2024 : mini-journal de guerre – 24 mai

Avec Olga, Pacha, irina, Tola, Valera…

Nous préparions un voyage en Ukraine, trois semaines en avril 2022, quelques français de retour dans la zone de Tchernobyl. L’armée russe campait par là.
Nous échangions avec Olga pour préparer ce voyage, nous parlons désormais de la guerre.

Mini journal de guerre, février 2022 – février 2024 : Tchernobserv
Mini journal de guerre, février 2024 – mai 2024 : 24/2-24/5 2024
Le texte d’introduction au nouveau format du journal est en bas de page.


Jeudi 13/6, 8h00

La Russie a entamé la deuxième phase de ses exercices d’utilisation d’armes nucléaires tactiques, manœuvres annoncées le mois dernier en réponse à ce que Moscou considère comme des menaces provocatrices de la part de l’Occident. Ces exercices font également suite aux avertissements antérieurs du Kremlin concernant un risque accru de confrontation nucléaire alors que les alliés occidentaux continuent de soutenir militairement l’Ukraine.

[…] « L’exercice vise à maintenir l’état de préparation du personnel et de l’équipement des unités pour l’utilisation au combat des armes nucléaires non stratégiques de la Russie et de la Biélorussie afin de garantir sans condition la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’État de l’Union », a indiqué le ministère. […]

The War Zone, la Russie reprend ses exercices nucléaires tactiques, traduction automatique

Jeudi 13/6, 7h35

La farandule du noc.

« Nous sommes de ceux qui n’opposent jamais science et écologie ou économie et écologie ». Défendant son projet à un peu plus de deux semaines du premier tour des législatives anticipées, Emmanuel Macron a confirmé ce mercredi vouloir « huit nouveaux réacteurs nucléaires » EPR2. […]

BFM TV, Nucléaire: Emmanuel Macron confirme vouloir « huit nouveaux réacteurs »

[…] «Le programme du gouvernement à venir devra acter des décisions fortes comme, par exemple, huit nouveaux réacteurs nucléaires, indispensables à la transition (écologique)», a-t-il déclaré. D’après lui, il y aurait une sorte d’«écologie à la française»dont la spécificité serait de marier environnement et nucléaire. Ce qui permettrait à la fois de «créer des richesses» et «de réduire les émissions de gaz à effet de serre», tout en accompagnant «les plus vulnérables qui sont légitimement inquiets face à la transition». […]

Capital, Nucléaire : quand Emmanuel Macron nous refait le coup des 8 nouveaux EPR

Dans un mois et demi, l’entreprise Hashlabs devrait lancer un nouveau projet : chauffer « plusieurs bâtiments » avec la chaleur produite par des mines de bitcoins. Concrètement, il s’agit d’un entrepôt remplis de cartes informatiques spécialisées dans cette tâche (des ASICs) refroidit avec un système hydraulique qui permettra lui-même de chauffer le réseau urbain. « Avec l’aide de consommateurs industriels comme les mineurs de bitcoins, la Finlande peut accroître l’utilisation de sa centrale nucléaire massive pour produire de la chaleur », se félicite Jaran Mellerud, co-fondateur et PDG de Hashlabs, sur le réseau social X. […]

Les Echos Investir, Centrale nucléaire et minage de Bitcoin : la Finlande essaie un chauffage d’un nouveau genre

Ce mardi, le lycée Pasteur d’Hénin-Beaumont et l’université des métiers du nucléaire ont signé une convention pour « colorer les diplômes », du BTP notamment, au secteur du nucléaire, qui embauche 10 000 personnes par an.

L’UMN, pour les connaisseurs (université des métiers du nucléaire), n’a d’université que le nom. C’est en fait une association créée en 2021 par plusieurs acteurs du nucléaire français « pour être au rendez-vous des emplois », précise Jean-Claude Quatennens, délégué régional dans les Hauts-de-France. L’objectif est d’attirer, de former et de recruter pour relancer la filière qui a un besoin vital d’emploi.

[…] Le but de cette convention est de renforcer l’employabilité des élèves dans le nucléaire et de leur permettre d’avoir un contact avec le monde économique en faisant des stages où en visitant des chantiers. « Si on est hors sol, ça ne marche pas », estime Jacques Melerowicz.

[…] L’UMN propose aussi des bourses, 200 au niveau national cette année et 400 à la rentrée prochaine. Quatre établissements sont concernés dans les Hauts-de-France, dont le lycée Henri Senez à Hénin-Beaumont. « On a organisé une visite de la centrale de Gravelines avec les parents pour démythifier les choses », explique le proviseur Marc Telliez. « Car il y a des craintes pour les familles de faire un stage là-dedans. »

La Voix du Nord, La filière du nucléaire en opération séduction au lycée Pasteur d’Hénin-Beaumont

Avantages du nucléaire : ce qu’il faut retenir.

  • L’énergie nucléaire : une solution bas carbone ; […] la part importante du nucléaire permet à la France d’avoir l’un des mix électriques les plus décarbonés d’Europe ;
  • Nucléaire et souveraineté énergétique ; le nucléaire contribue à l’indépendance énergétique de la France en produisant l’électricité sur le sol national. Elle renforce donc la sécurité énergétique du pays à plus de 50 %. Un atout majeur pour la souveraineté de l’Hexagone ;
  • Une électricité constante et pilotable ; le fait d’obtenir un éclairage instantané quand on appuie sur un interrupteur illustre l’électricité en continu d’origine nucléaire ;
  • L’uranium : une forte densité énergétique ; parce que l’uranium a une densité énergétique bien supérieure aux hydrocarbures (100 g d’uranium produisent autant d’énergie qu’une tonne de pétrole), il se stocke plus facilement. En France on dispose de plusieurs années de stock avec la réserve d’uranium appauvri ;
  • Le nucléaire : une source d’énergie économe en matières premières ; en France, une ampoule sur 10 alimentées par le nucléaire fonctionne grâce à du combustible nucléaire recyclé, le MOX ;
  • L’énergie nucléaire, indispensable au mix électrique ; les énergies renouvelables (solaire, éolien) sont par nature intermittentes et ne peuvent répondre seules aux besoins énergétiques, existants et futurs, de 8 milliards de terriens ; Le charbon était l’énergie du 19ème siècle. Le pétrole celle du 20ème siècle. L’électricité bas carbone sera celle du 21ème siècle ;
  • Une ressource pour le futur ; La filière nucléaire développe depuis 50 ans des expertises et des technologies uniques au monde permettant non seulement de produire l’énergie de demain mais aussi de faire avancer d’autres secteurs d’activité comme la santé (thérapies contre le cancer), l’économie des ressources (recyclage des métaux/matières stratégiques), la recherche spatiale, etc.
Orano (ex-Areva), Avantages du nucléaire : ce qu’il faut retenir

Jeudi 13/6, 7h30


Mercredi 12/6, 19h10

Hongrie.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, en visite mercredi à Budapest, a annoncé avoir trouvé un accord avec la Hongrie pour qu’elle n’entrave pas les efforts de l’Alliance atlantique afin de consolider l’aide à l’Ukraine.

[…] En échange de sa non-obstruction, la Hongrie a « obtenu la garantie qu’elle ne serait pas obligée de participer » aux efforts, a précisé M. Orban. Le pays « ne peut pas changer les décisions des 31 autres Etats membres » mais il « ne contribuera pas financièrement et n’enverra aucun homme à cette guerre », a-t-il insisté.

Le Monde, Live

Mercredi 12/6, 19h05

Une arrivée d’un missile à Kryvyi Rih, un immeuble habité, il y a des blessés, peu de détails. Mon statut : 4.5.0, tout va bien. On était dans la salle de bain avec Fidèle, l’explosion était forte. Papa faisait une sieste, tranquillou.

Olga, Viber (texte)

Mercredi 12/6, 8h15

Narratif russe : revoir le passé.

Le Kremlin a eu beau reléguer l’exclusion de la Russie de la commémoration du Débarquement au rang de non-événement, en soulignant que seule comptait la future célébration du 80e anniversaire de la Victoire, cette nouvelle mise au ban symbolique, amplifiée par un accueil chaleureux réservé au président ukrainien en Normandie le 6 juin 2024, n’est pas passée inaperçue à Moscou.

En témoigne un échange entre Vladimir Poutine et les journalistes étrangers, organisé à l’occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, lors duquel le président russe est longuement revenu sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et sur ses commémorations1. La teneur de ses propos et le fait même de se lancer dans des digressions historiques n’avait a priori rien de surprenant. Depuis longtemps déjà et tout particulièrement depuis le début de son agression à grande échelle contre l’Ukraine, le Kremlin n’a de cesse d’instrumentaliser la mémoire du second conflit mondial pour en faire à la fois un outil de mobilisation des populations à l’intérieur du pays, un argument-clé pour légitimer ses ambitions sur la scène internationale et une source inépuisable de dénigrements et d’attaques contre Kiev2. Cette fois-ci cependant, outre l’habituelle affirmation du rôle décisif joué par l’URSS dans la victoire contre l’Allemagne — affirmation érigée en norme légale en Russie — et les invectives contre les « néonazis ukrainiens », Poutine a introduit une idée qui, si elle devait s’affirmer, constituerait une évolution significative de la rhétorique officielle russe. Il a en effet entrepris une mise en équivalence entre l’Union soviétique et la Russie, pour insinuer que c’est à cette dernière que reviendrait la « contribution essentielle à l’écrasement du nazisme » et nier ainsi toute légitimité à la participation ukrainienne aux commémorations. […]

Le Grand Continent, Poutine veut gagner la Deuxième guerre mondiale

Mardi 11/6, 8h30

Enfouissement profond : les toilettes sont peut-être un peu petites.

L’IRSN a publié un premier avis positif sur le projet de stockage en sous-terrain Cigéo. En l’état, ce centre de stockage n’est toutefois pas conçu pour accueillir les déchets issus d’une relance du nucléaire encore plus massive que celle déjà engagée par le gouvernement, rappelle l’institut. […]

Les Echos, Déchets nucléaires : l’IRSN met en garde sur les capacités de stockage de Bure 

Pour les annonces déjà actées (allongement de la durée de fonctionnement du parc actuel à 60 ans et mise en service de six EPR2), l’IRSN ne formule pas d’objection à ce stade. En revanche, d’autres questions se poseront si la relance du nucléaire va au-delà, avec la construction des huit EPR2 supplémentaires ou de petits réacteurs (SMR), tels que l’État l’envisage sans l’avoir acté officiellement. Dans cette hypothèse, « la capacité de l’installation à stocker davantage de déchets devra être évaluée sur la base de nouvelles études d’adaptabilité à des horizons temporels qui pourront être définis lorsque les décisions sur le futur parc auront été prises », note l’IRSN. […]

Le Figaro, Nucléaire: des «incertitudes» sur le site de stockage de déchets radioactifs

Lundi 10/6, 18h40

Cartoon Movement, Allan McDonald (USA), Salute to Victory

Entendu.

— Si l’extrême-droite gouverne la France, Poutine viendra nous libérer, non ?
— Mais non, y sont amis !
— J’comprends plus rien, moi !

Anonyme

Les résultats des élections européennes ont confirmé la poussée annoncée des partis d’extrême droite. Si beaucoup de ces partis enregistrent des scores à la hausse, cette vague ne constitue pas pour autant une lame de fond. Et elle est d’ampleur variable selon les pays.

Au total, tous groupes confondus, les formations d’extrême droite réunissent désormais 174 sièges, soit 24 % des 720 sièges du Parlement. En 2019, elles avaient totalisé 165 élus, soit un peu plus d’un cinquième de l’ensemble – en tenant compte des 29 sièges du Brexit Party au Royaume-Uni.

Cette nouvelle distribution en sièges ne doit pas masquer d’importants effets de distorsion dus au poids relatif des représentations nationales.

Les gros contingents en sièges de l’extrême droite viennent essentiellement du RN (30 sièges) en France, des Fratelli d’Italia (24), du PiS polonais (20), de l’AfD allemande (15) et du Fidesz de Viktor Orban en Hongrie (11). À eux seuls, ces cinq partis réunissent plus de 57 % de l’ensemble des élus d’extrême droite.

Ces résultats attestent néanmoins de la consolidation des partis d’extrême droite et de leur présence dans la quasi-totalité des États membres de l’UE. Pas moins d’une cinquantaine de partis sont assimilables à cette famille politique et, à ce jour, seules l’Irlande et Malte restent encore épargnées par le phénomène.

[…] Partout en Europe, la popularité des mouvements d’extrême droite prend racine dans la « polycrise » à laquelle les citoyennes et citoyens européens sont exposés depuis 2008, sous forme de couches successives de ressentiment accumulées depuis la crise financière jusqu’à la guerre actuelle en Ukraine, passant par la crise des réfugiés en 2015 et la pandémie de Covid-19. Un mix d’enjeux parfaitement résumé par le slogan électoral du FPÖ autrichien à l’approche du scrutin :

« Stop au chaos européen, à la crise de l’asile, à la terreur climatique, au bellicisme et au chaos du Corona »…

[…] Cette nouvelle vague reflète, enfin, la normalisation croissante de ces partis, parfaitement illustrée par la « dédiabolisation » version Marine Le Pen ou le pragmatisme politique de Giorgia Meloni en Italie. À l’occasion du scrutin européen, la plupart des partis d’extrême droite, à l’image du PVV de Geert Wilders ou du RN en France, ont stratégiquement modéré leurs positions vis-à-vis de l’Europe, délaissant les thématiques les plus radicales autour de leurs projets de sortie de l’UE ou de création d’une nouvelle Europe des nations libres et indépendantes, vieille antienne lepéniste toujours au cœur du projet européen des RN et consorts.

Surtout, l’extrême droite bénéficie dans nombre de cas de l’attitude des grands partis de droite traditionnelle qui, à l’image des Républicains en France ou des libéraux néerlandais du VVD, tentent de reprendre à leur compte les thématiques de l’extrême droite et, ce faisant, donnent une plus grande légitimité à ces formations.

[…] S’il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’impact du scrutin, la consolidation de l’extrême droite dans un grand nombre d’États membres devait représenter un défi majeur pour l’Union européenne dans les mois et les années à venir, en particulier sur les dossiers clés de l’immigration, de la transition énergétique ou du soutien à l’Ukraine. […]

The Conversation, Aux élections européennes, l’extrême droite progresse moins fortement qu’attendu

Lundi 10/6, 15h25

Je suis chez moi.

Olga, Viber (texte)

Lundi 10/6, 15h25

Elections européennes.

Ces dernières années, rien ne semblait pouvoir arrêter les succès de l’extrême droite en Europe du Nord. En octobre 2022, les Démocrates de Suède, arrivés deuxièmes aux législatives un mois plus tôt, avec 20,5 % des voix, signaient un accord de coalition avec la droite libérale conservatrice. Huit mois plus tard, en juin 2023, les Vrais Finlandais entraient au gouvernement à Helsinki, tandis qu’au Danemark le Parti du peuple a réussi à imposer sa politique migratoire, adoptée jusque par les sociaux-démocrates.

Dimanche soir 9 juin, cet élan s’est interrompu. Alors qu’ailleurs en Europe les formations nationalistes triomphaient, elles ont été mises en échec dans les pays nordiques, balayées par la gauche, qui sort grande gagnante du scrutin en Suède, en Finlande et au Danemark. Un résultat salué par la tête de liste du Parti de gauche suédois, Jonas Sjöstedt, qui veut y voir « une lueur d’espoir » pour l’Europe, tandis que la dirigeante des sociaux-démocrates, Magdalena Andersson, dont le parti remporte l’élection, se réjouissait qu’un « vent de gauche souffle sur la Suède ». […]

Le Monde, Elections européennes : recul de l’extrême droite dans les pays nordiques

Lundi 10/6, 10h20

Lu.

C’est un paradoxe qui passionnera sûrement, un jour, les politistes et les historiens. Pourquoi, alors qu’à peu près tout ce que le mouvement écologiste annonce depuis un demi-siècle est en train d’advenir, l’écologie politique est-elle à ce point en déclin ? En France, il est de bon ton de moquer l’incapacité des Verts à convaincre, mais force est de constater que c’est en réalité toute la thématique environnementale qui a presque disparu de la conversation publique en vue des élections européennes du 9 juin.

Plusieurs facteurs conjoncturels expliquent cet effondrement : le retour de la guerre et l’exigence renouvelée de puissance des Etats, l’inflation, la capture de certains grands médias et leur mise au service d’intérêts idéologiques et-ou industriels, etc.

Une autre cause, plus profonde, est aussi, à l’évidence, la criminalisation du mouvement environnementaliste. Michel Forst, le rapporteur spécial des Nations unies (ONU) sur les défenseurs de l’environnement, s’en est ému à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Toute l’Europe est touchée, mais, dans un entretien accordé début juin à Reporterre, M. Forst estime que, en termes de gestion policière des actions écologistes, la France fait figure d’exception – le Royaume-Uni se distinguant par l’extravagante sévérité de sa réponse judiciaire. « La France est le pire pays d’Europe concernant la répression policière des militants environnementaux, dit le rapporteur spécial de l’ONU. La violence des forces de l’ordre est hors catégorie. Leurs homologues à l’étranger ne comprennent pas la manière dont les Français répondent aux manifestations, ne comprennent pas qu’on puisse user d’une telle violence. »

[…] Les formes de répression qu’il dénonce sont non seulement une menace pour la démocratie elle-même, comme il le dit en substance, mais elles ont aussi à n’en pas douter un effet politique. De fait, les actions de l’Etat ont sur l’esprit de ses administrés un pouvoir normatif, et la spectaculaire brutalité du traitement réservé aux militants écologistes agit comme une remise en cause « officielle » de la légitimité de leur cause, une relativisation de la gravité des questions qu’ils soulèvent.

[…] Ce stigmate, les militants d’extrême droite, ou ceux de l’agriculture productiviste, y échappent largement. On s’en souvient : le 30 janvier, au moment même où le premier ministre Gabriel Attal prononçait son discours de politique générale assorti d’un martial « Tu casses ? Tu répares ! Tu salis ? Tu nettoies ! » (adressé à la jeunesse), les forces de l’ordre ouvraient poliment le passage aux engins agricoles un peu partout en France, afin que ceux-ci puissent procéder au déversement de dizaines de tonnes de lisier et de déchets sur les bâtiments de l’Etat – avec des perspectives limitées de réparation ou de nettoyage.

[…] Ces asymétries, dont il faut reconnaître qu’elles confinent parfois à l’absurde, sont légion. La journée du 1er juin en offre un remarquable précipité. Ce jour-là, à moins d’une semaine des commémorations du Débarquement, la préfète du Morbihan annonce avoir porté plainte contre Les Soulèvements de la Terre, pour des « dégradations » commises sur le monument aux anciens combattants de Sérent (Morbihan). Curieusement, son communiqué n’apporte aucun détail sur ces « dégradations ». Il faut se reporter aux images de revendication de l’action pour constater que celles-ci consistent essentiellement en un collage aux dimensions de deux rangées de feuilles A4, non sur le monument lui-même, mais sur son parvis, formant la phrase : « Le vivant en résistance. »

[…] Mais le même jour et dans la même région, à Rosporden (Finistère), France Bleu Breizh Izel rapporte qu’un ancien candidat du Rassemblement national se lève au cours d’une réunion publique pour faire le salut nazi, prononçant distinctement « Heil, Hitler ! » Rien, manifestement, qui salisse la mémoire des soldats du 6 juin 1944 : aucun communiqué de la préfecture du Finistère sur une éventuelle plainte – elle sera déposée par la Ligue des droits de l’homme –, aucune déclaration ou émotion particulière du côté du gouvernement. […]

Le Monde, Stéphane Foucart, « Une des raisons du déclin de l’écologie politique est, à l’évidence, la criminalisation du mouvement environnementaliste »

Lundi 10/6, 10h15

Je suis à Dnipro, j’attends le dernier bus. Tout va bien.

Je suis dans le bus, je serai à la maison dans 2h30. Je prendrai un taxi de la gare.

C’est chaud dans tous les sens. Il y avait une alerte quand j’attendais le bus, je ne suis pas descendue car c’était loin et le bus devait arriver bientôt. Je me cachais sous les arbres, je rigolais avec moi-même – ce n’est pas un bon abri.

J’ai vu beaucoup de militaires, partout : à Lviv, dans le train, à Dnipro, dans les rues. Ça ne fait pas peur, ça provoque la fierté. Qu’est-ce qu’ils sont beaux !

Olga, Viber (texte)

Lundi 10/6, 0h10

Elections européennes.

Cartoon Movement, Bernard Bouton, European elections in France

Les premières estimations des résultats ont confirmé une nette progression des droites nationalistes et radicales dans l’Union européenne (UE), et un revers cuisant pour les dirigeants des deux premières puissances, le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron, qui a annoncé une dissolution de l’Assemblée. […]

Le Monde, Le premier ministre polonais évoque « la terrible tristesse » à Paris après les résultats des élections

Selon des résultats provisoires représentant 40 % des bulletins dépouillés en Hongrie, Viktor Orban devrait essuyer un revers aux élections européennes, avec 43,8 % des voix, soit près de dix points de moins qu’en 2019 et son score le plus bas jamais obtenu à un tel scrutin depuis qu’il est au pouvoir, en 2010.
Face à lui, le parti Tisza fondé par Peter Magyar, un ancien cadre du pouvoir qui a fait défection en février, obtiendrait 31 % des voix, un niveau record pour un parti d’opposition sous Orban. […] Le Fidesz conserverait onze sièges, contre treize dans le Parlement sortant.

Le Monde, En Hongrie, vers un revers du parti de Viktor Orban

Le parti libéral slovaque d’opposition a créé la surprise dimanche en remportant les élections européennes face à la formation Smer-SD du premier ministre Robert Fico aux penchants pro-Poutine, gravement blessé récemment dans un attentat. […]

Le Monde, En Slovaquie, le parti du premier ministre Robert Fico défait par les libéraux

Dimanche 9/6, 14h40

J’ai passé 2 heures dans la salle d’attente/abri, puis je suis allée voir la ville de Lviv. À 10h j’ai appelé mon oncle, on s’est chaleureusement rencontrés et on s’est baladé dans la ville.
C’est l’oncle qui se battait à Bakhmut, il a été blessé et maintenant il n’est plus bon pour l’armée. Ça le gêne de n’être plus à l’armée. Il a perdu beaucoup de confrères, il va à tous les enterrements. Il a une carte de militaire pour prendre les transports en communs gratuitement, mais ça le gêne de l’utiliser.
On a un peu bu, beaucoup rigolé et assez parlé. J’espère qu’il vient à Kryvyi Rih bientôt, je l’aime beaucoup.
Je suis déjà dans le train, on décolle dans 5 minutes.

Pacha va bien, il est emporté par un livre écrit par un des voisins de notre quartier à Irpin. Ce voisin s’appelle Mykola, il est dans l’armée depuis 2014. Il a écrit des mémoires du militaire non-professionnel. Pacha aime bien le style et le contenu. En plus c’est intéressant de connaître l’auteur et de pouvoir lui poser plein de questions.

Olga, Viber (texte)

Dimanche 9/6, 14h00

Cartoon Movement, Marian Kamensky, Macron sends military instructors

Dimanche 9/6, 13h55

Je suis en Ukraine, tout va bien.

Olga, Viber (texte)

Dimanche 9/6, 13h50

Entendu.

— Depuis que je suis en âge de voter, il est question de faire barrage à l’extrême-droite…
— Bah, on se lave bien les dents tous les jours.

Anonymes

Samedi 8/6, 13h40

Le point de vue militaire de Guillaume Ancel.

Le premier lien évident entre le débarquement en Normandie de 1944, dont on on commémore les 80 ans, la guerre en Ukraine et le conflit qui ravage Gaza au Proche-Orient est le rôle clef des États-Unis face à la persistance d’empires aussi monstrueux que menaçants.

A se demander si le nazisme a vraiment disparu tellement ses descendants – à l’origine des partis d’extrême-droite – défendent aujourd’hui la Russie de Poutine qui – dans un revers de l’histoire que seule la collusion des extrêmes permet – ose se prétendre « pourfendeur du nazisme » tout en lui empruntant ses méthodes et en vénérant l’URSS…

[…] Le débarquement a servi de référence lors de la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023. Et lorsque les pays alliés qui soutenaient l’Ukraine la conseillaient dans cette opération périlleuse, les Ukrainiens ont répondu à plusieurs reprises que leur situation était quelque peu différente, en posant et reposant cette cruelle question : si les soldats américains (et canadiens) n’avaient pas débarqué en Normandie, mais s’étaient contentés de livrer du matériel et des conseils aux Européens, est-ce que vous auriez pu percer le « mur de l’Atlantique » et mettre en déroute les armées nazies ? Sans leur implication directe, est-ce que vous ne seriez pas encore sur les plages de Normandie ?

Cette contre-offensive ukrainienne a d’ailleurs échoué et elle nous interroge sur notre manque de détermination : pouvons-nous sérieusement espérer gagner cette guerre en Ukraine par procuration ? S’impliquer plus directement est l’objet même des débats actuels et des déclarations politiques au cours de cette commémoration du débarquement, qui marque à la fois la libération par la force armée du nazisme et l’émergence d’une menace grandissante représentée aujourd’hui par Vladimir Poutine.

[…] Le point crucial, sur lequel les relais de Poutine essaient de nous faire dériver, est qu’il n’a jamais été question d’agresser ou d’envahir la Russie, mais de virer ses soldats du sol ukrainien, et de fixer (enfin) des limites que la Russie de Poutine ne pourra pas franchir : cela s’appelle l’arrêter.

Lorsque le président américain accepte enfin que les armes livrées à l’Ukraine puissent être utilisées contre toute cible militaire en Russie qui attaque les Ukrainiens, cela s’appelle de la « légitime défense » et ne constitue pas une agression contre la Russie, d’autant moins que cette dernière bombarde quotidiennement l’Ukraine et pour l’essentiel contre des cibles civiles.

[…] Les commémorations du débarquement en Normandie nous rappellent combien il est nécessaire de s’engager lorsque notre avenir est en jeu, comme ces générations du siècle dernier l’ont fait.

A nous aussi de faire preuve de clairvoyance, quand la propagande cherche à nous aveugler : la guerre est nécessaire quand il s’agit de défendre nos intérêts vitaux et notre sécurité, mais la guerre ne se gagne pas par procuration, ni d’ailleurs par des opérations criminelles comme le fait Netanyahou aujourd’hui à Gaza et en Cisjordanie.

