Je n’ai pas rouvert une page d’info depuis mon dernier retour d’Ukraine.
Si, la semaine dernière, pour voir un type parler de « destruction de valeur » à propos de couper les vivres au réacteur EPR de Flammanville. Ce type se croit de gauche, peu importe. Je ne me souviens pas de son nom.

Alain de Halleux lui revient du Japon. Voici un extrait de son carnet de bord.

« […] Mon voyage à Minami-Soma touche à sa fin. Kamijo nous ramène à travers la montagne vers Fukushima City. Le brouillard enveloppe les montagnes. Avec le froid, les arbres ont soudain jauni. Je me demande : Minamisoma revivra-t-elle ? Il faut le rêver. Je me dis que lorsque les journalistes cherchent à dépeindre la situation là-bas, ils aiment en souligner les côtés catastrophistes. Ça se vend mieux. Il suffit de mettre son dosimètre plus près du sol pour obtenir quelques microsieverts en plus…Cela dit en cherchant à dépeindre tout en noir, on joue le même jeu que TEPCO qui lui, cherche à minimiser la situation et prétend que tout va bien.

Les deux faces d’une même pièce de monnaie. La réalité est tout autre. Elle n’est même pas dans un moyen terme entre ces deux extrêmes. Et je ne peux même pas la partager avec le lecteur. Je ne peux parler que de MA subjectivité. En fait, il faudrait que chacun vienne ici pour voir et se faire sa propre opinion…
Évidemment cela est impossible. Le lecteur de journaux ou l’internaute ou le spectateur de TV devrait apprendre à ne jamais croire ce qu’on lui raconte. Il devrait passer son temps à douter de tout. S’il opère ce travail chez lui, il peut comprendre la réalité du Japon. Mon maître d’aïkido appelle cela LA MÉDITATION, une démarche qui va au-delà de la réflexion, au-delà de l’expression en mots de la réalité, une approche directe de sa propre réalité !

Minami-Soma est vraiment dans la merde ! Mais pas tant à cause de la radiation ambiante. Pour moi, le plus gros soucis est que les réacteurs ne sont toujours pas stables et que tout peut arriver. Minami-Soma est dans le jus car les habitants n’ont pas encore engagé un débat sur leur avenir collectif. Que va devenir cette ville ? Quel projet ? Quid pour les enfant de cette ville ? Quadrature du cercle : leur offrir un avenir ou les protéger des rayons ? Comme toujours l’atome a plongé l’homme dans l’incertitude ! Là où il y avait des traditions, il coupe les racines. Avec lui on entre dans le monde des probabilités. Le continuum de la vie fait soudain face au saut quantique, au digital…

Or la vie est continue, analogique. La vie, c’est quand une balle circule entre plusieurs enfants, quand les arbres sont coupés pour faire une maison qui, avec le temps disparaîtra et enrichira la Terre pour que d’autres arbres poussent ! […] »

Lire son carnet de voyage, ici.