Donc voilà, nous avons l’esprit large, nous regardons aussi sous nous, que voyons-nous ?
Une archée.
L’archée est un genre d’organisme satisfait de vivre dans une seule cellule et, ce, dans pratiquement tous les milieux, y compris extrèmes (pression, chaleur, salinité, etc.).
Un site que j’aime consulter l’annonce bravement : Metallosphaera sedula, l’archée qui mange de l’uranium.
« La sedula utilise U3O8 sous forme solide pour l’oxyder en uranyl-acétate afin de produire son énergie et [fabriquer] ses molécules organiques ».
Une de ses copines — Metallosphaera prunae — est encore plus résistance à l’oxyde d’uranium, mais avec une stratégie de coma un poil décevante : quand le seuil maximum de toxicité est atteint, elle met tout en veille.
Cette résistance leur viendrait de la Grande Oxydation, la crise de l’oxygène il y a 2,4 milliards d’années. Ensuite ce n’est pas clair, mais il est possible que les bactéries aient dû se coltiner les premiers réacteurs nucléaires naturels (ceux-là mêmes qui donnent à la fission sa préhistoire), à peu près à la même période. Sedula et prunae ont trouvé par quel bout prendre l’uranium.
Dans un article connexe, on nous annonce l’existence d’une vie sous-terrestre probablement coupée de la surface depuis au moins 3 millions d’années. Ces bactéries se débrouilleraient grâce au travail de l’uranium et de l’irradiation des roches et de l’eau d’infiltration. Au menu : hydrogène et sulfates. Ce système a l’air stable, loin du soleil.

Donc, voilà, la vie a déjà expérimenté un sacré paquet de trucs.