Nous n’avons jamais eu autant besoin de lutter contre les extrémistes, quelle que soit la couleur ou la religion derrière laquelle ils cherchent à se camoufler. Et dans ce contexte, les élections européennes représentent un enjeu majeur pour l’avenir et la sécurité de l’Europe, parce que seule l’Europe a la taille nécessaire pour se défendre efficacement de ces empires menaçants.

Ne pas subir, Débarquement, Ukraine, Gaza, comment ces événements sont reliés
© Patrick Chappatte, dans Le Temps, Genève

Samedi 8/6, 13h35

Elections européennes.

[…] Quel est […] le socle commun qui pousse les Allemands, les Français, les Néerlandais ou les Italiens à voter pour l’extrême droite ?

Il y a des schémas qu’on retrouve. A l’évidence, bien des électeurs en Europe partagent le sentiment que le risque de déclassement personnel et le déclassement de sa nation ne font qu’un. La lassitude aussi envers la démocratie libérale et ses garde-fous juridiques nourrit une tentation dite « illibérale » que l’on retrouve dans les démocraties ailleurs dans le monde (Etats-Unis, Inde, Israël…).

C’est-à-dire ?

Ce qui lie souvent ces opinions publiques, c’est l’idée que l’Etat libéral n’est plus assez fort pour protéger le groupe ethnique majoritaire de la société. La demande d’autorité s’exprime clairement contre les migrants, mais pas seulement : les polémiques contre les personnes LGBT ou le droit à l’IVG témoignent qu’il y a une vision globale de la nécessité de contrôler les corps par un ordre moral, social, démographique.

Qu’est-ce qui, au niveau européen, rapproche ces formations d’extrême droite, aux histoires différentes ?

Tous ces partis se présentent comme des élites de rechange contre celles qui ont échoué. Pour eux, il s’agit de régénérer la société en lui assurant une forme homogène et unitaire. Cette unité organique qu’ils recherchent n’est possible qu’en révisant les relations internationales qui, à leurs yeux, participent à la désintégration de la nation.

[…] Aujourd’hui, même à l’extrême droite, plus personne ne veut quitter l’UE. Le mot d’ordre, si l’on en croit Viktor Orban et Giorgia Meloni, est en revanche de la changer de l’intérieur. Comment expliquez-vous cette évolution ?

C’est une question de position. Pour un parti en ascension, critiquer l’UE, c’est rassembler les mécontents pour assurer son décollage.S’il est installé, sur la ligne d’arrivée vers le pouvoir – c’est le cas du RN en France – , vouloir quitter l’UE, c’est s’assurer de perdre le second tour des élections – même les seconds tours des départementales et des régionales, comme on l’a vu en 2015. Giorgia Meloni aussi a ajusté son discours sur l’Europe pour se crédibiliser. Plutôt qu’un « Italexit », elle s’est concentrée sur les migrants illégaux, les personnes LGBT, la natalité. Maintenant qu’elle est au pouvoir, elle compose, en compensant l’affaiblissement de son souverainisme par des marqueurs identitaires et sociétaux.

Diriez-vous que l’extrême droite a déjà changé l’UE ?

L’UE lui résiste. Il y a beaucoup de rodomontades. Viktor Orban a ainsi parlé durant la campagne de « marcher sur Bruxelles » dans une métaphore militaire, mais l’impossibilité des extrêmes droites à s’organiser au Parlement européen l’empêche d’avoir la politique de ses ambitions. […]

Vous ne croyez donc pas à l’alliance des extrêmes droites, à laquelle appellent Viktor Orban et Marine Le Pen, au sein du Parlement européen ? Ni à une alliance de la droite à l’extrême droite, comme le souhaite Giorgia Meloni ?

Aujourd’hui cela paraît être une chimère : l’essentiel des forces représentées refuse la construction d’une majorité. Même à l’intérieur d’ECR [Conservateurs et réformistes européens], il y a débat : Jorge Buxadé, tête de liste des Espagnols de Vox, a dit qu’il envisageait plutôt des convergences de votes au cas par cas.
La recomposition se fera selon ce qui sortira des urnes, mais chacun suivra son intérêt et sa tactique propres, et non une vision et une stratégie communes. Mais c’est la taille de l’assiette de ces alliances opportunistes qui leur permettront ou non de peser réellement. […]

Le Monde, Pour l’historien Nicolas Lebourg, une alliance des extrêmes droites au Parlement européen « paraît une chimère ». Le chercheur, spécialiste de l’extrême droite, revient sur la dynamique de ces partis nationalistes et souverainistes sur le Vieux Continent. Il évoque les racines de la « tentation illibérale » qui touche de plus en plus de citoyens européens.

Samedi 8/6, 10h15

La Russie avait l’intention de remplir le Parlement de législateurs sympathiques lors des prochaines élections à l’échelle du bloc en juin. L’objectif est de contribuer à élire davantage de candidats pro-russes au Parlement européen et de renforcer un certain discours pro-russe au sein de cette institution.

Samedi 8/6, 10h05

[…] Pranay Vaddi, directeur principal du Conseil de sécurité nationale des États-Unis pour le contrôle des armements, le désarmement et la non-prolifération, a déclaré que les États-Unis avaient préparé une nouvelle politique en matière d’armes nucléaires spécifiquement pour dissuader la Russie, la République populaire de Chine (RPC), la Corée du Nord et l’Iran.

Vaddi a déclaré lors de la réunion de 2024 de l’Arms Control Association que les États-Unis pourraient devoir déployer davantage d’armes nucléaires stratégiques dans les années à venir et que les États-Unis devraient être prêts si le président américain prenait une telle décision.[54] Vaddi a déclaré que les États-Unis restent attachés aux valeurs et aux accords internationaux de contrôle des armements et de non-prolifération. Vaddi a déclaré que la Russie avait rejeté à plusieurs reprises les négociations avec les États-Unis pour négocier un successeur au pacte de limitation des armements stratégiques New START, qui expire en 2026, et que la RPC avait refusé de discuter de l’expansion de son arsenal nucléaire avec les États-Unis. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 7 juin, traduction Deepl

Samedi 8/6, 9h45

Zapo.

En avril, le Wall Street Journal a rapporté que la Russie pourrait envisager de redémarrer au moins un des six réacteurs de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhia (ZNPP), que la Russie occupe depuis mars 2022. Ces informations ont suscité des inquiétudes quant à la sécurité de la centrale, si une telle décision devait être prise. Le 28 mai, Aleksey Likhachev, directeur de l’entreprise nucléaire publique russe Rosatom, a déclaré que le redémarrage de la centrale nucléaire de Zaporizhia serait subordonné à des garanties de sécurité, ajoutant que « le temps nous dira » comment les conditions de sécurité requises seront remplies et qu’elles pourraient être atteintes par le retrait de la ligne de front « aussi loin que possible » de la centrale nucléaire de Zaporizhia.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a depuis confirmé qu’un accord avait été trouvé pour que les six réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia « restent en arrêt à froid pour le moment ».

Cependant, tant que la centrale nucléaire de Zaporizhzhia reste sous occupation russe, Moscou pourra continuer à l’utiliser comme source de chantage afin d’empêcher tout effort futur de l’Ukraine pour en reprendre le contrôle. Pour contrer le chantage nucléaire de la Russie, les pays occidentaux doivent intensifier leur soutien à l’Ukraine sur le plan militaire, de la sûreté nucléaire et des interventions d’urgence, et lutter contre la désinformation russe concernant l’état d’exploitation de la centrale et les attaques dont elle fait l’objet. De telles mesures peuvent contribuer à minimiser la valeur coercitive que Moscou peut penser tirer de nouvelles menaces sur la sécurité de la centrale.

La Russie a fait preuve d’un mépris évident pour la sécurité nucléaire depuis le début de son invasion massive de l’Ukraine. Par conséquent, les commentaires de M. Likhachev sur la nécessité de garantir la sécurité de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia avant de la redémarrer doivent être pris avec des pincettes, et certainement pas comme une quelconque assurance que les réacteurs ne seront pas redémarrés tant que la centrale restera dans une zone de guerre. En outre, tant que la Russie gardera le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, les opérateurs et régulateurs russes voudront dicter le moment où ils considèrent que l’installation peut être exploitée en toute sécurité, même si la sûreté de la centrale reste très précaire.

Bien que la centrale nucléaire de Zaporizhzhia ne se trouve pas actuellement à proximité des combats les plus violents, elle reste proche de la ligne de front, le personnel de l’AIEA posté sur place signalant régulièrement des bruits d’explosion. Les récentes attaques de drones sur l’installation ne semblent pas avoir causé de dommages significatifs, mais elles rappellent le risque persistant qu’une frappe militaire – intentionnelle ou non – puisse déclencher une situation d’urgence en matière de sécurité.

[…] Si les risques sont évidents, il ne semble pas y avoir actuellement d’avantages évidents à ce que la Russie redémarre la production d’électricité à la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, du moins du point de vue de la production d’énergie. La Russie n’a pas réussi à raccorder la centrale aux réseaux électriques alimentant le Donbas et la Crimée occupés. On ne sait donc pas où l’électricité produite par la centrale aurait été acheminée si la décision avait été prise de redémarrer le réacteur.

[…] L’usine de Zaporizhzhia ne se trouve actuellement à proximité d’aucune avancée militaire ukrainienne ou russe majeure, et la Russie ne montre aucun signe de préparation pour quitter l’usine. Toutefois, si cela devait changer, la Russie pourrait chercher à exacerber les risques pour la sécurité de la centrale afin de générer une valeur coercitive. Il est peu probable que Moscou s’engage dans des négociations explicites sur la sécurité de la centrale, car toute menace articulée de provoquer intentionnellement un incident de sécurité nucléaire entraînerait une condamnation internationale, probablement même de la part de pays qui se sont par ailleurs abstenus de critiquer l’agression russe en Ukraine. Au lieu de cela, la Russie pourrait calculer que le fait de dissimuler les activités risquées de la centrale derrière des justifications à peine crédibles et des garanties de sécurité tout aussi douteuses pourrait lui donner l’effet de levier qu’elle recherche.

[…] En fin de compte, tant que la centrale nucléaire ZNPP reste sous le contrôle de la Russie et près de la ligne de front du conflit, l’Ukraine et ses partenaires ne peuvent pas faire grand-chose pour empêcher totalement un incident de sécurité nucléaire dans la centrale. Moscou reste la partie responsable en dernier ressort de la mise en danger de la sécurité de la centrale depuis mars 2022. Les pays occidentaux peuvent contrer la désinformation russe, souligner l’importance de l’engagement de l’AIEA pour garantir la sûreté de la centrale et communiquer clairement leur soutien continu à l’Ukraine en matière de sûreté nucléaire afin de minimiser la valeur coercitive perçue par la Russie pour la centrale nucléaire de Zaporizhzhia.

Bulletin of the Atomic Scientists, Malgré les risques, la Russie continue d’utiliser la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhia comme levier, traduction Deepl

Samedi 8/6, 9h40

Tout va bien, on est en Allemagne. J’ai dormi toute la nuit.

Olga, Viber (texte)

Samedi 8/6, 9h40

A prendre avec des pincettes, comme d’hab.

« Nous voyons ce qu’est le caractère russe. Nous comptons dessus. Et nous n’avons donc pas besoin de l’arme nucléaire… ». Devant l’élite politique et d’affaires russe toute acquise à sa cause, Vladimir Poutine a ce vendredi une nouvelle fois promis la victoire en Ukraine. « Sans brandir l’arme nucléaire », a insisté le chef du Kremlin. Habitué à inverser le narratif dans son bras de fer avec l’ouest, il a assuré ne jamais avoir agité cette menace malgré pourtant ses nombreuses déclarations provocatrices en plus de deux ans d’ « opération militaire spéciale » en Ukraine.

Au forum économique de Saint-Pétersbourg, au contraire, Vladimir Poutine a été clair, une première depuis le début du conflit : « Le recours au nucléaire est possible en cas exceptionnel – menace sur la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays. Je ne pense pas que ce soit le cas. »

Mais, il a aussi prévenu : « les armes nucléaires tactiques russes sont quatre fois plus puissantes aujourd’hui » que celles lancées par les Etats-Unis sur le Japon à la fin de la seconde guerre mondiale. Une manière d’entretenir toute de même la menace après une heure de discours à la tribune puis près de trois heures de conversation avec Sergueï Karaganov. Cet influent politologue pro-Kremlin, l’an passé, avait suggéré une frappe nucléaire limitée pour forcer l’Occident à reculer en Ukraine et éviter une troisième guerre mondiale. […]

Les Echos, Poutine écarte l’option nucléaire dans le conflit en Ukraine

Poutine a indirectement indiqué que les frappes ukrainiennes sur le territoire russe avec des armes fournies par l’Occident ne franchissent pas une supposée « ligne rouge » russe qui entraînerait une escalade nucléaire de la part de la Russie. Poutine a déclaré que la doctrine nucléaire russe prévoit que la Russie n’utilise les armes nucléaires que dans des « cas exceptionnels » de menaces à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Russie. Poutine a déclaré qu’il ne pense pas qu’un tel cas « exceptionnel » se soit produit et qu’il n’est donc « pas nécessaire » pour la Russie d’utiliser des armes nucléaires.

[…] La déclaration de Poutine du 7 juin constitue un revirement rhétorique significatif, étant donné que Poutine et d’autres responsables du Kremlin avaient précédemment menacé d’utiliser l’arme nucléaire russe si les États occidentaux autorisaient l’Ukraine à frapper le territoire russe avec des armes fournies par l’Occident. Les politiques et les actions occidentales et ukrainiennes ont franchi les prétendues « lignes rouges » de la Russie à plusieurs reprises au cours de la guerre sans susciter de réaction russe significative, ce qui indique que bon nombre des « lignes rouges » de la Russie sont très probablement des opérations d’information conçues pour pousser l’Occident à l’autodestruction. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 7 juin, traduction Deepl

Vendredi 7/6, 19h30

Pacha est à la position depuis hier soir, il va bien, il cuisinait de la soupe ce matin. Il a mal vécu la nouvelle qu’il resterait à l’Est jusqu’en novembre, donc il a picolé. Mais il m’a dit qu’il avait fini par accepter la nouvelle […]

J’ai à dire que les Ardennes sont un peu trop collantes et ne me laissent pas partir en tranquillité. Le premier TER est tombé en panne, j’ai raté mon train pour Paris. J’irai quand même, j’ai déjà échangé le billet, mais ça me fait attendre pendant 2 heures au milieu de nulle part. J’ai assez de temps pour arriver tranquillement, refaire la valise et prendre le bus Bourak. Mais qu’est-ce que c’est chiant !

Olga, Viber (texte)

Vendredi 7/6, 19h25

Élections européennes.

Si 80 ans plus tard, ils votent nazi ?

Vendredi 7/6, 18h45

Tralala nuc.

Le ministre de l’Économie s’est montré très prudent ce mercredi quant aux objectifs en matière de construction de nouveaux réacteurs nucléaires français. Pour Bruno Le Maire, EDF doit d’abord « apporter la preuve » qu’il est capable de réaliser « dans de bonnes conditions, dans les délais et dans les coûts » les six premiers EPR2 inscrits dans le programme de relance de l’atome, avant d’envisager les huit supplémentaires. […]

La Tribune, Bruno Le Maire s’affiche prudent sur le projet des huit EPR2 supplémentaires

Du 12 au 17 juin 2024, quatre navires de guerre Russe effectueront une visite officielle au port de La Havane à Cuba. Le détachement naval est composé du Kazan, un sous-marin à propulsion nucléaire, de la frégate de la marine russe Gorshkov, du pétrolier Pashin et du remorqueur de sauvetage Nikolay Checker.

Dans un communiqué en date du 6 juin, le ministère cubain des Affaires étrangères précise  qu’aucun de ces navires ne transporte d’armes nucléaires. Leur escale dans notre pays ne représente pas une menace pour la région. Cette visite correspond aux relations amicales historiques entre Cuba et la fédération de Russie et respecte strictement les réglementations internationales. […]

Ouest-France, Le Marin, La Russie envoie trois navires de guerre et un sous-marin nucléaire à Cuba

Avec une production électrique de 22 TWh, le pays est le huitième plus gros producteur d’électricité de tout le continent africain bien que loin derrière l’Égypte (n°2) avec une production de 209 TWh et l’Afrique du Sud (n°1) avec 244 TWh en 2021. Cette production de 22 TWh est à destination des 33 millions de Ghanéens, mais aussi des pays voisins interconnectés par le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain.

[…] La construction de nouvelles capacités pilotables devrait servir une politique d’export et d’industrialisation du pays. Selon Reuters, le Ghana souhaite construire jusqu’à 1 GW de nucléaire d’ici à 2034 et envisage un large panel de partenaires : EDF, le chinois CNNC, l’américain NuScale, ainsi que le russe Rosatom et le coréen Kepco. L’annonce doit intervenir avant la fin de l’année.

[…] Le Ghana s’est intéressé au nucléaire dès les années 1950 avec l’utilisation de radioisotopes dans les secteurs de la recherche et de la défense. C’est en 1963 que le pays créé la Ghana Atomic Energy Commission mais seulement en 1994 que le pays se dote d’un réacteur de recherche : le GHARR-1. Le réacteur de recherche chinois est utilisé pour former des étudiants. Le pays souhaite mettre à profit ses compétences et devenir « le hub africain de l’énergie nucléaire », selon les propos de Samuel Boakye Dampare, directeur général de la Ghana Atomic Energy Commission.

Ces dernières années, le Ghana a accéléré avec la mise en place de son Autorité de sûreté nucléaire en 2016 et l’approbation du président Akufo-Addo, de l’inclusion du nucléaire dans le mix électrique du pays.

Sfen (Société Française d’Energie Nucléaire), Avec qui le Ghana construira-t-il sa première centrale nucléaire ?

Un ancien appelé militaire haut-rhinois poursuivait l’État pour préjudice d’anxiété causé par son exposition aux rayonnements ionisants en 1962 sur le site d’essai nucléaire du Sahara. Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la demande au motif de la prescription.

Sur la base d’un préjudice d’anxiété – reconnu en janvier 2021 par la cour d’appel de Douai pour plus de 700 mineurs des Charbonnages de Lorraine qui avaient été exposés à des substances toxiques – Guy Sinniger, ancien appelé au Centre d’expérimentation militaire des oasis (Cemo) en Algérie, a engagé des poursuites contre le ministère des Armées pour avoir été « exposé à des rayonnements ionisants sans équipement de protection ». […]

L’Alsace, Essais nucléaires et préjudice d’anxiété : le militaire haut-rhinois débouté

[…] Selon l’AIEA, l’Iran est le seul pays à enrichir de l’uranium jusqu’à 60 % et à accumuler des quantités significatives d’uranium hautement enrichi (UHE). L’Institut pour la science et la sécurité internationale basé à Londres écrit dans une analyse des conclusions de l’agence sur la véracité du projet atomique de l’Iran : « La capacité totale des centrifugeuses pour produire de l’uranium de qualité militaire (UQM) est suffisante, avec 25 kilogrammes (kg) d’UQM, pour environ huit armes nucléaires en un mois, dix en deux mois, douze en trois mois et treize en quatre mois. »

L’institut avertit qu’avec la capacité croissante de l’Iran à enrichir de l’uranium, même en utilisant seulement une partie de son stock d’uranium hautement enrichi, l’Iran pourrait produire ses premiers 25 kg d’uranium de qualité militaire en environ une semaine. Si l’Iran retarde l’accès des inspecteurs, la détection rapide de cette diversion d’uranium pourrait être difficile.

[…] Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), principal mouvement d’opposition qui appelle au renversement du régime islamique, a révélé en 2008 l’existence d’une organisation appelée SPND. Pour rappel, le CNRI était le premier à divulguer, en 2002, l’existence d’un projet nucléaire secret iranien. Tout récemment, le CNRI a révélé que pendant la présidence d’Ebrahim Raïssi, des changements spécifiques ont été apportés au sein de SPND, qui gère la production d’armes nucléaires pour détourner l’attention et empêcher que les véritables objectifs du SPND ne soient exposés à l’Agence internationale de l’énergie atomique.

[…] Dans son dernier discours daté de 1er mai 2024, Ali Khamenei a déclaré que la guerre de Gaza devait rester la nouvelle principale dans le monde. Il ne fait aucun doute que le régime iranien a besoin de crises pour survivre, mais il pourrait aussi utiliser la situation de Gaza comme couverture pour faire le dernier pas vers la fabrication d’une bombe nucléaire.

[…] Le monde ne devrait pas permettre que des négociations nucléaires sans fin soient la réponse de Téhéran à la pression internationale en raison de ses abus des droits de l’homme et de sa politique belliciste. Il ne devrait pas non plus permettre à un tel régime de se doter d’arme nucléaire – l’outil ultime pour les futures tentatives d’extorsion des mollahs.

La Dépêche, Hamid Enayat, Peut-on neutraliser la menace nucléaire de l’Iran ? Les révélations de la résistance iranienne. Hamid Enayat, politologue, spécialiste de l’Iran, collabore avec l’opposition démocratique iranienne (CNRI)

[…] 3. Echange de lettres entre Paris et Kiev visant à reprendre la coopération entre les deux pays pour le développement des utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire. […]

Le Monde, Live, Quatre textes signés par la France et l’Ukraine

Vendredi 7/6, 18h40

Mettez-en moi une douzaine.

Cartoon Movement, TRUANT, D Day shopping

Jeudi 6/6, 22h25

On commence une petite dernière soirée de Boudmo ! dans les Ardennes.

Olga, Viber (texte)

Jeudi 6/6, 13h40

Karkhiv.

L’offensive lancée par la Russie le 10 mai dans la région de Kharkov est dans une impasse. Les experts militaires estiment que l’armée russe s’est fixé pour objectif de détourner les troupes ukrainiennes de la direction de Donetsk et de former une zone tampon près de la frontière. La Russie n’a réussi à capturer que de petits villages dont la population totale, même avant la guerre, était inférieure à cinq mille personnes. Trois semaines plus tard, l’offensive s’est arrêtée dans des localités légèrement plus grandes : le village de Liptsy et la ville de Volchansk. L’Ukraine a eu recours aux attaques russes dans le cadre de négociations avec ses alliés occidentaux pour obtenir l’autorisation de frapper le territoire russe.

[…] Selon Leviev [fondateur de Conflict Intelligence Team (CIT)], l’attaque dans la région de Kharkov n’a apporté aucun résultat réel : la Russie n’a ni détourné les ressources ukrainiennes d’autres directions ni créé de zone tampon. «En fin de compte, ils se sont distraits et maintenant ils essaient de s’asseoir sur deux chaises. Ils doivent faire quelque chose [dans le contexte d’un manque de ressources] en direction de Donetsk et tenter de poursuivre l’attaque dans la région de Kharkov. Mais ça ne marche ni ici ni là-bas», estime l’expert.

[…] L’Ukraine a pu bénéficier de l’attaque russe contre la région de Kharkov : les autorités du pays ont intensifié les négociations sur la fourniture d’armes et l’autorisation de les utiliser pour des attaques sur le territoire russe. Au cours du mois de mai, ils ont réussi à obtenir un succès significatif. […]

Holod, L’offensive russe près de Kharkiv a échoué

Jeudi 6/6, 13h25

6 juin.

Depuis deux ans, l’Ukraine écrase toutes les réunions internationales. Les commémorations du 80e anniversaire du Débarquementsur les côtes normandes n’ont pas échappé à la règle. Alors qu’une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement sont attendus en Normandie, les cérémonies seront aussi l’occasion de transformer la fin de semaine en grand rendez-vous géopolitique. Avec deux invités stars à l’Élysée, Joe Biden et Volodymyr Zelensky. Au menu des entretiens bilatéraux avec Emmanuel Macron, l’Ukraine bien sûr. À quelques jours des élections européennes, le président français veut afficher la poursuite de son soutien à Kiev et l’unité des alliés. Avec Joe Biden, il abordera aussi les autres grandes crises internationales, notamment la guerre à Gaza et l’instabilité en Afrique.

[…] En 2014, pour les 70 ans du Débarquement, Vladimir Poutine avait été accueilli sur les plages de Normandie, alors même qu’il avait annexé la Crimée quelques semaines plus tôt et allumé l’étincelle de la guerre dans le Donbass. Il avait même été entraîné par François Hollande et Angela Merkel dans une rencontre avec le président ukrainien, Petro Porochenko, tout juste élu après la révolution pro-européenne de Maïdan. Le processus de Normandie, qui avait débouché sur les accords de Minsk, aujourd’hui caducs, n’avait pas empêché l’invasion de février 2022…

[…] Depuis, les eaux de la relation franco-russe sont devenues rouge sang. Après une année vaine passée à essayer d’amadouer Vladimir Poutine et à le ramener « dans le droit chemin », Emmanuel Macron a abandonné ses illusions et durci sa position. Il s’est rangé du côté des plus fervents soutiens de l’Ukraine, ce qui lui vaut l’amitié et la reconnaissance non seulement de Kiev, mais aussi des pays d’Europe de l’Est, dont la parole et la vision géopolitique avaient été longtemps méprisées.

Depuis le « format Normandie », l’Europe s’est aussi unie pour défendre la cause et les valeurs démocratiques du président Volodymyr Zelensky. Vladimir Poutine a fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale et ses troupes se sont rendues coupables de crimes et de massacres contre des civils ukrainiens. Le président russe a déclaré une guerre hybride à plusieurs pays européens, dont la France, et multiplié les menaces, y compris nucléaires, contre l’Occident.

Le Figaro, 80 ans du Débarquement : l’Ukraine et son président s’imposent sur les plages de Normandie aux côtés des leaders occidentaux
Commentaire :"Le gouvernement russe n’est pas invité à juste titre, reproduisant actuellement toute la barbarie et l’expansionnisme façon 20 eme siècle que l’on pensait derrière nous. Par contre, nous aurions dû inviter des vétérans, cela aurait eu du sens même politiquement. La présence de Zelensky à la place de Poutine est bien évidemment une réponse de politique internationale à l’intention de ce dernier. Cependant, elle est également justifiée : l’Ukraine fut des républiques de l’URSS le deuxième état le plus touché en nombre de soldats morts à la guerre contre l’Allemagne vs la taille de sa population. Le premier étant la Biélorussie. La Russie, état des élites, arrivera loin derrière. Pour ceux émettant des réserves sur la duplicité du peuple ukrainien pendant cette guerre, merci dans un premier temps de ne pas oublier nos propres forfaitures et dans un second temps l’histoire particulière de l’Ukraine vis à vis de l’URSS. Effectivement une partie, minime, d’ukrainiens accueilleront et se battront avec les allemands principalement dans une optique de libération de leur oppresseur qui étaient à ce moment là l’URSS."

