reconstruit et les traces de la guerre sont de moins en moins visibles.

Lundi 1/4, 13h10

Tcherno.

Il y a 2 ans, jour pour jour, le 1er avril 2022 !
Les forces armées de la Fédération de Russie quittent les villages ukrainiens voisins de la Zone d’exclusion de Tchernobyl (aidés par l’association depuis 1993 !) qu’ils occupaient depuis fin février.

Les Enfants de Tchernobyl, Facebook

L’un des plus grands hiboux d’Ukraine a été repéré par le personnel de la Réserve il y a quelques années dans la tour de refroidissement inachevée du 3ème étage, censée refroidir les 5ème et 6ème unités de puissance de la centrale nucléaire de Tchernobyl. La structure est immense : le diamètre de la base est de 126 mètres, et la hauteur, une fois achevée, atteindrait 150 m. […]

Réserve écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction automatique

L’assèchement du bassin de refroidissement de la centrale nucléaire de Tchernobyl a entraîné la disparition presque totale des complexes naturels aquatiques et humides. De nouveaux types de végétation sont apparus.
Deux types principaux d’habitats peuvent être distingués dans la structure des zones terrestres nouvellement formées : les hautes terres, qui sont des plages de sable coquillier avec un régime hydraulique insatisfaisant et une couverture végétale clairsemée ; les basses terres avec un régime d’humidité du sol favorable et un substrat plus nutritif, où se forme une couverture végétale de graminées et d’arbustes.
Les spécialistes de la réserve de Chornobyl mènent des études radioécologiques et radiobiologiques sur le territoire de la zone d’exclusion.
En outre, après la destruction [du barrage] de Kakhovka l’année dernière [sur le Dnipro], il est devenu nécessaire d’évaluer les zones de restauration de la végétation dans les zones drainées du réservoir.
À cette fin, le bassin de refroidissement de la centrale nucléaire de Tchernobyl est utilisé comme modèle de recherche par les scientifiques de l’Académie nationale des sciences.

Réserve écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction Deepl

Lundi 1/4, 12h55

Le Monde, Live - Un garçon s’accroche au canon d’un char, dans le cadre d’une exposition d’équipements militaires russes détruits, à [Kyiv], en Ukraine, le dimanche 31 mars 2024. (AP Photo/Vadim Ghirda)

Dimanche 31/3, 19h50

La farandole du nuc.

Pour justifier un nouveau dérapage sur le chantier des deux EPR d’Hinkley Point C au Royaume-Uni, EDF invoque, comme pour Flamanville 3, la perte de compétences de la filière anglaise, qui n’a pas construit de nouveau réacteur depuis 20 ans. Un problème déjà identifié pour les futurs chantiers des EPR2 en France.
En janvier, EDF a annoncé le report de la mise en service du premier EPR d’Hinkley Point C au Royaume-Uni, à mi-2029, voire 2030 ou 2031, au lieu de 2024. Après analyse, la durée des travaux électrotechniques (la pose des câbles et des tuyaux), prévus sur trois ans lors de la décision d’investissement en 2016, a été réévaluée à cinq ans, entraînant un surcoût de 6 à 8 milliards de livres (7 à 9,3 milliards d’euros). La facture totale, 18 milliards de livres au départ, serait maintenant comprise entre 31 et 34 milliards de livres. Le projet avait déjà été revu en 2022, après la pandémie de covid-19, avec un premier glissement du calendrier de quinze mois. […]

L’usine nouvelle, La perte de compétence de la filière nucléaire retarde Hinkley Point C à 2029… Au mieux

[…] Le 27 mars, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a […] ouvert la procédure légale de consultation du public sur son projet d’avis sur la mise en service de ce qui est devenu le réacteur maudit d’EDF.
Le public peut donc, jusqu’au 17 avril, consulter les rapports et documents qui rappellent l’historique du projet, ses divers aléas techniques et les conclusions qui permettent à l’ASN d’envisager un avis positif. L’ASN aura ensuite trois jours pour synthétiser les remarques, les publier et publier sa propre décision.
Ce n’est qu’ensuite, à partir du 20 avril au mieux, qu’EDF pourra procéder au chargement du combustible radioactif dans la cuve du réacteur puis de lancer le processus complexe de sa mise en service. Comme le souligne un observateur, « EDF va faire des tests jusqu’à l’été avant de connecter le réacteur au réseau. On n’est donc pas à l’abri de nouvelles surprises lors de cette phase de test ».

[…] La première mention de nouveaux cas de fraude, huit ans après le scandale retentissant des dossiers barrés d’Areva-Framatome, a été faite de manière très allusive par l’ASN lors de ses vœux, le 30 janvier dernier. Des cas non précisés de fraudes concernant des équipements sensibles ont, assurait le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, donné lieu à l’ouverture d’instructions judiciaires.
Après un manque de vigilance déjà relevé à l’encontre d’un fournisseur italien en 2023, s’installait alors une petite musique selon laquelle EDF ne parviendrait toujours pas à s’acquitter convenablement de ses obligations de contrôle de ses sous-traitants.
[…] Dans un courrier adressé à EDF, au ton inhabituellement sévère, le gendarme du nucléaire lui demandait de traiter, « avec rigueur » les cas de « contrefaçons, falsifications et fraudes dans les usines de fabrication d’équipements destinés aux centrales nucléaires » qui auraient été « déjà identifiés et ceux qui pourraient être détectés dans le futur ». […]

Ouest France, Les nouvelles malfaçons évoquées peuvent-elles retarder encore l’EPR de Flamanville ?

[…] EDF avait prévu le chargement du combustible fin mars, mais ce sera finalement mi-avril. Pourquoi ? Parce que l’Autorité de sûreté nucléaire doit consulter le public sur son projet d’autorisation de mise en service du réacteur. Cette autorisation est nécessaire pour passer à l’étape suivante, le chargement du combustible.
En gros, la plus haute autorité française sur le nucléaire doit demander leur avis à Mme Michu, M. Pignon et plus sûrement à tous les antinucléaires généralement hypermobilisés pour faire de l’antijeu sur son travail d’évaluation.
C’est obligatoire, ça relève d’un article du Code de l’environnement de janvier 2017, qu’on doit à la ministre de l’Environnement d’alors, la toujours très inspirée Ségolène Royal, jamais en retard d’une démagogie. Ça fait partie du dispositif de boules puantes administratives mis en place pendant des années, à bas bruit, par des élus et des fonctionnaires antinucléaires. Ironiquement, les mêmes qui ont élaboré sur un coin de table, sans jamais consulter personne et surtout pas les spécialistes, le plan consistant à limiter à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique. […]

L’Opinion, Vous n’avez aucune compétence sur le nucléaire ? Super ! Votre avis technique est précieux

[…] Avec 280 millions de tonnes du minerai enfouies dans ses sols, le Brésil dispose de la huitième plus grande réserve d’uranium au monde, voire de la cinquième selon des experts.
Selon les informations de CNN Brasil, l’accord, qui n’est pas encore officialisé, prévoit une collaboration entre les services géologiques brésilien et français pour la recherche et l’exploitation du minerai. En décembre dernier, l’ambassadeur français Emmanuel Lenain avait déjà signé un accord de principe sur un investissement de 3 milliards d’euros dans le programme nucléaire brésilien, en échange de la concession de l’exploitation d’uranium à Orano (ex-Areva).

La France investira également pour permettre le partage de connaissances ainsi que la transformation de l’uranium sur le sol brésilien. En parallèle, l’entreprise française Framatome a également renouvelé son engagement à rénover la centrale nucléaire brésilienne Angra 1, ainsi que sa participation dans la construction d’une nouvelle centrale, Angra 3, en travaux depuis plus de dix ans et annoncée opérationnelle pour 2028. Cette dernière doit pouvoir alimenter 4,5 millions de foyers brésiliens en électricité.
De son côté, le Brésil pousse également pour que la France augmente sa participation dans la construction et le transfert de technologies dans le programme de construction de sous-marins Prosub. Conclu en 2008, l’accord prévoit la construction de quatre sous-marins conventionnels, ainsi qu’un engin à propulsion nucléaire. Jusqu’ici, la France s’est montrée réticente à s’impliquer directement dans la partie nucléaire du sous-marin, en raison des accords de non-prolifération. […]

Reporterre, les bonnes affaires de Macron au Brésil

[…] Contempler cette eau d’un bleu hypnotisant a quelque chose d’effrayant et de fascinant. Effrayant, car à seulement une vingtaine de mètres, cette matière radioactive pourrait tous nous irradier et nous tuer sans même la toucher. Fascinant, car derrière cette barrière d’eau, la matière radioactive a l’air inoffensive. Et pourtant elle est capable de produire de l’électricité pour des millions de personnes. […]

France Info, J’ai visité le cœur d’une centrale nucléaire

Dimanche 31/3, 10h30


Dimanche 31/3, 10h20

Lu aujourd’hui.

Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré vendredi 29 mars lors d’un entretien accordé à la presse européenne que « la guerre n’est plus un concept du passé » sur le continent, désormais entré, selon lui ,dans l’« ère de l’avant-guerre ».

La Russie a intensifié ces dernières semaines ses frappes aériennes contre l’Ukraine, pays voisin de la Pologne. De nouvelles frappes russes massives ont endommagé vendredi trois centrales thermiques, entraînant des coupures d’électricité dans plusieurs régions.

« Je ne veux effrayer personne mais la guerre […] est une réalité et elle a commencé il y a plus de deux ans », avec l’invasion de l’Ukraine, a déclaré Donald Tusk à l’alliance de huit journaux européens LENA (Leading European Newspaper Alliance). « Le plus inquiétant en ce moment est qu’absolument tous les scénarios sont possibles. Nous n’avons pas connu une telle situation depuis 1945 », a déclaré l’ancien président du Conseil européen. « Cela semble dévastateur, surtout pour la jeune génération, mais nous devons nous habituer au fait qu’une nouvelle ère a commencé : l’ère de l’avant-guerre. Je n’exagère pas », a-t-il dit. « Si l’Ukraine perd, personne en Europe ne pourra se sentir en sécurité », a-t-il insisté. […]

Le Monde, Live, 30/3, 2h49

Samedi 30/3, 21h25

J’ai accompagné maman pour acheter les chaussures de printemps. Elle voulait aussi acheter les chaussures d’hiver. Je lui ai dit : « Il faut déjà survivre au printemps et à l’été ». Elle n’a rien dit.

On a une routine avec Nastia. Après les arrivées [les attaques], elle m’envoie un message : « Quel est ton statut ? ». Je lui réponds par le code militaire qui veut dire que ça va.
Ça fait rire Pacha quand je lui raconte. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que les civils ne sont pas censés utiliser le code militaire.

Avec Nastia, on a fait l’hypothèse de déménager les parents dans une cabane des Carpathes et d’aller vivre là-bas avec des moutons et une antenne Starlink. On aurait de la viande, du fromage et de la laine. Le prix de la laine est devenu n’importe quoi, presque comme en France.
C’est possible, mais ce serait dans un trou paumé et il faudrait une voiture et un groupe électrogène.

J’ai fini de crocheter deux sacs pour la vente caritative qu’organise la boite où travaille Nastia. L’argent est envoyé à l’armée. J’étais à la bourre. Je voulais savoir à quelle adresse les envoyer directement. Elle m’a dit : « Tu es sous les missiles et tu te préoccupes des sacs… il n’y a que les Ukrainiens pour faire ça ! ». J’étais dans le couloir, entre deux murs : « Ça va, je suis a l’abri. »

Roman a eu trente jours de rééducation, autant dire que la commission médicale s’en fout. Il doit trouver lui-même une clinique.

Pacha est parti à la position [au front]. Il n’allait pas bien hier. Avant-hier non plus, mais il y avait les camarades et il faisait semblant.

Maman travaille, elle ne s’occupera pas du jardin. Papa a discuté avec un collègue de son départ en retraite et le collègue n’a pas tenu sa langue avec le chef. Le chef a dit à Papa : « Faut discuter : moins d’heures, plus d’argent, moins pénible… ? ». Je pense qu’il ne travaillera pas non plus au jardin.

Hier, nous avons eu de la grêle et Fidèle a paniqué. Il a fallu rester à la salle de bain pour le rassurer. […]

Olga, Viber (vocal)

Vendredi 29/3, 23h00

Rien a dire.


Jeudi 28/3, 23h15

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Ahmed Falah, The Great Dictator

Attentat près de Moscou : les enquêteurs russes assurent que les assaillants ont reçu « d’importantes » sommes d’argent envoyées d’Ukraine. La Maison Blanche a, de son côté, déclaré : les Russes sont des « marchands de fumier » diffusant une « propagande absurde » sur l’attentat de Moscou.

Le Monde

Jeudi 28/3, 23h10

Achtung !

[…] Le ministère français des Armées a dénoncé ce jeudi sur X un faux site internet reprenant son logo officiel et invitant 200.000 Français à «s’engager en Ukraine», opération semblable à d’autres du même typeattribuées à des intérêts russes ou pro-russes. «L’URL d’un “site s’engager en Ukraine” qui reprend la charte graphique des sites gouvernementaux circule actuellement sur X», indique le ministère. «Ce site est un faux site gouvernemental, relayé sur les réseaux sociaux par des comptes malveillants, pour une campagne de désinformation». […]

Le Figaro, Le gouvernement met en garde contre un faux site appelant les Français à «s’engager en Ukraine»
Commentaire : « Je savais que c'etait un faux site et j'ai mis le nom de mon voisin pro-russe. »

Jeudi 28/3, 0h05

Varvara (G), Matvii (C) et Nataliia Motorna dans leur maison de Kyiv, Ukraine. (Viacheslav Ratynskyi / The Kyiv Independent)

À l’âge de 11 ans, Arina Pervunina a vu les troupes russes tuer son père.

Elle et son jeune frère ont été surpris derrière les lignes ennemies dans la maison de leurs grands-parents, dans l’oblast de Kherson, peu après le début de l’invasion, alors que leurs parents étaient chez eux à Odessa.

Au cours des premières semaines de l’invasion, le père d’Arina est venu sauver ses enfants et les deux cousins de la jeune fille de la partie de l’oblast de Kherson occupée par les Russes. Ils étaient dans leur voiture lorsque les soldats russes ont commencé à leur tirer dessus.

Dix-sept balles ont touché le père d’Arina, Andrii Pervunin. L’un des cousins d’Arina n’a survécu que parce qu’il tenait un chien qui a reçu une balle et a été tué sur le coup.

Les troupes russes ont gardé les enfants à leur poste de contrôle pendant plus d’une heure, les traînant sur le sol et les injuriant avant de les laisser partir avec d’autres Ukrainiens fuyant l’occupation. Le père d’Arina a été emmené à Mykolaiv, non loin de là, dans le coffre d’une voiture.

« Il a reçu les premiers soins, mais nous n’avons pas pu le sauver », a déclaré Arina, aujourd’hui âgée de 13 ans, au Kyiv Independent.

Pour surmonter cette perte, elle a commencé à écrire des lettres à son père peu après la tragédie. Le ministre des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a lu l’une des lettres d’Arina à l’Assemblée générale des Nations unies en juillet 2023.

Une semaine après la tragédie, elle a écrit dans son journal … « Je ne veux pas vivre. Qu’est-ce que cette vie sans père ? » a déclaré M. Kuleba.

[…] Si la perte des parents affecte les enfants à tout moment, le traumatisme qui en résulte en temps de guerre peut aggraver les problèmes de santé mentale, ce qui rend l’impact global sur les enfants encore plus important, explique la psychothérapeute ukrainienne Marta Bilyk.

« Certains enfants doivent sortir leurs parents de voitures détruites ou même déterrer (leurs corps) sous les décombres de maisons effondrées », explique Marta Bilyk, qui travaille à la fondation Children of Heroes, à l’Independent de [Kyiv].

« Plus la mort d’un parent est grave et plus l’enfant est au courant, plus c’est difficile pour lui.

[…] Assumer les responsabilités de deux parents tout en faisant face à une perte douloureuse n’est pas facile, comme peut en témoigner Nataliia Motorna, une habitante de [Kyiv] : Illia, son mari depuis plus de 20 ans, a été tué lors d’une mission de combat à Sievierodonetsk, dans l’oblast de Donetsk, à la fin du mois de mai 2022.

Elle affirme que la vie qu’elle connaissait – pleine de rires, de joie, d’amour et d’aventures – s’est arrêtée le jour où elle a appris la mort de son mari. Au lieu de cela, elle et ses enfants, Varvara, 12 ans, et Matvii, 17 ans, ont souffert d’une douleur inimaginable.

« Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai commencé à hurler à pleins poumons », se souvient Mme Motorna. « J’ai cru que j’allais devenir complètement folle.

Mais au milieu de la douleur insupportable de la perte, Motorna a dû prendre les devants et remplacer son mari en tant que principal pourvoyeur de la famille.

J’ai dit aux enfants : « Vous devez savoir que je suis terrifiée, que cela me fait très mal, mais vous devez aussi savoir que je ne me ferai rien, parce que maintenant je suis seule (à m’occuper) de vous deux » », raconte Mme Motorna, en essayant de retenir ses larmes.

Pourtant, le fait de subir eux-mêmes la perte de leur père et de voir leur mère dans un état aussi vulnérable a immédiatement fait grandir Matvii et Varvara et les a rendus plus forts, selon leur mère.

[…] C’est par une autre veuve que Natalia a appris l’existence de la fondation Children of Heroes, qui s’occupe depuis mars 2022 des enfants ayant perdu leurs parents lors de l’invasion totale, en leur offrant un soutien psychologique, juridique et humanitaire.

La fondation compte actuellement près de 8 000 enfants dans son programme de soutien, la majorité d’entre eux, soit 88 %, étant des enfants de soldats ukrainiens tombés au combat.

C’est la fondation qui a fourni à Kuleba les lettres d’Arina à son père, lui a trouvé un psychologue et l’a envoyée dans un camp d’été en Espagne avec d’autres enfants ukrainiens ayant souffert de la perte d’un parent.

[…] Hanna Khomenko, responsable du département de la fondation chargé du travail avec les enfants, explique que l’organisation caritative fournit également à chaque famille un assistant personnel, un mentor, qui les contacte souvent pour vérifier leur état psychologique et s’informer de leurs besoins.

« Il s’agit de l’impact que nous avons sur notre avenir », explique M. Khomenko. « Nous avons réfléchi à la manière dont ces enfants allaient surmonter leur perte en l’absence d’une communauté qui les soutienne.

[…] L’objectif stratégique de la fondation est de soutenir les enfants jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de 18 ans, explique M. Khomenko.

« Nous essayons de découvrir ce que l’enfant veut. Notre but est de l’aider à construire un chemin pour atteindre son objectif. (Nous) essayons de tout faire pour que chaque enfant qui reçoit l’aide de notre fondation, dans 10 ou même 18 ans, soit incroyablement satisfait de sa vie. » […]

The Kyiv Independent, Comment des milliers d’enfants ukrainiens font face à la perte de leurs parents à cause de la guerre, traduction Deepl

Mercredi 27/3, 23h55

Lu aujourd’hui.

La Russie ne peut vaincre l’Ukraine ou l’Occident – et perdra probablement – si l’Occident mobilise ses ressources pour résister au Kremlin. La capacité existante et latente de l’Occident éclipse celle de la Russie. Le produit intérieur brut (PIB) combiné des pays de l’OTAN, des États de l’Union européenne non membres de l’OTAN et de nos alliés asiatiques s’élève à plus de 63 000 milliards de dollars. Le PIB russe est de l’ordre de 1 900 milliards de dollars. L’Iran et la Corée du Nord n’apportent qu’un soutien matériel limité. La Chine soutient la Russie, mais elle n’est pas mobilisée en son nom et il est peu probable qu’elle le fasse. Si nous intervenons de manière massive, la Russie est perdante.

L’idée que la guerre est ingagnable en raison de la domination de la Russie est une opération d’information russe, qui nous donne un aperçu de la véritable stratégie du Kremlin et de son seul véritable espoir de succès. Le Kremlin doit mettre les États-Unis sur la touche, ce qui permettra à la Russie de combattre l’Ukraine de manière isolée, puis de passer aux prochaines cibles de Moscou, que la Russie cherchera également à isoler. Le Kremlin a besoin que les États-Unis choisissent l’inaction et acceptent la fausse fatalité selon laquelle la Russie l’emportera en Ukraine. Le centre de gravité de Vladimir Poutine est sa capacité à façonner la volonté et les décisions de l’Occident, de l’Ukraine et de la Russie elle-même. La stratégie russe la plus importante n’est donc pas la stratégie de guerre de Moscou, mais plutôt la stratégie du Kremlin visant à nous faire voir le monde tel qu’il souhaite que nous le voyions et à prendre des décisions dans cette réalité alternative générée par le Kremlin qui permettra à la Russie de gagner dans le monde réel. […]

ISW, Refuser la seule stratégie de réussite de la Russie

Mercredi 27/3, 19h10

La farandole du nuc.

L’an dernier, en toute discrétion, Framatome, entreprise française championne du nucléaire, et le géant public russe de l’énergie atomique, Rosatom, ont fait naître une co-entreprise, en pleine guerre en Ukraine. De quoi créer la polémique, notamment en Allemagne où, d’après Le Point, Framatome assemblera sous licence russe le combustible destiné à alimenter les réacteurs de conception « soviétique » des pays de l’Europe orientale, mais surtout des États-Unis.

Dans son édition de ce mercredi 27 mars, Le Canard enchaîné a révélé une note de l’ambassade de France à Washington adressée au Quai d’Orsay, mi-février, dans laquelle l’instance indique avoir été soumise à un questionnaire du Sénat américain à propos des relations entre Paris et Rosatom. Celui-ci survient après une proposition de loi à la Chambre des représentants du parti républicain, visant à « affranchir les pays occidentaux de tout lien avec la Russie dans le nucléaire civil ». Les États-Unis dépendent eux-mêmes à 30% de l’uranium enrichi venu de Russie.

Katherine Earle, ancienne responsable de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, aurait « posé des questions sur une éventuelle dépendance de l’industrie nucléaire française à l’égard de l’industrie russe, en particulier sur le volet cycle du combustible ». Les interrogations qui subsistent outre-Atlantique quant à cet accord restent à propos du versement de royalties et les raisons pour lesquelles la guerre en Ukraine n’a pas freiné, voire annulé le projet. […]

Le Journal du Dimanche

Alors que le gouvernement porte un programme de six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR à horizon 2035, la question de son financement n’est toujours pas tranchée. Parmi les pistes « sur la table » : utiliser « les fonds du Livret A ». « Ce serait logique parce que c’est un élément important de la décarbonation de notre économie », a estimé le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), Éric Lombard, invité de l’émission Ecorama diffusée sur le site Boursorama ce mercredi 27 mars.

[…] Le gouvernement aussi réfléchit à cette option, étant donné qu’EDF ne peut pas seul assumer le financement de ces EPR. Reste que le temps presse : le casse-tête du financement n’aurait toujours pas été abordé en Conseil de politique nucléaire, selon nos informations. Or, comme l’a indiqué le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en juillet dernier, le « schéma de régulation et de financement devra être précisé d’ici à fin 2024, pour que l’entreprise [EDF, ndlr] puisse prendre formellement sa décision d’investissement ».

Le montant de ce programme s’avère par ailleurs colossal. Il est évalué à 51,7 milliards d’euros hors coût de financement, mais pourrait grimper à 67,4 milliards d’euros, selon des nouvelles estimations d’EDF révélées par Les Echos. D’après des scénarios évalués par l’ONG anti-nucléaire Greenpeace, publiés la semaine dernière, la facture pourrait même dépasser les 100 milliards d’euros en incluant les frais financiers. […]

La Tribune

EDF prévoit que l’EPR de Flamanville (Manche) injectera pour la première fois de l’électricité dans le réseau national « à l’été 2024 » […] selon un communiqué diffusé mercredi 27 mars.

[…] Si le démarrage se confirme […] il interviendra donc avec douze années de retard sur le calendrier prévu, pour une facture totale désormais estimée à 13,2 milliards d’euros, selon EDF, soit quatre fois le budget initial de 3,3 milliards. […]

Le Monde [edit]

Mercredi 27/3, 19h05

Vu aujourd’hui : pas « lequel », mais plutôt « dans quel ordre ».


Mercredi 27/3, 19h00

Les inquiétudes nous chassent ces derniers jours, je parle des alertes et des sentiments aussi.
Roman a eu un rendez-vous avec médecin à Kyiv, il est envoyé pour la rééducation chez lui, pour 30 jours. Ça veut dire que l’État n’a pas proposé son aide, il se débrouillera lui-même.
Pacha, je ne sais pas comment il va vraiment. Il creuse et emménage des blindages. Fatigué. Il veut s’acheter une montre avec une boussole électronique, au cas où il ait besoin de trouver le bon côté (Roman a eu de la chance de choisir la bonne direction).
Il n’y aura pas de travaux dans l’appart à Irpin, pas maintenant – trop de missiles et de bombes.
Irina n’est pas sûre de pouvoir venir en France – question de travail. On se verra demain soir pour tester un nouveau resto – incroyable !
Je me sens mieux physiquement, j’ai ajusté le régime et les médocs.

