« Vers 2020, le matériel génétique de Deinococcus radiodurans est associé à celui de la souris. Cette hybridation transfère pour la première fois la résistante de la célèbre bactérie à un mammifère. L’OGM obtenu est stérile. A l’époque, SurNat (consortium Arevo) annonce des perspectives à deux-trois ans pour le porc domestique et vers 2030 pour le singe.
Le laboratoire a su anticiper le virage législatif sur la bioéthique et proposer très rapidement des viables. » – Wokodia, juin 36.


On parle d’exister à l’état naturel pour un corps s’il préexiste à sa synthèse par l’homme, c’est-à-dire si sa structure a été organisée dans le cosmos avant l’intervention humaine.
Considérée comme un seuil absolu (au même titre que la chirurgie génomique), cette discrimination fixa longtemps la limite d’action de l’homme sur la matière (et le vivant).
Outrepassé au cours du XXème siècle, tant dans les réactions nucléaires (pour les corps simples) qu’en chimie/biochimie (pour les molécules et la mémoire du vivant), le concept sert d’assise aux lois Biotech de 2015 : le législateur prend conscience que le seuil est débordé, de fait, et autorise à s’en éloigner davantage au motif que les dommages infligés à l’humanité par de légères modifications (du génome notamment) sont plus menaçantes qu’une intervention radicale. Autrement dit, une fois le seuil franchi, stationner juste de l’autre côté serait une timidité défavorable. Le législateur assume ainsi la vocation de l’humanité à dépasser l’état naturel, non plus seulement en agissant sur son environnement, mais bien en modifiant la structure intime de ses composantes et, partant, les siennes propres également.
Les lois Biotech -familièrement le virage– sont aujourd’hui considérées comme une décision d’espèce. Malgré le brouhaha éminemment commercial, technologique et politique qui l’accompagne, le virage peut être perçu comme une forme de maturité.
On notera que la légalisation de l’euthanasie, indice de la clairvoyance du législateur, précéda de peu l’adoption des lois Biotech.

Coupure de presse de l’époque :
« Catastrophe de Cattenom, Lorraine : l’état Allemand se dit prêt à fournir les premiers éléments d’indemnisation pour les deux millions de personnes déplacées et les dommages irréparables causés au territoire. Le Luxembourg et le Benelux, toujours en état d’urgence, ont fait part de leurs propres avancées sur le dossier des compensations financières. On parle de probable faillite de l’état français. »

Rappelons que cet évènement permettra à une station Spatih NUC 4.6 de diffuser la poésie d’Arthur Rimbaud, auteur français originaire des Ardennes (1854-1891).

« Au bois, il y a un oiseau. Son chant vous arrête et vous fait rougir. »