Jeudi 6/6, 9h00

Gaz.

[…] La société gazière publique russe Gazprom estimerait qu’il est peu probable qu’elle récupère les ventes de gaz perdues après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, illustrant comment les sanctions occidentales ont des effets à long terme sur les flux de revenus russes soutenant l’effort de guerre de la Russie.

Le Financial Times (FT) a rapporté le 5 juin que les dirigeants de Gazprom avaient commandé fin 2023 un rapport sur les perspectives à long terme des ventes de gaz, selon lequel les exportations annuelles de Gazprom vers l’Europe d’ici 2035 atteindraient en moyenne 50 à 75 milliards de mètres cubes. – environ un tiers de ses exportations annuelles vers l’Europe avant l’invasion à grande échelle. Gazprom aurait indiqué qu’un nouveau gazoduc vers la République populaire de Chine (RPC) vise à compenser la perte de volume d’exportation vers l’Europe, mais n’aura la capacité de transporter que 50 milliards de mètres cubes de gaz par an. La Russie s’est appuyée sur les revenus pétroliers pour soutenir les budgets fédéraux dans un contexte d’augmentation des dépenses consacrées à la guerre en Ukraine, et les contraintes à long terme sur d’autres exportations énergétiques limiteront probablement d’autres sources de financement importantes pour le Kremlin. […]

ISW, évaluation de la campagne russe, 5 juin, traduction automatique

On a beaucoup entendu que, puisque les pays occidentaux n’achètent quasiment plus de gaz russe en conséquence de l’invasion de l’Ukraine, la Russie n’aurait qu’à le vendre à quelqu’un d’autre. Mais depuis quelques années, avant même le début de la guerre, le pays de Vladimir Poutine s’est tourné vers la Chine. Or, le projet de gazoduc Power of Siberia 2 (ou «Force de Sibérie» en français), nécessaire pour acheminer le gaz russe vers le marché chinois, a désormais du plomb dans l’aile, dévoile le quotidien britannique Financial Times.

Power of Siberia 2 permettrait de relier les champs de gaz russes, qui quadrillent la moitié ouest de la Russie et qui alimentaient jadis l’Europe, à la Chine en passant par la Mongolie. Mais le président chinois Xi Jinping, en position de force, entend dicter ses conditions. D’une part, il veut payer le gaz russe à un tarif réduit. D’autre part, il n’achèterait qu’une petite partie des 50 milliards de mètres cubes annuels que pourrait livrer le gazoduc.

Ces conditions chinoises seraient inacceptables pour le Kremlin. Les observateurs avisés ont d’ailleurs remarqué l’absence du patron du géant russe Gazprom, Alexeï Miller, dans la délégation présidentielle russe qui s’est rendue en Chine pour une visite officielle, les 15 et 16 mai. Ce signe ne trompe pas. Alors que Power of Siberia 2 était au menu des discussions, rien n’aurait pu être négocié sans lui, ce qui indique que Russes et Chinois n’ont, à ce jour, pas trouvé de terrain d’entente concernant le gazoduc reliant leurs deux pays. […]

Korii, Affaiblie par la guerre, la Russie sera-t-elle contrainte de brader son gaz à la Chine ?

Jeudi 6/6, 8h30

Oulala.

Dans un sévère avertissement adressé à Berlin, le président russe Vladimir Poutine a présenté aujourd’hui d’éventuelles options de représailles si des armes fournies par l’Allemagne étaient utilisées par l’Ukraine contre des cibles en Russie. Si cela se produisait, la Russie pourrait fournir des armes à longue portée à des « régions » du monde où elles pourraient être utilisées pour des frappes contre des cibles occidentales, a-t-il menacé.

[…] Jusqu’à présent, les responsables russes ont critiqué à plusieurs reprises l’utilisation d’armes membres de l’OTAN contre des cibles russes, mais n’ont pris aucune mesure concrète. En tant que tel, il reste incertain dans quelle mesure les commentaires les plus récents de Poutine ne sont que des tactiques de sabre ou représentent une menace plus sérieuse.

The War Zone, Poutine menace de fournir des armes aux « régions » pour des frappes de représailles contre des cibles occidentales, traduction automatique
Commentaire : "L’Allemagne sait qu’elle n’a aucune menace par procuration. Poutine sait que l’Allemagne n’a aucune menace par procuration. Les Allemands savent que Poutine sait qu’ils ne représentent aucune menace par procuration. Il menace quand même."
Commentaire :"En quoi cela peut-il être qualifié de menace ? Depuis la nuit des temps, ils fournissent ouvertement des armes à longue portée aux « régions » du monde où elles pourraient être utilisées pour des frappes contre des cibles occidentales. Honnêtement, je ne comprends pas ce qu'ils essaient de sous-entendre ici."
Commentaire :"Consommation intérieure."

Jeudi 6/6, 8h15

Vu.

Des enfants du village de Bohdanivka, près de Kiev, dans la carcasse calcinée de leur bus scolaire qui a été pris pour cible par l’artillerie russe, comme leur école, juin 2022. MARK NEVILLE

Des enfants de Bohdanivka à l’intérieur de leur bus scolaire incendié ciblé par l’artillerie russe, région de Kiev, juin 2022. Emilia, Ariana, Polina et Vlad ont étudié à l’école secondaire de Bogdanovka, un petit village à quarante kilomètres de Kiev. Bogdanovka fut occupée pendant plus d’un mois. Au cours de ce premier mois du projet Postcode Ukraine, j’ai été témoin du manque de soutien pour les personnes qui avaient tout perdu. On s’est vite rendu compte que de nombreuses personnes ne survivraient pas sans l’aide humanitaire. L’Occident a souvent du mal à utiliser le terme de génocide – non pas parce qu’il est inapproprié lorsqu’il est appliqué à l’invasion russe de l’Ukraine – mais parce qu’il implique l’obligation d’agir. À l’école de Bogdanovka, les enfants sont apparus comme des fantômes, flottant dans les ruines d’une des écoles que l’armée russe a d’abord fait sauter puis minée lors de sa retraite. Les familles m’ont demandé si je reviendrais les photographier lorsqu’elles auront reconstruit leur école. […]

Le Monde, Le photographe Mark Neville dans le tourbillon de la guerre en Ukraine
Basé à Kiev, le Britannique a créé une ONG pour distribuer de l’aide au plus près du front. Avec son livre « Journal d’un travailleur humanitaire », il veut encourager les Ukrainiens à prendre soin de leur santé mentale, mise à rude épreuve par plus de deux ans de guerre.

Jeudi 6/6, 8h05

Inde.

[…] En dix ans, Narendra Modi a certes transformé l’Inde et fait de son pays un incontournable acteur international, mais il a aussi fait souffler un vent nauséabond sur cette nation continent née après l’indépendance, en 1947, sur la promesse de faire vivre ensemble et de traiter également tous les citoyens sans distinction de race, de religion et de caste. Le premier ministre a trahi le vœu des pères fondateurs, dans son obsession d’imposer une suprématie hindoue aux dépens des minorités religieuses, musulmane et chrétienne, devenues les épouvantails du pouvoir.

Narendra Modi espérait que le triomphe électoral auquel il s’attendait lui permette d’aller encore plus loin et de transformer l’Inde laïque en nation hindoue, comme le Pakistan voisin, né d’une partition douloureuse, est devenu une république islamique. Le candidat avait demandé à ces concitoyens de lui offrir quatre cents sièges, afin d’être en mesure de modifier la Constitution, un texte sacré pour une grande partie des Indiens. Leur refus, signifié par leurs bulletins de vote, est sans ambiguïté : il n’en a obtenu qu’un peu plus de la moitié. […]

Le Monde, En Inde, la victoire étriquée de Narendra Modi

Mercredi 5/6, 20h40

Iran.

Le deuxième essai aura été le bon. Depuis mars dernier, la France tentait de mobiliser les énergies pour sanctionner le programme nucléaire iranien, qui ne cesse de se développer alors que les contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sont devenus de plus en plus difficiles à réaliser.

C’est un succès diplomatique pour Paris, qui est l’auteur de la résolution avec l’Allemagne et le Royaume-Uni. Les Français n’étaient pas parvenus à déposer un texte lors du précédent conseil des gouverneurs, le 4 mars. Ils se sont finalement décidés avec leurs deux alliés lors de ce nouveau conseil, tard dans la soirée de lundi, alors que les chances de passer étaient très incertaines.

Le travail de lobbying des dernières semaines a payé puisque 20 pays sur les 35 membres de l’AIEA ont voté en sa faveur, obtenant ainsi le nombre de votes suffisants pour faire passer la résolution. Surtout, les Etats-Unis ont accepté de se joindre au vote alors qu’on les disait réticents vu les difficultés géopolitiques du Moyen-Orient. Le texte aurait été très âprement négocié avec les Américains, rapportent les agences.

La dernière résolution sur le nucléaire iranien date de novembre 2022 et avait été votée par 22 voix sur 35. Cette fois-ci, la Russie et la Chine, ainsi que douze autres pays, se sont abstenus. Un pays membre était absent, rapporte l’AFP. […]

Les Échos, Nucléaire : l’Iran rappelé à l’ordre

Cette résolution, la première depuis novembre 2022, élargit les griefs faits à l’Iran. Elle déplore une nouvelle fois l’absence de « réponses techniques crédibles » concernant la présence de traces d’uranium inexpliquées sur deux sites non déclarés. « Il est essentiel et urgent » que Téhéran clarifie la situation et fournisse l’accès aux lieux en question, insiste le texte confidentiel obtenu par l’Agence France-Presse. A ce sujet, « un rapport complet » pourrait être demandé au directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi.

[…] D’une portée symbolique à ce stade, [la résolution] vise à accroître la pression sur l’Iran, qui a fortement restreint sa coopération avec l’instance onusienne, mais elle peut être le prélude à une transmission du litige au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, habilité à sanctionner. En théorie seulement, car deux de ses membres, Moscou et Pékin, se sont nettement rapprochés de Téhéran ces deux dernières années.

[…] Selon l’AIEA, l’Iran est le seul pays non doté de l’arme atomique à enrichir l’uranium au niveau de 60 %, proche des 90 % nécessaires pour élaborer une bombe, et à accumuler des stocks toujours plus importants. « Cette escalade nuit considérablement à la sécurité internationale et compromet l’architecture mondiale de non-prolifération », a noté l’E3 dans une déclaration.

[…] la République islamique s’est affranchie progressivement des engagements pris dans le cadre de l’accord international de 2015 conclu avec les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Ce pacte connu sous l’acronyme JCPOA était censé encadrer ses activités atomiques en échange d’une levée des sanctions internationales. Mais il a volé en éclats après le retrait américain décidé en 2018 par le président d’alors, Donald Trump. Des discussions menées à Vienne pour le ranimer ont échoué à l’été 2022.

Dans une déclaration commune citée mercredi par l’agence iranienne IRNA, Téhéran, Moscou et Pékin ont appelé « les pays occidentaux à faire preuve de volonté politique et à prendre des mesures » pour permettre un retour au JCPOA.

Le Monde, L’Iran frappé d’une résolution à l’AIEA pour son escalade nucléaire

Mercredi 5/6, 20h30

Le Monde, Européennes 2024 : quels sont les programmes des principaux candidats ? Energie
Le Monde, Européennes 2024 : quels sont les programmes des principaux candidats ? International
Le Monde, Européennes 2024 : quels sont les programmes des principaux candidats ? Défense

Mercredi 5/6, 8h20

Héhé.

La Corée du Sud va mettre fin à une longue pause dans ses exercices près de la zone démilitarisée après des incursions de ballons de merde […]

The War Zone, traduction automatique

Mercredi 5/6, 8h15

De la consécration des petits drones.

[…] Un blogueur militaire russe, ancien instructeur de l’unité « Storm-Z », a publié le 4 juin une liste de plaintes détaillant les défis auxquels les forces russes sont confrontées pour repousser les drones ukrainiens et a affirmé que l’utilisation efficace et omniprésente des drones ukrainiens est désormais le « facteur principal ». dans la capacité de l’Ukraine à repousser les actions offensives russes. Le blogueur militaire a souligné six points concernant la disparité entre la Russie et l’Ukraine en matière de drones, affirmant avant tout que les troupes ukrainiennes disposent d’un avantage numérique important en matière de drones à vue à la première personne (FPV) et d’opérateurs de drones FPV. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 4 juin, traduction automatique

Un effort multinational visant à fournir à Kiev des drones supplémentaires avec vue à la première personne (FPV) a officiellement commencé, grâce au lancement d’un concours industriel. Mené par le Royaume-Uni, le concours distribuera des fonds aux soumissionnaires retenus dans l’espoir de livrer des quantités importantes de drones FPV à l’Ukraine. Ces types de munitions sont devenus essentiels des deux côtés des lignes de front dans la guerre en Ukraine ; à tel point que cela a déclenché une course aux armements pour eux. […]

The War Zone, La concurrence pour fournir à l’Ukraine des drones FPV démarre, traduction automatique

Mardi 4/6, 23h55

Enfants.

Les Ukrainiens se sont recueillis, mardi 4 juin, Journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression, à la mémoire des centaines d’enfants tués en deux ans de guerre en Ukraine, quelques heures après une nouvelle attaque qui en a blessé deux à Dnipro, ville située dans le centre-est de l’Ukraine.

Plus de 600 enfants sont morts et 1 420 autres ont été blessés dans le conflit en Ukraine depuis le début de l’invasion de grande ampleur, en février 2022, a assuré la coordinatrice humanitaire des Nations unies en Ukraine, Denise Brown, dans un communiqué. Il ne s’agit que des cas que l’Organisation des Nations unies (ONU) a pu vérifier. Le chiffre réel des victimes de ce conflit armé, le plus important en Europe depuis la seconde guerre mondiale, est probablement beaucoup plus élevé, selon cette même organisation.

[…] Le bilan des enfants tués ne cesse d’augmenter en Ukraine, où mêmes des zones éloignées de la ligne de front sont régulièrement touchées par des bombardements russes. Lundi, une attaque aérienne russe a tué un garçon de 12 ans dans l’oblast de Donetsk. Un enfant d’un mois et un autre de 17 ans ont été blessés par dans une frappe de missiles russes sur Dnipro, grande ville du centre-est du pays, a rapporté l’administration régionale.

« L’invasion russe inflige d’immenses dommages physiques, psychologiques et émotionnels aux enfants, perturbant leur vie et compromettant leur avenir », a dénoncé Mme Brown. La Russie « ne respecte pas de manière flagrante » ses engagements au titre de la convention relative aux droits de l’enfant, a-t-elle accusé.

Le Kremlin s’est défendu, à plusieurs reprises, de cibler les civils, tout en affirmant que la fourniture d’armes occidentales à l’Ukraine ne ferait que prolonger les souffrances de sa population. […]

Le Monde,

Mardi 4/6, 21h15

Zapo.
Rien de neuf : j’agite mon chapeau (souvenez-vous que j’agitais mon chapeau).

« La situation sur le site nucléaire de Zaporijjia demeure précaire », a affirmé le directeur général lors du conseil des gouverneurs de l’AIEA. « Les sept piliers de la sûreté et de la sécurité nucléaires ont été partiellement ou entièrement compromis », a-t-il avancé.

D’après M. Grossi, les attaques et la déconnexion régulière des lignes électriques hors du site dans le cadre d’une « activité militaire » ont causé une situation problématique au sein de la centrale nucléaire.

Les questions liées au personnel, aux inspections de routine et à la maintenance des systèmes de sécurité ou des dispositifs d’urgence sur le site constituent des problèmes qui continuent de poser des risques de sécurité et de sûreté au sein de la centrale nucléaire, estime le directeur général.

La Libre, Guerre en Ukraine : les piliers de la sûreté nucléaire de Zaporijjia sont compromis, indique le chef de l’AIEA

Mardi 4/6, 19h30

Un son de cloche bizarre dans l’ambiance du moment.

Malgré ses faibles émissions de gaz à effet de serre, l’énergie nucléaire doit surmonter d’importants obstacles techniques et financiers pour jouer un rôle significatif dans l’atténuation du réchauffement climatique.

Bien que l’énergie nucléaire soit reconnue pour ses faibles émissions de gaz à effet de serre, elle ne représente actuellement qu’une fraction mineure du mix énergétique mondial. Selon les données disponibles, les centrales nucléaires ne contribuent qu’à hauteur de 10% à la production globale d’électricité et seulement 4% de l’ensemble de la production énergétique. Ce constat souligne les défis auxquels cette filière est confrontée pour jouer un rôle significatif dans l’atténuation du changement climatique.

L’expansion de l’industrie nucléaire se heurte à des obstacles techniques et financiers de taille. La construction d’une centrale nucléaire nécessite un savoir-faire industriel et des capacités de gestion des risques que la majorité des pays ne possèdent pas. De plus, les investissements requis sont colossaux, limitant ainsi l’accessibilité de cette technologie pour de nombreuses nations.

Malgré les projets en cours, principalement en Chine22 réacteurs sont actuellement en construction, le rythme de déploiement reste lent. En effet, il faut compter entre 5 et 10 ans en moyenne pour mettre un nouveau réacteur en service. Parallèlement, plus d’une centaine de centrales existantes approchent de leur fin de vie, atténuant l’impact des nouveaux projets.

Face à ces contraintes, les experts de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estiment que, même en accélérant considérablement les constructions, le nucléaire ne pourra au mieux que maintenir sa part actuelle dans le mix énergétique d’ici 2050. Selon les scénarios de l’AIE, l’essentiel de la production électrique à l’horizon 2050 proviendra des énergies renouvelables telles que le solaire et l’éolien. […]

Le Big Data, Le nucléaire : une source d’énergie limitée dans la lutte contre le changement climatique

Dans le débat actuel à sur les élections européennes, c’est un son de cloche qu’on entend parfois : il suffirait de faire énormément de nucléaire pour régler le problème des émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement, pour plusieurs raisons, dire cela est un peu court. Actuellement, le nucléaire représente, à l’échelle planétaire, 10% de la production électrique. L’électricité représente quant à elle environ 20% de l’énergie que mangent toutes nos machines qui servent notre civilisation industrielle. 

10% de 20%, cela fait donc 2%. Le nucléaire, aujourd’hui, c’est donc 2% de l’énergie mangée par les camions, les bateaux, les avions, les usines, les machines à laver … Ce n’est pas inintéressant, mais on voit quand même mal comment il pourrait passer de 2% à 100% en l’espace de quelques dizaines d’années

En France, le nucléaire représente une proportion plus importante. L’enjeu est donc de garder l’actif. Il y existe un certain nombre de choses pour lesquelles faire du nucléaire, cela n’est utile qu’à partir du moment où on électrifie les usages. Nous sommes en train de le faire avec, par exemple, les voitures électriques ou encore les pompes à chaleur.

Le nucléaire est ainsi un enjeu important dans le débat énergétique mais il n’est pas le seul. Il n’est d’ailleurs pas la seule manière de faire de l’électricité décarbonée, il y a aussi les énergies renouvelables, les barrages, et, de nos jours, les éoliennes et les panneaux solaires. Il faut donc arbitrer entre ces différents moyens de production, en fonction du contexte. Il est ainsi logique que le Norvège ait fait plus de barrages que de centrales nucléaires ou alors que les barrages en Belgique soient plus compliqués.

Le nucléaire est une marge de manoeuvre dont il ne faut surtout pas se passer dans un monde qui va chercher à se décarboner. Mais c’est une marge de manoeuvre parmi d’autres. Et on ne doit surtout pas occulter que l’on va devoir devenir beaucoup plus sobres, même si on fait beaucoup de nucléaire. Les réacteurs ne vont pas suffire pour que le monde continue comme aujourd’hui. […]

RTL, Suffit-il de tout miser sur le nucléaire pour sauver la planète ? La réponse de Jean-Marc Jancovici

Mardi 4/6, 19h25

Hongrie.

Alors que Budapest occupera la présidence tournante du Conseil de l’UE à partir du 1er juillet, la ministre des Affaires étrangères belge a demandé la suspension du droit de vote du pays, prévue par l’article 7 du traité sur l’Union européenne. Cette procédure contre Budapest avait été amorcée en 2018. Les médias magyars s’interrogent sur cette menace.

En 2018, en réponse aux dérives antidémocratiques de la Hongrie, le Parlement européen déclenchait la procédure de l’article 7 du traité sur l’Union européenne (TUE) susceptible de priver un État membre de son droit de vote à Bruxelles. À l’aube de la présidence hongroise de l’UE,la ministre des Affaires étrangères belge, Hadja Lahbib, dont le pays cédera la présidence à Budapest le 1er juillet, s’est exprimée dans Politico, dans un article publié le dimanche 2 juin. Elle a sommé les Vingt-Sept de mener le processus à terme compte tenu des nombreuses obstructions magyares.

Souvent surnommée “option nucléaire”, cette sanction “prise à l’encontre d’un pays accusé d’enfreindre les valeurs fondamentales de l’Union” est “également soutenue par l’Autriche”, indique 24.hu, précisant que la procédure prévue par l’article 7 “s’est enlisée” depuis son adoption. […]

Courrier International, L’“option nucléaire” : la Hongrie peut-elle perdre son droit de vote européen ?

Mardi 4/6, 19h20

Pacha a dit qu’il resterait à l’Est jusqu’en novembre.

Olga, Viber (texte)

Mardi 4/6, 0h30

Cartographies alternatives.

Redit, Imaginary Maps, Federation of Ruthenia
Redit, Imaginary Maps, What if Russia sold more than Alaska to the US ?
Commentaire : "Chérie, j'ai vendu l'empire russe"

L’achat de l’Alaska, en anglais Alaska Purchase, en russe : продажа Аляски, prodaja Aliaski, « vente de l’Alaska », est le traité international par lequel l’Empire russe céda ses territoires nord-américains aux États-Unis en 1867 contre le paiement de sept millions de dollars. Cet achat fut mené par le secrétaire d’État américain William Seward. Le territoire acheté avait une superficie d’environ 1 600 000 km2 (600 000 miles2) et constitue pour l’essentiel l’actuel État américain de l’Alaska.

Wikipedia, Achat de l’Alaska
Chèque utilisé par le gouvernement des États-Unis pour l’achat de l’Alaska.

Mardi 4/6, 0h15

Des vidéos et des images sont apparues sur les réseaux sociaux, affirmant montrer la destruction d’un -400 ou S-300 système sol-air (SAM) à Belgorod, en Russie, par un système de roquettes d’artillerie à haute mobilité M142, ou HIMARS. L’attaque contre le SAM, situé à environ 30 miles au nord de la frontière, intervient quelques jours seulement après que l’administration Biden a approuvé l’utilisation d’armes données par les États-Unis, comme le HIMARS, sur le sol russe pour perturber l’offensive en cours vers Kharkiv.

[…] La vidéo et les images ne sont pas datées, mais Spy Dossier a déclaré que l’attaque avait eu lieu dimanche.

[…] « Mes amis, nous avons reçu de mauvaises nouvelles de la région de Belgorod », a rapporté lundi la chaîne russe Kremlin Secrets Telegram. « Il y a un coup ennemi. Deux systèmes de défense aérienne S-400 ont été gravement endommagés. La frappe a été menée avec des armes de type occidental.

[…] Avec l’arrivée prochaine des F-16 en Ukraine, une campagne intégrée encore plus intense de suppression et de destruction des défenses aériennes ennemies sera probablement menée afin que ces avions puissent être aussi efficaces que possible dans le conflit. […]

The War Zone, L’Ukraine frappe un système SAM à longue portée en Russie avec une arme américaine, traduction automatique

Mardi 4/6, 0h05

Guerre des ballons.

[…] Le régime nord-coréen le qualifie d’«ennemi zéro». Il a même été ciblé par deux tentatives d’assassinat, notamment en 2011 quand un faux transfuge a voulu le tuer avec des stylos empoisonnés. Mais après toutes ces années, Park Sang-hak, Coréen du Nord réfugié au Sud depuis plus de 25 ans, poursuit sa guerre particulière contre Pyongyang.

L’activiste de 56 ans et leader des «Combattants pour une Corée du Nord libre» est en effet devenu un spécialiste de la «guerre des ballons». Celle-ci consiste à envoyer en l’air et en direction du Nord, quand le vent est favorable, des tracts contre le régime de Pyongyang, mais aussi du riz, de l’argent ou des clés USB contenant de la K-Pop et des films interdits en Corée du Nord.

[…] En réponse à de nouveaux envois, selon elle, la Corée du Nord a expédié quant à elle cette semaine près de 900 ballons remplis de déchets, allant des mégots de cigarettes à du plastique, qualifiés ironiquement de «cadeaux sincères» par le régime de Kim Jong-un.

[…] Cette «guerre des ballons», véritable bataille psychologique qui a succédé à la guerre de Corée (1950-1953), connaît depuis le siècle dernier des épisodes d’accalmie et de regain de tension. Ces largages sont «l’un des outils de changement les plus efficaces en Corée du Nord, où les informations sur le monde extérieur sont très restreintes», a déjà eu l’occasion d’expliquer dans plusieurs médias Park Sang-hak.

[…] Aujourd’hui, l’activiste poursuit ses actions, notamment avec les nombreux transfuges qui s’engagent depuis la Corée du Sud contre le régime communiste «ermite». Et si l’envoi de ballons peut paraître bien dérisoire face aux provocations nucléaires récurrentes de Kim Jong-un, ces actions ont le mérite d’ulcérer le régime nord-coréen qui a déjà répliqué par le passé en envoyant des missiles au-dessus de la frontière. […]

Le Figaro, Qui est Park Sang-hak, ce transfuge nord-coréen qui mène la «guerre des ballons» contre Pyongyang ?

Lundi 3/6, 23h55

Zapo.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré le 3 juin qu’il était « difficile d’envisager » le redémarrage de la centrale nucléaire russe de Zaporizhzhia alors que les combats entre la Russie et l’Ukraine se poursuivent.