Olga, Viber (texte)

Ah, encore une chose. Le lien que tu as laissé sur le blog sur le stage du Théâtre du Soleil ne marche pas en Ukraine. Quelle ironie. Et je connais Oksana Leuta que tu cites, on faisait des études ensemble à l’université.


Mardi 26/3, 22h55

Vu aujourd’hui.


Mardi 26/3, 7h55

Lu aujourd’hui.

[…] Les drones russes constituent également une menace majeure pour les forces ukrainiennes

Nous nous efforçons de fournir aux unités d’artillerie des obusiers-leurres qui sont produits ici, en Ukraine. Ils sont fabriqués en bois, ne coûtent que 800 dollars l’unité et les Russes doivent être très précis pour les détruire. Le drone Lancet n’est pas une arme très précise, il frappe généralement à un ou trois mètres autour de l’obusier leurre. Dans ce cas, les soldats recouvrent les trous avec de la peinture et déplacent l’obusier en bois vers une autre position. Si l’on considère qu’un drone Lancet coûte environ 40 000 dollars, l’opération est très rentable. Jusqu’à présent, un seul de ces obusiers-leurres a attiré 12 drones Lancet !

Mais ces drones Lancet sont une véritable plaie pour notre artillerie. Pour les obusiers tractés, nous avons construit des espèces de cages autour des pièces d’artillerie et les soldats disposent d’un équipement radio spécial qui peut détecter les drones ennemis. Lorsqu’un drone se trouve à environ cinq kilomètres, il commence à émettre un signal sonore très fort, comme une sirène, et les artilleurs peuvent se tenir à l’écart des obusiers — ils n’ont pas le temps de déplacer la pièce d’artillerie, car le drone n’est généralement qu’à une minute ou deux. Le Lancet visera l’obusier, mais il est couvert par cette cage, et les munitions du drone ne sont pas assez puissantes pour faire exploser la cage. Après l’attaque, les troupes devront généralement faire quelques réparations, réparer le système hydraulique du canon ou les pneus par exemple, mais le canon lui-même est généralement en bon état. C’est la raison pour laquelle notre association fournit ces ateliers mobiles : ils permettent aux unités d’effectuer ces réparations directement sur place. Sans cela, il leur faut une ou deux semaines pour récupérer ces tubes hydrauliques qui viennent de loin. Lorsqu’elles disposent de cette station de réparation mobile, elles peuvent effectuer ces réparations un jour ou deux après l’attaque.

[…] « Reactive Post » est l’une des nombreuses organisations de la société civile ukrainienne qui soutiennent l’armée ukrainienne, et vous le faites depuis près de dix ans déjà. Comment cela a-t-il commencé ?

Pour moi, cela a commencé en 2013, pendant la Révolution de Maïdan. J’étais informaticien et je travaillais pour une organisation financière — c’est toujours le cas, d’ailleurs. Quand j’ai vu ce qui se passait pendant le mouvement Euromaïdan, je ne pouvais pas rester sans rien faire, alors j’ai commencé à demander aux gars qui se battaient là-bas ce dont ils avaient besoin. Ils avaient besoin de masques à gaz, de matériel pour construire des barricades, et je leur en ai fourni — je suis allé dans un magasin, j’ai dit que j’avais besoin de peindre ma maison et j’ai acheté plusieurs douzaines de masques à gaz. Plus tard, j’ai aidé les médecins, car la police avait commencé à utiliser des armes à feu, et ces médecins soignaient les blessés. Des combats acharnés se déroulaient à proximité du stade Lobanovskyi, à 200 mètres du Parlement. Non loin de là, dans le hall de l’Institut de littérature, nous avons installé un poste médical pour transporter et soigner les blessés.

[…] Je ne connaissais rien à l’artillerie, c’était une boîte noire pour moi. Mais j’avais beaucoup d’amis qui servaient dans ces unités, alors j’ai pris mon téléphone et je leur ai demandé : de quoi avez-vous besoin ?

[…] La première fois que j’ai pu faire quelque chose, c’était autour du 27 février [2022]. J’ai acheté à des soldats quelques tentes et du matériel de camping dont ils avaient besoin. Puis les Russes sont arrivés dans la région de [Kyiv] et Oleh Schevchuk, le commandant de la 43e brigade d’artillerie, m’a appelé. Il m’a dit : « Pacha, nous avons besoin de générateurs le plus rapidement possible, car nous n’avons pas de courant sur les positions de tir. Essence, diesel, peu importe, tout ce que vous pouvez trouver ». J’ai donc commencé à appeler des fournisseurs à [Kyiv], mais il y avait un couvre-feu de 24 heures, tout était fermé, personne ne pouvait circuler dans les rues.

Finalement, j’ai trouvé un endroit qui avait quatre générateurs et dont le propriétaire vivait dans la même maison que son magasin. Il m’a dit que je pouvais ouvrir le magasin sans problème, mais que quelqu’un devait venir chercher les générateurs et qu’il voulait être payé en liquide et en dollars. J’ai donc commencé à passer des appels à [Kyiv], je cherchais quelqu’un qui avait du liquide et des dollars. J’ai trouvé quelqu’un, un avocat, qui m’a immédiatement dit : « Pas de problème, j’ai des dollars, je peux les donner à l’armée ». J’ai donc rappelé Oleh Schevchuk et lui ai expliqué qu’il devait envoyer l’un de ses hommes qui pourrait voyager pendant le couvre-feu. Le chef d’état-major de la 43e brigade est alors parti, s’est rendu chez l’avocat pour récupérer l’argent, s’est rendu au magasin pour récupérer les générateurs, puis à un troisième endroit où j’avais trouvé un autre générateur.

Le plus drôle, c’est que lorsqu’il est arrivé au magasin, il a refusé d’acheter les générateurs à ce prix, a dit qu’ils étaient usagés, et a négocié le prix à 400 dollars contre 500 dollars initialement — imaginez ces deux types dans la rue, au milieu de l’invasion, en train de négocier le prix ! Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il m’a ensuite appelé pour me dire qu’il lui restait 100 dollars, et je lui ai bien sûr dit de garder l’argent pour l’armée. Un an plus tard, il m’a rappelé pour me dire qu’il avait encore ces 100 dollars ! Il s’était battu pendant un an, d’abord dans la région de [Kyiv], puis dans le Donbass, et il avait gardé ces 100 dollars pendant tout ce temps. Finalement, il les a ramenés et les a envoyés à Reactive Post en guise de don.

[…] Aujourd’hui, deux ans après le début de l’invasion russe, comment voyez-vous le rôle de Reactive Post et des autres organisations de la société civile qui soutiennent l’armée ukrainienne ?

Pour notre organisation, c’est particulier : nous ne travaillons qu’avec des unités d’artillerie — les autres organisations essaient généralement de soutenir l’ensemble de l’armée, elles aident les tireurs d’élite, l’infanterie, l’armée de l’air, tout le monde. Dans notre cas, 80 % de notre travail est en fait destiné à l’artillerie.

D’une manière plus générale, le principal problème de notre armée est son manque de flexibilité. Je vais vous donner un exemple : disons que vous êtes officier dans une unité et que vous avez un camion en panne. Vous devez adresser une demande au ministère de la Défense pour que votre camion soit réparé ou remplacé, et le traitement de cette demande peut prendre jusqu’à deux mois. Les gars savent qu’ils ne peuvent pas attendre deux mois, alors ils achètent des pièces de rechange — de leur propre poche. C’est une situation très typique en Ukraine. Les soldats ont besoin de se battre, alors ils achètent eux-mêmes une jeep, puis les pièces détachées pour la jeep, le camion et tout le reste.

Les organisations caritatives ukrainiennes dépensent d’énormes sommes d’argent pour soutenir l’armée — il existe des statistiques publiées par la Banque nationale et les plus grandes banques ukrainiennes :  les principales organisations ont collecté environ 20 milliards de hryvnias — quelque chose comme 500 millions de dollars. Personne ne connaît les chiffres collectés par les organisations plus petites, mais dans l’ensemble, il s’agit d’une somme considérable.

Si on le rapporte au budget du ministère ukrainien de la Défense — 35 milliards de dollars environ — l’argent collecté par les organisations caritatives ne paraît pas si important. Mais le principal avantage des ONG est leur rapidité. Elles peuvent prendre des décisions rapides, acheter du matériel qui ne figure pas dans les registres du ministère de la Défense et le transporter sur la ligne de front en très peu de temps. La rapidité et la flexibilité sont les principaux avantages de nos organisations. Si un officier d’artillerie veut obtenir, disons, une station météorologique, il ne peut pas simplement se rendre dans un magasin et l’acheter, il est censé passer par un processus d’acquisition spécial. Ou alors il peut m’appeler et me dire qu’il a besoin d’une station météorologique. Je lui réponds : « D’accord, j’ai ce modèle, est-ce qu’il vous convient ? » Il regardera le manuel d’utilisation et dira oui, c’est bon. Et nous l’envoyons, sans achat, sans délai. […]

Le Grand Continent, « En Ukraine, sur le front, des volontaires de la société civile mènent aussi la guerre de l’artillerie », une conversation avec Pavlo Narozhny [cofondateur de l’ONG « Reactive Post »]

Lundi 25/3, 7h35

Lu aujourd’hui : comment dire…

L’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, a plus stressé les Européens que la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011 et le confinement lié au Covid de 2020, révèle une équipe de psychologues de l’université de Munster (Nature communications, février 2024). Ils se sont basés sur une enquête réalisée entre fin 2021 et l’été 2022 auprès de 1.300 personnes dans 17 pays européens.

L’analyse des questionnaires montre une baisse significative du sentiment de bien-être le jour de l’invasion russe […]

Les Echos

Dimanche 24/3, 23h55

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Marian Kamensky, Terror attack in Moscow

Dimanche 24/3, 23h50

L’attentat à Moscou n’aura pas de conséquence pour l’Ukraine. N’aura pas de bonnes conséquences pour l’Ukraine.

[…] Pacha est revenu à l’abri ce matin. Son ami Roman est parti à Kyiv voir ce qu’il est possible de faire pour ses blessures. Il aura une visite médicale militaire pour donner une permission médicale. Pacha ne l’a pas vu, mais on peut dire qu’il ne va pas très bien… et qu’il ne va pas très mal.

[…] Attend… Il y a une alerte missile… [Fidèle aboie, silence] Non, ça va. C’est l’alerte pour la zone, mais je regarde quelques comptes [sur les réseaux sociaux] plus précis, un en particulier qui dit si c’est un missile, un avion, un drone. S’il ne dit rien, c’est rien.

J’ai discuté avec mon frère Kola [le mari d’Iryna]. Il réfléchit à quitter la ville. « C’est trop près du front. Les Russes ont vu qu’ils ne sont pas les bienvenus, si ce n’est pas dans six mois, ils reviendront dans trois ans ou dans cinq ans et ils tueront tout le monde. » Il réfléchit comme ça.

[…] Nous avons encore touché deux bateaux à Sebastopol, ça me fait plaisir. Mais non, disent les Russes, c’est un peu d’herbe brûlée, nous avons arrêté les missiles ! avec nos bateaux ! […]

Olga, Viber (vocal)

L’agence de presse Amaq de l’État islamique (EI) a publié des images le 23 mars prétendument filmées du point de vue des attaquants impliqués dans l’attaque de l’hôtel de ville de Crocus du 22 mars. Les images soutiennent en outre l’évaluation de l’ISW selon laquelle l’EI est très probablement responsable de l’attaque de l’hôtel de ville de Crocus, malgré les efforts continus des porte-parole du Kremlin pour lier l’Ukraine sans fondement à l’attaque. […]

[…] Le chef de la République tchétchène, Ramzan Kadyrov, s’est dit préoccupé par les réactions ultranationalistes russes à l’attaque de l’hôtel de ville de Crocus. […] Kadyrov a affirmé que la Russie a toujours été un pays multiethnique et multiconfessionnel, mais que les « faux patriotes » essaient de jouer sur les émotions des gens et « d’appeler à des méthodes fascistes » […] pour exprimer leur animosité envers les minorités russes non ethniques et les migrants en Russie. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 24 mars, traduction automatique [edit]

Les forces ukrainiennes ont frappé un centre de communication de la flotte de la mer Noire (BSF) à Sébastopol occupée, en Crimée, et auraient frappé un dépôt de pétrole et aurait au moins partiellement endommagé deux navires de débarquement de la BSF dans la nuit du 23 mars.
L’état-major général ukrainien a rapporté le 24 mars que les forces ukrainiennes ont réussi à frapper les navires de débarquement de la classe Yamal et Azov Ropucha de la BSF, un centre de communication BSF et plusieurs installations d’infrastructure BSF non spécifiées à Sébastopol.
Un milblogger affilié au Kremlin a affirmé que les forces ukrainiennes avaient lancé plus de 40 missiles Storm Shadow et Neptune, des missiles leurres ADM-160 et des drones pendant la frappe. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 24 mars, traduction automatique [edit]

Samedi 23/3, 21h15

Entendu aujourd’hui.

Après un an sur le front, mon corps est courbé, sans amplitude. Mon imagination est fermée. Sur le front, il vaut mieux ne pas imaginer.

France Culture, Tous en Scène, Oksana Leuta, comédienne ukrainienne, évoquant sa participation à un stage organisé par le Théâtre du Soleil d’Arianne Mnouchkine à Kyiv en mars 2023 [transcription approximative]

Samedi 23/3, 10h50

Vu aujourd’hui : on en veut !

Les dirigeants et représentants de 32 pays présents au Sommet sur l’énergie nucléaire ont soutenu des mesures dans des domaines tels que le financement, l’innovation technologique, la coopération réglementaire et la formation de la main-d’œuvre pour permettre l’expansion de la capacité nucléaire afin de lutter contre le changement climatique et de renforcer la sécurité énergétique.

Le sommet des pays soutenant le nucléaire a été organisé conjointement par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et la Belgique, où il s’est tenu. Dans son discours d’ouverture, le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, a souligné qu’il a fallu 70 ans depuis le discours du président américain Eisenhower sur l’atome pour la paix aux Nations Unies pour que le premier sommet sur l’énergie nucléaire au niveau des dirigeants nationaux se tienne.

Il a déclaré qu’avec le besoin d’énergie propre, « il s’agit d’un effort mondial, le monde a besoin que nous nous ressaisions » et que nous veillions à ce que les institutions financières internationales puissent financer le nucléaire et augmenter la capacité énergétique nucléaire « de manière sûre, sécurisée et non polluante ». voie de prolifération ». Il a déclaré que « la COP28 a été claire : être pro-environnement, c’est être pro-nucléaire » et le sommet « montre que le tabou nucléaire est terminé, ouvrant un nouveau chapitre pour l’engagement nucléaire ».

[…] « Nous, dirigeants des pays exploitant des centrales nucléaires, ou développant, lançant ou explorant l’option de l’énergie nucléaire… réaffirmons notre ferme engagement envers l’énergie nucléaire en tant qu’élément clé de notre stratégie mondiale visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des deux centrales électriques. et industriels, garantir la sécurité énergétique, renforcer la résilience énergétique et promouvoir le développement durable à long terme et la transition énergétique propre.

[…] La déclaration ajoute : « Nous nous engageons à œuvrer pour libérer pleinement le potentiel de l’énergie nucléaire en prenant des mesures telles que des conditions favorables pour soutenir et financer de manière compétitive la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires existants, la construction de nouvelles centrales nucléaires et le déploiement rapide de centrales nucléaires avancées, y compris les petits réacteurs modulaires, dans le monde entier tout en maintenant les plus hauts niveaux de sûreté et de sécurité, conformément aux réglementations et circonstances nationales respectives. Dans cette démarche vers plus d’énergie propre et d’innovation, nous nous engageons à soutenir tous les pays, en particulier les pays nucléaires émergents, dans leurs capacités et leurs efforts pour ajouter l’énergie nucléaire à leurs bouquets énergétiques conformément à leurs différents besoins, priorités, voies et approches nationales et créer un environnement plus ouvert, juste, équilibré et inclusif pour leur développement de l’énergie nucléaire, y compris ses applications non électriques , et de continuer à mettre en œuvre efficacement des garanties, conformément à la législation nationale des États membres et à leurs obligations internationales respectives.

[…] [Pays signataires] Argentine, Arménie, Bangladesh, Belgique, Bulgarie, Canada, Chine, Croatie, République tchèque, Égypte, Finlande, France, Hongrie, Inde, Italie, Japon, Kazakhstan, Pays-Bas, Pakistan, Philippines, Pologne, Roumanie, Arabie saoudite, Serbie , Slovaquie, Slovénie, Corée du Sud, Suède, Turquie, Émirats arabes unis, Royaume-Uni et États-Unis. […]

World Nuclear News, Les dirigeants s’engagent à « libérer le potentiel » de l’énergie nucléaire lors d’un sommet historique, traduction automatique

Vendredi 22/3, 17h50

Lu aujourd’hui.

Ce petit jouet Godzilla, offert à l'auteur lorsqu'il était enfant, l'a accompagné lors de conférences et d'événements antinucléaires à travers le monde. Crédit : Adam Foskey/TaskForce

[…] Je suis né à San Salvador, au Salvador, de parents survivants d’une guerre civile de 12 ans financée en grande partie par les deux plus grandes puissances nucléaires des années 1980, l’Union soviétique et les États-Unis, mon pays d’adoption.
Lorsque ma mère et moi sommes arrivés à Los Angeles en 2003, je portais un petit sac à dos rouge rempli de jouets de dinosaures que mes voisins salvadoriens m’avaient offerts, parmi lesquels se trouvait un petit monstre vert aux épines argentées. Après des visites à la bibliothèque locale près de ma nouvelle maison dans le sud de Los Angeles et des conversations avec de nouveaux amis à l’école, j’ai réalisé que le petit monstre dans mon sac à dos n’était autre que Godzilla.

[…] Je me souviens très bien d’être tombé sur un homme lisant à haute voix à ses filles à la bibliothèque Riordan, dans le centre-ville de Los Angeles, l’origine de Godzilla en tant que réponse antinucléaire aux attaques de 1945 sur Hiroshima et Nagasaki, au Japon. Cet incident à la bibliothèque m’a rempli de curiosité pour les armes nucléaires.

[…] Godzilla m’a catapulté dans un monde plus étrange que la fiction, et il m’a donné confiance et persévérance pour continuer à travailler sur la question urgente du désarmement nucléaire.

[…] Le 10 novembre 2023, j’ai eu l’occasion d’assister à la première sur tapis rouge de Godzilla Minus One à West Hollywood. […] Yamazaki a voulu faire du 37e volet de la franchise Godzilla une épopée qui plonge dans les horreurs de la guerre. Sorti au Japon à l’occasion du 70e anniversaire du film original, Godzilla Minus One suit un ancien pilote kamikaze souffrant de la culpabilité du survivant. Alors que la plupart des médias anglophones se sont concentrés sur le balayage massif d’Oppenheimer aux Oscars […],[Godzilla a obtenu au Japon] des cotes d’écoute encore plus élevées qu’Oppenheimer, a été salué par la critique (y compris un Oscar pour les meilleurs effets visuels) et a fait grimper les recettes du box-office dans le monde entier d’une manière qui ne peut être décrite que comme un déchaînement de la taille d’un kaiju.

[…] Godzilla Minus One valorise les efforts coopératifs de l’humanité contre les menaces existentielles. Et parce que le film se déroule dans le Japon d’après-guerre, il critique également les guerres insensées dans lesquelles les victimes ne sont pas les personnes chargées de déclarer la guerre, mais plutôt les citoyens ordinaires qui sont littéralement pris entre deux feux – comme mes parents à El Salvador.
Certaines scènes du film sont une merveille cinématographique mais rappellent également des images d’Hiroshima et de Nagasaki comme celles que j’ai vues lors de ma visite au musée de la bombe atomique de Nagasaki en 2017. Là, je me suis retrouvé nez à nez avec des planches de bois contenant les restes d’humains vaporisés, des restes humains incrustés dans du verre fondu et les hibakusha qui ont survécu à la bombe atomique.

[…] En m’éloignant de la première hollywoodienne de Godzilla Minus One en novembre, j’avais l’impression d’avoir atteint le sommet de mon statut de fan de Godzilla. Mais dans le domaine de la politique nucléaire, la course aux armements s’accélère, les traités sont remis en question, voire abandonnés, et le bassin d’opportunités professionnelles est en train de se tarir. Il est difficile de rester attaché à une vision sans armes nucléaires, mais il existe une lueur d’espoir.

Alors que le cinéma japonais revigore la métaphore de Godzilla, les Nations Unies revitalisent leurs efforts pour rapprocher les États membres d’ un monde sans armes nucléaires. Je suis heureux d’avoir rejoint ce travail et je remercie Godzilla d’avoir enflammé la passion qui m’a conduit sur cette voie.

Bulletin of the Atomic Scientists, Je suis un militant antinucléaire immigré. Voici pourquoi j’aime Godzilla, par Christopher Allan Cross Colorado, traduction automatique

Vendredi 22/3, 11h00

Lu aujourd’hui : Ah, dis donc, ces connards de Russes sont en guerre…

La Russie est « en état de guerre » contre l’Ukraine, a reconnu le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dans une interview parue vendredi, après avoir insisté pour présenter l’assaut contre son voisin, lancé il y a deux ans, comme une « opération spéciale » et rejeté l’emploi du mot « guerre ». […]

[Mais c’est pas de leur faute]

« Nous nous trouvons en état de guerre. Oui, cela a commencé comme une opération militaire spéciale, mais dès que toute cette bande s’est formée, quand l’Occident collectif a participé à tout cela aux côtés de l’Ukraine, pour nous, c’est devenu une guerre. J’en suis convaincu et chacun doit le comprendre », a fait savoir M. Peskov dans un entretien au média Argoumenty i Fakty. […]

Le Monde, Live

Maya : Pourquoi tu mets tous les Russes dans le même connard ?
Moi : Tu as raison — Ah, dis donc, ces connards de Russes à 87% sont en guerre


Vendredi 22/3, 10h05

Les avoirs russes glissent.

Les pays de l’Union européenne se sont entendus, jeudi soir à Bruxelles, sur l’utilisation des produits issus des avoirs russes immobilisés sur le Vieux Continent , soit environ 200 milliards d’euros, pour aider l’Ukraine. Les Vingt-Sept attendent des revenus de quelque 3 milliards cette année et « des montants similaires au cours des années suivantes », a précisé la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet .

Le « premier milliard » pourrait être versé à [Kyiv] « dès le 1er juillet », a-t-elle déclaré. Ces fonds pourront servir «à 90% pour l’achat de munitions», c’est «l’urgence» pour l’Ukraine aujourd’hui, a précisé vendredi matin Alexander De Croo, le Premier ministre belge.

Les Européens ont pris cette décision en dépit des menaces de Moscou, qui a promis cette semaine d’intenter des poursuites judiciaires « sur des décennies » en cas d’utilisation des avoirs gelés de la Russie. « Les Européens doivent être bien conscients des dégâts que de telles décisions pourront causer à leur économie, leur image, leur réputation de garants fiables de l’inviolabilité de la propriété », a averti le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

[…] Les juristes de l’UE estiment avoir une base juridique très solide, qui offre des garanties à Euroclear, la chambre de compensation où sont logés la plus grande partie de ces actifs. […]

Les Echos, Union européenne : les avoirs russes gelés financeront des armes pour l’Ukraine

Vendredi 22/3, 9h50

Zapo.

L’une des deux lignes électriques qui alimentent la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia a été coupée par un bombardement, a annoncé vendredi le ministre de l’énergie ukrainien, German Galushchenko. « L’ennemi mène actuellement la plus grande attaque contre l’industrie énergétique ukrainienne de ces derniers temps », a déclaré M. Galushchenko sur Facebook. « En raison de bombardements, une des lignes de transmission d’énergie alimentant la centrale nucléaire de Zaporijia a été coupée », a-t-il ajouté.

L’opérateur ukrainien Energoatom a confirmé que la centrale n’était plus reliée au réseau électrique du pays que par une seule ligne, récemment réparée par des techniciens ukrainiens après avoir été hors service pendant longtemps en raison d’un précédent bombardement […]

Le Monde, Live

Vendredi 22/3, 9h40

C’était chaud, cette nuit. Plus de 90 missiles, plus de 60 drones. Le grand barrage à Zapo a subi deux coups directs des putain de russes. Deux centrales électriques à Zapo sont endommagées. Kryvyi Rih est partiellement sans électricité et sans eau. J’ai revu et réorganisé ma « valise d’inquiétude » : documents, argent, powerbanks, disque dur. Je suis en colère. Pacha va bien. Fidèle s’inquiète. Je déteste le voisin dont la voiture fait le bruit de drones, j’ai envie de briser les vitres et de couper les pneus de cette merde métallique. Il faut peut-être que j’augmente la dose des médocs.

