Mort de rien
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Articles paru dans Télérama et Télérama Sortir du 9 avril 2008, de Cathy Blisson.
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“Du 1er au 5 et du 8 au 12 avril 2008″, Mort de Rien était à Paris, au “Lucernaire”, dans le cadre de “Paroles au Paradis”.
Catherine Gendrin, conteuse :
« J’ai beaucoup aimé ce spectacle. D’abord parce qu’il est courageux, inventif, inédit, et rien que cela mériterait qu’on le soutienne et qu’il parle de ce qui fâche, ce qui est tout de même un de nos rôle d’artiste non ?
Ensuite parce qu’il n’est ni racoleur, ni documentaire mais très bien documenté, ni moraliste, ni sensationnaliste et pourtant profondément humain. Ensuite parce qu’il est très bien écrit dans une écriture qui ne copie rien ni personne.
Enfin parce que le comédien a une voix, une diction, une présence étonnantes, émouvantes et presque pourtant diaboliquement détachées. Froid et chaud à la fois, on le sent formidablement impliqué au plus profond de ses tripes, et en même temps toujours à distance, se préservant de tout le pathos que ce sujet pouvait engendrer.
J’ai aimé la musique et les chants aussi, purs et violents dérangeants et envoûtants. Je ne reconnaissais pas le russe (bien que cela y ressemblait) et j’ai appris qu’il s’agissait de biélorusse, moi qui ne savait pas que cette langue existait !
Je n’ai pas eu la sensation que Pascal lisait, je n’en sais rien j’imagine que parfois oui, mais ce n’est pas cela que j’ai vu et ressenti tant il est habité par son texte, tout comme les musiciens sont habités par lui, et suivent chaque mot. Une connivence parfaite entre les trois.
J’ai trouvé ça un peu court même si je comprends le parti pris de 42 fois 42 secondes…
Enfin je suis venue avec deux amis dont l’un est régisseur lumière à la comédie française, ils ont beaucoup aimé, et reconnu la qualité de l’acteur. Et surtout avec mon fils Idir de 17 ans et sa compagne. Ce matin il s’est levé en me disant “décidément j’ai beaucoup aimé ce spectacle.” Alors si ça touche aussi les ados, moi ça me fait doublement plaisir…
Ca fait du bien de voir aussi qu’il y a des artistes qui cherchent, innovent, prennent des risques, et surtout donnent du Sens à ce qu’ils font !… Et c’est pour cela que je défends notre “exception culturelle et l’intermittence….”
Voila ce que je pense de ce spectacle…
Catherine »
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Compte rendus du spectacle sur “Le Gandhi Vert“
« La représentation se passe dans une petite pièce avec de grandes banquettes. On pourrait se croire dans un salon, entre amis.
Mais au milieu de cette pièce, il n’y a pas de table à manger, mais une scène, avec deux hommes et une femme qui nous attendent, assis, le visage grave, impassible. Ils nous regardent nous installer tandis qu’une radio émet des avis de recherche douteux.
La lumière s’éteint. La radio s’arrête.
C’est alors parti pour un voyage en direct de Tchernobyl entre un certain mois d’avril 1986 et aujourd’hui. En moins d’une heure, nous faisons des aller-retours incessants entre l’Ukraine et la France, le civilisé et l’oublié, aux rythmes d’un poème chanté, accompagné d’un accordéon et d’une harpe.
Le spectacle est saisissant. Les amis sur les banquettes ne bougent pas. Chacun retient son souffle, nos cœurs s’emballent à l’écoute de ces carnets de voyage, plein de vérité et d’esthétisme.
Ces trois artistes nous emmènent au cœur d’ un enfer où l’homme semble être tombé et peine à se relever.
Et lorsque les lumières se rallument, nous ne sommes pas tristes. Non, après avoir vu ce spectacle aussi beau et surprenant, nous ne pouvons qu’être soulagés et exaltés. »
« Fermez les yeux, imaginez un Bertrand Cantat à la voix / slam / poétique, (L’Europe, Nous n’avons fait que fuir), un John Cale à l’accordéon et une Nico période “The Drama of Exile” au chant. Pour le rythme, aucun batteur ne fera mieux l’affaire qu’un flash lumineux périodique et entêtant.
Vous obtenez ainsi l’arène hantée du spectacle “Mort de rien – 42×42 secondes autour de Tchernobyl”.
Une plongée dans l’indicible ; 45 minutes dans un espace où le temps n’existe plus. Des centaines d’images lucides ; récit de voyage / poétique / esthétique /exaltant.
En France, la chape de plomb qui recouvre les esprits est aussi lourde que le béton de Bouygues / TF1 / EDF. Il a donc fallu attendre vingt ans pour enfin pouvoir représenter musicalement ce grand tournant de l’humanité, ce trou noir sur Terre.
Mais vingt ans c’est une paille pour la terre morte de Tchernobyl, et pour les hommes qui vivent et vivront dans la zone contaminée.
N’échappez pas à cette réalité ; si vous avez encore le temps, courrez remplir les sièges de ce petit théâtre… »
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Philippe Ollivier interprète au bandonéon la partition très efficace qu’il a composé pour le spectacle “Mort de rien”. Un musicien de premier ordre, attentif à tous les aspects de la dramaturgie sonore.