S’exprimant lors d’une conférence de presse lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA , composé de 35 pays, Rafael Grossi a déclaré que Moscou n’envisageait pas de démanteler l’installation et que « l’idée, bien sûr, est de la redémarrer à un moment donné ».

[…] Grossi a déclaré qu’il était « nécessaire d’avoir une discussion » sur le redémarrage de l’usine, mais a souligné qu’il y avait plusieurs étapes importantes à franchir avant que cela ne soit possible.

« En ce qui concerne ce qui doit se produire… il ne devrait y avoir aucun bombardement ni aucune activité de ce type », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par Reuters .

« Ensuite, il devrait y avoir une garantie plus stable de l’approvisionnement en énergie externe. Cela nécessite des réparations, des réparations importantes sur les lignes existantes, qui sont actuellement très difficiles à envisager en raison de l’activité militaire. » […]

The Kyiv Independent, Le redémarrage de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia est « difficile à envisager » en temps de guerre, selon le chef de l’AIEA, traduction automatique

Lundi 3/6, 9h50

Reddit, Toutes les centrales nuc du monde (09/23)

Lundi 3/6, 7h55

La farandole du nuc.

N’étant pas intermittente, contrairement au solaire et à l’éolien, et n’émettant pas de gaz à effet de serre, l’énergie nucléaire paraît être une option séduisante pour l’Afrique, où 600 millions d’habitants n’ont pas encore accès à l’électricité. « L’énergie nucléaire offre l’opportunité de construire un monde plus propre et plus équitable, dans lequel chacun a accès à une énergie propre, abondante et abordable, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et à une qualité de vie élevée. Une énergie nucléaire propre, abordable et fiable peut constituer un élément crucial du mix énergétique de l’Afrique », estime auprès de Jeune Afrique l’Association nucléaire mondiale (World nuclear association, WNA).

[…] Depuis dix ans, de nombreux pays africains ont ainsi fait part de leur souhait de produire de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire. Parmi eux : l’Algérie, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Mali, le Maroc, le Niger, le Nigeria, la Namibie, l’Ouganda, le Rwanda, le Sénégal, le Soudan, la Tanzanie, la Tunisie, ou encore la Zambie. Tous, au gré de leurs alliances – et mésalliances –, ont jeté leur dévolu sur le russe Rosatom et, à très moindre échelle, sur la China National Nuclear Corporation (CNNC).

Sur la foi des « plans » annoncés par ces États, l’Association nucléaire mondiale estime que l’Afrique pourrait disposer de 18 gigawatts électriques (GWe) d’énergie nucléaire d’ici « à 2040 ». Mais, à ce jour, à l’exception de l’Afrique du Sud, où deux réacteurs sont en service à la centrale de Koeberg, et de l’Égypte, où quatre réacteurs sont en construction par Rosatom à la centrale d’El Dabaa, aucun projet n’a encore abouti.

Autorité de régulation, taille et qualité du réseau de transport et de distribution électrique, capacité de financement… Il faut dire que de nombreux obstacles – dont certains structurels – se dressent encore devant la réalisation d’un tel projet. En attendant, Moscou – surveillé du coin de l’œil par Pékin – continue d’avancer ses pions pour tenter de remporter cette bataille du futur.

Dans cette série en deux épisodes, Jeune Afrique met le projecteur sur les enjeux autour de ces annonces et leur degré de crédibilité :

Jeune Afrique, L’énergie nucléaire en Afrique, un bluff russe ?

Après dix-huit mois d’escalade nucléaire, les Européens ont décidé malgré les réticences américaines de soumettre une résolution condamnant le manque de coopération de l’Iran au Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui s’ouvre aujourd’hui à Vienne. Des diplomates interrogés par l’AFP invoquent « l’urgence à réagir devant la gravité de la situation ».

Si officiellement les Etats-Unis nient freiner les efforts de leurs alliés européens, ils craignent qu’une telle action n’envenime les tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient, qui plus est à l’approche de la présidentielle de novembre. Une politique qui n’est plus tenable au vu de l’escalade, estiment les mêmes sources diplomatiques, ajoutant que « la position américaine pourrait évoluer » d’ici au vote prévu plus tard dans la semaine.

Les Échos, Nucléaire iranien : les Européens vont déposer une résolution au conseil de l’AIEA

Sur le bord de la route, à mi-chemin entre Falmouth à Middletown, dans l’Etat de Pennsylvanie, un panneau rappelle le traumatisme survenu il y a quarante-cinq ans : « Le 28 mars 1979, et pendant plusieurs jours, à la suite de dysfonctionnements techniques et d’erreurs humaines, l’unité 2 de la centrale nucléaire de Three Mile Island a été le théâtre du pire accident nucléaire commercial du pays », est-il indiqué en lettres d’or. Installé en 2009 par les autorités locales, le message réveille la fibre écolo des touristes de passage. Mais, dans les environs, seule une fraction de la population s’oppose encore à l’énergie de l’atome. La plupart des habitants ont tourné la page. Ils se montrent même favorables à un redémarrage des activités sur place.

« Il faut savoir qu’à la fin des années 1970, la centrale de Three Mile Island comptait deux réacteurs, confie Mark Nelson, fondateur et directeur général de Radiant Energy, une société de conseil promouvant l’énergie nucléaire. Celui de l’unité 2 a définitivement fermé après l’accident. L’unité 1, elle, a continué de fonctionner pendant près de quarante ans, après un renforcement de son niveau de sûreté. » Son activité s’est interrompue en 2019 pour des raisons économiques. Mais, aujourd’hui, la question d’une éventuelle remise en service est sur toutes les lèvres. […]

L’Express, Nucléaire : 45 ans après l’accident, le surprenant retour en grâce de Three Mile Island

C’est la fin d’un feuilleton de deux ans.
En février 2022, à l’approche de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron promet qu’EDF, sous contrôle de l’État, va racheter GE Steam Power, la filiale nucléaire du groupe américain General Electric. La cession vient d’être officialisée. Dans un entretien au Dauphiné libéré jeudi 30 mai, le président de la République a en effet annoncé que « ce 31 mai, EDF reprend officiellement les activités nucléaires de General Electric et notamment les activités de maintenance et de fabrication des turbines Arabelle ». Ces dernières sont un maillon essentiel dans la conception des centrales nucléaires.

« Cette transaction va nous permettre de reprendre en main la production des turbines, et elle pourra être rentabilisée car nous produirons pour nous-mêmes et pour les autres », a avancé le président. La branche énergie d’Alstom avait été acquise en 2015 par General Electric, alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Économie. […]

Le Point, Nucléaire : Macron confirme le rachat des turbines Arabelle de General Electric par EDF
Commentaire :"En même temps, je ferme Fessenheim puis je promets de relancer le nucléaire, je mets fin à la recherche prometteuse Astrid et je relance un programme ambitieux du nucléaire, je vends nos turbines puis je les rachète bien plus cher. Ah, ce "en même temps"..."

Lundi 3/6, 7h15

Quand Prigo refait surface.

La destitution d’un ministre de la Défense de longue date n’a rien d’extraordinaire. Cependant, l’arrestation de cinq de ses collaborateurs supérieurs est clairement plus qu’une simple recherche de sang frais – en particulier dans la Russie de Vladimir Poutine.

Après l’éviction surprise, il y a deux semaines, de Sergueï Choïgou de son poste de ministre de la Défense , une vague d’arrestations a vidé les hauts gradés du ministère de la Défense, sous couvert d’une campagne anti-corruption.

[…] Les analystes interrogés par CNN ont décrit le ministère de la Défense comme l’un des plus corrompus du pays. Les médias d’État russes ont divulgué des contrats militaires d’une valeur faramineuse et ont publiquement humilié les hauts fonctionnaires du ministère et leur style de vie somptueux. Mais comme l’a déclaré un analyste à CNN, nous assistons à un « jeu polycentrique très complexe », lié au timing et à la recherche existentielle de victoire de Poutine contre l’Occident.

[…] Au-dessus de ce bouleversement se trouve le fantôme d’Evgueni Prigojine, patron du groupe de mercenaires Wagner, autrefois surnommé « le chef de Poutine ».

Avant sa mort, il avait exprimé sa haine envers Choïgou et le général russe Valery Gerasimov, à travers des tirades chargées de grossièretés, les accusant ainsi que le ministère de corruption et d’incompétence.

[…] Poutine a gardé hors de la vue du public les inefficacités du ministère en matière d’achat d’armes, ainsi que ses erreurs d’invasion de l’Ukraine et ses allégations de corruption, désireux de montrer qu’il ne réagirait pas de manière instinctive à la suite de la mutinerie. Cela pourrait remettre en question son autorité et sa force auprès du peuple russe.

[…] Tatiyana Stanovaya, chercheuse principale au Carnegie Russia Eurasia Center, a déclaré à CNN que ce n’est pas important que Prigozhin ait eu raison au sujet de la corruption des fonctionnaires. En Russie, a-t-elle déclaré, « le bien et le mal n’existent pas en politique – seuls les intérêts comptent ».

CNN, Avec le bouleversement au ministère de la Défense, le « chef de Poutine » réalise son vœu d’outre-tombe, traduction automatique
Une statue en bronze de Prigojine dévoilée sur sa tombe à Saint-Pétersbourg ©AFP

Des dizaines de sympathisants de l’ancien milliardaire ont été aperçus se rendant devant l’imposante statue de Prigojine, qui le représente debout, certains y déposant des bouquets de fleurs, a constaté une journaliste de l’AFP.

[…] Evguéni Prigojine, qui avait fait fortune au début des années 2000 grâce à des contrats pour les cantines de l’armée russe, avait fondé en 2014 le groupe Wagner, initialement chargé des basses oeuvres du Kremlin en Afrique et au Moyen-Orient avant d’être ensuite mobilisé sur le front en Ukraine à partir de début 2022.

Autrefois considéré comme proche de Vladimir Poutine, Evguéni Prigojine était tombé en disgrâce aux yeux du président russe après avoir ordonné à ses hommes de marcher vers Moscou en juin 2023, prenant notamment sans résistance le contrôle du QG de l’armée à Rostov, dans le Sud.

M. Prigojine accusait le commandement de l’armée russe d’incompétence en Ukraine et de corruption, ainsi que de cacher à Vladimir Poutine la réalité du terrain.

Bien que lui et ses hommes aient finalement renoncé à atteindre la capitale russe après plusieurs heures indécises, cet épisode reste le moment le plus dangereux du quart de siècle de Vladimir Poutine au pouvoir.

Deux mois plus tard, en août 2023, Evguéni Prigojine est décédé lors d’un crash d’avion entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Le Kremlin a nié être responsable de l’accident. […]

La Libre, Russie : une statue en bronze de Prigojine dévoilée sur sa tombe à Saint-Pétersbourg

Lundi 3/6, 0h05


Dimanche 2/6, 14h25

C’est dimanche. Un peu de cynisme, que diable.

Vous vous réveillez d’un long coma. Vos proches ont un peu vieilli, mais vous êtes plutôt contents de vous retrouver. Votre état de santé est jugé staisfaisant et le surlendemain vous commencez à éprouver le besoin de savoir un peu ce qui s’est passé pendant tout ce temps. Vos proches restent flous : « La routine… ». Le médecin leur a conseillé de vous ménager.

Par on ne sait quel hasard, vous tombez sur Radio-Tchernobyl, qui a pensé aux personnes dans votre cas, bien plus nombreuses qu’il n’y paraît.

Tout d’abord, sachez que votre absence n’a pas changé grand-chose. Vous vous en doutiez, c’est confirmé. L’empathie de vos proches n’a pas modifié le taux global d’inquiétude au sein de l’espèce, qui reste très en-deçà des besoins. A vrai dire, ce n’est tant le taux d’inquiétude qui pose question (il est élevé) que ce que l’on en fait.
Ceux qui le peuvent achètent de l’or, tandis que les gros nantis visent Mars et/ou plantent des bunkers de luxe sur des territoires lointains. La fiabilité sur le long terme du personnel à leur service leur procure des insomnies (de légères à modérées). Ceux qui ne peuvent pas s’énervent dans les stades, comme avant. Les glaciers fondent plus vite que prévu. Ici, il a plu plus ou moins toute la semaine. Mais maintenant, il fait beau et c’est déjà oublié.

Le concept de démocratie commerciale reste fonctionnel, mais les fuites augmentent, en quantité et en pression. Il est heureux que vous vous soyez réveillé : votre assistance médicale coûte un bras et l’euthanasie devient une option. Bien entendu, si votre pays est pauvre, ce petit bémol n’est probablement pas pertinent.

Néanmoins, les humains continuent de manger, de boire, de faire des enfants et de vouloir des trucs. Le vieillissement reste la dynamique générale.

Passons à la politique maintenant. Au moins deux types de concurrents s’activent autour des fuites (de la démocratie commerciale) : ceux qui en ont bien profité, mais qui en voudraient plus et ceux qui sont restés un peu sur le bord et voudraient renverser la table. Ces deux espèces peuvent s’allier. En ce moment, le russe Poutine tente un coup de force en Europe centrale et de rebattre les cartes, par la même occasion (ou l’inverse, ce n’est pas clair).

La section Recherche & Développement (de la démocratie commerciale) essaye de voir comment gagner du flouze avec des boites noires logicielles, capables de remâcher des kilotonnes d’infos pour en tirer tout un tas de trucs pratiques. Il suffit de demander. Vous pouvez toutefois opter pour un peu de spiritualité ou de développement personnel.

Voilà. Malgré son dévouement, Radio-Tchernobyl ne voit pas bien comment détailler davantage sans une décharge signée de votre main, mais vous souhaite un excellent rétablissement. D’autant que vous pouvez toujours vous en foutre (après tout, rien ne dit que vous n’avez pas quelques séquelles favorables) et vivre tranquille.

PS. L’alcool est toujours en vente libre ; pour le cannabis, ça vient.

PS (suite). Si, une bonne nouvelle : le nucléaire est voie de disparition. D’ici 100 000 ans, on ne devrait plus en entendre parler.

Youtube, L’armée chinoise montre des chiens robots armés de fusils
Commentaire : "Des robots armés, qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?"

Dimanche 2/6, 0h35

On est tombé sur un russe aujourd’hui avec Nastia. Il nous a crié « Vive les soldats de Wagner » dans la gueule. Je l’ai maudit.

Sinon tout va bien.

Olga, Viber (texte)

Dimanche 2/6, 0h20

Hromadske [d’après une image du film]

Fils, tu fais un excellent travail.
Que faisons-nous : tuer des civils, des enfants ?
Non, vous tuez des fascistes.

C’est l’une des dizaines de conversations étonnantes entre des soldats russes et leurs proches. Les enregistrements interceptés de leurs appels ont constitué la base du documentaire « Peaceful People », l’un des rares films sur la guerre dans lequel les Russes parlent pour eux-mêmes. Ils parlent tous les jours des pires crimes de guerre.

[…] La réalisatrice et photographe Oksana Karpovych est revenue en Ukraine après 9 ans de vie et d’études au Canada, trois semaines avant l’invasion à grande échelle. En mars 2022, en tant que productrice, elle aide les journalistes internationaux à couvrir la guerre.

Le jour, elle enregistrait les conséquences des attaques, et la nuit, elle écoutait les appels des soldats russes chez eux interceptés par les services spéciaux ukrainiens. L’écart entre ce qu’elle a entendu et la réalité qu’elle a vue est finalement devenu l’idée du film, qui a duré près de deux ans.

[…] Le film est vraiment profondément impressionnant – il semble être une façon complètement nouvelle de voir et de parler de la guerre.

Je ne suis pas sûr de la nouvelle méthode. C’est en fait ma première méthode. Avant cela, je n’avais pas fait de films sur la guerre.

Ce film est une sorte de réaction ou de réponse à la représentation de la guerre russo-ukrainienne dans l’actualité. Je voulais montrer une toute autre dimension de la guerre, pour éviter les images directes de violence. Et peut-être prêter attention à d’autres aspects.

[…] Après avoir passé deux ans seul avec l’interception des conversations brutales des Russes, était-il moralement difficile de supporter le montage ? Au total, combien de ces conversations avez-vous dû écouter et quelle partie d’entre elles a été incluse dans le film ?

Il y avait environ 31 heures de matériel audio dans le travail. En fait, nous avons reçu toutes ces conversations en libre accès, depuis les chaînes YouTube des services spéciaux ukrainiens. À l’exception d’une heure d’audio qui nous a été fournie par le GUR [Golovne upravlinnya rozvidky, le renseignement militaire ukrainien]. J’ai écouté environ 930 conversations distinctes… 76 ont été incluses dans le film.

Pendant que je travaillais, je regardais tout cela en tant que chercheur, je gardais une certaine distance entre moi et cette matière. Dans quelle mesure est-ce possible ? C’est très difficile. Garder ses distances est la tâche la plus difficile dans ce travail. Parce que vous êtes constamment confronté au fait que vous perdez cette distance. Autrement dit, le matériau vous fera toujours du mal. Et c’est une recherche constante d’une distance de sécurité.

[…] Revenons aux conversations des Russes : qu’y avait-il de plus impressionnant ou de plus choquant dans ces interceptions ?

Le niveau de banalité de cette violence, de ce mal, était choquant. Il était choquant de constater que, pour la plupart, le seul intérêt des soldats russes entendu dans ces interceptions était économique. Ils y voient un travail pour lequel ils reçoivent de l’argent, ni plus ni moins.

Et, bien sûr, les femmes russes étaient impressionnantes. Le sentiment qui se dégage de ces conversations est que les épouses et les mères qui sont restées à la maison sont bien supérieures à leurs fils et à leurs maris en termes de haine et d’agressivité.

[…] La plupart des interceptions n’étaient pas incluses dans le film. Mais je sais qu’ils sont devenus un domaine de recherche plus approfondi — ils ont été transférés au projet « Dictionnaire russe ». De quel genre de travail s’agit-il ?

Lorsque je travaillais sur l’audio, j’ai compris que toutes ces dizaines d’heures de conversations ne pouvaient pas être intégrées dans le film. Par conséquent, beaucoup de choses intéressantes sont restées en dehors de lui. Mon projet parallèle « Dictionnaire russe » est ma propre réinterprétation de la langue russe. Sur la façon dont des mots ordinaires – tels que « mère », « terre », « maison », « beauté » – chargés pour la plupart de sens positifs, sont devenus des mots de violence dans le contexte de la propagande russe pendant la guerre. Et ils perdent leur sens premier.

La maison n’est plus une maison où l’on se sent en sécurité. Pour un soldat russe, la maison est un endroit où il peut gagner sa vie, où il peut chier dans le lit de quelqu’un. La beauté n’est pas le fait d’observer la belle nature ; c’est à ce moment-là que vous voyez le phosphore le détruire. Et ainsi de suite… […]

Hromadske, Oksana Ivanytska, Pour entendre les Russes tels qu’ils sont. La réalisatrice de « Peaceful People » Oksana Karpovich sur la banalité du mal russe, traduction automatique & Deepl

Dimanche 2/6, 0h05

À propos des Dakh Daughters.

Solomiya Melnyk est la coach vocale des Dakh Daughters. Elle apporte toujours des corrections musicales et enseigne des chansons. Solia est le commandant. Anna Nikitina est médiatrice. Elle joue de la guitare. Ruslana Khazipova est un grand cœur. Sexe rythmique et tambour. Natalia Zo Zozul est un cosmos à part. Nous sommes tous des univers, et elle est un univers à part. Mais à un moment donné, elle apporte des paroles justes que nous utilisons. Elle écrit beaucoup. Elle est le Sphinx mystérieux.

Natalya Galanevich est notre puissant cœur poétique et chaleureux. Quand Dakh Daughters a commencé, elle nous poussait vraiment à déterrer nos vieux poètes sympas. Elle se noie en nous pour cette histoire, et c’est son super pouvoir. Et elle pleure très bien. Quand c’est nécessaire et quand ce n’est pas nécessaire. Elle a juste ces larmes, elles coulent de manière si esthétique, comme dans un film. Vous vous purifiez avec elle, communiez avec ces larmes.

[…] Il y a un certain sentiment de détachement par rapport à la vie réelle lorsque l’on voit des soldats, en particulier ceux qui ont des membres amputés. Nous n’avons pas encore trouvé d’instructions sur la manière de communiquer avec eux, sur ce qu’il faut dire et ne pas dire. Remercier, ne pas remercier. Si vous les remerciez, vous devez les remercier pour quoi, parce que c’est différent pour chaque personne.

Le choc a été terrible lorsque nous sommes arrivés à Lviv et que de nombreux soldats sont venus nous voir, presque tous en rééducation. Après le concert, nous sommes allés prendre des photos avec eux et signer leurs T-shirts. Ils souriaient, les larmes aux yeux : « Les filles, merci, vous nous avez donné tant de bonheur. Et nous : « Non, nous vous remercions ». Et elles : « Non, nous vous remercions. »

Et nous… Vous vous rendez compte que vous étreignez ce type, et qu’il vous étreint d’un seul bras. Et vous vous perdez, même si vous lui donnez de l’amour. Cette adaptation à de nouvelles réalités est très difficile, mais nous devons tous passer par ce chemin. Nous devons faire de gros efforts pour créer de grandes organisations qui s’occuperont de cette question – de l’adaptation de ces soldats et de l’adaptation des civils, de la manière de la percevoir, de la manière de vivre avec elle. C’est l’une des choses les plus importantes auxquelles nous devons prêter attention aujourd’hui.

[…] Nous avons eu une histoire à Bordeaux. Une Espagnole est venue en France pour se promener et a assisté par hasard à notre concert. Tout au long du concert, nous avons gardé une direction spécifique – le thème de la guerre. Après le concert, nous avons eu une conversation avec le public, et cette jeune fille a pris le micro et a dit : « Je tiens à vous remercier, vous m’avez fait changer d’avis, je suis pacifiste et je n’aurais jamais pensé donner de l’argent pour des armes, mais maintenant je vous en donne ». […]

Hromadske, Dakh Daughters : argent des armes, diplomatie culturelle, féminisme et concerts pour les militaires, traduction automatique & Deepl

Youtube, Dakh Daughters про фемінізм, дипломатію і гроші на зброю | Альберт Цукренко | СучЦукрМуз

Samedi 1/6, 21h40

Le point de vue militaire hebdomadaire de Guillaume Ancel.

[…] Les troupes russes attaquant dans le Nord ne sont pas assez puissantes à ce stade pour tenter de prendre la ville de Kharkiv, deuxième cité la plus importante d’Ukraine. Cependant, ces troupes bénéficient d’un avantage comparatif : elles ne peuvent pas être attaquées par les Ukrainiens avec les armes livrées par ses alliés dès lors qu’elles se trouvent de l’autre côté de la frontière, c’est-à-dire sur le sol Russe, ce dernier devenant ainsi une forme de sanctuaire où l’impunité prévaut.

La question soulevée par cette situation dissymétrique est celle de la capacité donnée à l’Ukraine de se défendre, alors qu’elle fait l’objet depuis février 2022 de cette guerre d’agression par la Russie de Poutine. L’Ukraine est quatre fois moins importante en taille de population, elle résiste courageusement depuis plus de deux ans à un agresseur qui ne respecte aucune règle et elle est bombardée quotidiennement par la Russie, alignant chaque jour plusieurs morts et des dizaines de blessés.

Après des discussions intenses au sein des alliés, qui cherchent une forme de cohérence pour que les Ukrainiens ne se voient pas contraints par des règles qui seraient différentes selon la provenance de chaque armement, le président Joe Biden a enfin décidé (avec application immédiate) que les Ukrainiens pouvaient utiliser les armes américaines contre des cibles militaires en Russie à condition qu’elles menacent directement l’Ukraine (ce qui veut dire qu’elles sont à proximité de la zone de combat frontalière).

La plupart des autres pays se calent sur cette nouvelle « norme » même si certains comme la Grande-Bretagne ou la France laissent entendre qu’ils seraient moins restrictifs que les États-Unis, en oubliant de mentionner que leurs livraisons d’armes sont marginales par rapport aux Américains qui, de fait, donnent le « la ».

[…] La question se pose aussi pour intercepter les bombardiers russes qui tirent à plus de 20 km de la ligne de front leurs bombes planantes – redoutables bombes classiques équipées d’ailerons et d’un kit de guidage – sans pouvoir être interceptés dès lors que les avions volent au-dessus du territoire russe. Les missiles Patriot pourraient le faire ainsi que les F16 qui arrivent en Ukraine avec un armement américain capable d’intercepter à plusieurs dizaines de kilomètres. Ces armes pourraient faire reculer cette menace de bombardement à condition de pouvoir intercepter dans l’espace aérien russe, qui constitue aussi une forme de sanctuaire.

[…] Le président dictateur de la Russie, Vladimir Poutine, menace évidemment tous les alliés de l’Ukraine et en premier lieu ceux qui sont frontaliers comme les pays baltes, tout en évitant de trop nommer les États-Unis… exercices avec des armes nucléaires tactiques (bien trop dévastatrices pour pouvoir être utilisées sans provoquer une réaction équivalente) et menaces de bombarder des « zones très peuplées de petits pays ».

Poutine agite aussi et encore le spectre d’une troisième guerre mondiale que la Russie ne peut que craindre vu son échec contre la seule Ukraine : tout cela manifeste surtout une forme de faiblesse et de crainte de la Russie dans une guerre dont elle est seule responsable et qu’elle ne peut pas perdre sans que Poutine ne perde le pouvoir.

[…] La réaction dans le « monde » politique est très intéressante, surtout à quelques jours des élections européennes. Tandis que le dirigeant d’extrême-droite de la Hongrie, Viktor Orban, essaye à nouveau de bloquer l’aide de l’Union européenne à l’Ukraine, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (au patriotisme dévoué à Poutine), relaie consciencieusement les arguments de son soutien et modèle, le maître du Kremlin.

Cela interroge bien évidemment sur leur soi-disante condamnation de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, et plus encore sur les objectifs réels que poursuivront les députés du RN, comme Jordan Bardella, au parlement européen.

Le Pen-Bardella, c’est le monde à l’envers : pour eux, l’armée française devrait se battre dans les banlieues, mais pas pour faire la guerre. Poutine peut librement tirer sur l’Ukraine, mais il ne faut pas que l’Ukraine puisse se défendre… sinon nous « risquerions la guerre », le problème étant que nous l’avons déjà.
La question se pose dès lors de savoir si le problème du RN n’est pas plutôt que Vladimir Poutine soit mis en échec ?