Olga, Viber (texte)

[…] L’entreprise [Ukrhydroenergo] a signalé un incendie dans la station [du barrage] mais a déclaré qu’il n’y avait aucune menace de brèche, ajoutant que la situation était sous contrôle. […]

The Kyiv Independent, Le barrage du Dnipro à Zaporizhzhia touché au milieu d’une attaque massive russe contre les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, traduction automatique

La défense aérienne ukrainienne a abattu 37 missiles et 55 drones de type Shahed dans la nuit du 22 mars lors d’une attaque massive russe, a rapporté l’armée de l’air ukrainienne. […] La défense aérienne de l’Ukraine se trouve dans une situation de plus en plus difficile, car les approvisionnements en munitions en provenance des États-Unis, un important donateur militaire, restent bloqués en raison de conflits politiques au Congrès. […]

The Kyiv Independent, Armée de l’Air : l’Ukraine abat 92 des 151 cibles aériennes russes dans la nuit du 22 mars, traduction automatique
Dnipro entre Zaporijia (ville) et le site nuc de Zaporijia, Google Earth, capture d’écran

Jeudi 21/3, 23h20

La farandole du nuc.

Malgré la guerre en Ukraine, la France continue d’acheter d’énormes quantités d’uranium à l’entreprise d’État Rosatom. Peut-on prétendre soutenir Kyiv tout en versant plusieurs centaines de millions d’euros par an à son ennemi ? Des députés appellent à en finir. […]

Mediapart, Nucléaire : cet uranium russe que la France continue d’importer

S’allier avec l’ennemi… Pour mieux s’en libérer ? Alors que Vladimir Poutine et Emmanuel Macron font escalade de propos belliqueux sur fond de guerre en Ukraine, l’accord conclu entre leurs champions nucléaires respectifs, le français Framatome et le russe Rosatom, nourrit la polémique en Allemagne, où se trouve l’usine dans laquelle Framatome assemblera demain, sous licence russe, le combustible destiné à alimenter les réacteurs de conception soviétique des pays de l’Europe de l’Est. […]

Le Point, Nucléaire : une alliance entre Framatome et le russe Rosatom fait des étincelles

Poussé par les décisions gouvernementales, le secteur nucléaire veut recruter quelque 3000 cadres par an jusqu’en 2033. En priorité des ingénieurs en maintenance et sûreté pour les installations existantes et des chefs de projets pour les futurs réacteurs. La tension est si forte que la filière aide les reconversations, recrute des séniors et même des retraités ! Pourquoi les candidats manquent à l’appel ? […]

Cadremploi, Le nucléaire recrute 30 000 cadres jusqu’en 2033 mais manque toujours de candidats

Jeudi 21/3, 23h05

Lu aujourd’hui.

[…] le coût des drones , même en tenant compte du fait qu’une petite partie de l’essaim attaquant atteint la cible, est des dizaines, voire des centaines de fois inférieur au coût de l’élimination des dégâts causés, ce qui est important dans une guerre. d’attrition. Si le flux de drones continue à être puissant, si les défenses aériennes russes n’augmentent pas leur efficacité et si aucun autre moyen de défense n’est trouvé, l’Ukraine sera en mesure de réduire la production des raffineries russes plus rapidement que les compagnies pétrolières ne pourront les restaurer. […]

iStories, Qu’est-ce que l’Ukraine a réalisé avec les attaques contre les raffineries russes ?, traduction automatique

Mercredi 20/3, 15h20

On n’est pas en danger. Pacha travaille, les siens ont bien travaillé, tellement bien que les chefs sont contents et le disent à haute voix. Pas à tout le monde, mais à haute voix. Boudmo !

Olga, Viber (texte)

Mercredi 20/3, 13h35

Pouf, pouf, comme disait Desproges (1939-1988), qui « ne sachant trop que faire pour gagner sa vie [après son service militaire en Algérie], écrit des romans-photos […], vend des assurances-vie (qu’il rebaptise « assurances-mort ») puis des poutres en polystyrène expansé. […] » (Wikipedia)

Cartoon Movement, Enrico Bertuccioli, Plebiscite for Putin

Mercredi 20/3, 13h00

La farandole du nuc.

Selon le rapport d’un ingénieur [Antoine Bonduelle, E&E Consultant], expert auprès du Giec, que s’est procuré «Libération», les SMR, ces petits réacteurs nucléaires modulaires présentés comme plein d’avenir par la filière et vantés par le chef de l’Etat, ne résisteraient pas à l’analyse en termes de coûts, de risques et de technologies. […]

Libération

C’est une première en France. Une centrale du parc nucléaire civil va être utilisée à des fins militaires, en plus de produire de l’électricité. Le ministère des Armées et EDF l’ont annoncé dans la soirée du lundi 18 mars. Les deux réacteurs de la centrale de Civaux, dans la Vienne, vont servir à la production de tritium. Il s’agit d’un gaz rare, indispensable dans les armes de dissuasion nucléaire [c’est un composant essentiel de la réaction thermonucléaire dans les bombes H].
[…] Jusqu’en 2009, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) fabriquait ce gaz à usage militaire. Mais ces deux réacteurs spécifiques de Marcoule, dans le Gard, ont été arrêtés cette année-là. Depuis, la dissuasion française repose sur des stocks. Or, le tritium est un gaz difficile à produire, et à stocker. Il se désintègre, au fil des années alors il faut en refaire, régulièrement, pour maintenir les armes nucléaires. […]

France TV Info

Contrairement aux estimations officielles qui présumaient un montant initial de 51,7 milliards d’euros pour la construction de six nouveaux réacteurs EPR2, Greenpeace avance des chiffres bien plus élevés. Selon cette étude, la facture totale, incluant les frais financiers et les effets de l’inflation, pourrait osciller entre 90 et 124 milliards d’euros, soit près du double des prévisions initiales. […]

Science&Vie

Le Premier ministre irakien Mohammed Shia’ Al Soudani et de hauts dirigeants du gouvernement ont rencontré [le directeur de l’AIEA] Grossi à Bagdad pour discuter des projets du pays et du soutien de l’agence à « une utilisation pacifique, sûre et sécurisée de la technologie nucléaire en Irak ».
Grossi a déclaré : « L’AIEA s’est engagée à soutenir les fondations de ce qui devrait être un programme entièrement pacifique ici en Irak. Nous vivons dans un monde où il y a un intérêt croissant et intense pour la technologie nucléaire… Cette fois, nous allons y parvenir. , dans le strict respect des normes de non-prolifération et des conventions internationales, qui sont indispensables. »

[…] L’Irak a initialement adhéré au Traité de non-prolifération nucléaire en 1969, mais, sous la direction de Saddam Hussein, il a été constaté en 1990, au moment de la première guerre du Golfe, qu’il le violait clairement. En réponse, le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé à l’AIEA de retirer, détruire ou rendre inoffensives les capacités nucléaires de l’Irak, ce qu’elle a fait en 1998. Mais diverses installations nucléaires du pays ont été détruites par des actions militaires entre 1981 et 2003 et les installations ont également été endommagées ou détruites. pillé.
Au cours de son voyage, Grossi a visité le site d’Al Tuwaitha, qui était autrefois au centre du programme nucléaire irakien et qui est désormais proposé pour devenir le site d’un nouveau dépôt de déchets radioactifs de faible activité, conçu avec l’aide de l’AIEA dans le cadre de l’instrument de sûreté nucléaire de l’Union européenne. […]

World Nuclear News, traduction automatique

[…] le gouvernement [français] a finalement obtenu mardi après-midi l’approbation des députés pour créer l’ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection). Il s’agit de fusionner l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du secteur, et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’expert technique, d’ici au 1er janvier 2025. Le vote a été décroché avec la plus faible des marges possibles, puisque 260 députés se sont prononcés en faveur et 259 s’y sont opposés. […] Le vote pour la création du futur gendarme du nucléaire a été obtenu grâce au changement de position du RN qui s’était d’abord opposé au mariage des deux organismes, début mars, lors des débats de la Commission de développement durable. […]

Le Figaro

Mardi 19/3, 20h15

Vu aujourd’hui.

Le Grand Continent
Qui est pour Poutine ? Cartographier les réactions mondiales au vote en Russie
[Carte mise à jour à 18h00 Paris]

Mardi 19/3, 9h00

Ça va. Il n’y a pas de bonnes nouvelles, mais pas de catastrophes non plus. Il y a eu des attaques, des blessés et des tués, on peut dire que je l’ai vécu avec tristesse, mais sans l’hystérie.

Pacha va bien. Il a interrompu notre échange de trois minutes d’hier, il devait aller travailler. Travailler veut dire tirer. Ils ont leur langage. Il dit « On va jouer de la trompette ». – Ah, vous avez des musiciens ? – Tu n’as pas compris ? – Non.
Il m’a expliqué (c’était le mortier).

Son ami Roman est revenu chez eux. Il lui reste des éclats dans l’épaule et la jambe, ça le fait soufrir : l’hôpital n’avait pas assez de lit pour s’en occuper. Le médecin a découpé son uniforme et Roman a dû justifier de la perte de ses vêtements militaires pour avoir un autre, mais ça prendra six mois s’il laisse faire les services. Il l’a racheté lui-même, et pareil pour les vêtements thermiques… Il ne veut pas de la cotisation des collègues, parce qu’il est comme ça…

– Oh, un chat me drague… [elle téléphone de la rue] Il est trop beau !

Olga, téléphone [Viber ne marche pas]

Mardi 19/3, 7h20

Zapo.

[…] derrière les déclarations de Moscou et de [Kyiv], qui s’accusent de mettre en danger le site nucléaire, ou celles, policées, de Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), appelant à la retenue, se joue, en coulisse, une délicate partie diplomatique. Alors qu’elles se font la guerre, les deux parties ennemies, contraintes et forcées, se parlent au sujet du nucléaire par des canaux directs et indirects. C’est un cas de force majeure, qui a supplanté la loi des armes et les intérêts de chacun. Il en va de la sécurité des populations respectives et de l’Europe entière.

Si des équipes techniques ukrainiennes ont pu réparer, le 14 mars, la seule ligne électrique d’alimentation externe de secours de 330 kilovolts (kV), déconnectée après des bombardements, c’est grâce à ces échanges. La question a été évoquée lors de la rencontre, le 6 mars, à Sotchi, entre M. Grossi et Vladimir Poutine. « Poutine a donné son accord à Grossi, confirme, au Monde, Herman Halushchenko, le ministre de l’énergie ukrainien. Puis nos militaires ont reçu les informations des Russes nous permettant de donner le feu vert à nos équipes pour intervenir en toute sécurité sur la ligne endommagée. »

Le raccordement électrique de la centrale au territoire ukrainien est vital pour la sûreté du site. Après être arrivés, en mars 2022, les Russes ont tenté, en vain, de le brancher au réseau électrique de Crimée. Ils dépendent donc toujours de l’Ukraine pour son bon fonctionnement. […] Une seule journée sans électricité peut conduire à la fusion du cœur du réacteur. Pour cette seule raison, Ukrainiens et Russes sont condamnés à se coordonner.

[…] Ce dialogue entre Moscou et [Kyiv] n’aurait pas vu le jour aussi vite sans l’AIEA, qui s’est imposée comme l’interlocuteur unique. Selon une source diplomatique française, qui a requis l’anonymat, son directeur, M. Grossi, a réuni, dès 2022, à Ankara, en Turquie, les ministres des affaires étrangères russe et ukrainien, ainsi que ceux de l’énergie, pour leur dire que le risque nucléaire était un sujet protégé, distinct de la guerre.

[…] Si les ennemis sont obligés de se parler, rien n’est gagné pour autant. Mi-mars, lors d’une réunion des gouverneurs de l’AIEA, à Vienne, les délégations russe et ukrainienne étaient réunies autour de la même table, pour la première fois. Petro Kotin et Herman Halushchenko étaient présents. « Il y avait le patron de Rosatom, je ne lui ai pas serré la main, j’aurais plutôt sorti mon flingue, si j’en avais eu un », lance Petro Kotin. Pour ce dernier, « l’AIEA se contente trop d’observer et n’impose rien à la Russie, sa seule ambition est de faire baisser le niveau de risque d’accident nucléaire ».

D’après la source diplomatique française, l’AIEA utilise, sans le dire publiquement, la menace de sanctions contre Rosatom et la Russie pour obtenir des concessions. Les centrales nucléaires russes sont, en effet, la première source d’exportation du pays. « Ils ne peuvent se priver d’une telle manne, Rosatom est en mesure de contraindre Poutine sur la centrale de Zaporijia », assure cette source. Ce que conteste MM. Kotin et Halushchenko, qui estiment que Rosatom ne dit pas tout à Poutine par crainte de lui déplaire.

La communication entre Ukrainiens et Russes s’est néanmoins dégradée sur la question du personnel travaillant à la centrale, sujet lié à la sûreté nucléaire. Fin décembre 2023, selon l’AIEA, l’usine ne disposait plus que de « 40 % de ses effectifs de maintenance, une situation qui n’est pas viable ». Un état aggravé, en février, par la décision des Russes d’interdire l’accès du site aux salariés ukrainiens n’ayant pas signé les contrats Rosatom, ce qui prive la centrale d’agents compétents. […] L’administration russe de la centrale affirme disposer d’assez de personnel pour la gérer. Rosatom a fait venir des employés d’autres sites nucléaires en Russie, notamment de celui de Balakovo, près de Saratov, similaire à la centrale de Zaporijia. « Ils ont pris les plus mauvais et les plus jeunes, proteste Petro Kotin. De plus, nous avons modernisé la nôtre, elle n’a plus grand-chose à voir avec celle de Balakovo. » L’AIEA a estimé, le 7 mars, que la situation demeurait « très fragile ».

Dmytro Orlov, 38 ans, maire d’Enerhodar exilé à Zaporijia, partage cette inquiétude. Ingénieur à la centrale pendant dix ans, il assure qu’il faut huit agents en temps normal dans la salle de contrôle, alors que Rosatom ne dispose que d’une à deux personnes habilitées pour ces postes. Un constat qui conduit Vira Konstantynova, experte en géopolitique et sécurité, et ex-conseillère du président du Parlement ukrainien, à relativiser l’importance du dialogue entre son pays et Moscou. « Ce sont de simples correspondances diplomatiques, ça ne sert à rien, la Russie devrait être exclue de l’AIEA, la position occidentale ambiguë ménage Moscou, qui se sert de ce chantage nucléaire pour briser son isolement. »

Dans l’arrière-salle du fast-food de la banlieue de [Kyiv], Anton finit par être moins méfiant. Il se montre même rassurant. « Les six réacteurs sont à l’arrêt, il faut juste continuer à les refroidir et veiller au bon fonctionnement des pompes d’alimentation, explique-t-il. La centrale est comme une grosse baleine échouée sur la rive, en train de mourir. Ça demande beaucoup moins de personnels qualifiés qu’en temps normal. » […]

Le Monde, Guerre en Ukraine : à Zaporijia, Ukrainiens et Russes contraints de se coordonner pour éviter un accident nucléaire, par Jacques Follorou (Nikopol (Ukraine), envoyé spécial)

Lundi 18/3, 22h20

Vu aujourd’hui.

Cartoon Movement, Allan McDonald, The Russian box

[…] On peut imaginer qu’une popularité qui lui a permis de passer en vingt-quatre ans d’un score de 53 % à 87 % est l’expression de la gratitude des électeurs pour son bilan. Mais quel bilan ! Une économie qu’il n’a jamais su diversifier malgré la richesse apportée par les hydrocarbures. Une démographie si déclinante qu’il a dû supplier les femmes russes, dans un de ses récents discours, de faire des enfants. Un pays en guerre désormais permanente, qui l’a conduit à recruter dans les prisons, à négocier des fournitures d’armes auprès de la Corée du Nord et de l’Iran, à engloutir toutes ses ressources dans l’industrie de l’armement et à accepter un statut de vassal à l’égard de son protecteur chinois. Des élites urbaines décimées par l’exode massif des jeunes professionnels partis pour échapper à la mobilisation. Un système de pouvoir si concentré sur lui-même qu’il fait passer le Politburo du Parti communiste soviétique pour un modèle de démocratie.

[…] Fort de cette nouvelle manifestation d’adhésion – dont une grande partie est réelle – à ses desseins, M. Poutine va sans doute vouloir continuer de plus belle son entreprise impériale. Le seul moyen de l’arrêter, de l’empêcher d’avaler ses voisins et de semer le chaos en Europe est de lui infliger une défaite en Ukraine.

Le Monde, éditorial, Vladimir Poutine, le triomphe forcé

Lundi 18/3, 15h35

Lu aujourd’hui.

Taïwan importe 97 % de son énergie via des routes maritimes très vulnérables. Toute quarantaine, blocus ou invasion de l’île par la Chine dévasterait sa capacité à maintenir les services de base et les infrastructures critiques, sans parler des usines qui produisent environ 90 % des semi-conducteurs les plus avancés au monde. À l’heure actuelle, les meilleures estimations suggèrent que les stocks énergétiques stratégiques de Taiwan contiennent seulement assez de gaz naturel pour durer 11 jours et suffisamment de charbon pour durer 39 jours.

[…] Taiwan n’a pas toujours été aussi dépendante de l’énergie ; il y a quelques décennies à peine, elle était un important producteur d’énergie nucléaire. Au milieu des années 80, l’énergie nucléaire représentait environ la moitié de la consommation électrique de l’île. À l’époque, Taïwan disposait de six réacteurs opérationnels et prévoyait d’en construire davantage. Mais au cours des deux dernières décennies, Taipei a réduit sa dépendance à l’énergie nucléaire, et le DPP, qui a pris de l’importance à l’apogée de l’énergie nucléaire grâce à une vague antinucléaire, a joué un rôle clé dans ce changement. Lorsque le parti a remporté la présidence en 2016, il s’est engagé à abandonner complètement l’énergie nucléaire. Si Lai tient les promesses de son prédécesseur, les deux derniers réacteurs de l’île seront hors service d’ici l’année prochaine.

Compte tenu de sa situation géographique dans l’une des étendues d’eau les plus controversées au monde et de ses relations tendues avec Pékin, la résistance de Taiwan à ce qui était autrefois une source d’énergie nationale fiable peut sembler déroutante. Pour Taipei, en revanche, c’est compliqué. Le choix imminent de Lai de conserver ou d’abandonner l’option nucléaire sera éclairé par une histoire longue et moins connue de prolifération, d’espionnage, de catastrophe et de démocratisation.

Le général Chiang Kai-shek regarde à travers le périscope du sous-marin nucléaire américain Swordfish , le premier sous-marin à propulsion nucléaire à se rendre à Taiwan. Archives Keystone/Getty Images

En décembre 1949, après des années de guerre civile avec le Parti communiste chinois (PCC), le général Chiang Kai-shek a transféré les forces nationalistes sur l’île de Taiwan, où il a établi une dictature sous le régime du parti Kuomintang (KMT). Chiang n’a cependant pas abandonné ses ambitions de reconquête du continent et, en tant que puissance générale consolidée, il a vu la technologie nucléaire comme un moyen d’acquérir un prestige international et un avantage géopolitique. Bien qu’il y ait eu des désaccords internes sur la question de savoir si Taipei devait immédiatement se doter d’armes nucléaires, le gouvernement a commencé à développer des capacités latentes sous couvert de projets civils.

[…] [A partir de 1955] Même si Taipei a officiellement renoncé aux armes nucléaires en échange de l’aide de Washington dans des projets civils, dans la pratique, les dirigeants ont couvert leurs paris, cultivant une expertise qui pourrait être orientée vers d’autres fins.

Le programme secret d’armes nucléaires de Taiwan a véritablement commencé après le premier essai nucléaire réussi de la Chine en 1964. Cet essai a brisé le sentiment de sécurité de Taiwan. Bien que les États-Unis se soient engagés envers Taiwan dans le Traité de défense mutuelle de 1955, le gouvernement du KMT craignait d’abandonner, surtout après que la Maison Blanche a repoussé ses appels à frapper les installations nucléaires de Chine continentale. Les dirigeants craignaient également que la prolifération ne renforce le statut de Pékin au sein de la communauté internationale aux dépens de Taipei. Une fois que Pékin a franchi ce seuil, le gouvernement du KMT a redoublé son propre programme d’armes nucléaires.

[…] En 1969, Taiwan a acheté au Canada un réacteur de recherche alimenté à l’uranium naturel et modéré à l’eau lourde, connu sous le nom de Taiwan Research Reactor. (Ce type de réacteur est propice à la production de plutonium de qualité militaire.) […] Malgré ses projets secrets, Taiwan a signé le Traité de non-prolifération nucléaire en 1968 et l’a ratifié en 1970, probablement dans l’espoir de susciter la bonne volonté de la communauté internationale. Mais en 1971, l’ONU a reconnu la République populaire de Chine, basée sur le continent, comme « le seul représentant légitime de la Chine », excluant ainsi Taïwan, également connue sous le nom de République de Chine, de l’organisme multilatéral. Par extension, Taiwan a perdu son adhésion au Traité de non-prolifération nucléaire et à l’Association internationale de l’énergie atomique, aggravant les inquiétudes du gouvernement quant au déclin du soutien international. Cette décision a également rendu plus difficile pour la communauté internationale la surveillance des installations nucléaires de l’île et l’application des normes de non-prolifération, précisément au moment où les armes nucléaires devenaient plus attrayantes pour des raisons de statut et de sécurité. Les inquiétudes de Taiwan sont devenues encore plus aiguës après la visite historique du président américain Richard Nixon en Chine en 1972.

[…] Alors que son programme d’armement décollait, Taïwan commença également à construire des centrales nucléaires. Le KMT avait des projets ambitieux pour transformer l’île en une économie industrielle moderne, mais la crise pétrolière de 1973 a démontré les dangers du manque de ressources énergétiques indigènes à Taiwan. L’énergie nucléaire est apparue comme une alternative viable aux combustibles fossiles importés puisque l’île possédait déjà l’expertise et l’infrastructure nécessaires. La croissance de l’énergie nucléaire a facilité la croissance de l’industrie sur l’île ; sans cela, il est difficile d’imaginer que Taiwan serait aujourd’hui le leader de la chaîne d’approvisionnement mondiale en semi-conducteurs.

[…] En 1977, après que les inspecteurs des États-Unis et de l’Association internationale de l’énergie atomique eurent découvert de nouvelles preuves selon lesquelles Taiwan se livrait à des recherches illicites et détournait des matériaux du réacteur de recherche de Taiwan, Washington décida d’intervenir. Bien qu’elle ait minimisé publiquement les capacités de Taiwan, l’administration Carter a menacé en privé d’imposer des sanctions et de suspendre son assistance militaire à moins que Taiwan ne se recentre sur des applications exclusivement pacifiques. La dépendance croissante de Taiwan à l’égard de l’énergie nucléaire a renforcé l’influence de Washington, car l’île dépendait des États-Unis pour le combustible nucléaire et le soutien technique.

[…] Washington et Taipei sont finalement parvenus à un accord secret […] Bien que Taiwan ait respecté bon nombre de ces conditions à contrecœur, leur mise en œuvre a été lente et l’armée en particulier était mécontente de la capitulation du gouvernement face aux exigences américaines. Ces frustrations ont pris une nouvelle urgence en décembre 1978, lorsque l’administration Carter a annoncé qu’elle mettrait fin au traité de défense mutuelle entre les États-Unis et la République de Chine et reconnaîtrait formellement la République populaire de Chine, poursuivant ainsi le rapprochement de l’administration Nixon avec Pékin. Cette décision a précipité une attention renouvelée des Taïwanais vers les armes nucléaires – cette fois avec l’armée aux commandes.

[…] Le deuxième acte de l’histoire de la prolifération à Taiwan a été lourd de conséquences. […] Alors que certains espéraient développer tranquillement un petit arsenal, d’autres, y compris le président de l’époque, Chiang Ching-kuo, étaient apparemment favorables à l’acquisition uniquement des ingrédients nécessaires à l’assemblage rapide d’une bombe (ce qui ressemble davantage à la posture de couverture d’États comme le Japon). Tous ces plans étaient conditionnés à éviter d’être détectés par les États-Unis ou la Chine jusqu’à ce que le programme soit suffisamment avancé. […] Il s’avère que les tentatives de dissimulation de Taipei étaient déjà compromises. Le directeur adjoint de l’Institut de recherche sur l’énergie nucléaire, Chang Hsien-yi, était une taupe de la CIA qui transmettait subrepticement des informations aux États-Unis depuis des années parce qu’il craignait que le programme d’armement secret ne déclenche une guerre indésirable avec la Chine. […] Armée de nouvelles preuves de malversations, l’administration Reagan a affronté Taipei. Une fois de plus exposé et confronté à la perspective d’un abandon américain et à la colère chinoise, le gouvernement a accepté de démanteler sans équivoque son programme d’armes nucléaires.

