Andréa a rencontré l’une de mes anciennes étudiantes l’autre jour, appelons-la Muriel.
La jeune maman vit à Cherbourg, tranquille, avec ses deux loupiots. Cherbourg est pourtant une zone à rsiques.
Andréa a tout de suite fait le lien : « c’est normal que vous ayez de l’iode à la maison », lui a-t-elle lancé.


À Cherbourg, Muriel voit les maçons s’en aller construire, déconstruire, reconstruire et casser derechef. Le chantier de l’EPR se cherche. Elle dit que les ouvriers croient que le réacteur ne démarrera jamais. Et pas seulement les ouvriers : des ingénieurs le disent aussi.
Il y a peu, une rumeur s’est mise à circuler dans les rues : « un accident à la centrale de Flammanville ! ». La ville est bien entourée, entre la centrale qui marche déjà et celle qui traîne les pieds. Les Cherbourgeois, quelque peu en émoi, n’avaient pas écouté les nouvelles : il s’agissait d’un incident dans la zone non-nucléaire.
Dans le jargon atomique, quand on vit loin d’une centrale, on aura, tout au plus, l’impression d’habiter un pays nucléaire.
Quand on en est proche, on habite une zone à risque. On a le nez dedans, mais il reste encore plusieurs kilomètres.
Dans l’enceinte du site, tout-près-tout-près, eh bien la chose n’arrive pas encore à se rapprocher et continue de se rencogner dans une petite zone nucléaire.
Andréa, après quelques perplexités, finit par me jeter sa conclusion : « Moralité, il est bien difficile de se sentir proche du nucléaire ».