Ne pas subir, Guillaume Ancel, 1er juin, Ukraine, le droit de se défendre au grand dam de Poutine et du Rassemblement national…

Samedi 1/6, 21h45

Cartoon Movement, Bart van Leeuwen, North Korean Air Force
Cette semaine, la Corée du Nord a envoyé des ballons au dessus de la Corée du Sud, porteurs de sacs de déchets et d'excréments.

Samedi 1/6, 21h35

Dons.

[…] Nina va à l’hôpital. Elle sera opérée des yeux, elle était donc très émue et a même pleuré, vous transmettant des mots de gratitude.
Tanya a également demandé de vous faire savoir que votre aide financière est très nécessaire pour le traitement et les soins de sa fille, elle vous en est très reconnaissante.
Valera, Larisa, Vika, Galya et Katya ont dit qu’elles écriraient à Olga.
Au nom de ma famille, je tiens à vous remercier de prendre soin de nous, cette aide est une aide importante pour notre famille, merci beaucoup ainsi qu’à toutes les personnes qui ont participé à la collecte de ces fonds.

Tola, Viber (texte), suite à un virement de l’association Boudmo ! vers des familles en difficulté dans la région de Tchernobyl

Pour les associations et fondations, c’est la saison des assemblées générales et de la finalisation des comptes 2023. A l’heure du bilan, on pousse globalement un « ouf ! » de soulagement dans les structures recourant aux dons des particuliers : la collecte, hors urgences et libéralités (legs, assurances-vie), a progressé en moyenne de 2,1 %, selon le Baromètre de la générosité 2023 Novos-France Générosités publié le 31 mai.

En comptabilisant les urgences médiatisées (guerre en Ukraine en 2022, séismes en Turquie, en Syrie et au Maroc en 2023), la croissance se limite à 1,8 %. L’étude repose sur les chiffres de 56 des 148 organisations d’intérêt général membres de France Générosités, bénéficiaires de plus de 1 milliard d’euros de dons en 2023.

« La générosité a résisté, on s’attendait à des chiffres bien plus mauvais », réagit Laurence Lepetit, déléguée générale de ce syndicat. Autre bonne nouvelle pour le secteur : la part des dons réguliers par prélèvement automatique – Graal des associations – continue à se renforcer. Ils représentent 45 % de la collecte, contre 16 % en 2004.

[…] Le soulagement du secteur est globalement teinté de craintes pour l’avenir. « Les pressions s’accentuent sur le modèle économique associatif », s’inquiète France Générosités, qui alerte sur l’« effet ciseau » pour nombre de structures. La petite croissance « ne compense pas l’inflation, les besoins exponentiels et la baisse des financements publics. Les Français font que les associations et les fondations tiennent le coup mais pour combien de temps ? », s’interroge Nadège Rodrigues, directrice des études du syndicat. […]

Le Monde, Les dons aux associations sont en hausse de 2,1 % en 2023, en dépit de la conjoncture

Samedi 1/6, 14h40

Fuku.

Treize ans après la catastrophe de Fukushima, le site de la centrale nucléaire est loin d’être inactif. Depuis 2014, le démantèlement du site a débuté. Rendu inopérable après un tsunami ayant provoqué la fonte des cœurs de plusieurs réacteurs, de grandes quantités de combustible irradié doivent être extraites des lieux.

C’est dans ce but que le chantier va accueillir un nouvel outil. À compter du mois d’octobre, un bras robotisé va investir la centrale nucléaire, indique Interesting Engineering. Opéré par l’exploitant de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), il doit extraire le combustible au sein des réacteurs.

Lors d’une démonstration réalisée fin mai, le bras robotique a été en mesure de récolter une pincée de roche sur un chantier naval de Kobe. Cette manœuvre devra désormais être réalisée à l’avenir au sein d’un réacteur fortement irradié de Fukushima. Mais à la place de la roche, il s’agira de capturer un morceau de combustible et de le remonter à la surface de manière sécurisée.

Si, avec seulement quelques grammes récupérés, l’utilité du bras peut paraître minime, il s’agit en réalité d’une étape cruciale. Car pour poursuivre ses travaux de démantèlement, Tepco doit disposer d’informations précises de l’état de la centrale et des débris de combustible. Cela passe donc par des photographies, mais aussi par une analyse d’échantillons.

Mais la trentaine d’années prévues pour ce chantier a déjà pris deux ans de retard, pointe Associated Press. Cela est notamment dû à une série de panne qui a frappé les différents modèles de robots devant intervenir sur le site. Des pannes causées par l’environnement particulièrement rude au sein duquel ils doivent opérer. […] La centrale de Fukushima emprisonne encore 800 tonnes de combustible irradié fondu.

[…] La mise en place de ce bras robot intervient alors que le Japon pourrait redonner une chance à l’énergie nucléaire. Afin de remplir ses objectifs annoncés de mix énergétique, mais surtout de moins dépendre des importations, plusieurs centrales seraient sur le point de redémarrer leur activité.

Geo, Dans la centrale nucléaire détruite de Fukushima, un robot va extraire le combustible irradié des réacteurs
À Namie, à moins de 10 kilomètres de la catastrophe, cet ancien employé de la centrale, Takashi Ando, 60 ans, a pu passer chez lui prier devant l'autel dédié aux ancêtres. Son quartier est en cours de décontamination et les habitants peuvent y revenir en journée. Le reste du temps, Takashi, qui fait partie des 160 000 réfugiés de Fukushima, vit dans un village de préfabriqués.
A Iitate, mille ouvriers ont été déployés pour gratter, laver, poncer les toits, les portes, les jardins. L'entreprise Taisei a embauché des ouvriers de tout le pays pour décontaminer terrains et habitations. Ils sont payés entre 85 et 100 euros par jour.
Les yakuzas, mafieux japonais, oeuvrent activement à la décontamination. Certains des hommes réunis ici, dans un bureau de leur entreprise à Soma, sont des yakuzas ou ex-yakuzas. Comme eux, de nombreux ouvriers qui travaillent dans la zone interdite ont été recrutés par la mafia japonaise selon un système pyramidal financé au sommet... par l'Etat.

Extrait d’un diaporama de Jérémie Souteyrat


Samedi 1/6, 11h50

Olga et Nastia sont parties.
Un jour, c’est avec Pacha que je viendrai chercher Olga à la gare. Il ira à la pêche et boire des bières sur le port. Ou n’importe quoi d’autre, comme il lui plaira.


Samedi 1/6, 11h45

Radar, suite.

[…] Les forces ukrainiennes ont mené une série de frappes de drones et de missiles contre un système radar russe à longue portée en Crimée occupée et un dépôt pétrolier dans le kraï de Krasnodar le 31 mai, à la suite de la frappe ukrainienne du 30 mai contre le ferry du détroit de Kertch.

Les médias ukrainiens, citant des sources non précisées, ont rapporté le 31 mai que le Service de sécurité ukrainien (SBU) avait mené avec succès une frappe de drone contre un système radar russe à longue portée « Nebo-IED » près d’Armiansk occupée, en Crimée, et a estimé que le système valait 100 millions de dollars. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 31 mai, traduction automatique

Samedi 1/6, 11h40

Valera a donné des nouvelles. Il craint le recrutement. S’il est incorporé, qui s’occupera de sa dernière fille ? La maman est partie. S’il doit quitter la maison, elle sera pillée, c’est sûr, dit-il. Il en sait sûrement quelque chose, lui qui, plus jeune, a longtemps parcouru la zone interdite pour en tirer du métal et le revendre. Nous sommes ensemble, dit-il, il n’y a pas de frontières. Tak.

Rappelons que dans les environs de la zone, l’économie restait sinistrée, avant la guerre.


Vendredi 31/5, 13h10

Soleil aujourd’hui. Un petit avion passe. Olga se tend. « Ça va, je suis seulement à l’écoute. Le stress, c’est seulement si l’avion descend trop bas ».


Vendredi 31/5, 13h00

75 autres prisonniers ukrainiens ont été ramenés en Ukraine de la captivité russe, a déclaré le président Volodymyr Zelensky le 31 mai. Cela comprend du personnel militaire des Forces armées et de la Garde nationale, des gardes-frontières et quatre civils. Les anciens prisonniers ont été échangés contre 75 soldats russes, rapporte RIA Novosti, citant le ministère de la Défense du pays.

[…] Le dernier échange de prisonniers signalé a eu lieu le 8 février, avec le retour de 100 prisonniers de guerre ukrainiens de captivité russe.

The Kyiv Independent, 75 prisonniers ukrainiens ramenés de captivité russe [31 mai], traduction automatique

Dans le même temps, Le Monde publie un article qui fait état d’un blocage des échanges.

Des soldats russes capturés font la queue vers une salle à manger du centre de détention des prisonniers de guerre dans la région ukrainienne de Lviv, le jeudi 25 avril 2024. AP a visité le centre en tant que membre d'un petit groupe de journalistes à condition que son emplacement exact ne soit pas divulgué. (Photo AP/Evgeniy Maloletka)

[…] Le processus d’échange de prisonniers de guerre entre l’Ukraine et la Russie, qui concerne des milliers de soldats des deux côtés, est au point mort. Le 29 mai, la commissaire aux droits de l’homme de la Fédération de Russie, Tatiana Moskalkova, a révélé que les échanges sont « suspendus depuis plusieurs mois ». S’exprimant lors d’une réunion du comité de la Douma d’Etat sur le développement de la société civile, elle a fait porter la responsabilité du blocage à l’Ukraine, qui aurait, selon elle, formulé des « demandes farfelues », sans donner davantage de détails.

[…] Une source indépendante non ukrainienne ayant connaissance du dossier confirme au Monde que la partie russe « bloque la commission indépendante chargée d’identifier les blessés graves et les malades à rapatrier. Par ailleurs, aucune visite de prisonnier de guerre ukrainien n’a été autorisée depuis au moins dix mois. Ces derniers sont dispersés dans le système carcéral russe et mêlés aux droit-commun, ce qui est une violation flagrante de la convention de Genève ».

[…] Kiev joue la carte de la transparence en regroupant les prisonniers de guerre russes dans deux prisons dans l’ouest du pays, auxquelles le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a régulièrement accès. Le 29 mai, un troisième camp récemment aménagé « pour faire face à l’afflux de prisonniers russes » a été présenté aux médias, ce qui paraît également être la conséquence du blocage des échanges. […]

Le Monde, La Russie et l’Ukraine ont suspendu les échanges de prisonniers de guerre

Vendredi 31/5, 12h50

Kertch.
Les ferries qui assurent une partie du transit en parallèle du pont de Kertch visés par des frappes ukrainiennes.

Special Kherson Cat, X

L’état-major général ukrainien a publié des images satellite de ce qu’il dit être une frappe du système de missiles tactiques de l’armée (ATACMS) fourni par les États-Unis contre des ferries russes à Kertch. Cette ville abrite le pont reliant la Crimée au continent russe et qui a déjà été pris pour cible à plusieurs reprises . Les ferries ont joué un rôle essentiel dans le transport des troupes et du matériel russes vers les lignes de front, notamment lors des interruptions de la circulation sur le pont.

[…] Le pont est vital pour le flux de logistique et de matériel militaire entre la Russie continentale et la Crimée, d’où ils approvisionnent les forces russes combattant dans le sud de l’Ukraine. […] Le mettre hors service obligerait la Russie à transporter des fournitures militaires par route à travers le sud de l’Ukraine occupée ou par ferry, même si ce dernier est désormais également clairement visé. […]

The War Zone, les allégations tournent autour d’une frappe de missile sur les ferries de Kertch, traduction automatique

Vendredi 31/5, 12h25

Finir par dire oui.

[…] L’Allemagne autorise l’Ukraine à utiliser des armes allemandes contre des cibles militaires en Russie pour se défendre des attaques lancées par Moscou notamment dans la région de Kharkiv, a annoncé vendredi le porte-parole du chancelier Olaf Scholz. «L’Ukraine a le droit, garanti par la législation internationale, de se défendre contre ces attaques. Pour ce faire, elle peut également utiliser les armes fournies à cet effet», «y compris celles que nous avons livrées», a déclaré Steffen Hebestreit dans un communiqué.

La veille, Joe Biden a également donné son feu vert pour que l’Ukraine frappe sous certaines conditions des cibles sur le sol russe, dans la région de Kharkiv, a indiqué un responsable américain. «Le président a donné pour mission à son équipe de faire en sorte que l’Ukraine puisse utiliser des armes américaines afin de contre-attaquer dans la région de Kharkiv, de manière à riposter lorsque les forces russes les attaquent ou se préparent à les attaquer», a affirmé cette source. Ce responsable, qui a requis l’anonymat, a toutefois ajouté que les États-Unis continuaient à s’opposer à des frappes ukrainiennes en profondeur sur le territoire russe. «Notre position d’interdiction de l’utilisation d’ATACMS ou de frappes en profondeur à l’intérieur de la Russie n’a pas changé», a-t-il dit. […]

Le Figaro, Guerre en Ukraine: après les États-Unis et la France, l’Allemagne autorise Kiev à frapper la Russie sur son territoire

[…] Le président américain Joe Biden aurait approuvé un changement de politique qui permettrait à l’Ukraine d’utiliser des armes fournies par les États-Unis, notamment des roquettes GMLRS – mais pas des missiles ATACMS à plus longue portée – pour frapper sur le territoire russe, près de la frontière avec l’oblast de Kharkiv.

Des responsables américains et des personnes familiarisées avec cette politique ont déclaré aux médias occidentaux le 30 mai que l’administration Biden avait discrètement autorisé l’Ukraine à utiliser des armes fournies par les États-Unis à des « fins de contre-feu » contre les forces russes menant des assauts dans le nord de l’oblast de Kharkiv. Un responsable américain anonyme a précisé que l’administration Biden n’avait pas modifié sa politique interdisant à l’Ukraine d’utiliser des armes fournies par les États-Unis pour mener des frappes à longue portée, telles que l’ATACMS, ailleurs en Russie. Plusieurs conseillers de Biden ont déclaré au New York Times (NYT) dans un article publié le 29 mai qu’un renversement limité de la politique américaine restreignant les grèves en Russie était « inévitable » et ont évalué à juste titre que ce renversement de politique s’accompagnerait probablement de restrictions sur la manière dont l’Ukraine pourrait utiliser des armes fournies par les États-Unis contre des cibles et des forces militaires situées juste à l’intérieur des frontières russes et activement impliquées dans des attaques et des frappes contre l’Ukraine. […]

[…] Les responsables français pourraient bientôt annoncer que la France envoie des formateurs militaires en Ukraine.

Reuters a rapporté le 30 mai que trois sources diplomatiques non précisées ont déclaré que la France pourrait annoncer cette mesure lors de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky en France le 6 juin. Deux diplomates auraient déclaré que la France enverrait un nombre limité de personnels en Ukraine pour évaluer la situation avant d’envoyer plusieurs centaines de formateurs, selon la proposition actuelle. Les sources diplomatiques de Reuters ont ajouté que le personnel français offrirait une formation axée sur le déminage et l’entretien des équipements occidentaux et que la France envisageait également de financer, d’armer et de former une nouvelle brigade mécanisée ukrainienne. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 30 mai, traduction automatique

Vendredi 31/5, 12h20

Lu aujourd’hui.

Le physicien américain Robert OPPENHEIMER, Directeur scientifique du Projet Manhattan et le Général Leslie GROVE, Directeur militaire du Projet Manhattan, dans le désert Jornada del Muerto près de Alamogordo au Nouveau-Mexique, après l'explosion de la première bombe de l'histoire au plutonium (Trinity). KEYSTONE-FRANCE

Récompensé par plusieurs Oscars en mars 2024, le film Oppenheimer, de Christopher Nolan, a remis sur le devant de la scène l’histoire du projet Manhattan. Le 16 juillet 1945, l’équipe de J. Robert Oppenheimer mène à bien le confidentiel essai Trinity, développé dans les laboratoires de Los Alamos. A 5 h 29, une bombe atomique explose à White Sands, à 300 kilomètres au sud de Los Alamos, dans une région du Nouveau-Mexique dépeinte par les autorités comme isolée et inhabitée.

La réalité est tout autre. Des milliers de personnes, majoritairement hispaniques et amérindiennes, ont été affectées par les cendres et les particules radioactives. Soixante-dix-neuf ans plus tard, ceux qu’on nomme les « downwinders » n’ont toujours pas été reconnus comme victimes ni éligibles à une compensation financière. Mais cela pourrait être sur le point de changer.

Le 7 juin, la loi sur l’indemnisation de l’exposition aux radiations (RECA), adoptée en 1990, qui prévoyait jusqu’à présent une indemnisation des personnes exposées aux radiations issues des essais d’armes nucléaires et de l’exploitation minière de l’uranium, pourrait être reconduite et surtout étendue, pour la première fois, aux downwinders du Nouveau-Mexique, mais aussi de l’Idaho, du Montana, du Colorado, de l’île de Guam et inclure également de nouvelles zones du Nevada, de l’Utah et de l’Arizona. Des régions qui avaient été mystérieusement exclues de la première version de la loi.

C’est peu dire que Tina Cordova attend ce moment avec impatience. Fondatrice en 2006 de l’association Tularosa Basin Downwinders Consortium, cette militante de 64 ans se bat pour réussir à mettre en lumière l’impact de l’explosion de la bombe de Trinity sur la santé mentale et physique des habitants de la région. Dans sa famille, le cancer a frappé avec la régularité d’un métronome.

[…] Jusqu’à présent, aucune étude officielle n’a prouvé le lien de causalité entre les radiations du test Trinity et les cancers. Le registre des tumeurs du Nouveau-Mexique n’a commencé la collecte partielle de données qu’en 1966. Qu’importe, Tina Cordova mène inlassablement sa propre enquête et estime avoir déjà récolté plus de mille témoignages de familles de victimes endettées par les frais médicaux et décimées par les maladies.

[…] Fascinée par la figure de Robert Oppenheimer, elle s’était ruée au cinéma le jour de la sortie du film de Christopher Nolan. Son verdict est sans appel : trop long, mais surtout mensonger. Elle déplore que les communautés autochtones et hispaniques aient été, de nouveau, totalement invisibilisées. « On ne voit pas les hommes qui ont construit les routes, les ponts, les installations. Ni les femmes qui nettoyaient les maisons et préparaient les repas. On ne les a même pas prévenus de l’explosion et on leur a menti, plus tard, en disant que c’était une explosion de munitions. Ils ont pourtant bien été témoins des cendres qui sont tombées du ciel pendant des jours, contaminant les citernes, les cultures, le bétail et eux-mêmes. C’est du pur racisme environnemental », dénonce-t-elle.

[…] « Oppenheimer, pour nous, ce n’est pas une fiction hollywoodienne, c’est notre réalité. C’est notre passé, notre présent et notre futur. C’est ce jour de 1945 qui continue de ruiner nos vies », conclut Tina Cordova en regardant son téléphone. L’écran indique un appel manqué de sa nièce de 24 ans. Un cancer lui a récemment été détecté.

Le Monde, L’espoir de justice des irradiés d’Oppenheimer : « A force, on ne se demande pas qui va avoir un cancer, mais quand ce sera notre tour »

Jeudi 30/5, 20h40

Le nucléaire, ma fille, eh bien, c’est à la fois une grande fierté et une belle merde : tout nous quoi. Mais tu as raison, il y a bien d’autres exemples de cette dualité.

Des équipements importants pour la sûreté sont mal fixés sur les centrales nucléaires de Cruas et Tricastin. C’est ce que révèle l’Autorité de Sûreté Nucléaire dans une note publiée ce mercredi 29 mai.

Des tuyauteries, des moteurs, des pompes ou des matériels électriques ne sont pas ancrés dans les normes à la structure des bâtiments réacteurs. Le nombre, le diamètre ou l’implantation des chevilles ne sont pas conformes. Cela concerne les quatre réacteurs à Tricastin, et deux à Cruas (les réacteurs 1 et 2). Vingt autres réacteurs sont concernés partout en France. Soit au total, 26 réacteurs sur les 56 que compte la France. Ces défauts de fixation datent de leur construction. Des fragilités qui pourraient être problématiques en cas de séisme, souligne l’Autorité de Sureté Nucléaire.

Ces défauts sont corrigés progressivement par EDF depuis le début des contrôles en septembre 2021. C’est un incident de niveau 1 sur l’échelle INES qui en compte 7. « Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement » note l’ASN dans sa note.

France Bleu, Des équipements importants mal fixés sur les centrales nucléaires de Cruas et Tricastin

« Et un, et deux… » Jean-Pierre Finot jette son filet. Petit, de forme conique, il présente à son extrémité un compteur et un collecteur grâce auxquels le sauveteur va pouvoir effectuer des prélèvements d’eau de mer. Le produit de la pêche du jour à bord de la vedette de la SNSM : quelques dizaines de gramme de groseilles de mer.

Si leur vocation est l’assistance aux personnes, les bénévoles de Gravelines-Grand-Fort-Philippe (Nord) mènent effectivement une autre mission depuis sept ans : la surveillance de ce plancton au large de la centrale nucléaire. Une collecte effectuée tous les jours au printemps. « Les groseilles de mer sont présentes, à peu près, entre le 15 et le 31 mai », explique Jean-Pierre Finot. « Après, ça disparaît. »

[…] Ces billes gélatineuses peuvent atteindre jusqu’à trois centimètres de diamètre. Présentes en trop grand nombre, cette taille est suffisante pour perturber le fonctionnement de la centrale qui puise de l’eau de mer pour son circuit de refroidissement. « Les groseilles pourraient venir colmater partiellement nos circuits de filtrations, souligne Matthieu Ruiz, c’est ce qui est arrivé dans les années 1980.« 

France3, Les groseilles de mer sous surveillance, au large de la centrale nucléaire de Gravelines
Une groseille de mer […] le 24 mai 2024 © FTV / M. BARON

[…] L’EPR Taishan 2 entré en service en Chine en 2019. L’an dernier, il a produit 12,8 térawattheures (TWh), battant son record de 2020. Logique, avec 1 660 mégawattheures de puissance, comme son jumeau Taishan 1, c’est le réacteur le plus puissant du monde. Et son facteur de charge, 88,6 % en 2023, fut très bon. L’EPR d’Olkiluoto, en Finlande, n’est pas loin avec 10,3 TWh.

L’EPR Flamanville 3 sera-t-il capable, ou non, de tenir sa promesse d’une telle production d’électricité bas carbone durant les soixante années à venir ? Nous le saurons… dans soixante ans. Gageons qu’en 2084, si ce réacteur produit d’ici là ce pour quoi il a été construit, les difficultés de son chantier auront l’allure de péripéties initiales.

[…] Rions un peu : il y a des fiascos utiles. Celui du chantier de Flamanville 3 a souligné que l’industrie lourde et les grands chantiers ne supportent pas les oukases politiques. […]

L’Humanité, Nucléaire : l’EPR champion du monde ?

La Chine a ajouté 1 gigawatt à sa capacité de production d’énergie nucléaire, samedi 25 mai, en démarrant la quatrième et dernière unité du projet Fangchenggang, situé dans la région du Guangxi, au sud du pays. Avec ce réacteur supplémentaire, elle rivalise avec la France : 56 unités de production chacune.

Mais l’atome tricolore devrait être rapidement dépassé. C’est déjà le cas si l’on compte en térawattheure (TWh), en quantité d’énergie effectivement produite. Le jeune parc nucléaire chinois, avec ses seize nouveaux réacteurs entrés en service entre 2017 et 2021, affichait 435 TWh à la fin 2023, contre 361 TWh pour le parc français.

Seuls les États-Unis font mieux, avec 772 TWh, mais tirés de 93 réacteurs encore plus vieillissants et moins performants que leurs concurrents. À l’image de l’EPR numéro 2 de la centrale chinoise de Taishan (de conception française), qui a battu l’an dernier le record mondial de production d’électricité en une année avec 12, 884 TWh. […]

Ouest-France, La Chine a autant de réacteurs que la France et va vite dominer le nucléaire civil

Jeudi 30/5, 20h35

Iran.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) espérait débloquer le dossier nucléaire iranien après le récent voyage en Iran de son chef. Mais la mort du président Ebrahim Raïssi a suspendu les discussions, au moment même où «l’inquiétude s’accroît» quant aux intentions de la République islamique, souligne le directeur général de cette instance de l’ONU, dans un document confidentiel consulté lundi par l’AFP.

Rafael Grossi évoque ainsi «de nouvelles déclarations publiques en Iran sur les capacités techniques du pays à produire des armes nucléaires, et de possibles changements de la doctrine nucléaire».

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe mais dispose désormais d’assez de matière pour en fabriquer trois, dans un contexte de conflit au Moyen-Orient. «La situation actuelle n’est pas satisfaisante. Nous sommes quasi dans une impasse (…) et cela doit changer», avait déclaré Rafael Grossi, espérant des avancées d’ici au Conseil des gouverneurs prévu la semaine prochaine au siège de Vienne, en Autriche.

[…] Dans ce contexte «sans précédent», le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne poussent pour une résolution condamnant cette escalade lors du Conseil des gouverneurs. Mais les États-Unis se montrent réticents, par peur d’envenimer les tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient.

«Il est grand temps d’agir», réagit Kelsey Davenport, experte de l’Arms Control Association. Attendre ne fera «qu’exacerber les défis actuels» et envoyer «le signal que Téhéran peut bafouer ses obligations internationales en toute impunité», dit-elle. Selon cette spécialiste du dossier, les États-Unis devraient «mettre sur la table une offre» incluant un allègement des sanctions «pour désamorcer les tensions» et écarter «la menace d’un Iran doté de l’arme nucléaire».

Le Matin, L’Iran a de quoi fabriquer trois bombes nucléaires

Jeudi 30/5, 15h45

On est descendu au moulin. Olga y était venue avec Pacha l’année de notre mariage. Le meunier est mort maintenant. L’endroit est tranquille, à la fois beau et encore un peu banal. Se superpose l’idée de Pacha dans son trou parce qu’un humain de mauvaise qualité a décidé que l’Ukraine n’était pas un pays. La vie ordinaire est suspendue. Le travail est désormais du domaine du meurtre. Pacha envoie une photo de son repas à sa femme : trois assiettes en inox, une soupe à la viande, un couteau pliant, l’éclairage d’une ampoule électrique.

On est descendu à vélo. « Ah, j’ai retrouvé mon enfant intérieur… » a dit Olga.