World Nuclear Association

[…] Lorsque le DPP [Parti démocrate progressiste] est entré en scène, l’énergie nucléaire était vitale pour l’économie taïwanaise. Cependant, à l’échelle mondiale, la confiance dans l’énergie nucléaire commençait à décliner. Des accidents tristement célèbres ont suscité des craintes quant à la sécurité nucléaire, d’abord à Three Mile Island en 1979, puis à Tchernobyl en 1986 – comme par hasard, l’année même de la création du DPP. Cette montée du sentiment antinucléaire a également été alimentée par des révélations selon lesquelles le gouvernement taïwanais avait utilisé Lanyu, une patrie indigène, comme installation de déchets nucléaires. […] Même aujourd’hui, de nombreux Taïwanais associent tout ce qui est nucléaire à la dictature militaire. Les mêmes forces qui ont façonné la transition de l’île vers un régime autoritaire ont également façonné les attitudes à l’égard de l’énergie nucléaire ; en d’autres termes, la politisation de l’énergie nucléaire était un sous-produit de la démocratisation de Taiwan.

[…] À court terme, l’opposition croissante à l’énergie nucléaire n’a pas annulé son rôle pratique dans la composition énergétique de Taiwan. Le KMT a soutenu que l’énergie nucléaire était le seul moyen d’éviter la dépendance aux importations de combustibles fossiles et, en 1999, un gouvernement dirigé par le KMT a inauguré la construction d’une quatrième centrale nucléaire, planifiée depuis longtemps, appelée Lungmen, qui aurait inclus les premiers réacteurs de génération III. construit en dehors du Japon. Lorsque le DPP a accédé à la présidence pour la première fois en 2000, le cabinet nouvellement élu a suspendu la construction. Pourtant, il a fait marche arrière un an plus tard, après diverses contestations juridiques et politiques. Malgré l’opposition de nombreux militants, les travaux à Lungmen se sont poursuivis au cours de la décennie suivante, même s’ils ont été en proie à des retards, des controverses et des dépassements de coûts.

[…] En 2011, un autre accident, cette fois survenu à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima, a fait pencher la balance de manière décisive contre l’énergie nucléaire à Taiwan. Comme le Japon, Taiwan est sujette à l’activité sismique et l’accident de Fukushima a ravivé les sentiments antinucléaires sur l’île et dans toute la région. Taipei est devenu le plus grand donateur pour les victimes de Fukushima, et des milliers de Taïwanais sont descendus dans la rue pour contester la dépendance continue de leur gouvernement à l’énergie nucléaire. Craignant des troubles publics, le gouvernement a de nouveau interrompu en 2014 la construction à Lungmen, même si les travaux étaient presque terminés. […] En 2016, le DPP a fait campagne sur la promesse d’une « patrie sans nucléaire » et, après une victoire historique, le parti a lancé le processus de déclassement des réacteurs taïwanais dont les licences expiraient.

[…] La décision d’abandonner progressivement l’énergie nucléaire a rendu Taïwan plus dépendant du combustible importé, précisément au moment où les prix mondiaux de l’énergie montent en flèche et où le besoin national d’énergie propre et fiable devient plus aigu. Consciente du défi persistant de l’insécurité énergétique – et de l’impératif croissant de réduire les émissions de carbone – la présidente actuelle, Tsai Ing-wen, a promis que les énergies renouvelables produiraient 20 % de l’électricité de Taiwan d’ici 2025. Mais Taiwan a manqué à plusieurs reprises ces objectifs ; les énergies renouvelables ne représentent actuellement que 8 pour cent. Taipei a doublé ses projets éoliens offshore, car le relief montagneux de l’île empêche le développement solaire à grande échelle.

[…] La Taiwan Semiconductor Manufacturing Company représente à elle seule plus de 6 % de la consommation totale d’énergie de l’île, et la demande ne fait qu’augmenter.

[…] Pendant ce temps, une Chine plus ambitieuse et plus compétente militairement rend encore plus difficile la séparation de la sécurité énergétique et de la géopolitique. La marine chinoise prépare régulièrement des scénarios de blocus et de quarantaine qui soulignent sa capacité à perturber les chaînes d’approvisionnement énergétique de Taiwan. Alors que Taipei prend des mesures pour accroître ses stocks stratégiques, les installations de stockage actuelles, notamment pour le gaz naturel liquéfié, sont inadéquates et vulnérables à un éventuel blocus.

[…] Pour l’instant, en tant que nouveau président, Lai reste déterminé à démanteler les derniers réacteurs de Taiwan, même s’il a déclaré en octobre qu’il n’exclurait pas « l’utilisation d’une énergie nucléaire sûre et sans déchets ». Certains rapports suggèrent également que les décideurs politiques envisagent de maintenir les réacteurs nucléaires en veille en cas d’urgence, mais on ne sait pas exactement ce que cela impliquerait.

[…] Les dirigeants devraient également faire face à divers défis pratiques. Les réacteurs viables de Taiwan arrivent au terme de leur durée de vie de 40 ans. Bien que des prolongations de durée de vie soient possibles en attendant la révision des procédures d’autorisation , les risques d’une infrastructure nucléaire vieillissante dans une zone sismiquement active ne feront qu’augmenter avec le temps.

[…] Même si les décideurs politiques parvenaient à s’entendre sur ce point, l’énergie nucléaire n’est pas une solution miracle. En raison de l’opposition intérieure, Taipei n’a toujours pas trouvé de solution permanente pour le stockage et l’élimination des déchets nucléaires . L’énergie nucléaire n’est pas non plus à l’abri des blocus, puisque Taïwan doit importer du combustible pour réacteur (même si ces approvisionnements peuvent permettre une production continue d’énergie pendant des mois une fois sur l’île). Peut-être plus inquiétant encore, la situation à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhia a souligné à quel point il peut être dangereux qu’un conflit éclate à proximité d’une infrastructure nucléaire. […]

Foreign Policy, Taiwan ne peut pas se débarrasser de ses fantômes nucléaires, Par Jane Darby Menton, chercheuse postdoctorale au Berkeley Risk and Security Lab de l’Université de Californie à Berkeley, et Andrew W. Reddie, professeur de recherche associé à la Goldman School of Public Policy de l’Université de Californie à Berkeley et fondateur du Laboratoire de risque et de sécurité de Berkeley, traduction automatique
Un centre de stockage de déchets nucléaires sur Lanyu a été construit en 1982, sans consultation préalable avec les autochtones de l’île. Ce centre reçoit des déchets nucléaires des trois centrales nucléaires exploitées par l'entreprise d'État Taiwan Power Company (Taipower). Environ 100 000 barils de déchets nucléaires en provenance des trois centrales nucléaires en fonctionnement ont été entreposés dans le complexe de Lanyu. En 2002 et en 2012, des résidents locaux ont organisé de grandes manifestations, appelant Taipower à enlever les déchets nucléaires de l’île.

[...] L'île abrite sa seule installation de production d'électricité: une centrale au combustible. Mis en service en 1982, elle a une capacité installée totale de 6,5 MW appartenant et exploité par Taipower. Conformément à l'article 14 de la loi sur le Développement des îles d'outre-mer, les ménages résidents de l'île bénéficient de l'électricité gratuite. Cette situation résultait de la politique préférentielle accordée pour les résidents de l’île en raison de la construction du centre d'entreposage [de déchets nucléaires] sur l’île en 1982.
La gratuité de l'électricité explique que la consommation de celle-ci s'avère généralement beaucoup plus élevée sur l'île que dans les autres régions de Taïwan. En 2011, la consommation annuelle moyenne d'électricité par ménage à Lanyu s'élevait à 6 522 kWh contre 3 654 kWh à Taïwan, soit près du double. [...]

Wikipedia, Lanyu

Lundi 18/3, 10h10

Ça va. La nuit était pleine de bruit de [drones] Shahed, je m’inquiétais et ne pouvais pas dormir. Pacha est à la position depuis cette nuit, ils travaillent. Maman est allée travailler ce matin, je n’ai pas de nouvelles encore. Nous sommes allées à l’église hier, c’était son test-drive, elle l’a échoué : elle était toute pâle et avait mal aux jambes. Par contre elle travaille aujourd’hui.
Les femmes du chœur chantent mieux, je pense qu’il y a de nouvelles chanteuses, plus expérimentées. La messe était longue (j’avais l’impression qu’elle ne finirait jamais). Le prêtre nous a grondé : on n’a pas mis beaucoup d’argent pour les drones dans la boîte spéciale. J’ai vu et entendu le mécontentement des brebis : « Mais on a fait le don direct, il a mis le QR code pour la cagnotte ! » Par contre les brebis sont restées brebis, on n’a rien dit à haute voix, on est resté sur les murmures. Cette fois le speech était moins inflammant, le prêtre nous a conseillé de prier et de lutter contre les séductions. Et de se préparer à l’éternité, parce que les drones et les missiles tombent partout, comme on l’a vu la semaine dernière.
Bref, heureusement j’ai mes médocs et mes bougies, et mes amis, et mon crochet, je serais tombée dans le noir après ce sermon.
Ça va, je fais tout pour que ça aille mieux.

Olga, Viber (texte)

Lundi 18/3, 0h10

J’ai l’impression qu’il n’y avait pas de femme candidate à l’élection présidentielle russe.

Le Kremlin a signalé que Vladimir Poutine revendiquerait une victoire écrasante lors du scrutin présidentiel russe, alors que des milliers de personnes dans le pays et dans le monde protestaient contre l’approfondissement de sa dictature, la guerre en Ukraine et une élection organisée qui ne pourrait avoir qu’un seul vainqueur.

Lors d’un vote dénoncé par les États-Unis comme « manifestement ni libre ni équitable », Poutine a remporté 87 % des voix, selon un sondage à la sortie des urnes publié par les sondeurs d’État Centre de recherche sur l’opinion publique russe et la Fondation Opinion publique.

Après avoir compté 50 % des voix, la commission électorale russe a affirmé que Poutine était en tête avec 87,34 % des voix. Le candidat du Parti communiste Nikolaï Kharitonov arrive en deuxième position.

[…] Alors que Poutine cherchait à obtenir un mandat public pour sa guerre en Ukraine et un cinquième mandat présidentiel, la machine électorale du Kremlin cherchait à augmenter sa part des voix et sa participation à des niveaux proches de la farce, en affichant des résultats qui n’apparaissaient auparavant que dans les régions les plus despotiques de Russie, comme Tchétchénie.

[…] Face à la victoire prévisible de Poutine, l’opposition russe, en difficulté, a cherché à organiser sa propre démonstration de force. De longues files d’attente se sont formées dans plusieurs bureaux de vote de Moscou et d’autres villes russes alors que les gens répondaient à l’appel de la veuve du principal opposant au président, Alexeï Navalny, pour se rendre aux urnes dimanche à midi. […]

The Guardian, Vladimir Poutine revendique une victoire écrasante aux élections russes, traduction automatique

Dimanche 17/3, 20h55

Lu aujourd’hui. Quand l’envahisseur a mal placé ses billes.

Alors que 260 milliards d’euros d’actifs de la Banque de Russie sont gelés dans les pays du G7 et de l’Union, la Commission européenne présentera aujourd’hui, 15 mars, une proposition détaillée pour le versement à l’Ukraine de revenus sur les actifs russes détenus par la société Euroclear.

Quels actifs sont visés, de quel montant parle-t-on, pourrait-elle faire plus ?

À la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, les pays de l’Union et du G7 ont gelé 260 milliards d’euros d’actifs de la Banque de Russie détenus dans leurs juridictions.

  • Plus des deux tiers de ces actifs sont détenus dans l’Union, soit 200 milliards d’euros.
  • 95,5 % des actifs détenus dans l’Union le sont en Belgique, par la société dépositaire Euroclear — 191 milliards d’euros, soit 73 % de l’ensemble des actifs gelés de la banque centrale russe.
  • À cela s’ajoute au moins 58 milliards de dollars d’actifs privés gelés dans l’ensemble des pays de l’Union et du G72.  

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen a proposé le 28 février la saisie des profits exceptionnels générés par Euroclear sur les actifs de la Banque de Russie. 

  • Les intérêts générés par les soldes de trésorerie de la Russie ont atteint 4,4 milliards d’euros en 2023. 
  • C’est cinq fois plus qu’en 2022, du fait de la hausse des taux d’intérêt due notamment aux répercussions inflationnistes de la guerre en Ukraine.
  • Les liquidités russes accumulées sur ce solde d’Euroclear — qui sont en temps normal immédiatement récupérées ou réinvesties par ses clients, le compte n’étant pas rémunéré — se composent principalement des paiements de coupons ou encore de la valeur de titres arrivés à maturité.
  • Leur stock a atteint plus de 130 milliards d’euros.

Selon un responsable européen, le plan de la Commission permettrait de verser à l’Ukraine entre 15 et 20 milliards d’euros sur quatre ans, d’ici 2027. 

  • Une première tranche de 2 à 3 milliards d’euros provenant de ces profits pourrait être versée à l’Ukraine d’ici juillet.
  • Ces revenus dépendent principalement du taux d’intérêt sans risque auquel les liquidités sont réinvesties par Euroclear : le taux de dépôt de la BCE se situe actuellement à 4 %, et pourrait commencer à diminuer à partir de juin, d’après plusieurs analystes.
  • En prenant pour base les 130 milliards d’euros de liquidités actuellement détenues par Euroclear et dans l’hypothèse simplificatrice d’un maintien des taux à 4 % sur toute l’année 2024, les revenus générés atteindraient 22 milliards d’euro si le taux se maintenait à ce niveau jusqu’en 2027, 17,7 milliards s’il passait à 3 % en 2025-2027, et 13,5 milliards s’il chutait à 2 % sur la même période.  

La Belgique a par ailleurs annoncé que les impôts prélevés sur les profits d’Euroclear liés à la détention des actifs russes seraient également reversés à l’Ukraine — un versement de 1,7 milliards d’euros est prévu en 2024. 
La confiscation des actifs, impliquant un transfert de propriété, a pour l’instant été écartée par la Banque centrale européenne et notamment par la France et l’Allemagne. […]

Le Grand Continent, Les revenus issus des avoirs russes gelés en Belgique pourraient apporter à l’Ukraine jusqu’à 5 milliards d’euros par an

Dimanche 17/3, 17h20

Vu aujourd’hui.

Le Monde - Un manifestant participe à un rassemblement contre la réélection de Vladimir Poutine, place de Colombie près de l’ambassade de Russie, à Paris, France, le 17 mars 2024. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

Samedi 16/3, 14h45

Lu aujourd’hui.

[…] Il fut un temps où c’était l’extrême gauche qui soutenait Moscou, il faut y ajouter maintenant une bonne proportion de l’extrême-droite, étrange retournement de l’histoire. Entre les deux et selon le principe du levier décrit par le très russophile Vladimir Volkoff dans Le montage, on trouve aussi les « agents » apparemment neutres ou même hostiles à Moscou mais l’aidant discrètement à partir de points d’influence. Plusieurs ouvrages et articles viennent de révéler quelques noms du passé. Il faudra sans doute attendre quelques années et la fin de la peur des procès pour dénoncer ceux d’aujourd’hui. Bref, beaucoup de monde qui par anti-macronisme, anti-américanisme, anticapitalisme ou autres « anti » viennent toujours à la rescousse d’un camp qui doit être forcément être bien puisqu’il est hostile à ce que l’on croit être mal. […]

La voie de l’épée, Michel Goya, Napoléon Solo, 28 février 2024

Samedi 16/3, 14h35

Vu aujourd’hui.

[...] Du côté des exportateurs, la France a remplacé la Russie en tant que deuxième exportateur mondial sur les cinq dernières années, derrière les Etats-Unis, dévoile [le Sipri, l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm], alors que les exportations d'armement de Moscou ont diminué de 53 %. Au total, France et Russie sont ainsi au coude à coude avec une part de marché de 11 % chacun du commerce des équipements militaires. Bien loin des Etats-Unis (42 %).

[...] La Russie, longtemps deuxième plus grande exportatrice d'armes au monde, doit désormais construire essentiellement pour elle, et va sans doute encore perdre des points à l'avenir. Les partenaires de Moscou se sont aussi considérablement réduits, passant de 31 à 12 pays de destination ces cinq dernières années. L'Inde est le premier destinataire de l'arsenal russe, suivi par la Chine. [...]

Vendredi 15/3, 16h40

Ça va, pas d’inquiétude (mais il y a une alerte). On va bien.

Olga, Viber (texte)

Vendredi 15/3, 9h05

[…] [Prénom] en quittant la maison a emporté une perle de la boite à bijoux, [prénom] a emporté un caillou de la rue, [prénom] a emporté du jardin un noyau d’abricot, [prénom] n’a rien emporté du tout. De la perle est née une nouvelle maison, du caillou une nouvelle ville et du noyau un nouveau jardin. [Prénom] qui n’a rien emporté a raconté l’histoire. […]

Dakh Daughters, Onyx, Saint-Herblain, traduction simultanée projetée, 14 mars

Vendredi 15/3, 9h00

Fuku.

L’opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi (nord-est du Japon) a annoncé ce vendredi avoir suspendu « par précaution » son processus de rejet en mer d’eau traitée du site, après un séisme de magnitude 5,8 qui a frappé à proximité.

[…] Aucune fuite de radiation n’a été détectée après que Tepco a terminé les vérifications nécessaires, tandis que « les relevés des postes de surveillance restent normaux », a-t-il ajouté. Vers 14h30 heure locale (6h30 heure française), L’opérateur a confirmé l’absence d’« anomalies ». « Il n’y a pas de fuite d’eau, ni radiation nucléaire externe », ajoute-t-il sur son compte X.

Le Parisien

Jeudi 14/3, 10h50

Vu hier.


Jeudi 14/3, 0h35

Zapo : tiens, ça bougeote.

Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique a adopté une résolution appelant au retour immédiat de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia sous contrôle ukrainien. Cependant, la Russie affirme que le vote « va au-delà du mandat du conseil et de l’agence dans son ensemble ».

La résolution du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) note que la centrale nucléaire de Zaporizhzhia (ZNPP), composée de six tranches, est sous contrôle militaire russe depuis plus de deux ans et « exprime de sérieuses inquiétudes quant à l’état instable de la sûreté et de la sécurité nucléaires ». à la ZNPP, notamment le manque de personnel suffisamment qualifié sur le site, les lacunes dans les travaux de planification et de prévention, le manque de chaînes d’approvisionnement fiables, l’état vulnérable de l’approvisionnement en eau et en électricité à l’extérieur du site, ainsi que l’installation de dispositifs antipersonnel. mines situées dans la zone tampon comprise entre le périmètre interne et externe de l’installation ».

[…] L’agence de presse russe Tass a cité le représentant permanent de la Russie auprès des organisations internationales basées à Vienne, Mikhaïl Oulianov, qui a déclaré que les 20 membres qui ont voté pour la résolution « ont manifestement outrepassé le mandat du conseil d’administration et de l’ensemble de l’agence », notant que 12 pays s’étaient abstenus, tandis que La Russie et la Chine ont voté contre.

[…] Mercredi, le ministère russe des Affaires étrangères a publié une déclaration concernant la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, remerciant le directeur général de l’AIEA Grossi pour ses efforts visant à promouvoir la sécurité nucléaire et ses visites en Russie et dans la centrale elle-même, ainsi que pour le séjour des experts de l’AIEA sur place.
Il ajoute : « La Russie fait tous les efforts possibles pour améliorer la fiabilité de la sécurité de la centrale et renforcer sa sécurité nucléaire et physique… La Russie souligne qu’elle considère toutes les résolutions et déclarations des responsables et des organisations internationales appelant à la restitution de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia à l’Ukraine, ou placé sous contrôle international, comme une atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Russie. » […]

World Nuclear News, La résolution des gouverneurs de l’AIEA sur Zaporizhzhia critiquée par la Russie, traduction automatique

Jeudi 14/3, 0h30

Vu aujourd’hui : mis à part les morts, qui peut être prêt à une guerre nuc ?

Google Actualités, Nucléaire

Jeudi 14/3, 0h20

Farandole du nuc : ils sont jeunes, ils sont neufs.

Mais qu’est-ce qui fait courir Julia Cantel ? La fierté de travailler sur le plus gros chantier nucléaire d’Europe de l’Ouest ? Le désir de montrer que les femmes peuvent embrasser avec succès une carrière scientifique et technique, même quand elles ne viennent pas d’un milieu social privilégié ? Les deux, assurément.
A 38 ans, cette figure montante de la filière nucléaire française, chargée par EDF de la sûreté sur l’énorme chantier de Hinkley Point C, à l’ouest de Londres, semble investie d’une mission. Quand elle ne s’occupe pas de neutronique ou de thermohydraulique sur la future centrale britannique, elle promeut l’énergie de l’atome partout où elle passe. Devant les dirigeants d’entreprise, les élus, les étudiants, sur son compte LinkedIn aux 23 000 abonnés et même, à l’occasion, en maternelle ! […]

L’Express, Nucléaire : le parcours inattendu de Julia Cantel, étoile montante de la filière française

Lauréate de l’appel à projets France 2030, cette start-up implantée au Technopôle de l’Arbois développe un projet de réacteur nucléaire modulaire à neutrons rapides refroidi au sodium deux fois 400 MWth.
La fusion entre une problématique énergétique et une solution innovante. Ingénieur-docteur et spécialisé sur les énergies renouvelables, Sylvain Nizou a fait un constat saisissant au fil de ses différentes expériences. « On nous parle de transition énergétique, que c’est en cours, mais la réalité est toute autre. Nous sommes à la peine », remarque-t-il.Une tendance qu’il observe également dans l’industrie, secteur déterminant pour mettre en place de nouvelles méthodes plus vertueuses pour l’environnement. « Au contact du monde industriel, il y a de grands défis pour sortir du pétrole et répondre à la neutralité carbone. Mais les acteurs n’arrivent pas à décarboner. Les solutions intermittentes ne permettent pas de stocker durablement, on n’arrive pas à faire le job. Cela ne convient pas aux usines 24/24 7/7. Il faut fournir plus d’énergie électrique et de chaleur à haute température […]

La Provence, Nucléaire : avec son projet de SMR, Hexana veut fournir plus d’énergie électrique et de chaleur

Jeudi 14/3, 0h10

Lu aujourd’hui.

[…] Rappelons […] une évidence  : Poutine n’a pas eu recours au nucléaire lorsque les Ukrainiens ont avancé dans les oblasts annexés en 2022, ni lorsqu’ils ont bombardé des objectifs en Crimée… Il n’y a donc pas de sanctuarisation absolue du territoire russe par le nucléaire. On s’en doutait bien, mais c’est une confirmation factuelle.

Il y a un seul point que je trouve troublant et nouveau dans le langage de Poutine depuis le 24 février 2022 : c’est la référence faite au « précédent » d’Hiroshima dans son discours solennel du 30 septembre suivant. Il semblait se dédouaner par avance de l’emploi de l’arme nucléaire, dès lors que les États-Unis avaient brisé le tabou en 1945. J’ai d’ailleurs une hypothèse sur le sujet  : le prochain État qui utilisera l’arme nucléaire sera, dans les faits, « l’égal des États-Unis ». L’histoire retiendrait que deux pays au monde l’ont fait, et que le second à le faire serait ainsi, dans les faits, placé sur un pied d’égalité avec Washington. […]

Le Grand Continent, Nucléaire : face à Poutine, une dissuasion à l’européenne, conversation avec Bruno Tertrais […] auteur de Pax atomica (Odile Jacob, 2024)

Mercredi 13/3, 8h55

Le Monde - Une vue montre un immeuble d'appartements endommagé par une frappe de missile russe, dans le cadre de l'attaque russe contre l'Ukraine, à Kryvyi Rih, région de Dnipropetrovsk, Ukraine le 13 mars 2024. REUTERS/Mykhailo Moskalenko

Je n’ai pas trop compris, je n’ai pas entendu l’alerte, j’ai entendu deux explosions (mais les réseaux ont dit qu’il y en avait eu trois). Fidele était dans le couloir, maman écoutait de la musique à la cuisine. Il était 19h, les gens étaient à la maison, les enfants étaient rentrés de l’école. C’est sûr que c’était fait exprès. Maman écoutait Edith Piaf, non, rien de rien, je ne regrette rien…, ça m’a traversé l’esprit, je me suis dit, c’est une bonne soundtrack pour mourir. Une arrivée est tombée assez loin et l’autre près de chez les parents de Pacha, en face de leurs fenêtres. Mais la voix de la maman de Pacha était calme au téléphone : soit simplement calme, soit choquée, soit éteinte. […]

Olga, Viber (vocal)

Mardi 12/3, 22h45

Lu aujourd’hui.

L’accord entre la France et l’Ukraine débattu par les députés prévoit de nouvelles livraisons d’armements. Les ordres de grandeur sont mal-connus : tirer 5.000 obus par jour suppose de disposer de dizaines de milliers de tonnes de poudres et d’explosifs chaque jour.

[…] En pratique, chaque obus de Caesar est propulsé par 6 charges modulaires utilisant chacune 2,5 kg de poudre. Ce qui veut dire que si l’armée ukrainienne tire 5.000 obus par jour (hypothèse 1), l’industrie doit disposer en amont de 75 tonnes de poudres et d’une cinquantaine de tonnes d’explosifs par jour (hypothèse 2, sachant que tous les canons n’en utilisent pas la même quantité). […]

Les Echos, Dominique Seux, L’aide militaire à [Kyiv] entre les mains des industriels

Mardi 12/3, 21h20

Ça va, Pacha est revenu dans l’appartement après minuit, j’attendais sa confirmation. Tout va bien. Il a vu son autre copain, ils sont sortis pour respirer, j’envoie la photo des deux réalités. On vient d’entendre des explosions, c’était une X-59. Tout va bien.

Correction : la missile est arrivé dans un immeuble habité, il y a des victimes.

Olga, Viber (texte)

[…] Au moins trois personnes ont été tuées et 38 blessées, dont des enfants, dans une frappe russe mardi qui a touché un immeuble d’habitation à Kryvyï Rig, dans le centre de l’Ukraine, ont annoncé les autorités ukrainiennes. «Trois morts et 38 blessés. Il y a des enfants blessés», a indiqué sur Telegram le ministre de l’Intérieur Igor Klymenko, précisant que le bilan pourrait encore grimper. […]

Libération

Lundi 11/3, 22h35

Radio Micronina #01

Bon, j’ai commencé à prendre les médicaments et j’ai vraiment l’impression que ça marche. Je dors bien, je me réveille tôt et je suis pleine de forces et d’énergie. Alors dimanche je suis allée à l’église à temps, avant la messe. J’ai laissé un petit mot pour le dieu, qu’il n’oublie pas mes proches et la maman de Moïse [un ami de Louvergny], j’ai fait un autre papier avec les prénoms des morts qui me sont chers. J’ai mentionné Maksym sans trop savoir si j’ai le droit parce qu’on n’est pas de la même famille, mais je pense que le dieu ne sera pas contre, on est du même peuple. J’ai allumé quelques bougies, et la messe a commencé. Par le chœur, évidemment.
Cette fois il y avait plus de monde dans l’église, et à l’étage des chanteuses aussi. J’ai distingué 5 ou 6 voix. Oh, Olga a une bonne oreille, pourriez-vous dire. Mais non, je ne suis pas si bonne, c’est parce que les chanteuses chantaient chacune dans sa tonalité. Il n’y avait pas d’harmonie classique, en tertio, il y avait une seule mélodie commencée par do, mi bémol, fa dièse, sol, la etc (peut-être, chaque femme a juste choisi son registre commode ou sa note préférée). Et il y avait une femme qui avait la voix la plus forte et chantait bien, mais elle ne connaissait pas de paroles, du coup elle faisait « o-o-o-o » pour meubler le silence.
J’ai déjà été à l’église avant, j’étais mentalement prête à la fausseté du chant qui me permettrait de me concentrer sur les paroles. Mais dimanche ce n’était pas possible, j’ai été envahie par la dissonance et l’architecture de musique atonale des femmes en foulards. J’ai fini par me dire que c’était une autre sorte du jazz dont la beauté reste inaccessible pour moi. Bof, tant pis pour moi.

Dans mon église il y a deux prêtres, ce n’est pas habituel, normalement il n’y en a qu’un. Le nôtre, celui qu’on connaît depuis une bonne dizaine d’années, n’est pas vieux, entre 50 et 55 ans. Le nouveau est plus jeune, je dirais trentenaire. Je les ai vus en février, mais je ne me suis pas posé de questions. J’ai admis que le jeune était un stagiaire (si les prêtres ont des stages). Il s’appelle Père Ivan, il vient de Zmiivka, un village dans la région de Kherson qui était sous l’occupation. J’ai regardé Wikipedia, le village a une histoire intéressante. Il suffit de dire que le roi suédois l’a visité en 2008 ! Père Ivan, comme la plupart de ses fidèles, a dû quitter sa maison parce que même après la libération du village en novembre 2022, les russes l’attaquent et le détruisent méthodiquement. Alors il avait des choses à dire au Pape (et à nous) à propos du drapeau blanc, de ce que c’est le courage et de qui a le droit de décider comment et jusqu’à quand on peut se battre.
Père Ivan était rempli d’émotions, il sautait un peu d’idée en idée, des paroles du Pape aux souvenirs de la période sous l’occupation. Il a remercié le Père Olexiy (c’est le prêtre plus âgé) pour l’abri que sa famille a trouvé dans maison d’Olexiy, pour la possibilité d’exercer son métier, de servir dieu et de parler aux gens. Ivan a dit à la fin : « n’oubliez pas que Rome n’est pas notre papa, et Moscou n’est pas notre maman ». Le sermon était un peu saccadé mais j’ai aimé la passion.

Puis le Père Olexiy a pris la parole. Il a fait quelques blagues (!!!) à propos des brebis (symbole des bons chrétiens) et des chèvres (les pêcheurs). Les chèvres peuvent être mimi, mais il y a aussi des bêtes rusées qui ne cherchent qu’à embêter les gens. Par exemple, la chèvre du prêtre a choisi le moment pour donner un coup aux fesses à une femme chanteuse du chœur. J’ai entendu le mot « fesses » sortir de la bouche du prêtre, habillé en blanc et doré, debout devant l’autel, entouré des icônes, ça m’a fait rire. Je n’étais pas la seule à rigoler.
Pour changer l’ambiance Olexiy nous a rappelé qu’il faut avoir peur du Jugement dernier, mais en même temps être ravi d’être devant le dieu. Il faut se préparer à la mort mais aussi à la vie et à la résurrection. Il faut préparer le corps et faire le carême, il faut préparer l’esprit aussi. Comment préparer l’esprit ? Il faut pardonner et aimer tous les gens, même ceux qui nous font du mal (je n’ai pas accepté cette partie). Et il faut s’entraider (déjà mieux), c’est pourquoi il nous a invités à faire un don pour acheter des drones pour la bataillon de Kryvyi Rih où fait son service le prêtre Vitaliy, un grand ami et le parrain* des enfants d’Olexiy.

Du coup, il faut aimer tous, mais pas vraiment, il faut pardonner tout, mais on achète des drones quand même. Je n’ai pas trop compris comment faire tout à la fois, mais j’ai applaudi à la cagnotte organisée par le pope, pour [l’autre] pope, pour semer la mort (je croise les doigts) chez les ennemis.

Olga, Viber (texte)

* Celui qui a assisté au baptême, le père spirituel. Il est responsable de l’éducation religieuse de l’enfant.


Lundi 11/3, 12h15

Teaser.

Radio Micronina en ligne. Dans notre sujet on parlera de la matinée dans l’église : chœur renforcé (6 personnes) qui chante le « jazz » religieux, deux prêtres, deux sermons, réponse au Pape et sa proposition à l’Ukraine de se rendre. Réflexions « est-ce qu’il faut être bipolaire pour comprendre l’orthodoxie » (spoiler : oui). Le pope et sa cagnotte pour les drones.
Vous voulez en savoir plus ? Tapez 1 si on s’appelle bientôt ou 2 si vous préférez la version écrite. [j’ai répondu 2]

Pacha va bien, il sera à la maison [c’est-à-dire un peu en arrière du front] cette nuit si rien ne change.

Olga, Viber (texte)

Dimanche 10/3, 21h20

Vu aujourdh’ui : gérontologie (suite).

Dans un entretien à la télévision suisse diffusée samedi, le souverain pontife appelait à «avoir le courage de hisser un drapeau blanc et à négocier» pour mettre un terme à la guerre d’Ukraine «avant que les choses ne s’aggravent». «Je crois que les plus forts sont ceux qui voient la situation, pensent aux gens et ont le courage de hisser le drapeau blanc et de négocier», déclarait-il dans cet entretien à RTS début février, interrogé sur un débat en Ukraine sur la marche à suivre.

«Notre drapeau est jaune et bleu. C’est le drapeau pour lequel nous vivons, nous mourrons et triomphons. Nous ne hisserons jamais d’autres drapeaux», a rétorqué le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kuleba, dans un message sur X.

«Quand il s’agit de drapeau blanc, nous connaissons la stratégie du Vatican lors de la première partie du XXe siècle. J’appelle à éviter de répéter les erreurs du passé et à soutenir l’Ukraine et son peuple dans son combat pour la vie», a-t-il ajouté, en référence manifeste à la période de la Seconde guerre mondiale et aux relations de l’Eglise avec l’Allemagne nazie. […]

Le Figaro

Dimanche 10/3, 19h55

Lu aujourd’hui.

[…] Bien avant de connaitre le statut de l’objection de conscience j’étais décidé, par mes convictions personnelles, à ne pas porter d’armes. Je ne savais pas comment faire et je reculais le moment de prendre une décision par le système du sursis . Mon grand-Père qui avait fait Verdun avec conviction était outré par mes orientations et me l’a écrit dans une lettre que je conserve.

[…] Finalement j’ai effectué mon service national comme objecteur de conscience. J’ai porté des repas aux personnes âgées de Marcq-en-Barœul, organisé des groupes de gymnastique du troisième âge, délivré des cartes de transport pour personnes âgées […]

[…] Aujourd’hui, face à la guerre en Ukraine, je constate une situation où je n’ai pas de réponses. Les Ukrainiens se font massacrer par une force industrielle incarnée dans une paranoïa métallique rouillée et inflexible. Emmanuel Macron a tenté une ascension par la face nord « non-violente » sans succès apparent et n’exclut plus aujourd’hui une participation militaire au soutien de l’Ukraine.

Ayant atteint le vénérable âge de 74 ans, je ne risque pas d’être engagé, je ne risque rien. Mon dernier fils qui a 21 ans, peut-être.

Je découvre autour de moi et à la télévision des gens qui ont physiquement peur des menaces nucléaires du tigre toqué de tik tok et je suis sidéré de les entendre dire qu’il faut négocier à tout prix, évidemment sur le dos de l’Ukraine. Bien sûr qu’il faudrait négocier, mais ils ne comprennent pas que le cancre du Kremlin ne négociera pas tant qu’il pensera pouvoir poursuivre ses objectifs, assis près du radiateur au fond de sa crasse. Il rêve même d’offrir un bouquet de fleurs à sa maitresse d’école pour se faire pardonner par toute l’Humanité.

Depuis son opération martienne des petits hommes verts, puis son roulement de mécaniques de chenilles processionnaires du 24 février 2022, le jour où mon Papa eu 99 ans, merci pour ce cadeau, le cancre du Kremlin agite la menace nucléaire avec son gang médiatique. Les oiseaux ne s’approchent pas, mais heureusement les paysans ukrainiens savent ce qu’est un épouvantail …

Il me revient mes lectures de Gandhi et sur Gandhi. Il considérait la non-violence comme infiniment supérieure à la violence, mais préférait la violence à la lâcheté. La mort dans l’âme je constate l’actualité de sa réflexion. Je manque cruellement d’imagination pour choisir la meilleure solution.

Ne pas subir, commentaire d’Emmanuel Cattier au post de Guillaume Ancel du 9 mars, Face à la guerre en Ukraine, les masques politiques tombent

Dimanche 10/3, 15h00

Tcherno.
Brulis à l’entrée de Maksymovytchyi, selon FIRMS.

Carte de la contamination européenne au césium 137 sur fond Google Earth

Samedi 9/3, 16h05

Pacha va bien. Toujours à la position. Il restera là jusqu’au 11 mars.

Kryvyi Rih était attaqué cette nuit par le nord, c’est-à-dire par ma partie de la ville. J’ai entendu les explosions, Fidèle m’a accompagnée dans notre abri. Les parents dormaient.

Le livre de Maksym est formidable, parfois on voit des photos des textes écrits à la main. J’ai trouvé un QR code qui envoie les lecteurs à la voix de Maksym qui récite une poésie. Je n’ai pas encore écouté. Maksym a aussi demandé aux lecteurs de dessiner ses poèmes, avec crayons, stylos, craie, il a même laissé de la place dans le livre. C’est le lien pour écouter Maksym Kryvtsov sur Radio Kultura.

C’est la page pour dessiner les poèmes. On voit l’écriture de l’auteur. Je suis touchée. C’était une bonne idée de le lire par de petits bouts

Olga, Viber (texte)

Samedi 9/3, 14h05

On a chié sur la lune.

À l’occasion du Festival mondial de la jeunesse en Russie, qui se tenait du 1er au 8 mars, Iouri Borissov, le chef de l’agence spatiale russe Roscosmos, a annoncé le projet de déploiement d’une centrale nucléaire à l’horizon 2033-2035. «Aujourd’hui, nous envisageons sérieusement la livraison et l’installation d’une centrale sur la surface lunaire avec nos collègues chinois, pour l’horizon 2033-2035», a-t-il déclaré. Même si le projet peut sembler insensé, le directeur de l’agence spatiale a assuré qu’il était pourtant bien concret : «Il s’agit d’un défi très sérieux», a-t-il réaffirmé.

[…] En juin 2022, la Nasa, en collaboration avec le département de l’Énergie des États-Unis (DOE), avait lancé un projet similaire de centrale nucléaire qui doit toujours «être lancé d’ici la fin de la décennie pour une démonstration sur la Lune», annonçait la Nasa sur son site officiel. Le système d’énergie à fission serait prévu pour durer «au moins 10 ans dans l’environnement lunaire», a précisé l’agence américaine. «Ce développement nous aidera à jeter les bases de la présence humaine à long terme sur d’autres mondes», avait expliqué l’un de ses administrateurs lors du lancement du projet. […]

Le Figaro

Samedi 9/3, 13h55

Vu aujourd’hui : gérontologie.

Le Monde, Kal, Je suis plus super que toi !
Le « Super Tuesday » du 5 mars était l’occasion pour 15 États de désigner les candidats démocrate et républicain pour l’élection présidentielle américaine de novembre prochain. Sans surprise, le duel entre Donald Trump et Joe Biden se confirme. Trump ne semble aucunement ralenti par ses tribulations judiciaires et surfe toujours sur les mêmes thèmes de campagne, immigration en tête. Biden, bien que fragilisé par son âge et son soutien à Israël, se repose quant à lui sur un bilan économique plutôt positif qu’il rappellera lors de son discours sur l’état de l’Union ce jour, et sur des sujets de société comme le droit à l’avortement. Cette campagne, de nouveau polluée par les fake news qui polarisent toujours plus la société américaine, promet d’être insolite jusqu’au bout.

Vendredi 8/3, 20h10

Lu aujourd’hui (ambiance).

Interrogée sur les risques en matière de sécurité pour son pays posés par la Russie, Evika Silina, la première ministre de la Lettonie n’a pas mâché ses mots : « Nous vivons à côté d’un voisin qui, pourrait-on dire, est comme un alcoolique ou un toxicomane, dont nous ne pouvons pas prédire les actions », a-t-elle dit à la radio publique lettone, « Nous devons être conscients que nous vivons à côté de la Russie, de la Biélorussie ».

Ancienne république de l’Union soviétique, la Lettonie est membre de l’OTAN et de l’Union européenne et partage une frontière de 214 kilomètres avec la Russie. Cela suscite des inquiétudes qu’elle, ainsi que les deux autres États baltes, l’Estonie et la Lituanie, pourraient être les prochaines cibles de Moscou, en cas de victoire en Ukraine. […]

Le Monde

Vendredi 8/3, 8h30

Charbon.

[…] L’industrie minière ukrainienne fait face à une pénurie de main d’oeuvre due à la mobilisation, entraînant une féminisation à grande échelle de ce secteur industriel traditionnellement très masculin.

[…] Tetyana Tarasova, 31 ans, opératrice de convoyeur à charbon, Hanna Karpachyova, 30 ans, et Kateryna Petrenko, 30 ans également, toutes deux électriciennes, dans une galerie de la mine de charbon DTEK Pavlogradvugillia, dans l’oblast de Dnipropetrovsk, le 27 février 2024. ANATOLII STEPANOV / AFP

Le Monde, Live 8h28

Vendredi 8/3, 7h15

Zapo.
La Russie est à la pointe du nuc, M. Grossi.

Poutine, à gauche, Grossi, à droite, avec Likhachev (Image : Kremlin.ru)

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, a discuté de la sûreté et de la sécurité nucléaires à la centrale nucléaire de Zaporizhzhia lors d’une réunion avec le président russe Vladimir Poutine. Il s’est également entretenu avec le directeur général de Rosatom [Likhachev] et des représentants diplomatiques et militaires russes.

La transcription de l’ouverture de la réunion du service de presse du président russe cite Poutine disant que la Russie est un « leader incontesté » en termes de coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) : « Nous exploitons, mais développons également activement, le secteur de l’énergie nucléaire et le considérons comme une énergie respectueuse de l’environnement. Nous faisons tout pour accroître la sécurité dans les installations nucléaires.

[…] Grossi a parlé de sa récente visite à l’usine de Zaporizhzhia et « les parties ont confirmé leur accord pour poursuivre les contacts ». L’agence de presse officielle russe Tass a rapporté que Likhachev aurait déclaré après cette réunion que l’un des sujets susceptibles d’être discutés par Grossi et Poutine était de savoir comment « rendre l’opération sûre mais aussi opérationnelle ». Jeudi matin, Tass a déclaré que lorsqu’il lui avait demandé si le redémarrage de la centrale nucléaire avait été discuté lors de la réunion, un porte-parole du Kremlin avait répondu : « Nous ne commentons pas la partie à huis clos de la conversation ». […]

World Nuclear News, traduction automatique

Vendredi 8/3, 7h00

La farandole du nuc.

EDF n’en a pas fini avec les problèmes de corrosion. Ce jeudi, l’énergéticien français en a détecté sur deux soudures du réacteur de la centrale de Blayais 4, située en Gironde, où se déroulent des travaux de maintenance. « On procède au remplacement des portions concernées », a-t-on précisé chez l’électricien, confirmant une information du journal Le Parisien.

Pour rappel, EDF a traversé une « crise de la corrosion » ces deux dernières années, après la découverte dans la centrale de Civaux (Vienne) en octobre 2021 d’un problème de corrosion sur des conduites d’eau, servant à refroidir le réacteur en cas d’urgence. […]

La Tribune

Dans la perspective du premier sommet pour l’énergie nucléaire tenu le 21 mars prochain à Bruxelles, où il sera notamment question du financement du nucléaire, Raphaël Grossi (AIEA) appelle dans un entretien accordé au Financial Times les banques de développement européenne (et asiatique) à mettre à jour leur logiciel en matières nucléaires. […]

SFEN (Société Française d’Énergie Nucléaire)

La commission de l’environnement de la Chambre des députés [italiens] a annoncé mercredi (6 mars) entamer une grande étude sur le rôle que l’énergie nucléaire pourrait jouer dans la transition écologique du pays, afin d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Seule la majorité droite / post fasciste pro-nucléaire a voté en faveur d’une telle étude. Le Parti démocratique (PD), le Mouvement cinq étoiles (M5S) et l’Alliance de la gauche écologiste se sont abstenus. L’Italie est aujourd’hui le seul pays du G7 à ne pas avoir de centrale nucléaire en activité : sa dernière avait fermé en 1990, à la suite d’un référendum contre l’atome.

[…] Mais cet enthousiasme n’est pas partagé par tous. Lors d’un entretien avec Euractiv, Katiuscia Eroe, experte en énergie chez Legambiente, a déclaré : « Il est clair, au vu des données sur le rôle de l’énergie nucléaire dans le monde, le calendrier, le coût et les problèmes non résolus, que l’énergie nucléaire ne peut pas avoir sa place dans la transition énergétique de l’Italie ».

« L’énergie nucléaire sûre n’existe pas, c’est de la pure science-fiction. Nous n’avons pas le temps, dans un pays qui connaît en moyenne plus de 140 événements climatiques extrêmes, de penser à des technologies défaillantes », a-t-elle ajouté. […]

Euractiv

Emma Thompson, Julianne Moore et bien d’autres ont rejoint la campagne pour le désarmement nucléaire, en signant une lettre ouverte, dans le cadre de l’initiative « Make Nukes History ».

« En tant qu’artistes et militants, nous voulons faire entendre notre voix pour rappeler que si Oppenheimer est de l’histoire ancienne, les armes nucléaires ne le sont pas », peut-on lire dans la lettre ouverte, publiée aujourd’hui dans le L.A. Times. « En cette période de grande incertitude, une seule arme nucléaire – sur terre, sous la mer, dans les airs ou dans l’espace – est de trop. Pour protéger nos familles, nos communautés et notre monde, nous devons exiger des dirigeants mondiaux qu’ils s’emploient à reléguer les armes nucléaires au passé et à construire un avenir plus radieux« . […]

Euronews
(Crédit : OTICE, via Wikimedia Commons)

Un cratère sur le site d’essais de Semipalatinsk, le principal site d’essais d’armes nucléaires de l’Union soviétique, aujourd’hui au Kazakhstan. Des images satellite récentes indiquent un niveau d’activité accru sur le site d’essais nucléaires souterrains de Novaya Zemlya, dans l’Arctique, ce qui amène les observateurs à se demander si la Russie ne se prépare pas à reprendre ses essais d’explosifs nucléaires. […]

Bulletin of the Atomic Scientists, traduction automatique

Vendredi 8/3, 6h35

En bref.

Trump n’a plus d’adversaire : Nikki Haley a annoncé la fin de sa campagne. La Tchéquie travaille à réunir pour le front ukrainien 800 000 obus, achetés « à des pays tiers ». Macron déclare que l’engagement français n’a pas de limite ou de « ligne rouge« . La Hongrie s’oppose à la nomination de Rutte à la direction de l’OTAN et Orban va rendre visite à Trump. La Suède est officiellement devenue le 32e membre de l’OTAN.

[…] dix jours après les commentaires présidentiels n’excluant pas d’envoyer des renforts militaires en Ukraine, la question divise les chancelleries occidentales : Emmanuel Macron a-t-il eu tort de précipiter le débat sur la présence militaire occidentale dans le pays assiégé par la Russie ? Le chef de l’Etat français est certes coutumier des propos intempestifs, sur l’OTAN (jugée « en état de mort cérébrale » en 2019), la Russie (qu’il ne fallait « pas humilier », trois mois après l’invasion de son voisin ukrainien), ou Taïwan (afin de dissuader l’Europe, en avril, d’être « prise dans des conflits qui ne sont pas les nôtres »). Il s’est fait une spécialité d’avoir raison, ou le plus souvent tort, seul contre tous.

[…] Pour sa défense, le président français prétend vouloir restaurer l’« ambiguïté stratégique » afin de convaincre Vladimir Poutine que « rien n’est exclu ». A Paris, on juge désormais que la grande erreur de Joe Biden dans ce conflit, alors que le renseignement américain prévenait d’une invasion imminente, est d’avoir assuré par avance qu’il n’enverrait « aucun soldat sur le terrain ».

D’après Thomas Gomart, le directeur de l’Institut français des relations internationales, « les propos de Macron ont un double mérite : souligner la gravité de la situation en Ukraine, et faire apparaître des points de clivages politiques en vue des élections européennes ». La démarche n’en est pas moins doublement risquée. D’abord, la sortie présidentielle a d’ores et déjà semé la confusion entre les Occidentaux, au moment où les Européens tentent de s’organiser pour compenser le blocage de l’aide militaire américaine en raison de la proximité des élus avec Donald Trump. « Le plus risqué est d’afficher ce niveau de soutien politique avec la faiblesse des moyens dont on dispose », prévient Thomas Gomart.

[…] Cette démarche est à double tranchant car elle peut se retourner contre le camp pro-ukrainien, dans la mesure où 68 % des Français jugent que le chef de l’Etat a eu tort d’afficher cette position, selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro. En France, le RN s’est engouffré dans la brèche pour dénoncer l’envoi de troupes en Ukraine. Son allié allemand, l’AfD, a fait de même, incitant le chancelier Olaf Scholz à redoubler de prudence.