Jeudi 30/5, 10h45

Héhé.

Le ministre biélorusse de l’Energie Viktor Karankevich et le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto ont eu des entretiens et se sont mis d’accord sur les prochaines étapes de la coopération concernant leurs centrales nucléaires.

Selon le ministère de l’Energie de Biélorussie, la feuille de route couvre une coopération approfondie concernant les centrales nucléaires de construction russe dotées d’unités VVER-1200 dans les deux pays ainsi que des questions énergétiques plus larges.

[…] Selon le ministre des Affaires étrangères de Biélorussie, l’un des sujets abordés était d’attirer les personnes qui ont travaillé sur le projet de construction nucléaire en Biélorussie pour travailler sur le projet hongrois. L’agence de presse Reuters a rapporté que Szijjarto a déclaré lors d’une conférence de presse : « L’accord signé ici aujourd’hui sur la coopération en matière d’énergie nucléaire est d’une grande importance, car il nous permet d’utiliser les expériences acquises ici par la Biélorussie lors de la construction de réacteurs dotés d’une technologie similaire. »

World Nuclear News, La Hongrie et la Biélorussie signent une feuille de route pour la coopération dans l’énergie nucléaire, traduction automatique

[…] Le projet, d’un montant de 12,5 milliards d’euros, a été longtemps retardé bien que l’énergie nucléaire ne soit pas soumise aux sanctions de l’UE contre la Russie. La Hongrie, qui tire l’essentiel de son électricité de la Fédération de Russie, s’oppose à l’extension des sanctions. […]

Unian, La Biélorussie va aider à construire une centrale nucléaire en Europe : qui est le fou ?, traduction automatique

Jeudi 30/05, 10h40

Radar russe à longue portée, suite : n’empêchez pas mon ennemi de me dissuader.

Washington a fait part à Kiev de ses inquiétudes concernant deux attaques contre la station radar la semaine dernière. Au moins une frappe à Armavir a causé des dégâts.

« Ces sites n’ont pas été impliqués dans le soutien à la guerre russe contre l’Ukraine. Mais ce sont des endroits sensibles parce que la Russie peut avoir le sentiment que ses capacités de dissuasion stratégique sont ciblées, ce qui pourrait compromettre sa capacité à maintenir une dissuasion nucléaire contre les États-Unis », a déclaré le responsable.

Cependant, un responsable ukrainien proche du dossier a déclaré que la Russie utilisait le radar pour surveiller les activités de l’armée ukrainienne, en particulier l’utilisation par Kiev d’armes aériennes telles que des drones et des missiles. Le responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé que la Direction générale des renseignements était responsable des frappes. […]

Unian, Les États-Unis s’inquiètent des frappes ukrainiennes contre les radars nucléaires russes, traduction automatique

Jeudi 30/5, 10h15

Marre de Poutine ?

Energoatom, Telegram
Une électricité propre et fiable n’est pas seulement nécessaire sur Terre !
C'est ainsi que l'intelligence artificielle voit la centrale nucléaire de la planète naine Gaumea.

Le plan initial derrière SpaceX est de faciliter et multiplier des vols d’astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS), mais Elon Musk a un plan B, nous apprend le magazine Forbes. Il entend implanter sur Mars les prémisses d’une nouvelle civilisation humaine, pacifique, bien loin des tragédies terrestres.

Il a évoqué ce sanctuaire lors d’une présentation donnée au début du mois d’avril au centre lancement de SpaceX, Starbase (sud du Texas), en expliquant que les perspectives d’une guerre totale menaçaient l’avenir de la vie sur notre planète. Une inquiétude résumée ainsi: «Il y a une urgence élevée à rendre la vie multiplanétaire.»

«Le but global de cette opération est d’étendre la vie de manière durable à une autre planète –Mars est vraiment la seule option– et de le faire idéalement avant la “Troisième Guerre mondiale”, a également déclaré Elon Musk. Évidemment, je ne parle pas d’abandonner la Terre ou quoi que ce soit de ce genre et nous voulons que la Terre soit aussi bonne que possible aussi longtemps que possible. Mais il y a certaines choses qui peuvent être hors de notre contrôle.»

[…] Et s’il vous venait l’idée de proposer notre bonne vieille Lune plutôt que Mars comme refuge de l’humanité, ça ne marcherait pas selon Elon Musk. «Même une colonie lunaire avancée pourrait ne pas survivre comme refuge pour l’humanité, a-t-il avancé. Car les belligérants nucléaires sur Terre lanceraient probablement quelques bombes nucléaires sur la Lune.»

[…] Le plan d’Elon Musk est ambitieux puisqu’il se donne vingt ans pour envoyer des flottes de vaisseaux Starship (au rythme d’un départ tous les deux ans), avec à leur bord cent colons. Mais le patron de SpaceX a oublié de préciser s’il accueillerait également deux représentants de chaque espèce animale dans sa mission de colonisation martienne. […]

Korii, Elon Musk veut construire une «arche de l’espace» pour sauver l’humanité en cas de guerre nucléaire

Jeudi 30/5, 10h05

Lu.

Le président russe Vladimir Poutine poursuit ses efforts pour préparer la population russe à un effort de guerre prolongé.

Poutine a déclaré lors d’une réunion du Conseil russe pour le développement stratégique et les projets nationaux et de la commission du Conseil d’État pour le développement socio-économique le 29 mai que tous les Russes doivent comprendre qu’ils vivent un moment unique et historique et doivent « travailler comme s’ils sont] en première ligne » et « se sentent mobilisés » pour que la Russie atteigne ses objectifs. Les responsables du Kremlin invoquent souvent le mythe de la Grande Guerre patriotique (Seconde Guerre mondiale) pour inspirer soutien et confiance dans l’effort de guerre de la Russie. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 29 mai, traduction automatique

« Ces élections sont historiques. Dans dix ans, elles seront probablement vues comme celles qui ont décidé de la paix ou de la guerre en Europe », a déclaré le premier ministre hongrois, Viktor Orban, dans une interview publiée mercredi par Le Point, à propos des élections européennes du 9 juin. « Outre le nombre de sièges qu’obtiendra tel ou tel parti, la chose à mon sens la plus importante sera le nombre de députés disposés à aller plus loin dans la guerre en Ukraine et le nombre de ceux qui seront pour y mettre un terme », a-t-il ajouté.

[…] Interrogé sur l’ouverture effective des négociations d’adhésion avec l’Ukraine, le président hongrois a affirmé que cela était « prématuré »,arguant qu’il « faut d’abord clarifier ses frontières et sa population ». « La première question est de savoir si l’Ukraine existera encore comme Etat viable à l’avenir, vu les destructions de la guerre », a-t-il précisé.

Le Monde, Live

Jeudi 30/5, 0h55

A dix jours des élections européennes, des perquisitions ont été menées au Parlement européen, à Bruxelles et à Strasbourg, dans les bureaux et au domicile bruxellois d’un collaborateur parlementaire

Ces perquisitions s’inscrivent dans le cadre de l’enquête sur des soupçons d’ingérence russe et de corruption via le site d’information financé par Moscou Voice of Europe. Selon une source proche du dossier auprès de l’Agence France-Presse (AFP), la personne visée est Guillaume Pradoura, ancien assistant parlementaire de l’eurodéputé allemand Maximilian Krah, tête de liste du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) pour le prochain scrutin. M. Pradoura est désormais assistant parlementaire de l’eurodéputé néerlandais Marcel de Graaff, membre du Forum pour la démocratie, un parti eurosceptique et conservateur néerlandais.

Le Monde, Live

Jeudi 30/5, 0h45

L’Ukraine prépare le ciel.

Le 28 mai, le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a fait savoir que Stockholm allait finalement suspendre son projet de transférer des avions de combat JAS-39 Gripen C/D à l’Ukraine en expliquant que, la priorité ayant été donnée à la cession de F-16, la force aérienne ukrainienne n’aurait pas les ressources matérielles et humaines pour mettre en service deux nouveaux types d’appareils en même temps.

Pour autant, Kiev n’aura pas perdu au change. En effet, le gouvernement suédois vient de donner le détail d’une nouvelle aide militaire, la 16e et la plus importante depuis février 2022. D’un montant de 1,16 milliard d’euros, celle-ci prévoit la cession à l’Ukraine des deux derniers avions de commandement aéroporté et de détection avancée Saab 340 AW&C actuellement en service au sein de sa force aérienne [Svenska flygvapnet].

« La capacité de l’Ukraine à identifier et à engager des cibles à longue portée sera renforcée. Le programme d’aide comprend également la formation, la fourniture d’équipements techniques et un soutien pour la surveillance aérienne ainsi que pour le commandement et le contrôle [C2] », a souligné le gouvernement suédois. […]

Zone militaire, La Suède va donner ses avions de détection avancée Saab 340 AW&C à l’Ukraine

Les images satellite montrent qu’une frappe ukrainienne hier soir sur un aérodrome près de la capitale de la région de Louhansk, à l’est de l’Ukraine, semble avoir visé un système radar russe avancé à longue portée. La perte potentielle d’éléments du système radar Nebo-M pourrait avoir des impacts importants sur la capacité des forces russes à détecter, suivre et tenter d’intercepter diverses menaces aériennes, notamment les missiles balistiques.

[…] Nebo-M, le premier exemplaire entré en service en Russie seulement en 2017, est un système radar polyvalent à longue portée. Le fabricant affirme qu’il peut détecter des cibles jusqu’à une portée maximale de près de 373 miles (600 kilomètres) et affirme avoir au moins une certaine capacité à repérer et à suivre les menaces balistiques et même les avions furtifs. […]

The War Zone, Un précieux système radar russe à longue portée attaqué dans l’est de l’Ukraine, traduction automatique

Mercredi 29/5, 23h50

Nous sommes allés voir la mer (la Manche).

Dans la voiture, Pacha téléphone. Il appelle maintenant, parce que ce soir il ne pourra pas, il travaille (comprendre : il y aura des Russes en face). Il dit à Olga qu’il a acheté sur internet une scie circulaire, qu’il envoie les photos pour qu’elle me les montre. Arrivent trois photos d’une scie sur table Makita. Plus tard il aimerait bien retravailler le bois.


Mercredi 29/5, 10h05

Comment ça se passe, la guerre.

L’expression a fait son chemin dans le discours des responsables occidentaux depuis le 24 février 2022 : la guerre que livre la Russie à l’Ukraine est « existentielle ». La menace que représente cette Russie qui modifie les frontières et réécrit l’histoire est « existentielle ». Mais comment se mesure le caractère existentiel d’un conflit ? Cette guerre est-elle un peu existentielle ? Beaucoup ? Et pour qui, à part l’Ukraine ? Pour les voisins immédiats de la Russie ? Pour le reste de l’Europe ? Pour les États-Unis ?

La question n’est pas que philosophique. Elle a des implications pratiques et stratégiques dont l’Ukraine ressent actuellement tout le poids. Lorsqu’une menace est réellement existentielle, on fait tout pour la conjurer.

[…] C’est l’une des grandes critiques adressées aux Etats-Unis en ce moment : pourquoi retenir le bras des Ukrainiens et les empêcher d’attaquer des cibles militaires de l’ennemi en territoire russe avec les armes à longue portée fournies à Kiev, alors que l’armée russe, elle, n’a aucun scrupule à cibler des civils et à détruire les infrastructures vitales pour la population ukrainienne ? Plus l’armée russe est offensive et meurtrière, moins ce combat inégal est justifiable. Les réticences américaines, après sept mois d’atermoiements au Congrès sur le vote des 60 milliards de dollars (environ 55 milliards d’euros) d’aide promis à l’Ukraine, jettent un discrédit croissant sur l’équipe de Joe Biden parmi certains pays du nord et de l’est de l’Europe, pourtant traditionnellement les plus atlantistes.

[…] Washington reste le premier fournisseur d’aide à l’Ukraine mais évite de s’engager plus avant, refuse à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de jouer un rôle plus important et freine la perspective d’adhésion de l’Ukraine. En trahissant ainsi leur crainte de l’escalade et en laissant penser que la menace nucléaire brandie par le Kremlin les dissuade d’aller plus loin, les États-Unis ébranlent la confiance de certains de leurs alliés dans leur fiabilité.

[…] Un responsable est-européen offre la métaphore suivante : « Notre maison est en feu, avec un pyromane qui jette de l’essence dedans. Les pompiers arrivent, mais tard, certains camions n’ont pas d’eau, d’autres arrosent la maison d’à côté. A l’intérieur, des enfants sont déjà morts, des Ukrainiens. Leurs parents luttent contre l’incendie et demandent plus de camions et d’eau à leurs voisins. Et la plus grande caserne de pompiers voisine répond : vous devriez déjà être reconnaissants de ceux qu’on vous a envoyés ! Alors oui, ils aident, mais la vraie question c’est : est-ce qu’on va arriver à éteindre le feu ou non ? »

Ce qui complique encore les choses, poursuit ce responsable, c’est que la caserne principale, la plus importante, n’a pas vraiment décidé : veut-elle tout faire pour éteindre l’incendie ou pas ? « Certaines choses laissent penser que ses chefs sont prêts à laisser la porte arrière ouverte pour faire un deal avec le pyromane et lui dire O.K., on te laisse brûler quelques pièces si tu promets de ne pas mettre le feu à toute la maison. Et nous, on n’ose pas protester parce qu’on a trop peur qu’ils disent à tous les camions de pompiers de rebrousser chemin. »

On l’aura compris : la caserne voisine, c’est l’Allemagne, et la caserne principale ce sont les Etats-Unis. La métaphore en dit long sur l’état d’esprit qui règne parmi certains dirigeants des pays les plus exposés à la menace russe.

Ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter : lundi, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a pris position en leur faveur dans le débat : « Le moment est venu de reconsidérer les restrictions à l’utilisation d’armes occidentales à des fins militaires en Russie », a-t-il dit devant l’assemblée parlementaire de l’OTAN réunie à Sofia. Celle-ci a d’ailleurs adopté, à une très large majorité, une déclaration en ce sens.

[…] Le vrai problème, s’impatientent les dirigeants baltes, c’est que les alliés de Kiev ne sont toujours pas d’accord sur ce que veut dire « assurer la victoire de l’Ukraine » ni sur comment éteindre le feu.

Le Monde, Sylvie Kauffmann, « Aujourd’hui, de nombreux experts occidentaux sont prêts à l’admettre : pour Washington, la guerre en Ukraine n’est pas existentielle »

Mercredi 29/5, 9h55

On dîne. Je leur fais des crêpes. Les téléphones ne sont pas loin. Dès que ça vibre, elles regardent. Nastia change de tête. Son ami Ioura est mobilisé. Ils étaient à l’université ensemble. Il est allé faire le point au bureau de recrutement, ça n’a pas traîné. Il a de l’expérience dans la sécurité (il travaillait à l’aéroport, au contrôle). Il aura un petit grade et dirigera une unité. Son meilleur ami est incorporé avec lui et ils seront ensemble dans ce petit groupe.

Pacha est à sa position de combat.
Comme Olga lui a envoyé des photos des objets que je fabrique en bois, il voudrait voir les outils que j’utilise. Elle photographie le rabot manuel, la scie japonaise, les gouges, les accessoires de ponçage, les racloirs. Il réagit en ligne. Quand il ne connaît pas, il demande des détails. Comment j’affute les gouges ?


Mardi 28/5, 22h20

Olga kiffe le comté que lui a envoyé mon frère. "Comtois, rends-toi ! Nenni, ma foi !"

Mardi 28/5, 18h10

Géorgie.

Le Parlement géorgien a adopté, mardi 28 mai, un texte permettant de surmonter le veto de la présidente pro-occidentale Salomé Zourabichvili à la loi controversée sur « l’influence étrangère ». Le texte est donc considéré comme définitivement adopté malgré les craintes de l’opposition et de l’Union européenne, qui redoutent qu’elle serve à réprimer toute opposition, comme cela a été le cas avec une loi russe similaire.

La loi, inspirée d’une législation répressive russe, a été adopté par 84 voix pour et 4 voix contre, selon l’Agence France-Presse. La plupart des députés de l’opposition ont quitté l’hémicycle au moment du vote.

Les détracteurs de cette loi, qui ont manifesté par dizaines de milliers depuis début avril, qualifient le texte de « loi russe », en raison de sa similitude avec une législation sur les « agents de l’étranger » utilisée en Russie depuis 2012 pour réprimer toute voix dissidente. […]

Le Monde, En Géorgie, la loi sur l’« influence étrangère » définitivement adoptée après un vote annulant le veto présidentiel

Mardi 28/5, 15h10

Lu aujourd’hui.

En Ukraine, l’armée européenne la plus éprouvée au combat s’invente, s’adapte et se transforme pour faire face à l’armée russe de Poutine — elle a désormais acquis une expérience qui bénéficie aussi à ses alliés. Écrivain, financier et capitaine au sein des Forces armées de l’Ukraine, Pavlo Matyusha propose une plongée unique au cœur des ressorts de la formation et de la tactique militaires ukrainiennes.

Rapport de force RU/UA

Vous êtes un vétéran des années de guerre 2022 et 2023. Quels points de comparaisons identifiez-vous qui pourraient nous aider à saisir les différences entre l’armée ukrainienne contemporaine et l’armée russe ?

Tout d’abord, la guerre ne concerne pas seulement le corps militaire mais la société toute entière. Chaque individu a sa propre expérience du conflit, ayant servi sur divers fronts et accomplissant diverses missions — des tranchées aux quartiers généraux, en passant par la ligne de front. Personnellement, j’étais chargé des entraînements de combat dans l’armée. C’est ce qui m’a permis de comprendre le fonctionnement de l’armée ukrainienne moderne, notamment dans le cadre de la coopération avec nos alliés.

Concernant l’armée russe, je n’ai pas d’expérience directe à partager — si ce n’est les résultats des opérations de combat et les données accessibles au public. Mais je dirais que trois caractéristiques principales qui nous distinguent de notre adversaire : 

Premièrement, la réflexivité. Cette transformation découle probablement des tâches plus complexes auxquelles elle est confrontée, nécessitant créativité et réflexion. À partir de 2022, notre armée a connu l’arrivée de nouveaux membres dans nos rangs, apportant avec eux un potentiel de créativité pour résoudre les défis, même sans expérience militaire préalable.

Deuxièmement, la capacité à interagir avec nos partenaires — notamment au sein de l’OTAN. Nous sommes sans doute l’armée la plus éprouvée au combat du continent européen et nous sommes désormais parfaitement capables d’interagir avec les pays de l’OTAN. Nous pouvons partager des compétences et des tactiques de guerre moderne — comme l’utilisation de drones — qui ont considérablement modifié le champ de bataille. Nos adversaires russes, quant à eux, sont refermés sur eux-mêmes. Bien sûr ils apprennent aussi, mais ils continuent d’opérer selon leurs propres règles : ils peuvent apprendre et changer de tactique, mais notre capacité d’adaptation est manifestement supérieure.

[…] Troisièmement, la motivation. Elle était particulièrement palpable en 2022, lors des premiers mois de la guerre, lorsque les bureaux de recrutement étaient débordés par des personnes désireuses de s’engager. Il n’y avait même pas assez de places dans les forces armées, la garde nationale ou la force de la défense territoriale.

Bien sûr, cette motivation a pu diminuer par la suite, mais c’est au fond un processus naturel : de même qu’après une menace ou un fort sentiment de patriotisme, il est normal que le niveau de motivation augmente, de même il est compréhensible que cette ferveur diminue avec le temps et que la situation revienne à la normale. C’est notre nouvelle réalité. Il reste que nos ennemis sont loin d’être aussi motivés que nous.

Quels exemples illustrent selon vous cette réflexivité et la nécessité d’une pensée créative dans l’armée ?

On peut s’arrêter par exemple sur notre sortie de l’« armée de papier ». Une armée nécessite une organisation complexe et un système bureaucratique particulièrement performant pour fonctionner efficacement. Or notre armée utilisait un système de rapports et de registres qui remonte probablement à l’après-Seconde Guerre mondiale — voire même avant. Mais grâce à l’implication d’experts en informatique et d’industriels du secteur privé, de nombreux processus ont pu être numérisés en peu de temps. Nous avons adopté la création de documents électroniques et l’automatisation des processus avec un simple clic dans la mesure du possible. Cela engendre certaines exigences : les mécanismes réglementaires peuvent entraver la volonté des individus cherchant à simplifier ces processus. Mais c’est un bon exemple de cette dynamique d’adaptation au sein de notre armée.

[…] En ce qui concerne l’interaction avec les partenaires de l’Ukraine, comment ce transfert de l’expérience ukrainienne se passe-t-il concrètement ?

[…] L’aide par l’entraînement a toujours été et reste importante. Mais le manque de volonté au niveau des dirigeants militaires et politiques des pays alliés nous pénalise alors qu’un fort engagement se ressent au niveau des sous-officiers et des officiers qui ont assuré la formation. Tous disaient, fraternellement : « Si je pouvais, je me battrais avec vous, côte à côte, comme des frères ». Mais il aurait fallu une formation plus complète, autour d’une gamme plus large d’équipements. Il fallait former les pilotes de chasse et livrer les HIMARS dès le début de 2022 plutôt qu’à la fin.

En d’autres termes, il y a toujours eu un retard par rapport aux besoins réels de l’armée ukrainienne — et, malheureusement, cette situation persiste. En analysant clairement le déroulement des combats, en comprenant les réalités de l’utilisation de l’équipement militaire, les armées des pays de l’OTAN ont pris conscience qu’elles n’étaient pas préparées à un conflit de ce type. C’est à ce moment-là qu’il est devenu évident que nous pouvions déjà leur transmettre nos connaissances et expériences.

À quel moment cette prise de conscience a-t-elle eu lieu ? 

Je pense qu’elle s’est produite entre 2022 et 2023, surtout pendant la contre-offensive, lorsque nous avons compris que les choses ne se passaient pas comme prévu. La contre-offensive est le résultat intellectuel de nombreuses parties. L’état-major général a consulté ses partenaires, dont certains ont, je l’espère, démontré leurs capacités en matière de planification. Cependant, il est devenu évident que le niveau de compréhension de la guerre à cette époque a été bouleversé par la réalité. Cette réalité a dû être une douche froide pour de nombreux praticiens et théoriciens militaires occidentaux et de l’OTAN.

Nous sommes confrontés à une vérité très simple — et l’armée russe apprend elle aussi. Bien qu’elle soit bornée, qu’elle avance en ne comptant pas ses hommes, elle dispose d’innombrables ressources humaines et matérielles.

D’un autre côté, l’armée ukrainienne apprend également, mais elle s’épuise et elle est moins nombreuse. Si nous projetons cette situation de guerre dans le futur, à un moment donné — Dieu nous en préserve — l’Ukraine pourrait tomber. Or sans cette expérience accumulée par les Ukrainiens, toute la machine militaire occidentale serait confrontée à une tâche très difficile. Elle devrait acquérir cette expérience pendant la guerre, comme nous l’avons fait.

La différence réside dans le fait que la Russie sera alors très expérimentée et ne commettra pas les mêmes erreurs. Si elle ne les avait pas commises début 2022, les résultats auraient pu être différents. Cette prise de conscience amène nos partenaires à comprendre qu’ils doivent apprendre ici et maintenant.

Quels pourraient être les moyens de partager l’expérience ukrainienne ?

Il pourrait s’agir de sessions conjointes avec des officiers ukrainiens, voire de l’envoi de conseillers. Ces conseillers ne donneraient pas tant de conseils qu’ils ne collecteraient l’expérience : il pourrait s’agir d’un examen interne de leurs capacités et de leurs ressources, modélisant un certain type de menace. Il est indéniable que nous sommes la seule armée occidentale avec laquelle ils peuvent améliorer leur niveau de compétences.

[…] Revenons à la troisième caractéristique que vous avez soulevée : la motivation. C’est en 2022 que le pic de l’affluence au bureau d’enrôlement militaire a été atteint. Aujourd’hui, tant l’armée que la société civile semblent s’épuiser progressivement, comme le révèlent les discussions compliquées sur la mobilisation et la démobilisation en cours. Comment percevez-vous l’état actuel de l’armée ukrainienne ?

La fatigue est clairement ressentie au sein de l’armée. Bien sûr, nos militaires sont des super-héros — mais même les super-héros se fatiguent. 

Après presque trois ans de guerre, cette fatigue est très palpable pour tous ceux qui étaient présents dès le début de l’invasion à la grande échelle. C’est un lourd fardeau à porter, que ce soit sur le front ou pendant les périodes d’entraînement, de repos ou de rétablissement : la tension reste toujours perceptible. Ces personnes sont loin de chez elles, séparées de leur vie habituelle, confrontés aux défis de guerre, et cette situation engendre un stress constant.

Les gens ont besoin de repos et de récupération, c’est-à-dire de rotation. La mobilisation sans rotation, comme on dit, est un aller simple. Elle ne résout qu’une partie du problème, celle de renforcer les effectifs de l’armée pour remplacer ceux qui sont irrémédiablement ou temporairement perdus.

Ceux qui sont épuisés pourraient aussi être considérés comme perdus, même si ces pertes ne sont pas officiellement comptabilisées. Tous ceux qui sont actuellement en service, ainsi que ceux qui ne le sont pas, comprennent qu’ils risquent de se retrouver dans le même état tôt ou tard. Cela ne sert certainement pas de moteur de motivation.

Un soldat ukrainien lève un tapis qui recouvrait les munitions russes à Izium, dans la région de Kharkiv, en Ukraine, le mardi 13 septembre 2022 [...] (Photo AP/Kostiantyn Liberov)

Comment voyez-vous l’issue de cette situation ?

À mon avis, il est important de suivre au moins trois principes : 

Premièrement, il est essentiel de mettre en place un système de rotation du personnel. Les individus encore en vie et non blessés doivent être remplacés afin de pouvoir se rétablir. 

Deuxièmement, il est primordial de définir la durée de la conscription : cette période doit être suffisante pour former des mobilisés et leur permettre de mettre en pratique ces connaissances avant leur relève par une nouvelle vague de personnel.

Troisièmement, il est impératif que les soldats déployés sur le front aient suivi une formation complète et ciblée. Cela n’a rien d’une formalité : cette phase, préalable à leur immersion dans l’armée, devrait leur inspirer confiance dans leurs compétences, ce qui contribue à réduire l’anxiété et le stress. Il est crucial par exemple d’affecter des informaticiens qualifiés à des tâches informatiques spécifiques. Pour nos pilotes de drone, qui sont très recherchés, il serait idéal qu’ils possèdent une expérience antérieure.