Le Monde, chronique de Philippe Ricard, « Les propos de Macron sur l’envoi de troupes alliées en Ukraine ont semé la confusion entre les Occidentaux, au moment où les Européens tentent de s’organiser »

Jeudi 7/3, 21h05

Tcherno.
La saison des brulis a démarré… mais pas un mot sur les radionucléides. Puisqu’on vous dit que la zone interdite est une réserve naturelle.

Le fait de brûler de l’herbe sèche présente des dangers évidents et non évidents.

Tout d’abord, il s’agit d’un risque énorme de propagation d’incendies incontrôlés, y compris dans les forêts et les agglomérations ; destruction de nids d’oiseaux, d’autres petits animaux et d’écosystèmes entiers ; brûlage de la couche supérieure de sol fertile, etc.

Cependant, moins perceptibles à première vue, les conséquences d’un brûlage irresponsable de l’herbe causent également des dommages extrêmement graves à la nature et à la santé humaine.

Par exemple, lors de la combustion d’une tonne de résidus végétaux, environ 9 kg de microparticules de fumée sont libérées dans l’air. Ils comprennent la poussière, les oxydes d’azote, le monoxyde de carbone, les métaux lourds et un certain nombre de composés cancérigènes, dont l’une des substances les plus dangereuses : les dioxines.

Le benzopyrène, qui peut provoquer des maladies oncologiques chez l’homme, est libéré dans les feuilles en combustion sans accès à l’oxygène. […]

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook

Jeudi 7/3, 21h00

Tcherno.
Tola donne des nouvelles.

Tout va comme avant. Alexey étudie beaucoup, il a déjà passé ses examens à l’école de musique et a été transféré en 4ème année (il a passé la 3ème année en six mois).
Nous avons terminé l’examen médical de Nazar à l’institut médical et les conclusions sont très décevantes pour nous. Les médecins ont fait un nouveau diagnostic et ont dit qu’il était incurable, que Nazar ne parlerait jamais et ne pourrait marcher qu’avec un soutien. Nous sommes très contrariés et brisés car on nous avait dit auparavant que tout était guérissable. Cependant, nous poursuivons le traitement et emmenons Nazar à des cours à Ivankiv, nous suivons également des cours supplémentaires à l’école et nous nous sommes inscrits à un programme de rééducation pendant l’été.

Nous avons regardé la performance de la chorale sur YouTube. Bravo ! J’aimerais aussi chanter avec vous. C’est vraiment une belle composition colorée, et l’interprétation authentique de la chanson ukrainienne « Letila zozoulia » me touche beaucoup. Peut-être qu’un jour, je jouerai de l’accordéon, si vous me le permettez.
J’espère que Pasha va bien, qu’il rentrera chez lui et qu’Olga cessera enfin de s’inquiéter, et nous prions pour cela.

[…] Merci pour votre soutien, votre soutien est très important pour nous.

Tola, Viber (texte)

Jeudi 7/3, 20h15

Pacha va bien. Un chat a sympathisé avec l’équipe.


Mercredi 6/3, 14h15

Zapo.

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a mis en garde mercredi la Russie contre tout redémarrage précipité de la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par les forces de Moscou dans le sud de l’Ukraine. M. Grossi a dit avoir eu des discussions « tendues » au sujet de la sécurité de la centrale, avant un entretien avec Vladimir Poutine, rapportent les agences de presse russes.

M. Grossi a dit mercredi à l’Agence France-Presse, à Sotchi, dans le sud de la Russie, avoir expliqué à ses interlocuteurs russes que tout redémarrage de la centrale « nécessiterait un certain nombre de considérations sérieuses ». « Il s’agit d’une zone de combat militaire. Une zone de combat actif », a souligné le patron de l’AIEA, tout en rappelant que la centrale est à l’arrêt « depuis une longue période » et qu’il faut donc procéder à un certain nombre d’évaluations quant à la sécurité. […]

Le Monde, Live 13h44

Mercredi 6/3, 14h00

La farandole du nuc.

Revers pour le gouvernement [français]. Les députés ont rejeté, ce mardi soir en commission, l’article clé de la réforme de la sûreté nucléaire, sur la fusion entre l’ASN, gendarme du nucléaire, et l’IRSN, expert du secteur, alors qu’une manifestation contre le texte s’est tenue près de l’Assemblée. Le camp présidentiel tentera toutefois de rétablir cet article durant l’examen du projet de loi dans l’hémicycle, à partir du 11 mars. Mais le vote de la commission est un nouvel échec pour cette réforme controversée, et déjà rejetée à l’Assemblée nationale il y a un an, par une coalition des oppositions. […]

Les Échos, Nouveau revers pour la réforme de la sûreté nucléaire

Partenaire officiel de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2024, l’électricien s’est engagé à fournir de l’électricité 100% renouvelable pour l’ensemble des sites de la compétition. Résultat, l’atome civil est totalement absent de la communication autour de l’événement. Un paradoxe pour le groupe, qui exploite 56 réacteurs nucléaires et qui amorce une relance d’ampleur.

[…] Alors, le nucléaire est-il devenu tabou chez EDF le temps des Jeux 2024 ? En réalité, ce parti pris de communication sans atome est le résultat de la demande du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (Cojo) qui, lors de la candidature, avait spécifiquement exigé des Jeux 100% renouvelables. A l’époque, en 2015, le retour en grâce du nucléaire n’a pas encore eu lieu. Bien au contraire. Nous sommes quatre années après l’accident de Fukushima et la France s’est engagée à diminuer la part du nucléaire à 50% de son mix électrique via la fermeture de plusieurs centrales, dont celle de Fessenheim. Une promesse de campagne de François Hollande en 2012, actée en avril 2017. Le grand virage de la politique énergétique marquée par le discours d’Emmanuel Macron à Belfort, en février 2022, officialisant la construction de six nouveaux réacteurs, voire de huit supplémentaires, n’interviendra que sept ans plus tard. […]

La Tribune, Pour les Jeux olympiques, EDF met le nucléaire sous le tapis

Mercredi 6/3, 10h15

Vu aujourd’hui : pyramide.

Vous voyez tous les types de structures d’apparence folle sur et autour des bases militaires [américaines] lorsque vous parcourez les images satellite. Mais de temps en temps, vous découvrez quelque chose qui est tout simplement trop bizarre pour passer à autre chose sans explication.

[…] Le site particulier est situé à l’extrémité ouest du complexe de lancement de Green River, aujourd’hui disparu, dans l’Utah, et mesure 530 pieds sur 450 pieds [environ 160 par 130 mètres] et couvre cinq acres et demi [en gros, 20 000 mètres carrés]. Mais le fait est que cet imposant luminaire n’est même pas une structure : c’est un tas. Ce que vous voyez sur l’image ci-dessus est un monticule géant et profilé de déchets radioactifs.

[…] À l’origine, une usine sur le site était exploitée par Union Carbide de 1957 à 1961, à l’apogée de l’ère atomique. En seulement trois années d’exploitation en tant qu’installation de valorisation de l’uranium, elle a produit 183 000 tonnes de minerai et généré environ 114 000 mètres cubes de résidus radioactifs, un matériau principalement sablonneux.

[…] Une fiche d’information accessible au public en ligne sur le site comprend des détails sur sa construction particulière [et précise] : « L’alvéole de stockage de Green River est conçue et construite pour durer de 200 à 1 000 ans. Cependant, la licence générale n’a pas de date d’expiration et le DOE [Department of Energy] comprend que sa responsabilité à l’égard de la sécurité et de l’intégrité du site de Green River durera indéfiniment. »

[…] Ainsi, comme les pyramides d’Égypte, ce sont également des lieux de repos éternels dont le contenu n’est jamais destiné à être déplacé ou agressé. […]

The War Zone, Voici ce que fait une sinistre pyramide noire géante dans une base militaire abandonnée, par Tyler Rogoway, mis à jour le 19 septembre 2018, traduction automatique

Mercredi 6/3, 0h15

Nous passons un long moment avec Olga et Morgan au téléphone. Elle raconte son week-end à Irpin et Kyiv avec des amies — qui l’a remontée —, elle nous apprend le sens de l’adjectif adamantine et l’on finit par intituler cette petite fenêtre sur la vie en Ukraine, Radio Micronina (par jeu de mots avec son nom de famille).

[…] Vicka a appris à contrôler sa peur animale de l’eau ; elle est aussi venue à Kyiv pour prendre un cours de freediving [apnée] à la piscine ; tout est filmé et nous regardons les vidéos de Vicka apprenant à se retourner sous l’eau, à nager sans panique… Nous sommes très fières d’elle.

[…] Nastia rédige des documents techniques pour les développeurs informatiques ; ce n’est pas passionnant, mais elle gagne bien sa vie, assez pour entretenir sa mère et donner à l’armée. Bizarre à presque quarante ans de vivre avec maman. Elles ont appris à se laisser de la place et ça va.

[…] L’autre Olga, j’en suis fière aussi. Elle était chanteuse dans un duo avec son frère, très populaire en Ukraine, mais son frère a arrêté. Maintenant, elle chante dans un chœur, elle est ravie de donner de l’énergie. Pour gagner sa vie, elle a créé une école de langue à Kyiv. Les deux sœurs, du journal des deux sœurs [publié dans le Monde] donnent des cours chez Olga !

[…] Dans le train, j’ai discuté avec un juriste magicien. Il apprend à changer la réalité par la pensée. On a parlé de livres (parce que j’étais en troisième classe pour pouvoir acheter le livre de Maksim) et il en a cité un : j’ai compris quelque chose comme Windsurfing de la réalité ! Ce n’était sûrement pas ça, mais du coup, comme il m’expliquait qu’il était venu protéger quelques soldats, je me demandais : avec la loi ou avec la magie ?

[…] On est allée à Maïdan samedi soir et c’était triste. Plein de drapeaux, de photos d’hommes beaux et jeunes, qui auraient dû vivre. Il y en a des milliers.
Je n’ai pas aimé qu’il y ait de la place, comme réservée pour d’autres encore. Bien sûr, j’imaginais que ça pouvait devenir ma réalité, mais quand même le premier sentiment, c’était la fierté d’être de ce peuple.

[…] Pacha est épuisé. Il a dit qu’il a tout le temps envie de dormir. Il dort. Il se réveille pour fumer et il dort à nouveau. Il est reparti pour un nouvel endroit, ils ne savent jamais à l’avance. Sa voix était mieux aujourd’hui. J’ai réfléchi à faire quelques travaux dans l’appartement à Irpin, il y avait un peu de moisissure sur les papiers peints [l’appartement n’est pas habité depuis deux ans]. Il n’y a pas de fuite d’eau avec le toit et ce n’est pas encore dramatique, mais je pourrais y revenir quelque temps et arranger ça. La mère de Nastia, qui a beaucoup d’expérience dans ce genre de choses, serait partante pour aider. L’idée a tout de suite plu à Pacha.

[…] Oui, les collectes marchent toujours, surtout les grosses. Acheter des drones maritimes : des dizaines de millions [de grivnias] en 36 heures ! [Je cite le commentaire d’un article de War Zone consacré à la destruction d’un autre bateau russe la nuit dernière grâce des drones marins :  » la marine ukrainienne existe : elle détruit des vrais bateaux »] On ne le sait pas, mais les cosaques étaient réputés sur l’eau : ils utilisaient de petits bateaux, légers, rapides, efficaces, qu’ils appelaient « goélands » ; à plusieurs ils attaquaient les grosses galères turques, incapables de bouger assez vite ! [et voilà pour l’hérédité des drones ukrainiens en Mer Noire].

[…] C’était Radio Micronina. Restez connectés. Bonne nuit les amis.

Olga, Viber (vocal)
Wikipedia, Freediving, photo Agata Bogusz

Mardi 5/3, 21h15

Finalement, je l’ai trouvé dans une librairie de Kyiv, qui garde au dessus de sa porte l’enseigne précédente des cosmétiques suédois Oriflame.
J’ai lu le premier poème : il est clair. […]

Olga, Viber (vocal)

Mardi 5/3, 16h30

Tcherno.

FIRMS signale des incendies au sud-ouest de Tcherno : deux sous Bober et un troisième au dessus de Fedorivka.

Carte de la contamination européenne au césium 137 sur fond Google Earth

Mardi 5/3, 16h25

Lu aujourd’hui.
Emmanuel Grynszpan, journaliste au service international du Monde, vient de rentrer d’Ukraine. Extraits du tchat organisé cet après-midi.

— Bonjour, connaissez vous des Russes sympas et pro-Poutine ? Avez vous rencontré des déserteurs ukrainiens ? Certains ukrainiens vous ont ils témoigné de leur impression d’être le jouet d’un guerre Biden-Poutine ? Pourquoi tous vos articles sont ils aussi manichéens ? Ça existe

— Bonjour,
Un individu pro-Poutine ne peut pas m’être sympathique. J’ai trop vu de crimes perpétrés depuis 24 ans. Tchétchénie, Géorgie, Syrie, Ukraine, opposition russe. Un pro-nazi peut-il vous être sympathique ? C’est exactement pareil.
Je considère qu’il fait partie de mon travail de nommer les choses. Poutine est un dictateur sanguinaire. L’Ukraine est agressée. Ses civils sont massacrés. Marioupol a été encerclée et anéantie. Ce sont des faits.
Les expressions du type « jouet d’une guerre Biden-Poutine » relèvent du complotisme. Poutine a provoqué la guerre. Personne n’a menacé les frontières russes depuis 1945. Emmanuel Grynszpan

Le Monde, tchat avec Emmanuel Grynszpan

— Bonjour Emmanuel
Il semble en lisant vos témoignages que les combattants Ukrainiens sont motivés. Les combattants adverses le sont-ils ? Corentin

Bonjour Corentin,
J’ignore ce qu’il y a dans la tête des Russes, mais certains chiffres parlent. Les combattants russes sont ainsi payés autour de l’équivalent de 2 000 euros par mois, ce qui est une somme énorme pour des gens venus de régions pauvres où le salaire tourne autour de 300 ou 400 euros. C’est comme si l’on proposait à des chômeurs français d’aller tuer pour 10 000 euros par mois. Emmanuel Grynszpan

Le Monde, tchat avec Emmanuel Grynszpan

— A-t-on une idée des pertes ukrainiennes ? le président Zelensky a annoncé un chiffre, mais est-il (véri)fiable ? Serge Lochu

Bonjour Serge Lochu,
Selon mes sources, le nombre de 31 000 morts donné par le président Volodymyr Zelensky est exact, mais ne représente que les morts officielles documentées. Il n’existe pas de base de données en accès libre qui permette de le vérifier indépendamment.
Un groupe apparemment piloté par le renseignement russe (ualosses.org) a compilé des annonces de décès, mais en s’appuyant sur un mélange de sources fiables et non fiables, rendant le chiffre total non pertinent.
Une source proche des renseignements militaires m’a dit que les estimations totales sont autour de 60 000 morts. Les 30 000 supplémentaires sont les disparus (selon lui, 90 % sont morts, 10 % sont prisonniers en Russie) ainsi que les milliers de morts non identifiés gisant dans les morgues, faute de tests ADN. Emmanuel Grynszpan

Le Monde, tchat avec Emmanuel Grynszpan

— Bonjour
La debacle de l armée ukrainienne n etait elle pas prévisible? On pense a ses millier d ukrainnien qui fuient la conscription En tout cas merci pour votr soutien a la boucherie. Oli

Bonjour Oli,
J’assiste depuis deux ans à une boucherie, j’observe un pays dont plusieurs régions ont été ravagées. J’ai rencontré des dizaines de soldats estropiés, des veuves, des orphelins, des cimetières qui s’agrandissent à vue d’œil. Cette boucherie a été désirée et organisée par le pouvoir russe, qui en porte l’entière responsabilité. Les Ukrainiens résistent à une armée numériquement et technologiquement supérieure, qui s’est préparée à l’invasion depuis une décennie au moins.

J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, Oli : il n’y a pas de débâcle de l’armée ukrainienne. L’armée russe n’a pas enfoncé les lignes ukrainiennes. Cette dernière se replie lentement, faute d’avoir reçu les obus promis par l’Union européenne et les États-Unis. Le rapport de feu ne cesse de se dégrader au profit de l’artillerie russe. 1/10 environ. Ce n’est pas une fatalité. Si les obus arrivent, l’armée russe cessera probablement de progresser et une contre-offensive sera possible.

Concernant la mobilisation, c’est un grave problème, du fait du retard pris par le pouvoir politique à légiférer et par sa réticence à organiser une mobilisation qui fera probablement baisser la popularité de Volodymyr Zelensky. C’est normal qu’il y ait des milliers de personnes qui soient terrorisées à l’idée d’aller dans les tranchées défendre leur pays. Ce serait la même situation en France si notre pays faisait face à l’agression d’une puissance militaire supérieure. Mais les Ukrainiens restent dans leur grande majorité déterminés à résister. Ils ont vu les exactions commises par l’armée russe dans les territoires occupés. Ils n’ont pas vraiment le choix. Emmanuel Grynszpan

Le Monde, tchat avec Emmanuel Grynszpan

Voice of America ou Radio Free Europe émettaient de l’Ouest vers l’URSS pendant la guerre froide. Désormais, il va falloir se familiariser avec Svoboda, « liberté » en russe. Reporters sans frontières (RSF) a officiellement lancé, mardi 5 mars au Parlement européen, le bouquet satellitaire Svoboda, qui rassemble une dizaine de chaînes et de radios russophones indépendantes. Celles-ci émettent d’Europe grâce à l’un des satellites de télécommunication d’Eutelsat vers la Russie, la Biélorussie ou encore des territoires d’Ukraine occupés par l’armée russe.

« Il faut inverser la logique de la propagande et proposer à une audience russophone l’accès à des chaînes de télévision et de radio où prévaut le journalisme indépendant, sérieux, fondé sur les faits », explique Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, venu présenter cette « initiative pionnière pour le droit à l’information » en Russie.

[…] Le choix du satellite, quoique onéreux, s’est imposé rapidement, car il est de plus en plus difficile d’utiliser Internet pour émettre en Russie, qui filtre et censure l’ensemble des contenus. De plus, l’utilisation d’un satellite d’Eutelsat doté d’une technologie antibrouillage est apparue comme la meilleure des solutions pour atteindre un public russe.

[…] Concrètement, le satellite propose depuis mi-février une diversité de chaînes et de radios, avec des médias russes bien connus comme Echo, émanation de la radio historique Echo de Moscou, ou Radio Sakharov. Ou bien encore Novaïa Gazeta Europe, qui participe à la chaîne Svoboda, Gordon TV, du populaire journaliste ukrainien Dmytro Gordon, Belarus Tomorrow ou des chaînes occidentales, comme OstWest, la chaîne russophone installée à Berlin. […]

Le Monde [edit], Reporters sans frontières lance Svoboda, un bouquet d’une dizaine de chaînes et de radios, pour contrer la propagande russe, Par Philippe Jacqué (Bruxelles, bureau européen)

Mardi 5/3, 9h00

Guerre temporelle (le 20e siècle essaye de niquer le 21e) : héhé.

Le Figaro, Staline, lors d’un discours, en 1937 à Moscou. AFP

Le parti communiste de Russie a exhorté le Service fédéral de sécurité (FSB) et les principaux procureurs russes à enquêter sur une éventuelle implication des services de renseignement occidentaux dans la mort en 1953 du dirigeant soviétique Joseph Staline, a rapporté l’agence de presse officielle russe RIA Novosti.

[…] « De nombreux témoignages de contemporains de Staline suggèrent un empoisonnement potentiel du dirigeant soviétique par des agents d’influence occidentale », aurait déclaré Malinkovitch [le président du parti].

On ne sait toujours pas si le FSB ou le parquet général ont répondu à la demande du parti.

Le 5 mars commémore le 71e anniversaire de la mort de Staline. Il a été dirigeant de l’Union soviétique de 1924 jusqu’à son décès. Le gouvernement a attribué sa mort à un accident vasculaire cérébral hémorragique.

The Kyiv Independent, traduction automatique

Lundi 4/3, 19h35

Je suis bien rentrée, je déteste les compartiments les moins chers, mais j’ai pu acheter le livre de Maksym Kryvtsov ! Je suis fatiguée mais contente d’avoir fait ce voyage.

Olga, Viber (texte)

Lundi 4/3, 19h25

Narratif nuc, littéralement.

L’avenir du monde, du moins à en croire le patron de la firme AtkinsRéalis, tient au nucléaire. Cette compagnie, anciennement connue sous le nom de SNC-Lavalin, a changé de nom. Les scandales qui l’ont éclaboussée, affirme-t-elle, appartiennent au passé.

Pour sa campagne de promotion de l’énergie atomique, AtkinsRéalis s’est assuré les services de deux anciens premiers ministres : Jean Chrétien et Mike Harris. En 2019, comme l’a révélé Radio-Canada, Jean Chrétien était déjà allé jusqu’à proposer, avec une stupéfiante légèreté, de stocker au Labrador des déchets nucléaires étrangers. Dans une lettre, l’ancien premier ministre écrivait à une firme japonaise : « Le Canada a été le plus important fournisseur de combustible nucléaire pendant des années, et j’ai toujours pensé qu’il serait approprié que le Canada devienne, en fin de compte, l’intendant et le garant de l’entreposage sécuritaire des déchets nucléaires après leur premier cycle de service. »

Pas de carboneutralité sans nucléaire, répète le patron d’AtkinsRéalis comme un slogan publicitaire. Il faut remplacer les combustibles fossiles, tout en doublant ou en triplant, grâce au nucléaire, la production d’électricité, plaide-t-il. Pas question, dans cet exposé, de repenser un modèle de société fondé sur une expansion infinie de la consommation. Toujours plus d’automobiles, pourvu qu’elles soient électriques. Toujours plus de chauffage, peu importe que nos bâtiments soient des passoires thermiques. Autrement dit, ce qui continue de compter, c’est la croissance.

La semaine dernière, le ministre Pierre Fitzgibbon a encore répété qu’il ne fermait pas la porte au retour du nucléaire. Depuis l’arrivée de Michael Sabia à la tête d’Hydro-Québec, les signaux qui vont dans le sens de cette relance se sont multipliés. « Je pense que comme gouvernement, au ministère, chez nous, il faut rester à l’affût de ce qui se passe dans le nucléaire », a encore affirmé le ministre devant un parterre de gens d’affaires. Pour faire accepter de tels projets, le ministre a précisé qu’il « faut avoir un bon narratif », tout simplement. Au Québec, déplore-t-il, « on n’a pas eu aucun narratif sur le nucléaire » depuis la fermeture de Gentilly-2.

Qu’est-ce qu’un narratif ? En 1928, Edward Bernays, le père fondateur de l’industrie des relations publiques et de la publicité, appelait ces éléments de langage propres à manipuler l’opinion publique de la propagande. Ce mot a fini, comme on le sait, par être défavorablement connoté. On lui en substitua donc d’autres. Voici le dernier-né, utilisé à toutes les sauces : le narratif. Autrement dit, il s’agit d’occuper l’espace public pour y diffuser des récits enchanteurs qui font la part belle à l’industrie, aux multinationales, aux investisseurs, aux milliardaires, tous plus verts les uns que les autres.

Pierre Fitzgibbon montre de l’intérêt pour les mini-réacteurs nucléaires. Le patron AtkinsRéalis fait lui aussi l’éloge de cette technologie pourtant loin d’être merveilleuse. Personne ne dit trop fort que ce type de centrales produit plus de déchets nucléaires par mégawatt. Ces minicentrales produiraient jusqu’à trente fois plus de déchets radioactifs que les centrales nucléaires classiques.

Dans son « narratif », c’est à peine si le patron d’AtkinsRéalis concède que la gestion des matières radioactives constitue un grave danger pour l’humanité.

En Ontario, un vaste dépotoir pour les déchets radioactifs a été approuvé le 9 janvier. Il va s’empiler là, durant un siècle, non loin de la rivière des Outaouais, des tonnes de métaux lourds, des éléments radioactifs dangereux, du plutonium, de l’uranium, etc. Le tout promet d’occuper, pour l’éternité, une surface équivalente à 70 patinoires de la Ligue nationale de hockey.

En France, ce sont 280 km de galeries souterraines qui sont en phase d’être construites pour stocker des déchets nucléaires. Pour donner une idée, les galeries du métro de Montréal totalisent 71 km. Ce sarcophage géant sera le plus grand chantier d’Europe. Dans ces galeries, les déchets les plus dangereux pourront cracher de la radioactivité durant 100 000 ans.

Pour que l’hydrogène et les émanations qui se dégagent de cet ensemble de déchets n’explosent pas, il faut continuellement voir à ventiler. Ce qui nécessite de l’électricité. Une panne de courant, si elle dure plus d’une semaine, pourrait être catastrophique. Évidemment, des problèmes électriques, des cataclysmes, des guerres, des terroristes, cela n’arrivera jamais en cent ans. Pas davantage en mille ans, sans doute. D’ailleurs, à l’entrée de ces sites, en quelle langue prévenir les générations futures de ne pas creuser ?

Le discours du patron de AtkinsRéalis ressemble beaucoup à celui que tient, ces jours-ci aussi, le fabricant de céréales Kellogg’s. Gary Pilnick, son p.-d.g., se désole de voir le coût des aliments bondir. Il ne recommande pas pour autant de revoir les marges de profits dont s’engraissent les géants de l’alimentation, ni le système d’exploitation qui préside à cette flambée des prix. Il suggère, tout bonnement, de manger des céréales au souper, afin que les consommateurs diminuent leurs factures et que les fabricants de céréales, eux, se fassent plus de blé. Au bas de l’échelle, cela ne change rien aux malheurs du plus grand nombre. Les producteurs agricoles du Québec, par exemple, se retrouvent cette année avec les revenus nets les plus bas depuis 1938, disent-ils.

Les industriels du nucléaire opèrent selon cette même logique élastique qui consiste à se faire du blé coûte que coûte. Notre dépendance à l’automobile et à des modes de vie énergivores les arrange. Et il suffit, à les entendre, de continuer à foncer de plus belle, tête baissée, pour s’échapper d’une réalité qui pourrit l’avenir. Leurs technologies promettent de tout arranger. À condition de bien vouloir avaler d’abord, comme des céréales molles, leur narratif.

Le Devoir, Jean-François Nadeau, Le narratif

Selon nos informations, EDF évalue désormais à 67,4 milliards d’euros le coût de construction prévisionnel des six réacteurs EPR2 commandés par les pouvoirs publics pour engager la relance du nucléaire en France – un nouveau prix estimé « en euros de 2020 ». C’est 30 % de plus que les 51,7 milliards d’euros annoncés par EDF en avril 2021, dans une première estimation rendue publique. […]

Les Échos, Nucléaire : la facture prévisionnelle des futurs EPR grimpe de 30 %

Dimanche 3/3, 18h45

Avec mon amie Nastia, à Kyiv. C’est bien sucré, assez alcoolisé et ça fait chaud partout.

Mais là tu ne voudrais pas être à Kyiv – on descend à l’abri.

Heureusement j’ai un peu de B52 dans le sang, il fait bien froid ici. Je suis déjà à l’abri de la gare.

J’ai l’accès à la queue, les trains partent pendant l’alerte. Le mien est dans trente minutes.

Tiens, il n’y a plus d’alerte, je sors. Et on peut monter dans le train.

Olga, Viber (texte)

Dimanche 3/3, 18h25

Lu aujourd’hui.

[…] Sur les étagères, Tamara, une employée, a commencé par retirer l’écrivain russe Edouard Limonov, dissident politique rallié au Kremlin en 2014, lors de la guerre du Donbass, ou le Brésilien Paulo Coelho, reçu plusieurs fois par Vladimir Poutine et qui accuse l’Ukraine de « russophobie » depuis l’invasion. Les salles sont joliment aménagées, mais qu’on ne s’y trompe pas : derrière les fleurs, les couleurs joyeuses ou les espaces ludiques, la longue et tragique histoire de l’Ukraine n’est jamais bien loin, trois cent cinquante ans d’une russification sanglante.

La famille de Tamara habite sur l’autre rive, juste en face, une zone sous contrôle ennemi depuis deux ans. « Ils vivent dans la peur », raconte-t-elle. Les professeurs qui continuent à enseigner en ­ukrainien sont torturés, s’exprimer dans cette langue est interdit. Les drapeaux nationaux ou les habits traditionnels sont enterrés dans les ­jardins, clandestinement : les occupants arrêtent tous ceux qui en détiennent. « Notre identité est au cœur de cette guerre. Depuis des siècles, Moscou veut nous détruire en tant que peuple », continue la jeune femme.

Métropole industrielle au cœur de l’Ukraine, Kryvy Rih s’enorgueillit de ses vingt bibliothèques pour la jeunesse aménagées selon les plus récentes recommandations internationales. Autant le dire tout de suite : Olena Roudova, qui gère l’ensemble, était au départ réticente en entendant le mot « retrait », surtout pour les grands classiques.

Elle-même a commencé sa carrière comme enseignante de littérature russe. Alexandre Pouchkine figure d’ailleurs toujours au programme scolaire, traduit en ukrainien. « Je me disais : “Ces auteurs sont reconnus dans le monde entier et nous, on les exclut. Est-ce que c’est juste ?”, explique-t-elle. Puis la directrice a songé à son mari, combattant volontaire sur le front dès le début de l’invasion. Aujourd’hui, quelque chose a profondément changé en nous. »

[…] Il faut attendre 2014 pour que commence une révolution de papier dans la foulée de Maïdan, cette immense mobilisation contre la mainmise de Moscou et en faveur d’un rapprochement avec l’Europe. Dans l’enthousiasme, des maisons d’édition se créent et publient en ukrainien.

Dans les bibliothèques publiques, où l’essentiel du catalogue n’avait pas bougé depuis 1991 faute de budget, la politique culturelle recommande désormais d’« ukrainiser » le fonds, autrement dit d’acheter et d’ajouter des livres dans la langue nationale, exclusivement. Tolstoï, Dostoïevski ou Pouchkine sont invités à déménager : ils rejoignent désormais le département littérature étrangère.

[…] A vrai dire, les goûts culturels du public ont muté avec l’invasion : la lecture se pratique aujourd’hui avec ferveur, bien plus qu’avant la guerre, et 80 % des lecteurs du pays exigent désormais des ouvrages en ukrainien, selon l’Institut du livre, contre 40 % avant l’invasion. « Je ne combats pas sur le front, mais je ne lis plus que dans ma langue, exclusivement, c’est ma façon de résister », témoigne une enseignante à [Kyiv]. Ses phrases claquent comme des détonations : « Je considère que c’est un acte patriotique. »

[…] Pour soutenir les bibliothèques face à la demande croissante du public, l’Institut français d’Ukraine à [Kyiv] a offert pour 50 000 euros de livres, dont Le Petit Prince, de Saint-Exupéry, traduit en ukrainien. De son côté, Pen Ukraine organise des collectes et des tournées à travers le pays, ses camionnettes cahotent vaillamment le long des lignes de front, pleines de livres et d’auteurs. Plus de six cents établissements ont déjà été visités.

[…] « Et Boulgakov ? Qu’est-ce qu’on va faire de Boulgakov ? », s’est alarmée [la bibliothécaire]. Né en 1891 et élevé à [Kyiv], l’écrivain est à la fois l’auteur du Maître et Marguerite, œuvre majeure, mais aussi de textes méprisants pour le courant nationaliste et la langue [ukrainienne]. […]

Le Monde, Exit Pouchkine, Dostoïevski, Tolstoï… Grand ménage dans les bibliothèques d’Ukraine
Par Florence Aubenas

Samedi 2/3, 23h55

Tcherno.

Denis Vishnevski, Facebook

Tout le monde ne perçoit pas le début du printemps à sa manière.

La nature a ses propres marqueurs – fonte des neiges, bris de glace sur les réservoirs, pollinisation de l’eau, arrivée des oiseaux, apparition des primevères, des premiers insectes, sortie d’hibernation des blaireaux et des ours.

Mais les climatologues utilisent les données d’observation de la température de l’air pour déterminer le début du printemps. Alors que plusieurs dernières années ont été marquées par des hivers instables, des dégels à répétition et le retour du froid, cette tâche en apparence simple s’avère être encore plus un défi ! C’est peut-être pour cela que l’arrivée des saisons climatiques est annoncée tardivement…

Mais les scientifiques de la réserve de Tchernobyl sont convaincus que le printemps est arrivé.

Selon des calculs basés sur les données d’une station météorologique automatique située dans l’une des branches de la Réserve et sur les observations de la station météorologique de Tchernobyl, le printemps climatique de cette année est arrivé le 1er février. Et même si après cette date un léger froid est revenu et même de la neige est tombée, les processus printaniers se renforcent.

Les derniers restes de neige dans les forêts ont déjà disparu, les rivières se sont débarrassées de leurs glaces et se sont remplies d’eau. Encore plus tôt, des « chats » sont apparus sur les saules. La tonalité de couleur des arbres commence à changer.

L’ornithologue de la réserve Serhii Domashevsky observe la migration des oiseaux migrateurs. On trouve des perce-neige en fleurs (Galanthus nivalis) dans les domaines des villages abandonnés de Tchernobyl. Il convient d’ailleurs de noter qu’en raison de la collecte massive de perce-neige dans les forêts, ils sont devenus une espèce en voie de disparition et sont donc sous protection, inscrites dans le Livre rouge de l’Ukraine et sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Réserve de rayonnement et de biosphère écologique de Tchernobyl, Facebook, traduction automatique

Samedi 2/3, 23h40

Lu aujourd’hui : le point de vue militaire de Guillaume Ancel.

En mettant les pieds dans le plat, – on peut regretter le procédé mais au moins il ne passe pas inaperçu –, le président Macron a surtout rappelé que « la défaite de Poutine en Ukraine est indispensable » et en agissant ainsi, il met fin à une triple illusion.

[…] La guerre, sans doute la pire activité de l’humanité, nous concerne d’autant plus que nous sommes restés aveugles lorsqu’un empire menaçant s’est construit à nos portes. Cet empire s’est remonté sous la dictature de Vladimir Poutine qu’une génération de conseillers d’un autre siècle nous avait pourtant recommandé d’apprécier en fermant les yeux, d’Hubert Védrine à Dominique de Villepin. 

Au bal des hypocrites, nombreux prennent maintenant l’air outré lorsque le président Macron évoque la guerre, alors que la France a participé à 32 guerres depuis cette sale « guerre d’Algérie » qu’il ne fallait pas appeler ainsi.

De fait, cette guerre a commencé depuis 2 ans en Ukraine et nous sommes impliqués comme la cinquantaine de pays alliés réunis dans le « groupe de Ramstein ». L’Ukraine est donc la trente-troisième guerre à laquelle nous participons : nous avons pris position, nous livrons des armes, nous formons des militaires ukrainiens, nous paramètrons sur place les systèmes les plus sophistiqués comme les missiles SCALP, nous faisons du « renseignement » et du conseil pour aider les forces ukrainiennes. Des « agents français », civils et militaires, sont sur place et agissent au quotidien pour aider les Ukrainiens. 

La question n’est donc pas de savoir si nous devons nous engager dans cette guerre mais jusqu’où nous sommes prêts à aller, ou plutôt jusqu’où nous devons aller.

[…] Notre « impensé » militaire vivait d’autant mieux que les Américains se chargeaient d’intervenir militairement dès qu’une crise apparaissait et menaçait « notre monde occidental ». […] Mais la guerre au Proche-Orient, déclenchée fort à propos par le Hamas et probablement par l’Iran (un autre allié du Kremlin), a brutalement détourné l’attention des Américains qui désormais approvisionnent uniquement l’offensive dantesque déclenchée par le gouvernement Netanyahou, quand bien même elle poursuit une destruction massive de la bande de Gaza. 

Et puis la réapparition de Donald Trump dans la campagne présidentielle des États-Unis finit de nous rappeler que la super-puissance qui nous a protégés jusqu’ici pouvait être dirigée par un abruti.

[…] L’autre illusion qui tombe avec « cette crise dans la guerre en Ukraine » est qu’une guerre ne peut définitivement pas se gagner par procuration. Durant l’été 2023, alors que les forces ukrainiennes s’enlisaient dans une offensive mal conduite pour percer la « digue russe », les conseillers militaires occidentaux se sont durement fait taclés quand ils ont voulu expliquer comment procéder : les Ukrainiens ont simplement rappelé à mes compagnons d’armes que leur référence au débarquement de juin 1944 en Normandie ne serait pertinente que s’ils venaient se battre à leurs côtés…

« Si les Américains s’étaient contentés de vous livrer du matériel, vous seriez sans doute encore sur les plages du débarquement » ont-ils rappelé avec une certaine amertume.

[…] La dernière (et dangereuse) illusion est d’avoir cru que nous n’étions pas directement concernés par cette guerre, qu’elle ne concernait finalement que les Ukrainiens pour lesquels nous compatissions, accueillions des réfugiés et financions leur économie quasiment paralysée par ce conflit. 

Comme si Poutine allait se contenter d’écraser l’Ukraine, comme si Hitler s’était contenté de la Tchécoslovaquie que nous lui avions abandonnée avec les accords de Munich en 1938, pour une illusion de paix.

[…] Par ailleurs, pour ceux qui se voient déjà mobilisés dans une guerre qu’ils rejettent par principe ou par intérêt, il faut rappeler que la France n’a plus la possibilité de mobiliser des forces armées au-delà de son corps professionnel et de quelques réserves, puisque tout simplement elle n’en a plus les moyens. Ma génération d’officiers s’est chargée de défaire le service national – même si officiellement il n’est que suspendu – et il est impossible désormais de mobiliser une armée de masse en France, comme dans la plupart des pays européens. 

La question posée par le président Macron concerne bien évidemment l’armée professionnelle qui n’a jamais cessée d’être engagée sur de multiples fronts sans que personne ne crie « je ne veux pas mourir pour le Mali ou pour le Koweït »…

[…] Pour les Ukrainiens qui se défendent au prix de leur vie, pour les Russes qui résistent à Poutine, pour nos pays européens qui sont menacés par son empire, il est temps de s’unir pour défendre ce qui nous est important : la paix ne se demande pas, elle se gagne en la défendant.

Ne pas subir, Guillaume Ancel, Ukraine, le président français met les pieds dans le plat

Samedi 2/3, 14h50

Tcherno.

FIRMS signale un incendie de forêt dans le secteur de Dydiatky, au sud de Tchernobyl, en zone faiblement contaminée.


Samedi 2/3, 14h45

Le voyage s’est bien passé, j’ai fait connaissance d’un magicien, on a parlé des livres, de la guerre et de la spiritualité. Le toit ne fuit pas, j’ai fait le ménage et je vais à la gare chercher ma copine. […]

Olga, Viber (texte)

Vendredi 1/3, 21h15

Zapo.

La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhya (ZNPP) est privée d’alimentation de secours depuis dix jours, laissant l’installation entièrement dépendante de sa seule ligne restante de 750 kilovolts (kV) pour l’électricité externe dont elle a besoin pour refroidir ses six réacteurs et pour d’autres fonctions essentielles de sûreté et de sécurité nucléaires, a déclaré aujourd’hui le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi.

[…] Tôt mercredi matin, les experts ont entendu une explosion à quelque distance de l’usine, suivie de ce qui semblait être des tirs d’armes légères à proximité ou sur le site. La ZNPP a informé l’équipe de l’AIEA que les troupes russes avaient pris des mesures pour « protéger la centrale » contre les drones dans la zone, mais que la ZNPP elle-même n’avait pas été attaquée et qu’il n’y avait eu aucun dommage ni victime. Aucun autre détail n’était immédiatement disponible sur cet incident. Les experts de l’AIEA ont demandé à accéder à la zone, mais on leur a répondu qu’il n’y avait aucun dommage à inspecter et que la zone était hors du contrôle de la centrale.

[…] Lors des fouilles menées par les experts de l’AIEA la semaine dernière, ils ont constaté que des mines antipersonnel étaient à nouveau visibles à l’intérieur des clôtures d’enceinte inaccessibles au personnel, après qu’elles semblaient avoir disparu début février. […]

AIEA, mise à jour 214, traduction automatique

Vendredi 1/3, 21h10

Vu aujourd’hui.

Meduza - En quelques minutes, une file d'attente s'est formée à l'extérieur de l'église. Selon les estimations des journalistes présents sur place, des milliers de personnes sont venues faire leurs adieux à Navalny [enterré aujourd'hui à Moscou]. Varlamov news Telegram channel (traduction Deepl)

Vendredi 1/3, 7h55

Tcherno.

On se souvient des soldats russes impliqués, au début de l’invasion, dans l’occupation du secteur de Tcherno. Certains avaient installé un camp à l’ouest du réacteur et creusé des abris dans le sol contaminé. Pas forcément une bonne idée. Des publications ukrainiennes relayaient que les soldats du camp contaminé avaient dû être pris en charge par les services médicaux biélorusses.

On se souvient d’une mission de l’AIEA (dont je n’ai pas vu passer les conclusions), opérée pour déterminer le débit de dose de l’endroit, puis d’une mission de Greenpeace Allemagne [Radio-Tchernobyl, 18/7, 18h20 et 31/7, 14h00] examinant l’impact de l’occupation militaire russe sur le territoire de la centrale.
Mais les taux de contamination du sol ou l’exposition des soldats n’ont jamais été clairs. D’après Greenpeace « environ 200 cps (coups par seconde) ont été mesurés au-dessus du camp russe ». A priori, pas de quoi cuire. La question d’une contamination interne reste posée.

Les soldats russes qui ont été aperçus en train de creuser des tranchées dans une forêt hautement radioactive à proximité du site de la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl seraient tous morts. C’est ce qu’a déclaré Oleksandr Menzul, maire de Varash, une ville satellite de la centrale nucléaire de Rivne, qui s’est exprimé dans une interview accordée à Ukrinform.

[…] « Je connais cet endroit, vous n’êtes censé y rester que quelques minutes. D’ailleurs, nous avons reçu des informations par nos canaux selon lesquelles aucun des soldats russes qui s’y trouvaient n’a finalement survécu », a ajouté Menzul. Le maire est diplômé en ingénierie physique, a travaillé au département de sûreté nucléaire et a été chef adjoint du Service de fiabilité, de ressources et d’exploitation de la centrale nucléaire de Rivne.

[…] « En ce qui concerne l’Ukraine, nous devons rappeler à tous que nous sommes un État nucléaire. Oui, nous n’avons pas d’armes nucléaires, mais nous avons des matières nucléaires. L’Ukraine est signataire du mémorandum avec l’AIEA sur le contrôle des mouvements de matières nucléaires. matières, car ce sont potentiellement des armes nucléaires », a déclaré le maire. […]

Comme Ukrinform l’avait rapporté plus tôt, tous les militaires russes déployés dans la Forêt Rouge, sur le territoire de la zone d’exclusion de Tchernobyl, ont été exposés à des doses massives de radiations.

Ukrinform, traduction automatique

En l’absence de chiffres, tout ça me paraît du narratif.


Vendredi 1/3, 0h30

Fuku.

L’opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a envoyé des mini-drones dans l’un des trois réacteurs gravement endommagés par le tsunami de 2011, dans lesquels se trouvent toujours des tonnes de combustible et de débris fondus hautement radioactifs. «Nous avons envoyé deux drones» à chaque fois mercredi et jeudi, en plus d’un mini-robot en forme de serpent jeudi, a déclaré à l’AFP un porte-parole de Tepco […]

[…] Du fait de l’extrême radioactivité et de la haute complexité des lieux, Tepco n’a toujours pas pu commencer l’extraction des quelque 800 tonnes de combustible nucléaire et de débris fondus dans les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale. Tepco a déjà reporté plusieurs fois le début de ce processus qui nécessite des robots sur mesure. Un premier test d’extraction est prévu pour octobre. Les travaux pharaoniques de décontamination et de démantèlement de la centrale doivent durer encore plusieurs décennies. […]

Le Figaro
Commentaire de Marie-Hélène, qui pense à l'emploi senior : "On aurait pu envoyer ma belle mère avec masque et tuba !"

Vendredi 1/3, 0h20

Incendie de forêt au Texas au nord-ouest de Pantex.
Un article complet sur l’installation de Pantex, les risques nucs et chimiques et l’évolution du risque incendie avec le changement climatique.

Un incendie de forêt dans le Texas Panhandle a contraint mardi la centrale nucléaire de Pantex, une installation nucléaire au nord-est d’Amarillo, à cesser temporairement ses activités et à évacuer les travailleurs non essentiels . Les ouvriers de l’usine ont également commencé la construction d’une barrière coupe-feu pour protéger les installations de l’usine.
L’usine a repris ses activités normales mercredi, ont indiqué des responsables.

[…] Bien que la cause spécifique de l’incendie de Smokehouse Creek n’ait pas encore été identifiée, le changement climatique rend plus probables les incendies de forêt explosifs, avec de graves implications pour les programmes d’armes nucléaires du pays. […]

Bulletin of the Atomic Scientists, Les incendies de forêt au Texas obligent une importante installation d’armes nucléaires à suspendre brièvement ses opérations, par Jessica McKenzie , François Diaz-Maurin | 28 février 2024
Site d’assemblage et de démontage d’armes nucs, Pantex, USA, Google Earth

Jeudi 29/2, 18h30

J’irai à Irpin demain, par le train de nuit. J’ai pris un billet moins cher (tu sais, les couchettes en dortoir, comme le train pour la Crimée en 2013), parce que je veux acheter un livre du poète Maksym Kryvtsov, tué sur le front en janvier (tu en as parlé sur le blog [le 9 janvier, 11h50]).

J’arrive à 6h30, je vais à Irpin en bus. Je fais le ménage dans l’appartement, je règle l’histoire de la fuite du toit, je vais voir le médecin et l’après-midi je retrouve mon amie Nastia, à Kyiv. Pacha nous a commandé de boire à sa santé un B52, tu vois ce que c’est ? Un cocktail — je ne sais le rapport avec l’avion.
Nastia veut me présenter une amie, qui lui a sauvé la vie ; elle pense que c’est important de croiser nos réseaux, que ça peut être utile. Voilà. Iryna a vos numéros, Pacha a vos numéros, s’il m’arrive quelque chose. C’est bien.

Je pense que Zelenski ment quand il parle de 31 000 soldats tués… Je veux aller à Maïdan, pour sentir. Kyiv me manque.
Une exposition de Maksym Kryvtsov démarre lundi… je serai repartie. Il y aura peut-être une autre occasion.

[…] Ça allait, jusqu’à dimanche, quand on a pensé que Roman… ben, on savait où il était, donc… J’en ai parlé avec maman le soir. Mais le matin, elle avait le dos bloqué, mal du pied aux fesses. Elle a dit qu’elle avait dû dormir de travers, mais oui, j’ai culpabilisé — ben tiens !

[…] On a pu se parler 3 minutes avec la vidéo hier. L’image était un peu cubique [pixelisée] et le son, pas terrible… J’ai vu qu’il est fatigué. Il creuse, dans le vent.
Mais je sens que ça commence à l’agacer qaund je dis : « Prend soin de toi, sois prudent, je t’aime… » Il dit : « Ça va, on est dans un coin tranquille, on est loin du front, on fait ce qu’il faut ». Mais, tu vois la photo — oui, la fusée Grad plantée dans le champ —, c’est sur la route vers la position, la route de son travail. Donc…

[…] Je fume un tout petit peu, quand je vais faire les courses. Je fais du crochet, je ne sais pas, je m’accroche à mon crochet.

[…] Il a perdu son couteau, il m’a demandé de lui envoyer un couteau. « Tu veux autre chose ? Du chocolat… ? » « On a du chocolat, à manger, non rien ».
J’ai fait un colis avec le couteau et ses bonbons préférés : avec du caramel, du miel, des noisettes… Dans le magasin, il y a une boite, une sorte de boite à bonbons pour les soldats : on peut en mettre dedans, c’est pour les soldats. J’ai demandé si c’était bien sûr qu’ils arrivent aux soldats, mais la vendeuse m’a dit que le patron de la boutique les porte lui-même, enfin pas jusqu’au front, mais tu vois, c’est sérieux.
Il a reçu le colis, oui. Pacha m’a dit : « tu as mis des bonbons, je n’avais pas besoin… ». Mais au bout de trois minutes, il dit : »attends, je vais en chercher un ». […]

Olga, Viber (vocal)

Page Facebook de Maksym Kryvtsov

Ma tête roule de lisière en lisière entre les tranchées
comme une boule d’herbes sèches
comme une balle
mes bras arrachés
feront des violettes au printemps
mes jambes
seront emportées par les chiens et les chats
mon sang
peindra le monde d’un rouge nouveau
Pantone sang humain
mes os
s’enfonceront dans la terre
formeront une carcasse
ma mitraillette trouée
rouillera
la pauvre
mes affaires de rechange et mon équipement
iront aux nouvelles recrues
vivement le printemps
pour qu’enfin
je repousse
en violette.

Maksym Kryvtsov (1990-2024), dernier poème, traduit de l’ukrainien par Nastasia Dahuron, Desk Russie

Jeudi 29/2, 18h10

Cartoon Movement, Paolo Calleri, Récemment en Transnistrie

Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que Moscou « examinerait avec attention » l’appel des autorités de la région moldave de Transnistrie, contrôlée par Moscou, à une « protection », a écrit le média russe RBC, contrôlé par l’État, le 28 février. […]

The Kyiv Independent, traduction automatique

Jeudi 29/2, 11h10

Les nouvelles d’Olga et Pacha, ce matin, sont plutôt bonnes dans le contexte.
Elle souffre de l’incertitude : la situation et les perspectives de Pacha changent trop souvent, les ramifications de la guerre bougent très vite.