En relation avec ces trois facteurs, quel rôle pensez-vous que les partenaires occidentaux pourraient jouer ?

Tout d’abord, je pense qu’il serait bénéfique pour l’Ukraine et pour les armées de l’OTAN d’avoir des contingents militaires en Ukraine. La France dispose d’une unité appropriée à cette fin : la Légion étrangère. En tant qu’unité expéditionnaire, elle peut accomplir des tâches significatives et contribuer à l’entraînement des forces locales. Cela représente un processus mutuellement bénéfique qui renforcerait la coopération entre l’Ukraine et l’OTAN.

L’entrée des forces armées occidentales en Ukraine aurait dû se produire plus tôt : c’est une nécessité autant pour les pays occidentaux que pour l’Ukraine elle-même. Il est important de souligner que cela ne signifie pas remplacer les troupes ukrainiennes par des forces étrangères, mais plutôt renforcer les capacités déjà présentes sur le terrain.

Il est également nécessaire de coordonner la formation avec la fourniture des équipements correspondants. Cela garantira une utilisation efficace et appropriée de ces systèmes une fois qu’ils sont déployés sur le terrain. C’est une évidence mais il faut la rappeler : lorsque les Ukrainiens apprennent à déployer certains systèmes, il est essentiel que ces systèmes leur soient effectivement  fournis.

Il faut également considérer la nature de la guerre elle-même. Au combat, les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu. Ce n’est pas comparable à l’achat d’une voiture avec une garantie d’usine où l’on peut anticiper les pannes et les réparations. Dans le contexte militaire, l’amortissement peut se produire en un seul vol, ou avec une perte totale de 100 % en une seule fois. C’est pourquoi le remplacement rapide du matériel militaire est également vital.

Dans ce contexte, les déclarations qui mettent en avant des « lignes rouges » me rappellent les années précédant la Seconde Guerre mondiale, où l’on tentait de maintenir un équilibre fragile pour éviter de provoquer des réactions hostiles. Aujourd’hui, la situation est encore plus claire. […]

Le Grand Continent, « Transformer des civils en soldats » : dans les secrets de la machine de guerre ukrainienne

Mardi 28/5, 12h40

Olga est à la maison.
Nous avons pu parler quelques minutes avec Pacha, qui remercie pour l’aide, les pensées, le soutien des amis français. Le moral est aussi bon que possible, dit-il.


Mardi 28/5, 12h25

La farandole du nuc : hors zone nuc, disponibilité de l’énergie, des déchets à la sécu, pas plus dangereux qu’un bout de bois.

Mardi 28 mai, vers 1h50, un feu s’est déclaré à la centrale nucléaire de Paluel, au niveau d’un transformateur de l’unité de production numéro 3, situé hors zone nucléaire, selon EDF. Ce transformateur a vocation à évacuer l’énergie produite par une unité de production sur le réseau électrique national.

[…] L’unité de production n°3 s’est arrêtée automatiquement, conformément aux dispositifs de sûreté et de protection du réacteur. Elle ne sera remise en route seulement après qu’un diagnostic ait été établi sur les raisons du déclenchement de ce feu et ses conséquences sur la structure. […]

FR3, Incendie à la centrale nucléaire de Paluel : une unité de production à l’arrêt

L’Ukraine a remis en service une centrale nucléaire plus tôt que prévu après des réparations, ce qui a permis d’éviter les restrictions sur l’approvisionnement en énergie des consommateurs mardi, a déclaré l’opérateur du réseau national d’électricité Ukrenergo.

« Aujourd’hui, les limites de consommation d’électricité pour les consommateurs industriels et domestiques dans toutes les régions de l’Ukraine ne sont pas prévues », a déclaré Ukrenergo sur l’application de messagerie Telegram.

[…] Actuellement, l’Ukraine ne peut importer des États membres de l’UE plus de 1 700 Mwh d’électricité simultanément.

Zone Bourse, L’Ukraine remet en service une centrale nucléaire et n’impose pas de restrictions à la fourniture d’électricité

L’encre de la réforme qui va fusionner l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avec l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est à peine sèche, que l’Élysée entreprend de nommer un patron à la tête de la future entité. Le président de la République « envisage, sur proposition du premier ministre, de nommer Pierre-Marie Abadie en qualité de président de l’Autorité de sûreté nucléaire (…) à l’issue du mandat de Bernard Doroszczuk », indique l’Élysée dans un communiqué.

[…] Ce haut fonctionnaire, passé par le Trésor à Bercy, le ministère des Armées et celui de la Transition écologique, est actuellement le directeur général de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) depuis neuf ans. […]

Le Figaro, Qui est le patron de l’Autorité de sûreté nucléaire nouvelle formule ?

[…] En revanche les opposants au projet Cigéo ont dénoncé mardi un « mauvais jeu de chaises musicales » et « un parfum de conflit d’intérêt », relevant que « le projet Cigéo, dont la demande de création a été déposée (à l’ASN) par l’Andra début 2023, pourrait bien se voir avantagé ».

Dans un communiqué, la Coordination Stop Cigéo/Bure « s’insurge contre ces méthodes de gouvernance d’un autre âge, indignes d’une véritable démocratie, et demande un sérieux regard parlementaire sur cette annonce ». […]

Connaissance des énergies, Sûreté nucléaire: l’IRSN salue la désignation proposée pour le patron de la future autorité unique

« On nous disait que ce n’était pas plus dangereux que le granit »: anciens ouvriers d’État, ils ont manipulé des ogives nucléaires sur la base sous-marine de l’Ile Longue (Finistère). Trente ans après, ils se battent toujours pour faire reconnaître la faute de l’État.

Ancien mécano, Henri Letty, 73 ans, a travaillé 11 ans sur cette presqu’île interdite d’accès, de la rade de Brest. Il était chargé de lire les instructions pendant l’embarquement et le débarquement des missiles sur les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE).

A un mètre du missile, il n’était équipé ni de protection, ni de dosimètre. « Dès la première manipulation, j’ai demandé aux militaires », raconte-t-il. « On m’a dit que c’était comme un morceau de bois, qu’il n’y avait pas de danger. Ils disaient que le granit breton rayonnait plus que le missile. »

Pourtant, à 55 ans, alors tout jeune retraité, M. Letty se sent « fatigué ». On lui diagnostique une leucémie aigüe, suivie en 2022 d’une tumeur cancéreuse à l’intestin grêle. Déjà opéré quatre fois, il attend une cinquième opération, se déplace avec difficulté et doit en permanence porter une ceinture de contention. […]

TV5 monde, A l’Ile longue, les victimes oubliées de la dissuasion nucléaire

Lundi 27/5, 18h15

Lu aujourd’hui : les quatre R.

[…] Au cours de l’année écoulée, les températures terrestres et océaniques ont grimpé en flèche, bien au-delà de ce qui était prévu pour une année El Niño. Les températures moyennes mondiales ont franchi la barre des 1,5 °C, ce qui indique que la transition climatique a été déclenchée. Qu’il s’agisse d’incendies de forêt record sur les continents ou d’inondations catastrophiques menaçant de submerger de grandes villes, les phénomènes climatiques extrêmes sont devenus la nouvelle norme, causant des pertes humaines et des dommages économiques considérables dans le monde entier.

Pourtant, malgré les preuves de plus en plus nombreuses et les appels urgents, les actions significatives se font attendre. Historiquement, la prospérité mondiale est née des combustibles fossiles. Mais la mainmise des géants des combustibles fossiles, généreusement subventionnés par les gouvernements et soutenus financièrement par les banques, fait passer les profits à court terme avant la survie de la planète. Cette dépendance bien ancrée entrave les efforts de transition vers un avenir durable, malgré l’urgence du changement. La croissance du PIB reste sacrée, alors que le climat, la biodiversité, la santé et l’équité sociale sont sacrifiés, condamnant les générations futures à hériter d’une planète ravagée.

Je dis cela en étant parfaitement conscient que de telles déclarations peuvent apparaître comme des signes de vertu, en particulier pour les pays du Sud, où le développement est toujours en cours. Il ne s’agit pas en premier lieu de leur refuser leur chemin, mais de changer la situation de ceux d’entre nous qui appartiennent au monde développé – et peut-être notre destination finale.

Si nous continuons sur notre lancée, la civilisation telle que nous la connaissons disparaîtra. Si nous nous contentons de respecter les engagements actuels – zéro émission nette d’ici à 2050 -, l’humanité survivra peut-être sous une forme ou une autre, en gérant les défis que représentent la persistance des phénomènes météorologiques extrêmes, la perte de glace et l’élévation du niveau de la mer et de la température. Mais nous avons une agence pour changer cela, et un avenir prospère est encore sur la table. Pour y parvenir, nous devons nous engager dans une démarche radicale qui englobe une voie essentielle, celle des « 4R de la planète ».

Cela signifie : réduire les émissions, éliminer l’excès de gaz à effet de serre (GES) déjà présent dans l’atmosphère, réparer les écosystèmes et renforcer la résilience locale et mondiale contre les impacts climatiques inévitables [reducing, removing, repairing & resilience].

Il est absurde de penser, comme le prétendent certains dirigeants influents du secteur des combustibles fossiles, que nous pouvons maintenir nos économies basées sur la combustion de combustibles fossiles parce que les scientifiques trouvent des moyens de capturer les émissions résultant de leur utilisation continue. Une analyse récente montre que les coûts annuels du PIB mondial dus aux phénomènes météorologiques extrêmes pourraient atteindre 100 % du PIB mondial vers la fin du siècle.

Entre-temps, la transition vers l’abandon des combustibles fossiles est déjà en cours, les énergies renouvelables, l’hydroélectricité, l’énergie géothermique, le stockage distribué de l’énergie, le transport électrique et l’énergie nucléaire fonctionnant déjà à des niveaux économiques compétitifs. Par exemple, le Kenya a déjà atteint plus de 90 % de production d’électricité à partir de sources renouvelables, ce qui représente un avantage énorme pour son économie. Le rythme de la transition mondiale, correctement mené par les réglementations gouvernementales et la suppression des subventions pour la récupération des combustibles fossiles, pourrait et devrait être décuplé. La mise en œuvre des quatre R doit être considérée comme un coût de gestion des risques approprié, compensant les très importantes pertes financières prévues.

Aujourd’hui, le monde émet plus de 50 milliards de tonnes de GES par an dans l’atmosphère, exprimés en équivalent CO2. Comme il est peu probable que nous parvenions à un taux d’élimination supérieur à 10 milliards de tonnes par an, il ne peut y avoir d’avenir sans une réduction des émissions à un chiffre très faible.

Aujourd’hui, le niveau de GES dans l’atmosphère dépasse 500 parties par million (ppm), alors que le niveau préindustriel était de 275 ppm. Un niveau sûr pour l’humanité est d’environ 350 ppm, et nous devons donc éliminer les GES excédentaires déjà présents dans l’atmosphère. À raison de 10 à 20 milliards de tonnes par an, j’estime qu’il faudra attendre la fin du siècle. Nous devons entamer ce processus immédiatement.

[…] Nous entendons souvent dire qu’en réponse à la crise climatique, nous devons faire des sacrifices. Mais ce raisonnement est erroné. Nous devons trouver la joie de nourrir ce qui nous entoure, qu’il s’agisse de la nature ou des objets que nous possédons. L’épanouissement doit venir de la qualité, et non de la quantité, et de la nature, et non de la nouveauté.

Nous faisons partie du monde naturel et nous en dépendons. Nous pouvons choisir de faire entrer nos sociétés dans une période durable de civilisation écologique. Au cours des prochaines décennies, alors que nous serons confrontés à une série de défis mondiaux que nous nous infligerons nous-mêmes, la nécessité d’une telle transformation culturelle nous poussera à agir. Ce processus doit commencer maintenant.

The Guardian, La survie de l’humanité est encore à notre portée – tout juste. Mais seulement si nous prenons ces mesures radicales, David King est président du groupe consultatif mondial sur la crise climatique. Traduction Deepl

Lundi 27/5, 18h00

Tcherno : la cigogne noire. Un cadeau d’Olga.

La banque nationale ukrainienne frappe des monnaies de toutes sortes (armées, villes détruites, borchtch...). Celle-ci est consacrée à la cigogne noire, rare dans la réserve de Tchernobyl.

Pacha nous a envoyé une pièce consacrée aux gardes-frontières.


Lundi 27/5, 14h25

Radar longue portée #2.

D’après les informations d’Ukraïnska Pravda, se fondant sur une source de la direction générale du renseignement du ministère de la défense ukrainien, un drone a attaqué la station radar de détection de cibles à longue portée Voronej-M, située dans la ville d’Orsk (📍), dans l’oblast russe d’Orenbourg, hier dimanche.

« Un drone ukrainien a parcouru une distance de plus de 1 800 kilomètres jusqu’aux installations de l’ennemi, établissant ainsi un nouveau record de portée de destruction pour les drones-kamikazes. »

[…] RIA Novosti, agence de presse russe, citant le gouvernement de l’oblast d’Orenbourg, a confirmé qu’« un drone s’[était] écrasé près d’Orsk [et qu’]aucun bien civil n’a[vait] été endommagé », ne mentionnant pas la station radar Voronej-M.

Le Monde, Live

Lundi 27/5, 9h50

Le point de vue militaire de Guillaume Ancel.

[…] Du côté de la Russie de Poutine, après deux années et trois mois de guerre contre un pays voisin qu’elle croyait avaler par simple décapitation, la situation réelle de l’armée russe est un échec qui se manifeste concrètement par une purge de grande ampleur de son commandement.

[…] Cette purge, sans équivalent en Russie depuis le début de son opération militaire spéciale contre l’Ukraine, est moins la manifestation d’une volonté de changement que la traduction d’un échec caractérisé : l’offensive à tout crin de l’armée russe depuis octobre 2023 n’a pas réussi, elle a repoussé de quelques kilomètres la ligne de front sans jamais percer, au prix de pertes exorbitantes.

[…] Bien sûr que le maître du Kremlin affiche exactement le contraire, mais la réalité est qu’il s’inquiète de la situation de son armée, très abîmée par ces plus de deux années de guerre et par son incapacité à défaire la résistance ukrainienne.

La démonstration renouvelée fin mai – pour la énième fois – de sa capacité à utiliser des armes nucléaires tactiques sur le terrain (des armes nucléaires dites de faible puissance, mais des milliers de fois plus destructrices que toutes les armes utilisées sur le champ de bataille, et donc inutilisables) est aussi la manifestation d’une faiblesse chronique de l’armée de Poutine, qui ne débouche pas dans son attaque « conventionnelle » malgré l’ampleur des moyens dédiés et des pertes consenties, en centaines de milliers d’hommes.

La crainte par Poutine de la suite des évènements en Ukraine est liée au retournement de situation qui se déroule actuellement et qui sera probablement effectif pour le mois de juin : une aide militaire américaine massive a repris depuis fin avril et permet de réarmer des unités ukrainiennes, qui sont pour l’instant gardées en réserve. L’Ukraine bénéficie aussi de l’arrivée sur le terrain des armements que l’Union européenne est enfin capable de livrer, combinaison d’achats de matériels classiques sur le marché international (comme des obus d’artillerie) et de la prise de conscience de l’importance de ce conflit pour sa propre sécurité…

Pour compléter le tableau du renforcement de l’Ukraine, il faut rajouter la mise en service opérationnel des F16 à partir du mois de juin. Ces avions de combat ne sont pas réellement importants en soi – ils ne constituent pas des armes de domination –, mais ils sont d’abord des plates-formes d’emport d’armements qui eux sont fournis principalement par les États-Unis.

Le fait que les F16 puissent enfin mener des interceptions à moyenne distance contre les bombardiers russes qui lâchent, en grand nombre, des bombes planantes à une cinquantaine de kilomètres de la ligne de front change la donne. Par ailleurs, ces F16 pourront aussi mener des frappes aériennes nombreuses, avec des bombes guidées beaucoup moins sophistiquées et coûteuses que les missiles de type Scalp. Pour donner un ordre d’idée, les frappes pourront être multipliées par 10 à 20 fois, en plus du fait qu’elles pourront être conduites sur des espaces beaucoup plus étendus que ne peuvent le faire des lanceurs terrestres qu’il faut déplacer à chaque fois.

[…] De juin aux élections américaines en novembre, les Ukrainiens disposent de 5 mois pour déstabiliser le front alors qu’ils ont parfaitement conscience qu’ils n’ont pas les moyens de chasser totalement l’armée russe qui a envahi 20% de leur territoire. Cette échéance est d’autant plus importante qu’un succès ukrainien serait un argument majeur dans la campagne électorale de Joe Biden aux États-Unis, qui a échoué par ailleurs à stopper la guerre de Netanyahou contre Gaza.

[…] Les Ukrainiens peuvent donc viser, pour déstabiliser le pouvoir de Poutine, une « percée » qui remette en cause sa maîtrise de la situation, une percée physique ou symbolique qui fasse douter au sein même du pouvoir russe de l’issue de ce conflit.

[…] « Percer » en termes militaires veut dire passer de l’autre côté des « lignes ennemies » et donc pouvoir provoquer un mouvement de désorganisation, voire de panique dans un dispositif russe qui ne brille pas par sa souplesse. C’est l’effet « débâcle » que recherchait la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023, mais sans avoir suffisamment concentré ses moyens pour obtenir autre chose que faire reculer la ligne de défense russe.

[…] Une autre « percée » possible pour les Ukrainiens serait de rendre invivable la péninsule de Crimée et de provoquer un exode massif et voyant de sa population, paniquée à l’idée d’être bombardée ou simplement menacée de l’être. La destruction du pont de Kertch – dit « pont Poutine » – serait probablement du même effet.

Il est notable que les Ukrainiens concentrent leurs tirs dans la profondeur, notamment avec leurs missiles ATACMS, sur les infrastructures militaires en Crimée. Une percée en Crimée serait probablement fatale à Poutine, même sans invasion de la péninsule, tant le pouvoir de ce dernier repose sur la peur qu’il inspire. L’été sera donc crucial en Ukraine, et la Crimée pourrait jouer un rôle clef.

Ne pas subir, Guillaume Ancel, Loin des apparences, l’Ukraine pourrait renverser la situation…
Commentaire :"« guerre contre un pays voisin qu’elle croyait avaler par simple décapitation » Belle formule parfaitement adaptée à l’opération initiale sur Kyiv.
Par contre, pour le scénario esquissé d’un renversement de Poutine suite à une percée ukrainienne, je crains que cela soit du wishful thinking [voeu pieu] ne tenant pas compte du conditionnement psychologique des russes par le Régime.
A l’image de l’effondrement de l’armée russe annoncé par nombre d’analystes occidentaux se basant sur l’opinion des élites moscovites progressistes, et ignorant la large adhésion du peuple russe au dessein impérial de Poutine."

Lundi 27/5, 9h25

Céder sans en donner le signal.

— Qu'est-ce qui vient après le pouvoir ?
— Le cynisme

Les responsables occidentaux continuent de débattre publiquement du droit de l’Ukraine d’utiliser des armes fournies par l’Occident pour frapper des cibles militaires en Russie, alors que la Russie tente de persuader l’Occident de maintenir les limitations qu’elle s’est elle-même imposées et de diviser l’alliance de l’OTAN. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 26/5, traduction automatique

L’Italie reste opposée à l’utilisation des armes fournies à l’Ukraine contre des cibles situées sur le territoire russe, a déclaré dimanche la cheffe du gouvernement, Giorgia Meloni, réagissant aux propos du secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg, qui avait invité la veille les alliés de Kiev à renoncer à cette condition.

« Je ne sais pas pourquoi M. Stoltenberg a dit une chose pareille. Je pense qu’il faut être très prudent. Je suis d’accord que l’OTAN doit rester ferme, ne pas donner le signal qu’elle cède », a-t-elle déclaré lors d’une émission télévisée.

Matteo Salvini, vice-président du conseil et chef de file de la Ligue, a réagi vivement aux déclarations de M. Stoltenberg. « Ce monsieur, soit il demande pardon, soit il rectifie ses propos, soit il démissionne », a-t-il lancé lors d’une manifestation électorale à Naples. […]

Le Monde, Live

Lundi 27/5, 9h05

La farandole du nuc.

Au Ghana, cinq candidats ont été retenus pour construire la première centrale nucléaire du pays. L’annonce a été faite la semaine dernière par le ministère de l’Énergie. En lice, on retrouve la France, les États-Unis, la Chine, la Russie et la Corée. La sélection définitive sera annoncée avant la fin de l’année.

[…] Mille mégawatts : c’est la quantité d’électricité que le Ghana espère obtenir grâce à sa future et première centrale nucléaire. Un objectif que le pays d’Afrique de l’Ouest atteindra en 2034, d’après la déclaration faite par Robert Sogbadji, en charge de l’énergie nucléaire au sein du ministère de l’Énergie, dans un entretien accordé à Reuters la semaine dernière.

[…] La liste de seize pays au départ [en charge de la construction de cette centrale] s’est réduite à cinq. On y retrouve la France avec EDF, mais aussi les États-Unis, la Corée du Sud ainsi que le géant russe Rosatom et la China National Nuclear Corporation. Ces deux derniers sont d’ailleurs déjà engagés sur le continent : la Russie et la Chine ayant signé des accords pour construire des centrales nucléaires au Burkina Faso et en Ouganda.

RFI, Le Ghana avance dans son projet de construction d’une centrale nucléaire

Selon une feuille de route ayant fuité, la Banque européenne d’investissement (BEI) pourrait soutenir la recherche dans le secteur « des petits réacteurs modulaires », une nouvelle qui suscite l’enthousiasme des acteurs du nucléaire. Rien de bien nouveau cependant, alors qu’aucun financement ne semble être fléché pour construire de nouveaux réacteurs.

[…] Plusieurs observateurs du secteur ont confié à Euractiv que le soutien accordé au nucléaire dans le document n’était pas plus significatif, si l’on s’en tient aux termes utilisés, que celui qui figure dans l’actuelle feuille de route (2021-2025), qui fait déjà part d’un soutien à apporter à la R&D pour « la fission et la fusion nucléaires ».

[…] La banque de développement est le bras armé des investissements de l’UE. D’ici 2025, elle compte flécher 1000 milliards d’euros dans des projets liés à l’écologie et à l’énergie qui seront mis en place d’ici 2030.

Dans ce cadre, la banque adopte une approche technologiquement neutre et soutient donc le nucléaire. En témoigne un prêt de 145 millions d’euros accordé en décembre 2023 pour des opérations de sûreté dans une centrale roumaine. Force est de constater toutefois que les investissements dans le nucléaire ne sont plus prioritaires.

Ces 24 dernières années, seul un milliard d’euros ont été fléchés vers le nucléaire, et pour des activités parallèles comme la R&D, la sureté, etc. Il faut remonter à 1987 pour recenser des investissements dans la production d’électricité nucléaire, en soutien notamment des réacteurs de le centrale de Flamanville en France, dont le troisième va bientôt démarrer après 12 ans de retards. Or, c’est bien pour soutenir la production d’électricité que l’argent manque, alors que la puissance nucléaire installée en Europe est appelée à tripler d’ici à 2050, grands et petits réacteurs confondus.

Dans la perspective de la BEI, la construction de nouveaux réacteurs se heurte toutefois à un problème cruciale, celui de la rentabilité. […]

Euractiv, le financement de la BEI pour la construction de réacteurs n’est pas à l’ordre du jour

Les ressources humaines vont être bien occupées, cette année, chez EDF. Le groupe a annoncé ce jeudi qu’il allait recruter 10.000 personnes en CDI en France en 2024, ainsi que 4.500 alternants et 5.000 stagiaires. Ces « alternants et stagiaires accueillis chez EDF seront considérés à l’issue de leur formation comme des candidats prioritaires pour les recrutements en CDI dans les domaines techniques », précise le groupe. […]

Les Échos, EDF recrute massivement dans le nucléaire

Partout dans le monde, l’industrie nucléaire a un problème de pyramides des âges. Selon le Global Energy Talent Index 2022, un salarié sur quatre aurait plus de 55 ans, un sur dix plus de 65 ans.

Ce vieillissement des effectifs est la conséquence de politiques publiques changeantes. Après la catastrophe de Tchernobyl, plusieurs pays ont mis leurs programmes et recrutements en pause. Résultat : un déficit marqué de salariés de la Génération X (45-55 ans), qui ne représentent aujourd’hui que 9% des effectifs. Le départ à la retraite de leurs aînés représente donc un risque significatif de perte d’expérience.

Pour y faire face, les acteurs de la filière ont trouvé une parade temporaire : rappeler les salariés partis à la retraite. Le cabinet spécialisé Experconnect affirme ainsi placer 3 000 seniors chez les différents acteurs de la filière. […]

Entreprendre, Rappeler les retraités du nucléaire, solution de fortune à la crise des vocations

Dimanche 26/5, 22h30

Je vais bien. Pacha va bien, on a parlé avec visio, il a une bonne voix.
C’était l’arrêt RER. La fête était organisée en banlieue. [Olga était invitée à un baptême aujourd’hui]

Olga, Viber (texte)

Dimanche 26/5, 16h15

Frontière nord-est de l’OTAN : histoire de situer.

Frontière nord-est avec la Russie, Google Earth

Contrairement à d’autres régions du monde, notamment en Europe occidentale, les frontières délimitant les territoires des ex-républiques soviétiques ont fait l’objet d’accords relativement récemment, à partir de la chute de l’URSS en 1991. Si l’âge des traités sur la délimitation des frontières n’immunise pas les parties contre le risque de contestations ou de disputes territoriales, il en réduit généralement le risque.

Dans la nuit du 22 au 23 mai, des garde-côtes russes ont discrètement retiré des bouées estoniennes placées pour délimiter la frontière entre les deux pays. Quelques jours auparavant, le ministère de la Défense russe proposait de « réévaluer » ses frontières maritimes dans la Baltique et le golfe de Finlande — avant de se rétracter. […]

Le Grand Continent, Dans le nord-est de l’Europe, la Russie teste les frontières de l’OTAN

Dimanche 26/5, 15h30

Tcherno.

FIRMS signale un incendie au niveau du sarcophage de Tcherno. On ne voit pas bien comment ce pourrait être un brûlis, comme c’est le cas la plupart du temps au printemps dans le secteur.


Dimanche 26/5, 12h45

Boom.