Mercredi 28/2, 21h55

Lu aujourd’hui.

The Conversation : Quelle est la définition du trouble de stress post-traumatique (TSPT) ?

Francis Eustache : Selon la classification américaine du DSM (pour l’anglais « Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders », en français « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, et des troubles psychiatriques ») qui fait consensus, le trouble de stress post-traumatique (TSPT, en anglais PTSD pour post-traumatic stress disorder) survient chez une personne menacée dans son intégrité personnelle parce qu’elle a été exposée à un événement traumatique.

Ce traumatisme est une rencontre entre un événement stressant majeur (catastrophes, guerres, violences faites aux femmes, attentats…), un ressenti subjectif et un moment particulier. Il va d’abord généralement déclencher un stress aigu intense. Si cet état perdure au-delà d’un mois, on va parler de trouble de stress post-traumatique (TSPT).

The Conversation : Quels sont les principaux symptômes du TSPT ?

Francis Eustache : Le TSPT est composé d’un certain nombre de symptômes dont l’élément cardinal est la reviviscence dominée par des intrusions. La personne va avoir l’impression subjective de revivre, comme s’ils étaient à nouveau présents, des éléments sensoriels très émotionnels qui appartiennent à l’événement traumatique comme des images, des bruits, des odeurs disparates…

La personne prend conscience de ces éléments intempestifs, très difficiles à vivre. Pour se protéger en quelque sorte, la personne essaie d’éviter les situations sociales qui peuvent favoriser, selon son analyse, cette réémergence. Ce mécanisme d’évitement va devenir à son tour son symptôme parce qu’il va couper la personne de son environnement et de ses proches qui pourraient l’aider.

Au cœur du TSPT, on trouve donc ce double symptôme d’intrusions dans le présent d’éléments du traumatisme vécu dans le passé, parfois des années auparavant, et d’évitement de ces éléments. Les intrusions peuvent survenir quand la personne est confrontée à des situations qui rappellent le traumatisme (lieux fermés, endroits particuliers dominés par certains bruits…). […]

[…] The Conversation : On distingue un TSPT spécifique lié à des événements traumatiques répétés comme les conflits armés, à l’image de ce qui se passe en Ukraine. De quoi s’agit-il ?

Francis Eustache : On parle effectivement de TSPT complexe (ou de type 2), quand le trouble se développe à la suite d’événements multiples répétés dans le temps, dont les caractéristiques sont plus proches de ce qui se passe en Ukraine (alors que le TSPT simple ou de type 1 est consécutif à un événement traumatique unique, comme un attentat). Dans le TSPT complexe, en revanche, la situation traumatique est répétée, sur le long cours.

Chez l’adulte, les personnes concernées par un TSPT complexe vont connaître les mêmes symptômes que dans un TSPT simple, associés à d’autres symptômes dominés par ce que l’on appelle les symptômes dissociatifs. Les personnes ont l’impression d’être déconnectées de leurs pensées, de leur corps, de la réalité. On parle parfois de dépersonnalisation. La personne a l’impression d’être en dehors de sa personnalité habituelle, elle est moins réceptive à ce qui se passe autour d’elle.

Cela peut être considéré comme un moyen de défense face à la réalité qui est difficile à supporter. Cela peut aussi conduire à des formes d’amnésie, dite dissociative, car la personne n’enregistre pas ce qu’elle vit quand elle est dans un tel état de conscience. […]

[…] The Conversation : Les Ukrainiens sont-ils condamnés à souffrir de TSPT parce qu’ils vivent un conflit armé ?

Francis Eustache : Un nombre important de personnes confrontées à des zones de guerre intense seront concernées par un TSPT, que ce soit les soldats de plus en plus épuisés ou les populations civiles exposées aux bombardements répétés. Mais cette pathologie est mouvante et évolue au fil du temps, elle n’est pas forcément définitive.

De plus, le TSPT revêt des aspects individuels et collectifs, et dépend également de l’évolution de la situation générale dans le pays. Il convient également d’établir des distinctions entre les personnes qui sont au front et celles qui en sont éloignées, même si des bombardements peuvent avoir lieu à l’intérieur des villes.

De plus, l’évolution peut être favorable si les personnes concernées par un TSPT bénéficient d’une bonne prise en charge au plan sanitaire et social : elles vont aller mieux si elles retrouvent un environnement sécurisant.

La guerre en Ukraine est difficile à appréhender parce qu’elle se déroule actuellement. On manque de recul et, globalement, la santé psychique des personnes dépendra beaucoup de l’évolution du conflit et de sa résolution.

The Conversation, entretien avec Francis Eustache, neuropsychologue, directeur de recherches au sein de l’unité Inserm « Neuropsychologie et imagerie de la mémoire humaine » à l’Université de Caen-Normandie. Il est Directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE) de Paris.

Mercredi 28/2, 21h45

Photo : Pacha, sur la route du « travail » (Olga via Viber)

Mercredi 28/2, 19h40

Pendant ce temps, la farandole du nuc.

L’automatisation de la gestion des déchets radioactifs enfouis sur le site controversé de Bure (Meuse), où l’homme ne pourra pas intervenir en raison des radiations, est validée, a annoncé mercredi 28 février l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Des robots seront donc à l’œuvre. […]

CNews

Avec la crise de Gaza, une sorte de Rubicon nucléaire a été franchi : des responsables israéliens élus – un vice-ministre et un député du parti au pouvoir – ont non seulement fait publiquement référence à la possession israélienne d’armes nucléaires, mais ont également suggéré comment de telles armes pourraient être utilisées pour cibler Gaza. C’est sans précédent. […]

Bulletin of the Atomic Scientists, traduction automatique

[…] Ce mardi, le gendarme du nucléaire a demandé à EDF de mettre en place un « plan d’action » pour lutter contre les risques de « fraudes » dans la filière nucléaire. Une annonce qui est intervient au lendemain d’une audition du PDG d’EDF, Luc Rémont au cours de laquelle l’ASN l’avait interrogé sur les actions que son entreprise « comptait mettre en œuvre pour renforcer la lutte contre la fraude dans la chaîne de sous-traitance et d’approvisionnement […] ».

La Tribune

Une usine d’armement nucléaire située au Texas a dû interrompre temporairement ses activités ce mardi 27 février en raison de la proximité d’incendies de forêt, tandis que des villes voisines étaient évacuées. « Les opérations à l’usine Pantex ont été interrompues jusqu’à nouvel ordre. Toutes les armes et les matériaux spéciaux sont en sécurité et ne sont pas affectés », a affirmé un message publié sur X (anciennement Twitter) par la centrale nucléaire de Pantex. […]

BFM TV

L’autorité en charge de la sûreté nucléaire (ASN) a demandé à EDF de « corriger » certains plans de soudures du futur EPR de Flamanville comportant des « ratures » qui les rendaient peu lisibles, à la suite d’une visite de contrôle du chantier.
« Compte-tenu (du fait ) que ces éléments rendent très difficile l’utilisation de ces plans en exploitation, les inspecteurs ont souhaité savoir si ces derniers étaient à l’état provisoire ou si ce sont des plans définitifs prévus pour l’exploitation du réacteur », indique l’ASN dans sa lettre. […]

Connaissance des énergies

Mercredi 28/2, 13h45

C’est la fatigue émotionnelle.
Roman, coproprio du Faucon [la voiture 4×4], a été considéré disparu. Pacha a dû faire un colis pour les parents de Roman, trier toutes ses fringues. Sa mère n’était pas capable de parler, Pacha communiquait avec la tata de Roman. Tu imagines son état moral, il était épuisé physiquement et écrasé psychologiquement. Mais hier soir Pacha m’a dit que Roman est vivant, légèrement blessé, il sera évacué à [x]. Dieu a bien fait son boulot, il a évidemment reçu notre petit mot. La mère de Roman n’arrive pas à parler quand-même, [Pacha] n’a pas précisé si elle ne parle pas du tout ou seulement avec les confrères de son fils.
Pacha […] et les trois camarades de l’équipe qui restent construisent une autre position/blindage/poste, je ne sais pas comment expliquer. Ils doivent le faire vite, ils sont tous à bout de forces. S’ils n’arrivent pas à aménager la position à temps, ils seront transférés à l’infanterie. Je lui ai envoyé un petit colis avec des cigarettes, des bonbons et un couteau, Pacha a perdu le sien.
Je n’ai pas parlé à Tola ou Valera, le trou était profond. Ça va mieux maintenant.
Des bisous.

Olga, Viber (texte)

Mardi 27/2, 23h55

Lu aujourd’hui.

Dans les premières heures de son invasion à grande échelle, le président russe Vladimir Poutine a ordonné à ses troupes les plus d’élite de se placer derrière les lignes ennemies jusqu’à un aérodrome situé juste à l’extérieur de [Kyiv], qui était normalement utilisé pour le fret et les essais en vol : l’aéroport Antonov d’Hostomel [à côté d’Irpin]. Des dizaines d’hélicoptères ont transporté des centaines de soldats aéroportés russes à proximité du quartier central de la capitale.

Ce moment précis représentait le point de danger et de vulnérabilité maximal pour la survie de l’État ukrainien moderne. Après avoir pris l’aérodrome lors d’un assaut aérien, les forces russes avaient désormais la possibilité de faire atterrir d’énormes avions cargo remplis de véhicules blindés et de milliers de soldats dans la banlieue de [Kyiv]. Avec cette capacité, la ville pourrait tomber en quelques heures et, avec elle, le gouvernement démocratiquement élu. […] [Les pistes ont finalement été détruite par une poignée de soldats ukrainiens et un peu d’artillerie]

[…] Tatiana Slesareva, professeur de mathématiques à la retraite vivant près de l’aérodrome [d’Hostomel], a dénombré 36 hélicoptères le matin du début de la bataille. Elle parlait souvent avec les jeunes soldats russes qui passaient devant chez elle – ils étaient choqués que les Ukrainiens ne soient pas prêts à accepter leur « libération ». Un jour, elle s’est entretenue avec un commandant russe dont les troupes revenaient tout juste d’une défaite cuisante.

« Il a commencé à me parler de manière hostile. ‘Sais tu ce qu’il s’est passé? J’ai un ami resté là-bas, dans un tank. Ses jambes ont été arrachées !’ », a-t-elle raconté. « Qu’est-ce qu’on t’a fait ? Nous sommes venus pour vous libérer !

[…] Cette période lui a laissé de terribles cicatrices mentales. Alors que nous parlons de la période d’occupation, lorsqu’elle était sans électricité, sans gaz et sans informations du monde extérieur, elle laisse échapper ces grognements et gémissements involontaires. C’est plus d’un an plus tard.

Un jour, pendant l’occupation, elle sentit que quelque chose n’allait pas : les chiens n’aboyaient pas et même les poules dans la cour étaient silencieuses. Les cris et les gémissements normaux des véhicules et des chars étaient absents. Au début, ils étaient trop pétrifiés pour faire quoi que ce soit, mais trois jours se sont écoulés et elle a dit à son mari qu’ils devraient sortir pour voir ce qu’ils pourraient découvrir.

« J’ai vu huit personnes marcher vers moi », a-t-elle déclaré. De loin, elle ne pouvait pas dire qui ils étaient – ​​russes ou ukrainiens. « Et je leur ai demandé : « Êtes-vous à nous ? » », se souvient-elle. « Et ils ont répondu : ‘Nous sommes à vous.’ Et puis j’ai commencé à pleurer de manière incontrôlable… il m’était impossible de parler. » […]

The Kyiv Independent, Tim Mak, traduction automatique

Mardi 27/2, 23h40

Vu aujourd’hui.

Le Monde - L'ambassadrice américaine en Russie Lynne Tracy dépose des fleurs sur le site de l'assassinat du politicien de l'opposition russe Boris Nemtsov, pour marquer le 9e anniversaire de la mort de Nemtsov, dans le centre de Moscou, le 27 février 2024. REUTERS/Evgenia Novozhenina

Mardi 27/2, 23h30

Morgan m’a offert un chouette t-shirt qui proclame en jaune et bleu, dans un style efficace et simple, le seul message nécessaire.

Pas de nouvelles d’Olga, ni hier, ni aujourd’hui.

L’une des Ukrainiennes présentes samedi au concert — elle s’appelle Olga aussi — a joué quelques airs sur une petite guitare avec beaucoup de maîtrise. Elle avait l’air de s’accommoder d’un jouet ; quelqu’un a dit que son instrument était un traditionnel ukrainien — peut-être la kobza —, mais ce n’était pas clair. Nous avons échangé des messages depuis pour se rencontrer.


Lundi 26/2, 22h10

Vu aujourd’hui.

[…] Vadim Ilchenko, informaticien dans une startup ukrainienne d’EdTech, a commencé à construire des drones en décembre. Il n’avait aucune expérience avant de découvrir SocialDroneUA, une initiative similaire à People’s FPV. Son espace de travail représente un mètre carré de son balcon, rempli d’outils et de pièces détachées. « Il m’a fallu une dizaine d’heures pour assembler mon premier drone FPV », a-t-il déclaré. « J’ai beaucoup ressoudé et j’ai attendu que certaines choses soient livrées. Mais maintenant, je peux le faire en trois heures. […]

The Kyiv Independent, par Kateryna Hodunova, L’Ukraine mise sur des drones de fabrication artisanale pour contrer la Russie – Photo : Liza Pyrozhkova

Lundi 26/2, 22h05

Lu aujourd’hui.

Il aura donc fallu patienter vingt et un mois. Vingt et un mois d’âpres négociations, de menaces et de promesses, accompagnées de moult génuflexions, pour aboutir enfin à cet épilogue : lundi 26 février, les députés hongrois ont adopté, à 188 voix contre 6, le protocole d’adhésion de la Suède à l’OTAN. Un vote qui lève le dernier obstacle à un processus entamé juste après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en février 2022, et devrait permettre au royaume scandinave de devenir, dans les prochains jours, le 32e membre de l’Alliance atlantique. […]

Le Monde

Dimanche 25/2, 14h45

Vu aujourd’hui.

L’Ukraine continue de se défendre contre l’agression russe et contre la tentative du Kremlin de détruire l’État et l’identité ukrainiennes, malgré des difficultés croissantes deux ans après le début de l’invasion à grande échelle de la Russie. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 24/2, traduction automatique

Dimanche 25/2, 14h35

Lu aujourd’hui.

« Lucky, Brioche et moi », une incroyable fable ukrainienne dans la guerre, Par Ariane Chemin ([Kyiv], envoyée spéciale)

[…] Sur la route de l’Ouest, direction Tchernivtsi, parents et enfants peuvent enfin échanger au téléphone. Oleksandr Mykhed s’arrête un instant dans son récit. « J’ai vraiment beaucoup apprécié la première conversation téléphonique que j’ai eue avec mon père. Il me dit :

– Tu connais Varlam Chalamov ?

– Bien sûr. C’est cet écrivain génial qui a passé seize ans dans les camps de travail soviétiques en Sibérie.

– Tu te souviens que, dans ses Récits de la Kolyma, Chalamov explique que l’expérience acquise dans ces camps n’avait aucun intérêt. Aucune utilité. Nous-mêmes savons maintenant distinguer à l’oreille les sons de différents types d’artillerie, de systèmes de défense aérienne et d’avions russes. Quel besoin avons-nous de ce savoir ? » […]

[…] La spécialiste de littérature américaine ne trouvait plus d’intérêt à son travail. « Une nouvelle fois, la littérature n’a sauvé personne », disait-elle à son fils. Ces « nazis modernes » débarqués à Boutcha ont tous passé huit ans au minimum à l’école et étudié Pouchkine, Lermontov, Dostoïevski, Tolstoï, voire Shakespeare, sans que cela les fasse hésiter, ressassait-elle. […]

Le Monde

Dimanche 25/2, 14h30

— [moi] Il y avait une dizaine de tes compatriotes hier soir, que les chansons importées par Morgan ont ému. « On comprend tout ton ukrainien ! » lui a dit une jeune femme de Zapo, réfugiée à Metz (dans l’est de la France) et en visite par ici. Une autre, installée dans la région avec ses deux enfants a dit qu’elle voulait venir à la chorale. Une autre, également réfugiée à Metz, était en larmes au premier rang : « Ce sont quelques chansons et c’est tellement important ».

— [Olga] Oh, c’est tellement bien de l’apprendre ! J’ai l’impression d’être avec vous et de pleurer au premier rang. Je suis très fière de Morgan et de son ukrainien !

Viber (texte)

Dimanche 25/2, 14h25

Pacha est revenu à la « maison » [son poste de repli] cette nuit, ils ont dormi jusqu’à midi et sont allés construire des blindages. La ville où ils habitent a été attaquée hier soir et dans la nuit, beaucoup de destructions mais pas de beaucoup de blessés. Pacha a une bonne voix, on a parlé 3 minutes.

Olga, Viber (texte)

Samedi 24/2/24, deux ans plus tard

Après deux ans d’une observation ininterrompue des effets de l’invasion russe en Ukraine, le mini journal de guerre publié par Radio-Tchernobyl va changer d’angle.
La guerre n’est certes pas terminée, mais ces deux années détaillent assez, maintenant, ce qui me semble une persistance du 20e siècle dans le 21e.

1. Conflit temporel

L’effondrement de l’Union soviétique, la fin de la Guerre Froide, les dividendes de la paix, le commerce global, la traîne de la dissuasion nuc semblaient les marches du nouveau siècle — sur une planète malade de la croissance humaine.
A peine avait-on commencé à penser à relever les manches qu’un vieil espion tirait sur la marche arrière pour déployer sa nostalgie d’un espace-temps périmé dans l’Ukraine d’aujourd’hui. C’est peut-être la seule manière de comprendre l’expression russe officielle « d’opération militaire spéciale » : un conflit temporel.

La résistance ukrainienne a claqué la suffisance russe. Aujourd’hui que l’Ukraine est dans le dur, on oublie que les parieurs la donnaient d’emblée vaincue. Pacha et ses camarades souffrent sur le front et toute la société civile vit dans la crainte des attaques, mais l’Ukraine a résisté et interdit la Mer Noire. L’aspiration ukrainienne à se tenir au-dessus du diktat russe résiste.

2. Retour au nuc

Outre la résurgence d’une guerre d’agression, justifiée par un salmigondis idéologique ultra carnivore, dans un espace européen qui s’en pensait débarrassé, la course à une disponibilité massive de l’énergie (à l’encontre de toute autre alternative) s’accouple à la guerre dans un retour au nuc, comme au bon vieux temps de la crise pétrolière des années 1970.

Ce que l’on reprochait au paradigme de la filière nuc du siècle dernier n’a pas changé (c’est toujours complexe, long, cher, sale pour longtemps, dangereux et pas souverain pour deux sous), mais l’on tartine ces écueils d’un pur beurre startup, petit, modulaire, CO2 free et de milliards sans cesse renouvelables. C’est magique.
Cette course au nuc n’est pas seulement française, la guerre est l’occasion de rebattre les cartes.

Il est intéressant de se souvenir que la Russie, qui fait l’essentiel de son gras en vendant des hydrocarbures, n’a jamais lâché son industrie nuc, lucrative et précieuse à l’international sur le plan politique. La guerre de Putler pousse tout le monde (les acteurs historiques comme les petits nouveaux) dans ce sens-là.

3. Union de l’Europe

Sur un plan politique, la guerre a mis l’Europe au pied du mur.
Si le mélodrame hongrois a pu illustrer la faiblesse du jeu démocratique, là où les autocrates ne s’embarrassent de rien, l’Union s’est montrée unie et solidaire avec l’Ukraine. Jamais assez vite, mais tout de même : rien de commun avec les conflits précédents (lointains, lointains). Ce n’était pas gagné.

Le cinéma du Premier ministre hongrois, sous un prétexte d’alternative au militarisme de l’Union, n’est en réalité que la pointe d’un opportunisme maison (l’accès au gaz russe) et de règlements de compte avec l’esprit communautaire (les pressions de l’UE sur le népotisme du Premier ministre hongrois). Bref : du nationalo-perso qui doit nous tenir aux aguets.
Globalement, si la vitalité des nationalismes et de l’extrême-droite tend à péricliter dans l’exercice du pouvoir (Bolsonaro au Brésil), la tentation de s’enfermer dans ce que l’on a encore reste une réponse « spontanée » à la crise. Le caractère increvable d’un Trump laisse penser que le volume de l’enflure impressionne toujours.

A contrario, nous avons vu le remarquable accueil réservé aux réfugiés ukrainiens, partout en Europe.

4. Ondes de choc

Durant ces deux ans, nous avons vu que les centrales nucs, les barrages, les écoles, les gares, etc. faisaient des cibles potables pour l’obsession crasse de Putler.
Nous avons vu l’envol des drones.
Nous avons vu que les instances internationales produisaient des phrases, des visites et des injonctions.
L’OTAN s’est agrandie, la Corée du Nord aboie plus aigu, les marges de l’ex-URSS tirent sur leurs ancres.
La Chine regarde comment s’y prendre à Taïwan. Les États-Unis, dont l’interventionnisme s’est fatigué en Irak et en Afghanistan, n’ont plus tant la main.

5. Quelle suite ?

Ce résumé lapidaire est la sorte de synthèse que m’inspirent 24 mois de nourriture médiatique (ce n’était pas du tout mon régime) sans indigestion (curieusement). Ce fut ma manière d’être avec les Ukrainiens.

Durant ces deux années, éplucher les flux d’informations est devenu une activité de premier plan. Sans compétence particulière, avec des attentions variables, aussi bien que j’ai pu, j’ai posé sur le fil de ce mini-journal de guerre les exemples, les signaux, les indices, les flagrances du courant rétrograde qu’induit Putler, dans l’attente de son rencard avec la mort. Je l’ai fait pour en garder la trace précise, tant l’actualité s’enterre elle-même.

Je me souviens que Putler voulait prendre Kyiv en trois jours.
Pourquoi ne pas continuer jusqu’à… la fin de la guerre ? J’ai suffisamment relayé la parade des salopards.

J’en ai parlé à Olga, qui ne voit pas pourquoi je devrais m’interdire d’arrêter. Au motif que les Ukrainiens ne le peuvent pas ?

J’ai commencé ce journal le 23 février 2022, pour transmettre des nouvelles d’Olga et c’est devenu une revue de presse. Mais en effet, la composante unique du journal reste la voix d’Olga, de sa famille, de nos amis là-bas et du moins loquace d’entre eux (et pour cause), Pacha, sous la caillasse.
C’est essentiellement sous cet angle désormais que je noterai, dans cette nouvelle version du mini journal, la trace du coup de main de Putler sur notre 21e siècle. Olga devient notre correspondante de guerre officielle.

Un mot de remerciement à « traduction automatique & Deepl », aux journalistes et informateurs divers, aux photographes et illustrateurs, remarquables, dont j’ai collé les phrases et les images sur mon fil durant ces deux ans.

Et un clin d’œil aux quelques lecteurs qui s’en iront parcourir eux-mêmes le Live ininterrompu du Monde, les articles du Kyiv Independent ou de Meduza, les annonces rigolotes de World Nuclear News, les mises en garde du Bulletin of the Atomic Scientists, les avis de l’ISW. Il ne me paraît pas nécessaire de surveiller les mises à jour de l’AIEA : elles se valent toutes.

Slava Ukraïny !

Lituanie, pièce de 2 euros de 2023 [sur une page blanche], « Slava Ukraïny »


Jeudi 24 février 2022, 18h00

Bonjour,

Nous venons d’échanger avec Olga et Pacha, actuellement en banlieue sud de [Kyiv] dans leur appartement. Ils vont bien, ainsi que leurs familles proches.

Ils disposent d’un abri à proximité et des premières ressources. Un aéroport militaire a été bombardé à une vingtaine de kilomètres de chez eux. Ils entendent des explosions.

L’attaque a été un choc (nos échanges d’hier soir montraient qu’elle ne s’attendait pas à un déclenchement général), Olga est très stressée, mais s’est raisonnée au fil de la journée, à mesure qu’elle prenait des nouvelles de la famille et des amis. Elle est très reconnaissante des marques d’affection reçues, notamment de ses connaissances étrangères.

Ils sont déterminés à ne pas fuir, ce qui n’est, selon elle, plus vraiment possible (nombreux check-points, pas d’essence dans les stations ou des files interminables).

L’ami Valera (nord de Volodarka) l’a appelée : il a assisté cette nuit au passage des missiles depuis la frontière nord.

Des combats ont lieu sur le site de Tchernobyl autour du stockage des déchets. Olga rapporte que ça pourrait un enjeu pour Poutine : un moyen de pression sur l’Europe.

Elle nous fait savoir que l’Ukraine n’est pas morte !

Si vous voulez, je relaierai leurs nouvelles au fur et à mesure.

2022 : mini journal de guerre – février