La vidéo, prise depuis un drone ukrainien opérant à proximité, détaille les derniers instants du système S-300/S-400 [russe] avant qu’il ne soit attaqué. Même si le drone surveille évidemment la zone cible et enregistre les résultats de la frappe, il n’est pas nécessairement responsable de l’acquisition de la cible. Le site de défense aérienne russe pourrait bien avoir été localisé par satellite, ou même par ses propres émissions radar, via des mesures de soutien électronique (ESM), ce à quoi les États-Unis pourraient également apporter leur aide.

Bien qu’apparemment inconscient de la présence du drone à proximité, le système de défense aérienne russe a certainement été alerté de l’arrivée de l’ATACMS. Au moins une source ukrainienne affirme que cinq missiles ATACMS ont été utilisés, mais une attaque impliquant un seul missile est également une possibilité.

Cependant, en termes de riposte, au moins six missiles sont tirés par le S-300/S-400, dans un ultime effort pour le protéger, ainsi que les ressources environnantes, de l’ATACMS entrant. Le dernier missile de défense aérienne est tiré par le S-300/S-400 quelques secondes seulement avant l’impact de l’ATACMS.

Une fois le missile arrivé, nous voyons la détonation révélatrice sur une vaste zone de sous-munitions provenant de l’ogive à fragmentation. Cela entraîne rapidement des explosions secondaires provenant des propres missiles du système de défense aérienne, ceux qui n’ont pas encore été épuisés. […]

The War Zone, L’ATACMS anéantit le système de défense aérienne russe alors qu’il tente désespérément de se défendre, traduction automatique

Dimanche 26/5, 12h05

L’Ukraine est allée cogner un radar du système stratégique russe.

Située dans le Kraï de Krasnodar, près d’Amavir [soit à plus de 600 km de la ligne de front en Ukraine], la base de Baronovsky abrite deux radars à ultra haute fréquence [UHF] Voronej DM qui, capables de suivre jusqu’à 500 cibles à plus de 6000 km de distance, font partie d’un réseau d’alerte avancée, censé prévenir toute attaque de missiles balistiques contre la Russie.

Or, le 23 mai, des sources russes ont rapporté que ce site venait d’être visé par des munitions téléopérées ukrainiennes. Peu après, des photographies montrant des dégâts importants sur l’un des deux radars ont été diffusées via les réseaux sociaux. En outre, moins de vingt-quatre heures plus tard, le centre de communications par satellite d’Alouchta [Crimée] a été atteint par plusieurs missiles balistiques tactiques MGM-140 ATACMS [Army TACtical Missile System] fournis par les États-Unis à l’Ukraine. […]

Zone militaire, Un site stratégique de radars d’alerte avancée Voronej DM a été attaqué dans le sud-ouest de la Russie
Une image satellite prise le 23 mai. Des dommages importants au radar d'alerte précoce Voronezh-DM orienté au sud-ouest sur le site et les débris associés sont clairement visibles. PHOTO © 2024 PLANET LABS INC

Les images satellite confirment qu’un site radar stratégique d’alerte précoce russe situé à l’extrémité sud-ouest du pays a été considérablement endommagé lors d’une attaque de drone ukrainienne en début de semaine. Il s’agit de la première attaque du genre contre un site lié à la défense stratégique générale de la Russie. En tant que tel, cela révèle une dimension nouvelle et inquiétante du conflit, notamment en ce qui concerne l’utilisation potentielle d’armes nucléaires.

[…] Il y a eu des spéculations selon lesquelles les forces ukrainiennes auraient pu cibler Armavir en raison d’inquiétudes quant à la capacité du site à contribuer à fournir une alerte préalable en cas de frappes impliquant des missiles balistiques à courte portée du système de missiles tactiques de l’armée (ATACMS) fournis par les États-Unis.

Depuis qu’elles ont reçu une nouvelle tranche d’ATACMS en secret plus tôt cette année , les forces armées ukrainiennes ont utilisé ces armes à bon escient contre les bases aériennes russes, les nœuds de défense aérienne et d’autres cibles . Le dernier lot d’ATACMS comprend également des versions à plus longue portée que celles livrées précédemment à l’armée ukrainienne, ce qui lui a permis de détenir davantage de cibles à risque.

[…] Indépendamment de la pertinence directe d’Armavir pour le conflit en Ukraine ou des objectifs précis de l’attaque sur le site, elle a des ramifications beaucoup plus larges. Les deux Voronezh-DM de l’installation constituent un élément clé du plus vaste réseau stratégique d’alerte précoce de la Russie et leur perte, même temporaire, ne pourrait que dégrader la capacité du pays à détecter les menaces nucléaires imminentes. Des inquiétudes existent également quant à l’impact que cela pourrait avoir sur la capacité du réseau d’alerte stratégique global de la Russie à évaluer les menaces potentielles et à éliminer les faux positifs dus à une éventuelle perte de couverture qui se chevauche dans certaines zones.

Au-delà de cela, il a été souligné que l’attaque contre Armavir pourrait remplir les conditions que le gouvernement russe a énoncées publiquement en 2020 pour des actions susceptibles de déclencher une frappe de représailles nucléaires. Le réseau d’alerte précoce de la Russie s’inscrit dans le cadre plus large de la dissuasion nucléaire du pays.

« Les conditions spécifiant la possibilité d’utilisation d’armes nucléaires par la Fédération de Russie » incluent toute « attaque par [un] adversaire contre des sites gouvernementaux ou militaires critiques de la Fédération de Russie, dont la perturbation compromettrait les actions de réponse des forces nucléaires », selon le Basic. Les principes de la politique d’État de la Fédération de Russie en matière de dissuasion nucléaire ont été publiés il y a deux ans par le Kremlin.

[…] Il s’agit également de la dernière attaque ukrainienne sur le territoire russe qui met en évidence les vulnérabilités du réseau de défense aérienne du pays , même autour d’actifs stratégiques très prisés. […]

The War Zone, La frappe contre le site radar stratégique d’alerte précoce russe est une grosse affaire, traduction automatique
Site d’Armavir, Google Earth, captures d’écran

Samedi 25/5, 23h00

Les Russes n’aiment pas bricoler.

Le Monde, Live - Des pompiers ukrainiens en intervention dans le centre commercial touché par un bombardement russe à Kharkiv, le 25 mai 2024. VALENTYN OGIRENKO / REUTERS

Dans un communiqué, la société Epicentr K dont le magasin de bricolage a été détruit à Kharkiv explique « qu’après le déclenchement de l’alerte aérienne, le personnel a fait tout son possible pour évacuer les visiteurs et les employés dès que possible. Cependant, deux projectiles ont atteint la partie centrale du bâtiment quelques minutes après l’alerte. Après les deux frappes, un incendie à grande échelle a commencé ». Selon l’entreprise, « deux employés du centre commercial ont été tués et 11 autres sont injoignables ». L’entreprise exprime sa tristesse et ses profondes condoléances aux familles des morts et des blessés. Les familles d’employés recevront tout le soutien nécessaire.

Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a déclaré qu’un grand nombre de personnes manquaient toujours à l’appel et que jusqu’à 200 clients auraient pu se trouver dans les rayons du magasin au moment des frappes. […]

Le Monde, Live

Samedi 25/5, 12h55

Lu : peut largement mieux faire sans prendre beaucoup de risques

Avec une aide matérielle intermittente, graduelle et dosée, l’interdiction d’employer les armes fournies sur le sol de l’ennemi agresseur et la peur d’engager le moindre humain sur le sol de l’allié, le soutien occidental à l’Ukraine depuis 2022 est peut-être le plus prudent, sinon le plus pusillanime, de l’histoire des soutiens à des pays en guerre. Il faut sans doute revenir à l’attitude des démocraties face à la guerre civile à en Espagne de 1936 à 1939 pour trouver pire. A l’époque, lorsqu’il faut choisir entre le soutien à la République espagnole ou aux rebelles franquistes, les démocraties préfèrent proposer un « pacte de non-intervention » qui interdit toute aide matérielle aux belligérants par peur d’une extension du conflit à l’Europe. L’Allemagne et l’Italie bafouent allègrement ce pacte et vendent ou fournissent très vite des équipements aux nationalistes dont ils sont proches idéologiquement, sans que cela suscite la moindre rétorsion par peur de « provoquer ».

[…] Le cas des hommes est plus délicat. Dans une situation de « confrontation froide » où aucun des deux camps opposés ne veut franchir le seuil de la guerre, il est toujours délicat de s’engager militairement sur le même terrain que son adversaire. Il y a donc une prime au premier qui s’engage puisqu’il empêche l’autre de le faire. Allemagne et Italie envoient très tôt dans la guerre des unités de combat, respectivement la Légion Condor et le Corps de troupes volontaires, qui pèsent évidemment très lourd dans les combats. Cette contradiction on ne peut plus flagrante du Pacte de non-intervention est masquée par le label du « volontariat ». Ces unités constituées ne sont donc pas officiellement des instruments étatiques mais des organisations non gouvernementales combattantes. Personne n’est dupe, évidemment, mais cela sert d’excuse pour ne rien faire. Il est vrai aussi qu’il y a également des volontaires individuels qui viennent aussi combattre par conviction dans les rangs nationalistes.

[…] Les démocraties occidentales sont beaucoup plus audacieuses fin 1939 pour aider la Finlande agressée par l’Union soviétique, qui vient d’envahir une partie de la Pologne alliée et soutient massivement économiquement l’ennemi allemand. Cette fois le soutien matériel franco-britannique, et même italien, est franc et massif. La France propose par exemple de fournir 200 avions. On renoue avec les unités de volontaires, qui viennent de partout mais principalement de Suède. La nouveauté est que la France et le Royaume-Uni envisagent d’engager des unités régulières en Laponie face à l’Union soviétique et même de bombarder Bakou. On ne sait pas trop ce qui serait passé si ces projets fumeux avaient été mis en œuvre. Ils n’auraient pas fait grand mal de toute façon à l’URSS et peut-être en serait-on resté au stade des accrochages, ces petits franchissements du seuil de la guerre que l’on peut ignorer et oublier si on en reste là. La défaite de la Finlande en mars 1940 coupe court à toutes ces ambitions.

[…] Avant l’entrée en guerre en décembre 1941 l’aide américaine est d’abord matérielle, mais on assiste à une initiative originale. Claire Lee Chennault, ancien officier de l’US Army Air Force devenu conseiller militaire de Tchang Kaï-chek en pleine guerre contre le Japon, obtient de faire bénéficier la Chine d’une centaine d’avions de combat américain mais aussi de pouvoir recruter une centaine de pilotes et de 200 techniciens américains rémunérés par une société militaire privée (la CAMCO). On les baptisera les « Tigres volants ». La SMP est un moyen pratique « d’agir sans agir officiellement ».

La guerre froide, cette confrontation à l’échelle du monde, est l’occasion de nombreuses aides à des pays en guerre y compris contre des rivaux directs « dotées » de l’arme nucléaire. Dans les faits, cela ne change pas grand-chose aux pratiques sinon que les nouveaux rivaux sont encore plus réticents que les anciens. L’Union soviétique aide ainsi successivement la Corée du Nord et la Chine pendant la guerre de Corée puis la République du Nord-Vietnam, contre les États-Unis, directement engagés, et leurs alliés. Elle aide aussi plus tard l’Égypte et la Syrie face à Israël, la Somalie face à l’Éthiopie puis l’inverse, l’Irak face à l’Iran ou encore l’Angola face à l’Afrique du Sud. La méthode soviétique est toujours la même. L’aide matérielle est rapide, massive et complète (même si les Chinois se plaignent d’avoir été insuffisamment soutenu en Corée) et d’une valeur de plusieurs milliards d’euros par an. Cette aide matérielle s’accompagne toujours d’une aide humaine, si les troupes américaines ne sont pas là, avec l’envoi de milliers de conseillers, techniciens, servants d’armes complexes.

[…] L’URSS n’exclut pas l’engagement d’unités de combat, en mode masqué, mixte et fondu dans des forces locales si on veut rester discret comme les pilotes soviétiques engagés au combat contre les Américains en Corée ou au Vietnam. Elles peuvent aussi être engagées plus ouvertement mais en mission d’interdiction, c’est-à-dire sans chercher le combat. En 1970 en effet, en pleine guerre entre l’Égypte et Israël, les Soviétiques engagent une division complète de défense aérienne, au sol et en l’air, sur le Nil puis sur le canal de Suez. Cela conduit à des accrochages entre Soviétiques et Israéliens sans pour autant déboucher sur une guerre ouverte que personne ne veut.

[…] Les pays occidentaux, de fait les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, pratiquent sensiblement les mêmes méthodes et respectent les mêmes principes. L’aide matérielle est normalement sans restriction surtout si elle est financée, comme en Irak dans les années 1980 (où Soviétiques et Occidentaux se retrouvent dans le même camp) avec quasiment toujours les techniciens nécessaires et une structure de formation. On applique ensuite le principe du « premier arrivé interdit le concurrent » et quand les Soviétiques sont là, on n’y est pas ou le plus discrètement possible. Quand les Soviétiques ne sont pas là en revanche on peut se lâcher. La France envoie, à son échelle, des soldats fantômes, des conseillers-instructeurs, des forces d’appui ou même des unités en interdiction, comme en 1983 au Tchad face à la Libye où, malgré les accrochages, on reste au stade de la confrontation avec la Libye sans franchir le seuil de la guerre.

[…] Il faut retenir de tout cela que quand deux nations qui ne veulent pas entrer en guerre – et le fait d’être deux puissances nucléaires est une bonne raison pour cela – n’entreront pas en guerre, même si l’une aide une nation contre laquelle l’autre se bat directement. Le fait que cette aide dans son volet matériel soit graduelle ou massive n’a jamais rien changé à l’affaire, donc autant qu’elle soit massive, car c’est évidemment plus efficace. Que des armes livrées servent à frapper le sol de son adversaire n’a jamais eu non plus la moindre incidence. L’engagement humain est plus délicat. Il est souvent indispensable pour rendre l’aide matérielle beaucoup plus efficace et le risque d’escalade avec l’adversaire est faible.

[…] Le vrai risque d’escalade entre deux rivaux survient avec les rencontres de combattants. Un premier procédé pour en diminuer les conséquences politiques est de diluer ses combattants dans les unités locales sous forme de « volontaires », ce qu’ils peuvent d’ailleurs parfaitement et tout à fait légalement être. Le second procédé consiste à « privatiser » les unités dont on sait qu’elles vont entrer en contact avec l’adversaire, sous forme de compagnies de « Tigres volants » (aux manches d’avions F-16 pourquoi pas ?) ou de brigades politiques. L’État peut dès lors nier toute responsabilité directe. Cela n’abuse personne mais donne le prétexte à l’adversaire de ne pas escalader contre son gré. Le troisième procédé, plus risqué, consiste à engager de vraies unités de combat régulières mais en mission d’interdiction loin de la ligne de contact. Les exemples (rares) cités, en Égypte ou au Tchad, ont plutôt réussi mais au prix de l’acceptation d’accrochages et donc de l’approche du seuil de la guerre, mais encore une fois si les deux adversaires ne veulent pas franchir ce seuil, celui-ci n’est pas franchi. Il n’est pas dit que cela soit toujours le cas mais il en été toujours été ainsi entre puissances nucléaires.

En résumé, si on revient sur la copie des alliés de l’Ukraine au regard de l’histoire, on pourrait inscrire un « trop timide, peut largement mieux faire sans prendre beaucoup de risques ».

La voie de l’épée, Michel Goya, Le soutien militaire à l’Ukraine au regard de l’histoire

[…] Dans une interview accordée au quotidien britannique The Guardian, Radoslaw Sikorski, le ministre des affaires étrangères polonais, déclare que la Pologne soutient le droit de l’Ukraine de frapper des cibles militaires en Russie, estimant que l’Occident doit cesser de se limiter constamment dans ce qu’il fait pour soutenir l’Ukraine : « Les Russes frappent le réseau électrique ukrainien, ses terminaux céréaliers, sa capacité de stockage de gaz et ses infrastructures civiles. L’opération russe est menée depuis le quartier général de Rostov-sur-le-Don. Hormis le fait de ne pas utiliser l’arme nucléaire, la Russie ne se limite pas beaucoup. »

Il fait aussi part de son scepticisme quant aux menaces russes d’utiliser des armes nucléaires : « Les Américains ont dit aux Russes que s’ils font exploser une bombe nucléaire, même si elle ne tue personne, [les Américains] atteindront toutes les [positions russes] en Ukraine avec des armes conventionnelles, les détruirons toutes. »

Pour lui, l’Europe doit apprendre à jouer le jeu de l’escalade avec la Russie, en laissant Vladimir Poutine dans l’incertitude quant aux intentions de l’UE : « Toujours déclarer quelles sont nos lignes rouges ne fait qu’inviter Moscou à adapter ses actions hostiles aux limites que nous nous imposons. » […]

Le Monde, Live

Samedi 25/5, 10h25

[…] Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré le 24 mai que les États membres de l’OTAN devraient envisager de lever les restrictions sur l’utilisation par l’Ukraine d’armes fournies par l’Occident pour frapper des cibles militaires en Russie.

Stoltenberg a déclaré que ces restrictions rendent difficile la défense des forces ukrainiennes contre l’opération offensive russe dans le nord de l’oblast de Kharkiv. ISW continue d’évaluer que les limitations occidentales de la capacité de l’Ukraine à frapper des cibles militaires en Russie ont créé un sanctuaire dans la zone frontalière de la Russie à partir duquel les avions russes peuvent mener des frappes de bombes planées et de missiles contre les positions ukrainiennes et où les forces et équipements russes peuvent se rassembler librement avant d’entrer en combat. […]

ISW, évaluation de la campagne offensive russe, 24 mai, traduction automatique

Alouchta, Perevalne, Saky, Simferopol… La nuit du jeudi 23 au vendredi 24 mai a été marquée par de nouveaux bombardements en Crimée, un territoire occupé par les forces russes depuis 2014, mais que l’Ukraine n’entend pas laisser dans les mains de Moscou. Selon plusieurs messages et images diffusés sur les réseaux pro-ukrainiens, des missiles ATACMS à longue portée ont atteint plusieurs localités, situées dans le sud de la péninsule, frappant ici une station radar, là un centre de télécommunications… […] Ces frappes ciblées sur la Crimée sont quasi quotidiennes, depuis le début du printemps. Chaque nuit ou presque, des missiles et des drones, aériens mais aussi navals, sont lancés par les Ukrainiens sur des installations militaires russes.

[…] Si l’essentiel des combats se déroule sur le continent, la Crimée reste aussi une importante plate-forme logistique pour alimenter l’armée russe sur le front sud. Des convois ferroviaires continuent de passer par le pont de Kertch, même si les dommages causés à l’ouvrage, en 2022 et en 2023, limitent le tonnage transporté, et de nombreuses navettes traversent la mer d’Azov jusqu’à la côte est de la péninsule, afin de ravitailler les troupes de Moscou.

[…] Pour les militaires occidentaux, cibler les radars et les défenses antiaériennes russes en Crimée a enfin pour objectif de préparer l’arrivée des avions de combat occidentaux en Ukraine. Une soixantaine de F-16 ont été promis par le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Belgique, et les premiers exemplaires sont attendus au début de l’été. « Les Russes utilisent leurs moyens de détection en Crimée pour savoir ce qui se passe dans l’ouest de l’Ukraine. Il est impératif de casser ces moyens pour que les Russes ne puissent pas voir arriver en temps réel les F-16, ce qui leur permettrait de réagir », explique Stéphane Audrand [consultant en risques internationaux]. […]

Le Monde, Guerre en Ukraine : pourquoi la Crimée reste la priorité de Kiev

Samedi 25/5, 10h20

Pacha va bien, on a parlé. Il embrasse tout le monde. Il commence le travail [ce] soir.

Olga, Viber (texte)

Samedi 24/2/24, deux ans plus tard

Après deux ans d’une observation ininterrompue des effets de l’invasion russe en Ukraine, le mini journal de guerre publié par Radio-Tchernobyl va changer d’angle.
La guerre n’est certes pas terminée, mais ces deux années détaillent assez, maintenant, ce qui me semble une persistance du 20e siècle dans le 21e.

1. Conflit temporel

L’effondrement de l’Union soviétique, la fin de la Guerre Froide, les dividendes de la paix, le commerce global, la traîne de la dissuasion nuc semblaient les marches du nouveau siècle — sur une planète malade de la croissance humaine.
A peine avait-on commencé à penser à relever les manches qu’un vieil espion tirait sur la marche arrière pour déployer sa nostalgie d’un espace-temps périmé dans l’Ukraine d’aujourd’hui. C’est peut-être la seule manière de comprendre l’expression russe officielle « d’opération militaire spéciale » : un conflit temporel.

La résistance ukrainienne a claqué la suffisance russe. Aujourd’hui que l’Ukraine est dans le dur, on oublie que les parieurs la donnaient d’emblée vaincue. Pacha et ses camarades souffrent sur le front et toute la société civile vit dans la crainte des attaques, mais l’Ukraine a résisté et interdit la Mer Noire. L’aspiration ukrainienne à se tenir au-dessus du diktat russe résiste.

2. Retour au nuc

Outre la résurgence d’une guerre d’agression, justifiée par un salmigondis idéologique ultra carnivore, dans un espace européen qui s’en pensait débarrassé, la course à une disponibilité massive de l’énergie (à l’encontre de toute autre alternative) s’accouple à la guerre dans un retour au nuc, comme au bon vieux temps de la crise pétrolière des années 1970.

Ce que l’on reprochait au paradigme de la filière nuc du siècle dernier n’a pas changé (c’est toujours complexe, long, cher, sale pour longtemps, dangereux et pas souverain pour deux sous), mais l’on tartine ces écueils d’un pur beurre startup, petit, modulaire, CO2 free et de milliards sans cesse renouvelables. C’est magique.
Cette course au nuc n’est pas seulement française, la guerre est l’occasion de rebattre les cartes.

Il est intéressant de se souvenir que la Russie, qui fait l’essentiel de son gras en vendant des hydrocarbures, n’a jamais lâché son industrie nuc, lucrative et précieuse à l’international sur le plan politique. La guerre de Putler pousse tout le monde (les acteurs historiques comme les petits nouveaux) dans ce sens-là.

3. Union de l’Europe

Sur un plan politique, la guerre a mis l’Europe au pied du mur.
Si le mélodrame hongrois a pu illustrer la faiblesse du jeu démocratique, là où les autocrates ne s’embarrassent de rien, l’Union s’est montrée unie et solidaire avec l’Ukraine. Jamais assez vite, mais tout de même : rien de commun avec les conflits précédents (lointains, lointains). Ce n’était pas gagné.

Le cinéma du Premier ministre hongrois, sous un prétexte d’alternative au militarisme de l’Union, n’est en réalité que la pointe d’un opportunisme maison (l’accès au gaz russe) et de règlements de compte avec l’esprit communautaire (les pressions de l’UE sur le népotisme du Premier ministre hongrois). Bref : du nationalo-perso qui doit nous tenir aux aguets.
Globalement, si la vitalité des nationalismes et de l’extrême-droite tend à péricliter dans l’exercice du pouvoir (Bolsonaro au Brésil), la tentation de s’enfermer dans ce que l’on a encore reste une réponse « spontanée » à la crise. Le caractère increvable d’un Trump laisse penser que le volume de l’enflure impressionne toujours.

A contrario, nous avons vu le remarquable accueil réservé aux réfugiés ukrainiens, partout en Europe.

4. Ondes de choc

Durant ces deux ans, nous avons vu que les centrales nucs, les barrages, les écoles, les gares, etc. faisaient des cibles potables pour l’obsession crasse de Putler.
Nous avons vu l’envol des drones.
Nous avons vu que les instances internationales produisaient des phrases, des visites et des injonctions.
L’OTAN s’est agrandie, la Corée du Nord aboie plus aigu, les marges de l’ex-URSS tirent sur leurs ancres.
La Chine regarde comment s’y prendre à Taïwan. Les États-Unis, dont l’interventionnisme s’est fatigué en Irak et en Afghanistan, n’ont plus tant la main.

5. Quelle suite ?

Ce résumé lapidaire est la sorte de synthèse que m’inspirent 24 mois de nourriture médiatique (ce n’était pas du tout mon régime) sans indigestion (curieusement). Ce fut ma manière d’être avec les Ukrainiens.

Durant ces deux années, éplucher les flux d’informations est devenu une activité de premier plan. Sans compétence particulière, avec des attentions variables, aussi bien que j’ai pu, j’ai posé sur le fil de ce mini-journal de guerre les exemples, les signaux, les indices, les flagrances du courant rétrograde qu’induit Putler, dans l’attente de son rencard avec la mort. Je l’ai fait pour en garder la trace précise, tant l’actualité s’enterre elle-même.

Je me souviens que Putler voulait prendre Kyiv en trois jours.
Pourquoi ne pas continuer jusqu’à… la fin de la guerre ? J’ai suffisamment relayé la parade des salopards.

J’en ai parlé à Olga, qui ne voit pas pourquoi je devrais m’interdire d’arrêter. Au motif que les Ukrainiens ne le peuvent pas ?

J’ai commencé ce journal le 23 février 2022, pour transmettre des nouvelles d’Olga et c’est devenu une revue de presse. Mais en effet, la composante unique du journal reste la voix d’Olga, de sa famille, de nos amis là-bas et du moins loquace d’entre eux (et pour cause), Pacha, sous la caillasse.
C’est essentiellement sous cet angle désormais que je noterai, dans cette nouvelle version du mini journal, la trace du coup de main de Putler sur notre 21e siècle. Olga devient notre correspondante de guerre officielle.

Un mot de remerciement à « traduction automatique & Deepl », aux journalistes et informateurs divers, aux photographes et illustrateurs, remarquables, dont j’ai collé les phrases et les images sur mon fil durant ces deux ans.

Et un clin d’œil aux quelques lecteurs qui s’en iront parcourir eux-mêmes le Live ininterrompu du Monde, les articles du Kyiv Independent ou de Meduza, les annonces rigolotes de World Nuclear News, les mises en garde du Bulletin of the Atomic Scientists, les avis de l’ISW. Il ne me paraît pas nécessaire de surveiller les mises à jour de l’AIEA : elles se valent toutes.

Slava Ukraïny !

Lituanie, pièce de 2 euros de 2023 [sur une page blanche], « Slava Ukraïny »